Georges de Nantes

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Georges de Nantes
Image illustrative de l’article Georges de Nantes
Biographie
Naissance
Toulon, France
Ordination sacerdotale par Mgr Caillot, évêque de Grenoble
Décès (à 85 ans)
Saint-Parres-lès-Vaudes, France[1]
Curé de Villemaur-sur-Vanne
[2]

Georges de Nantes, né à Toulon le et mort à Saint-Parres-lès-Vaudes le , plus connu sous le nom de l'abbé de Nantes[3], est un prêtre catholique fondateur de la Ligue de la Contre-Réforme catholique, considérée comme une dérive sectaire par l'Unadfi[4]. En effet, il développe des prédictions apocalyptiques à partir des années 1980, ou des concepts comme le « baiser mystique », relation d'amoureux qu'entretiendraient Jésus et sa mère. Les adeptes sont retenus dans le mouvement par l'intimidation ; « hors de la CRC point de salut », mais aussi par la haine du monde extérieur présenté comme le mal absolu. Cette affirmation est fondamentale et centrale dans sa prédication, comme dans toutes les sectes, où le salut réside dans le groupe, le mal dans le monde extérieur (Klosinski), rejetant le pouvoir légitimé par les états démocratiques au profit d'une domination basée sur la révélation (Weber).

Le mouvement de l'abbé de Nantes sera renommé, après l'échec de ses prédictions millénaristes[5], Ligue de la contre-réforme catholique au XXIe siècle, abrégé en « CRC » par ses adeptes.

Frappé de suspense a divinis, sanction canonique interdisant d'administrer des sacrements par les autorités de l'Église catholique, Georges de Nantes a néanmoins poursuivi ses activités pastorales au sein de sa communauté, en célébrant la messe.

Il sera appelé par plusieurs qualificatifs par ses adeptes, « Père » ou « Notre Père » de son vivant, à « Saint de chez nous » après sa mort. Ses adeptes le considèrent comme « l'homme de Dieu mis au monde pour vaincre l'Anti-Christ »[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Historique familial[modifier | modifier le code]

Gorges de Nantes est né dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire du Dauphiné[7], issue de Guillaume de Nantes (1525-1575), notaire royal à Virieu, (Isère). *Guillaume de Nantes (mort en 1620), était notaire royal et delphinal à Virieu. *Marc de Nantes (mort en 1657), était marchand bourgeois de Virieu. *François de Nantes (1619-1690), était consul trésorier de la ville de Vienne (Isère). *Marc de Nantes (1652-1724), était avocat au Parlement de Grenoble, conseiller du roi et son procureur en sa juridiction des droits d'entrée et de sortie de la ville de Vienne. *François de Nantes (1687-1740), était avocat au Parlement de Grenoble. *Marc Pierre de Nantes (né en 1732), était avocat au Présidial de Grenoble. *Marc de Nantes (1882-1964), [École Navale. 1899], était capitaine de frégate, officier de la légion d'Honneur.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Georges de Nantes est né à Toulon. Sa famille est de tradition catholique et proche de l'Action française. Elle est établie dans le château de Chonas-l'Amballan. Il est le fis de Marc de Nantes, officier de marine. En , il entre aux Chantiers de la jeunesse du général de la Porte du Theil comme engagé volontaire. Il quitte cette formation pour rejoindre le séminaire en [8].

Le séminaire[modifier | modifier le code]

Il est ordonné prêtre le par Mgr Caillot, évêque de Grenoble.

À la fin de ses études, le jeune abbé de Nantes prépare une thèse dans laquelle il propose ce qu’il appelle une « métaphysique relationnelle » selon laquelle la personne humaine se définirait moins par son individualité que par ses relations de filiation et d’appartenance à des communautés familiales, sociales, nationales, de civilisation et naturellement, ecclésiales. Ce point de vue s’apparente au personnalisme[9] mais s’en démarque par la place prépondérante que prend l’appartenance à des communautés naturelles, c'est-à-dire héritées plus que choisies. Sa thèse est rejetée.

Prêtrise et ministère[modifier | modifier le code]

En 1958, il est nommé curé de Villemaur-sur-Vanne, dans l'Aube. Il décide d'y créer une congrégation de moines missionnaires, à l'imitation de Charles de Foucauld, sous l'impulsion de Gabriel Théry[10], qui défendait l'existence d'un Islam créé par des Juifs[11]. Georges de Nantes reprendra d'ailleurs plus tard cette idée. Il donne le nom de Petits frères du Sacré-Cœur de Jésus à sa communauté, qui sera déplacée ensuite dans un manoir d'industriel à Saint Parres-Les-Vaudes[12]. Cette « communauté » comporte aujourd'hui plus d'une centaine de moines et moniales, bien que son statut soit très flou[13], et que les héritiers de Charles de Foucauld comme les Petits Frères de Jésus ou les Petites Sœurs de Jésus existaient déjà, et ont dû nier une quelconque proximité d'idée entre Charles de Foucauld et l'abbé de Nantes tout en subissant un parasitisme.

Pendant la guerre d'Algérie, l'abbé de Nantes prend ouvertement position pour l'Algérie française[14]. Il est alors sur une ligne « national-catholique » qui voit dans la guerre d'Algérie un combat de la civilisation chrétienne. Il est révoqué par son évêque en 1963.

Rupture avec l'Église[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme d’Amicus, il rédige des écrits polémiques et politiques dans l'hebdomadaire maurrassien Aspects de la France. En 1950, il est exclu de sa charge d'enseignement à cause de ses prises de position politiques qui défendent le pétainisme. Après avoir été également renvoyé du diocèse de Paris en 1952 pour les mêmes raisons, il cesse son activité polémique et devient professeur de philosophie dans des collèges. Avec sa communauté composée d'anciens élèves, il s'installe malgré la défense de son évêque à Saint-Parres-lès-Vaudes (Aube), ce qui lui vaut alors d'être déclaré suspens ab officio le par Mgr Le Couëdic, évêque de Troyes[8],[15].

Le rejet du Concile Vatican II[modifier | modifier le code]

Or, c’est le temps où l’évolution de la pensée dans l’Église, qui aboutit au concile Vatican II, met en valeur la dignité de l'individu[16] et aboutit à la reconnaissance du droit à la liberté religieuse[17] et des droits de l’homme en général, ce qui choque Georges de Nantes. Il est en effet opposé à la liberté religieuse, et dénonce l'hérésie qu'aurait commise le pape en proclamant un « culte de l'homme », à la place du culte de Dieu. Il se base pour cela sur une traduction approximative du discours de clôture de Vatican II du Pape Paul VI : les version officielles anglaises, italiennes ou latines par exemple utilisent les expressions honor mankind[18] (respecter, avoir en grande estime l'humanité[19]) ou encore cultori[20] mot aux traductions très variables, comme amoureux ou amateur[21], mais n'emploient aucune expression qui pourrait être traduite par « culte de l'homme ». Cependant, Georges de Nantes va baser tout le reste de sa pensée sur ses premières impressions, qui seront le fil conducteur de sa vision du catholicisme pour le reste de sa vie. Il s’engage dès lors dans une sorte d'opposition systématique, et s’affranchit progressivement de l’autorité ecclésiastique à qui il reproche, paradoxalement, de ne pas s’exercer assez. Il soutient la légitimité de son attitude par une distinction entre les opinions des personnes privées du pape et des évêques et les actes de leurs personnes publiques.

Il critique donc d'abord et surtout le concile Vatican II, auquel il reproche d'encourager le dialogue œcuménique.

Il est l'un des premiers à justifier son opposition à la doctrine de l'Eglise catholique par une différence de droit canonique inventée, entre un type de concile pastoral qui serait différent du concile général et qui aurait été posée par le pape Jean XXIII sans portée dogmatique[22]. En réalité, aucun texte de droit canonique n'établit une telle notion et le caractère dogmatique du concile est clairement affirmé par la constitution dogmatique Lumen Gentium[23] ou bien encore le pape Paul VI[24]. Georges de Nantes commence dès lors à refuser certains dogmes de l'Eglise. Il continuera par la suite de les rejeter et en interprétera d'autres à sa façon.

Écrits et « prophéties »[modifier | modifier le code]

Dans ses "Lettres à mes amis", qu'il publie à partir de 1956, il développe une pensée apocalyptique fondée sur le conflit entre l'Antéchrist et l'Église. Il commence à développer un langage hermétique en accusant Paul VI de faire de l'Église catholique un « Mouvement d'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle » (MASDU). Il annonce la victoire de l'Église sur l'Antéchrist, la conversion totale du monde, et appuie son discours sur les apparitions de Fatima et sur la demande que celle-ci aurait faite de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé et qui n'aurait pas été réalisée, malgré les affirmations épistolaires de Lúcia dos Santos. Georges de Nantes estime qu'il s'agit là d'un complot [25].

Il condamne la démocratie, « fille de la Révolution », qui n'est qu'« une oligarchie dirigée par la franc-maçonnerie pour détruire l'Église », et milite pour « une monarchie de droit divin ayant à sa tête un Roi (ou quelque autre souverain) qui ait un véritable amour de son pays et qui ne soit pas là pour se faire réélire comme de nombreux politiques actuels »[réf. nécessaire].

Il demande à ses adeptes d'être reconnaissants envers Adolf Hitler pour la Shoah[26].

A partir des années 1980, il annonce des évènements apocalyptiques à diverses reprises : « L'analyste politique que je suis le déclare sérieusement : les trois-quarts d'entre nous mourront d'ici trois ans, dans l'horreur d'un conflit mondial apocalyptique »[27], « Le débarquement des sous-marins soviétiques en rade de Brest, la capitulation sans honneur et sans condition, l'esclavage, la famine, la déportation et l'apostasie de tout un peuple »[28].

Son obsession à vouloir lutter contre le communisme rappelle les doctrines des églises de l'unification et de la scientologie ou de l'ordre du temple solaire [29],[30],[31], considérés aussi comme des dérives sectaires par les spécialistes[32]. Paradoxalement, son livre « Les 150 points de la Phalange : Catholique, royale, communautaire », ou le livre de chants édité par la communauté prennent la même forme que le petit livre rouge du dictateur communiste Mao Zedong. Certains drapeaux portés par la communauté lors de manifestations évoquent aussi le drapeau de l'URSS, remplaçant le marteau et la faucille par un cœur et une croix.

Malgré l'échec de ses précédentes prédictions, Georges de Nantes déclare « l'an 2000 ne passera pas que tout soit accompli »[33].

Il désire un nouveau concile qu'il nomme Vatican III, « pour supprimer les erreurs du concile Vatican II » et affirme être en communion avec le pape et les évêques, mais il est déclaré suspens a divinis par l'évêque de Troyes le [34],[8], à la suite de la publication non autorisée de sa correspondance avec le cardinal Ottaviani, sans pour autant être excommunié. Il est alors très médiatisé, malgré les condamnations récurrentes et le refus de l'évêque de Grenoble de lui renouveler son celebret, document qui lui permet d'attester qu'il peut célébrer la messe. En 1969, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi « constate qu’en se révoltant contre le Magistère et la hiérarchie catholique, M. l’Abbé de Nantes disqualifie l’ensemble de ses écrits et de ses activités, par lesquels il prétend servir l’Église tout en donnant l’exemple de la révolte contre l’épiscopat de son pays et contre le Pontife romain lui-même »[35]. La condamnation est inconsistante, et ne porte donc que sur la subordination à l'Église. Georges de Nantes ne sera que faiblement condamné.

En 1970, il donne à son mouvement le nom de Ligue de la Contre-Réforme catholique, et crée une communauté féminine l'année suivante, la "Maison Sainte-Marie", qui marquera les débuts d'une pratique de participation gratuite et parfois forcée aux travaux d'entretien et de construction des bâtiments de la communauté[36], par ses membres ou par les adeptes de Georges de Nantes.

Au cours des années 1970, il accuse le pape de « schisme, d'hérésie et de scandale », et demande à être reçu au Saint-Siège afin que le souverain Pontife « juge par lui-même de tout cela ». À ce sujet il fait l'objet d'une « Radioscopie » de Jacques Chancel, en janvier 1973. Cette interview du présentateur qui recevait des personnes comme Lucien Rebatet ou Michel Potay a servi aux adeptes de Georges de Nantes comme preuve de crédibilité. Les mouvements accusés de dérives sectaires cherchent en effet à se réclamer de personnalités connues, afin d'apporter une validation à leur message, que celles-ci le valident ou non.

Qualification de secte ou dérive sectaire[modifier | modifier le code]

Son organisation est classée parmi les dix plus importants mouvements sectaires par un rapport parlementaire de 1995, sous le nom de la communauté religieuse.

Cependant, si le terme de secte est de moins en moins employé, le mouvement présente toutes les caractéristiques de la dérive sectaire ; soumission aveugle au leader spirituel ou gourou, système de croyances et de valeurs imposé à ses membres, embrigadement des enfants, pression psychologique et intimidation visant à empêcher l'expression d'une opinion contraire, langage hermétique, pression financière, immixtion de l'organisation dans les décisions de vie les plus intimes, comme la natalité ou l'habillement, etc. De plus, un rapport parlementaire belge[37] ou encore la majorité des spécialistes des sectes s'accordent à voir dans le mouvement de Georges de Nantes une dérive sectaire typique.

L'Église condamne, elle, des dérives sur le plan dogmatique (évocation du « couple éternel de Jésus et de Marie ») et l'insoumission de Georges de Nantes. Certaines associations anti-sectes dénoncent quant à elles des pratiques qu'elles jugent abusives, parmi lesquelles figure un « baiser mystique » qui aurait été donné par l'abbé à certains membres de sa communauté[38],[39].

Admirateur de la force et autoritariste, l'abbé de Nantes souhaite renverser l'État et crée une force « politique et spirituelle » qu'il baptise phalange de l'immaculée en référence à la phalange espagnole de Francisco Franco, et qui doit infiltrer l'armée française pour être prête à renverser la République à tout moment[40]. Dans les faits, les adeptes prêtent uniquement un serment d'allégeance, qui renforce leurs soumission à la communauté. Les hommes sont cependant invités à rentrer dans l'armée, tandis que les femmes se dirigent plutôt vers des métiers traditionnellement féminins.

D'autres pratiques sont caractéristiques, comme la culpabilisation dès la petite enfance [41], l'intimidation et la manipulation à très haut niveau. On conseille ainsi aux petits enfants de se jeter dans les orties car leur souffrance serait de plus grande valeur pour la rédemption, après les avoir menacés de souffrir éternellement. Les menaces envers les adultes sont d'autant plus fortes et diverses.

Toute contradiction est muselée : Georges de Nantes se déclare infaillible : « Vous devez vous contentez d'obéir... j'exclus que je puisse me tromper. » Il souhaite l'instauration d'un dictateur, et estime qu' « il faut que le sang coule »[42]. Les rares personnes manifestant un désaccord sont surveillées par les membres, dénoncées et autant réprimandées que possible.

Il développe sa propre théologie en passant outre les dogmes officiels de l'Église catholique, et modifie des prières comme le Je Vous Salue Marie et le Notre Père.

La crise la plus importante pour le mouvement a lieu en 1989. Onze membres quittent la communauté en mettant en cause l'honnêteté de Georges de Nantes, voire en l'accusant d'attouchements[39]. Ils vont fonder de leur côté une communauté parallèle, mais dégagée de l'autorité de l'abbé [43]. À cause du scandale, le nombre d'adeptes de Georges de Nantes, assez important, va alors quasiment totalement s'effondrer, se concentrant sur les membres de sa nombreuse famille. De 25 000 membres dans les années 1970, le mouvement ne compte alors plus que 200 à 300 familles d'adeptes et une petite centaine de religieux[39]. Georges de Nantes va en même temps perdre toute audience dans le milieu traditionaliste. Il semble que le nombre ait encore continué de baisser, mais il est impossible d'obtenir plus d'information à ce sujet aujourd'hui, les membres de la communauté vivant reclus et ayant peu de contact avec le monde extérieur, qui les appelle dans les environs « les fantômes » ou les « oies blanches »[36]. Durant la décennie 1990, les communautés des Petits Frères du Sacré-Cœur de Jésus subissent aussi plusieurs vagues de départs de religieux, certains de leur propre chef, d'autres ayant été exclus. La plupart rejoignent des ordres religieux reconnus par l'Eglise catholique. Dans le même temps, l'abbé de Nantes refuse tout contrôle, toute visite canonique de la part de l’évêque du lieu.

Le , il est frappé par un interdit qui l'envoie en exil dans un monastère en Suisse à Hauterive. De retour en France, alors qu'il s'était engagé à ne pas revenir, l'abbé de Nantes fait appel de ses sanctions auprès du tribunal de la Signature apostolique, appel rejeté en 2000[39].

Ses deux principaux adeptes sont les diacres Bruno Bonnet-Eymard et Gérard Cousin qui exercent la direction effective de la communauté et de ses publications depuis 1999.

Sanctions disciplinaires[modifier | modifier le code]

Suspendu ab officio le par l'évêque de Troyes[8], il est suspendu a divinis par l'évêque de Troyes le [8]. Il est finalement frappé d'interdit le par Mgr Daucourt, évêque de Troyes. Malgré trois recours — le premier adressé en 1997 à Mgr Daucourt, le second la même année adressé à la congrégation pour la doctrine de la foi, le dernier adressé en 1998 au tribunal de la Signature Apostolique — les sanctions ne seront jamais levées[8].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Dans les deux dernières décennies de sa vie, Georges de Nantes ne fait plus que périodiquement parler de lui, notamment lorsqu'il fait appel au jugement de Dieu sur des ecclésiastiques qu'il juge hérétiques. Il multiplie alors les déclarations les plus irréalistes, les rendant difficiles à recenser.

Il demande à Dieu de faire mourir soit lui, soit le cardinal Jean-Marie Lustiger dans l'année, mais les deux restent en vie. Georges de Nantes déclare alors que le cardinal, d'origine juive, est « mort spirituellement ».

Il était également partisan de la thèse de l'assassinat de Jean-Paul Ier (voir l'article Théories du complot sur la mort de Jean-Paul Ier).

Sa communauté, à sa suite, défend l'authenticité du Suaire de Turin. Selon lui, la relique aurait été l'objet d'une fraude monumentale lors des analyses au carbone 14 en 1988, fraude là encore « orchestrée par la mafia des francs-maçons » et soutenue par le Pape Jean-Paul II qui « abomine » le Saint-Suaire. Cette thèse fit l'objet de réunions à la Mutualité de Paris entre 1988 et 1990 qui furent enregistrées et diffusées dans une rétrospective de la chaîne Direct 8 en 2006. De même, l'incendie de 1997 qui endommagea gravement la cathédrale de Turin, où est conservé le suaire, ne serait autre, selon l'Abbé de Nantes, que l'œuvre des francs-maçons[44]. D'une manière générale, les évènements qu'il estimait négatifs étaient toujours l'œuvre de groupes qui complotaient contre lui et le catholicisme tel qu'il le concevait ; soit « les juifs », soit « les francs-maçons ».

Pour lui, l'icône de Notre dame de Guadalupe n'est pas une peinture, mais une image miraculeuse.

Mort[modifier | modifier le code]

L'abbé de Nantes meurt le 15 février 2010. Selon les membres de la communauté, il serait mort dans un calme admirable par rapport à la maladie de Parkinson dont il souffrait. Selon le journaliste Nicolas de la Casinière en revanche, l'abbé manifestait des tendances suicidaires dès les années 1990, période d'apparition des premiers symptômes. La question de sa santé mentale est soulevée par Georges de Nantes lui-même, qui déclarait parfois dans ses conférences « les gens disent que je suis fou... Peut-être », ou encore « mon angoisse, je veux que vous l'ayez aussi »[5].

L'accès à l'église de Saint-Parres-lès-Vaudes pour la messe d’enterrement est refusé par le diocèse, à la demande de la nonciature apostolique[45]. Ses obsèques sont célébrées par le père Zambelli, ancien recteur des Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes qui venait d'être condamné pour détournement de fonds[46] pour un montant de 50 000 euros et après avoir reçu 427 000 euros d'une paroissienne[47].

Ses funérailles sont célébrées dans la propriété de la Ligue de contre réforme catholique. Il est enterré le 18 février 2010 à Saint-Parres-lès-Vaudes[48].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Lettres à mes amis 1956-1962, 1962.
  • La contre réforme catholique au XXe siècle (publication du mouvement)
  • Les 150 points de la Phalange : Catholique, royale, communautaire, Association de la Contre-réforme catholique au XXe siècle (1996)
  • Le Coran, avec Bruno Bonnet-Eymard, La Contre-Réforme catholique (1997)
  • Un Curé et la sainte Vierge : 1849-1903, La Contre-Réforme catholique (1985)
  • Pour l'Église : 1948-1963, avec Michel de la Sainte-Trinité
  • Mémoires et récits, Renaissance catholique (1988)
  • Pages mystiques, Éd. de la Contre-Réforme catholique (1996)
  • Liber accusationis : à notre Saint Père le pape Paul VI, par la grâce de Dieu et la loi de l'Église juge souverain de tous les fidèles du Christ, plainte pour hérésie, schisme et scandale au sujet de notre frère dans la foi, le pape Paul VI, remis au Saint-Siège le 10 avril 1973, avec la communion phalangiste, La Contre-Réforme catholique (1973)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier Pasquini, Les Sectes : un mal profond de civilisation, 2015
  • Bernard Fillaire, Janine Tavernier, Esclaves du XXe siècle : les enfants dans les sectes, 2003
  • Anne Fournier, Michel Monroy, La Dérive sectaire, 2015
  • Joseph Algazy, L'Extrême-Droite en France de 1965 à 1984, 1989
  • Jean-Yves Camus, L'Extrême Droite aujourd'hui, 1997
  • Ariane Chebel d'Appollonia, L'Extrême-Droite en France: De Maurras à Le Pen, Volume 1, 1998, p. 359 et passim
  • René Chiroux, L'Extrême-Droite sous la Ve République, 1974
  • Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite de 1945 à nos jours, 1991, p. 54 et passim
  • Laurent Frölich, Les Catholiques intransigeants en France, éd. L'Harmattan, 2002, ouvrage en ligne
  • Émile Poulat, L'Anti-maçonnisme catholique, Berg, 1994

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chantin, Des « sectes » dans la France contemporaine (1905-2000) ; contestations ou innovations religieuses ?, Privat, 2004, p. 65-67.

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice biographique sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  2. L'abbé Georges de Nantes, fondateur de la CRC, notice biographique sur le site de Ligue de la Contre-Réforme catholique
  3. Georges de Nantes a conservé sa titulature car les sanctions prononcées contre lui par la hiérarchie catholique qui lui interdisent certaines fonctions de l'exercice du sacerdoce ne constituent pas une réduction à l'état laïc.
  4. « La Contre-Réforme Catholique ou Communion Phalangiste | unadfi.org », sur www.unadfi.org (consulté le 24 mars 2018)
  5. a et b Mickael Tussier, « La Contre-Riforme Catholique, ou ou Communion Phalangiste », sur www.prevensectes.com (consulté le 24 août 2018)
  6. « Ligue de la contre réforme catholique », n°252,‎
  7. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, ed.SEdopols, 201, p.599
  8. a b c d e et f L'abbé Georges de Nantes, chronologie d'une vie et d'une œuvre, notice chronologique sur le site de la Ligue de la Contre-Réforme catholique, groupe dirigé par l'abbé de Nantes
  9. Cf. Manifeste au service du personnalisme.
  10. Luc Perrin, « De l’appel du silence à Saint-Parres-les-Vaudes », Revue des sciences religieuses, nos 82/4,‎ , p. 483–496 (ISSN 0035-2217 et 2259-0285, DOI 10.4000/rsr.402, lire en ligne)
  11. Balder ExLibris, « Théry Gabriel - De Moïse à Mohammed Tome 3 », Balder Ex-Libris,‎ (lire en ligne)
  12. « L'argent caché des sectes », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  13. Mathieu Cossu, « les dégâts d'un alibi religieux, secte, integrisme, contre reforme catholique », sur www.prevensectes.com (consulté le 5 juin 2018)
  14. L'Ordre français, revue maurrassienne ayant paru de 1956 à 1980, fondée par Philippe Roussel, à laquelle ont notamment participé Pierre Debray, Dominique Ancelle, Georges Lacheteau et Maurice Jallut.
  15. Fiammetta Venner, Extrême France, Grasset
  16. Vatican II, Constitution « Gaudium et Spes », ch. 1.
  17. Vatican II, Déclaration « Dignitatis humanæ ».
  18. « Conclusion of the II Vatican Council: Speech at the last public session (December 7, 1965) | Paul VI », sur w2.vatican.va (consulté le 22 août 2018)
  19. « honour | Definition of honour in English by Oxford Dictionaries », sur Oxford Dictionaries | English (consulté le 22 août 2018)
  20. « Epilogo del Concilio Ecumenico Vaticano II: Allocuzione durante l'ultima Sessione Pubblica (7 dicembre 1965) | Paolo VI », sur w2.vatican.va (consulté le 22 août 2018)
  21. « cultori - Traduction en français - exemples italien | Reverso Context », sur context.reverso.net (consulté le 22 août 2018)
  22. « 2. Vous détruisez l'Église », sur La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle (consulté le 4 décembre 2018)
  23. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 4 décembre 2018)
  24. « Lettre de Paul VI à Mgr Lefebvre », sur La crise intégriste (consulté le 4 décembre 2018)
  25. « Consécration de la Russie : lettres apocryphes de sœur Lucie », sur La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle (consulté le 5 juin 2018)
  26. (en) Lesley K. Twomey, Women in Contemporary Culture: Roles and Identities in France and Spain, Intellect Books, (ISBN 9781841500409, lire en ligne)
  27. CRC n° 151, mars 1980
  28. Bulletin CRC, n° 172
  29. « Les 5 excentricités de l'Église de l'unification ou "secte Moon" », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  30. « L. Ron Hubbard croyait en un complot mondial des psys et des communistes | Conspiracy Watch », sur www.conspiracywatch.info (consulté le 24 août 2018)
  31. « CAS – Central Authentication Service », sur www-cairn-info.bases-doc.univ-lorraine.fr (consulté le 2 décembre 2018)
  32. « « Sectes, de Moon à la Scientologie – Comment elles s'implantent dans le 13e » | UNADFI », UNADFI,‎ (lire en ligne)
  33. (Bulletin CRC, no 202.
  34. La Documentation catholique, 2001.
  35. Notification au sujet de M. l’Abbé de Nantes
  36. a et b « CRC Danger - Enquête sur la secte fondée par l'abbé de Nantes », (consulté le 15 août 2018)
  37. « Rapport de la Commission d'Enquête Parlementaire de Belgique sur les sectes », sur www.prevensectes.com (consulté le 6 juin 2018)
  38. « Le baiser mystique », d'après « Regards sur », Publication du Centre contre les manipulations mentales.
  39. a b c et d « Interdit papal pour l'abbé adepte du bisou mystique », Libération,‎ (lire en ligne)
  40. « CRC (Contre Réforme Catholique) », sur www.fraternite.net (consulté le 8 juin 2018)
  41. Mathieu Cossu, « Les ramifications de la Contre réforme catholique à l'étranger », sur www.prevensectes.com (consulté le 5 juin 2018)
  42. « Abbé de Nantes », sur www.sos-derive-sectaire.fr (consulté le 6 juin 2018)
  43. Nicolas de la Casinière, Secte: une adepte jugée irresponsable. Un tribunal a placé sous curatelle une moniale de l'abbé de Nantes, Libération, 6 juin 1998
  44. Site de la CRC.
  45. Mort de l'abbé Georges de Nantes, chronique de Gérard Leclerc sur le site france-catholique.fr
  46. « L'ancien recteur de Lourdes condamné pour détournement de fonds »
  47. « Un curé à la charité désordonnée », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  48. « Oraison funèbre du père Raymond Zambelli, recteur émérite des sanctuaires de Lisieux et Lourdes », La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle, no 91, mars 2010.