Frères Ruellan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ruellan.
Plaque sur l'ancienne maison familiale des frères Ruellan (aujourd'hui bibliothèque annexe)

Les frères Ruellan sont une fratrie de Paramé (aujourd'hui rattachée à Saint-Malo) en Bretagne qui combattirent durant la Première Guerre mondiale. Sur dix-huit enfants, dix frères allèrent au front, six furent tués au combat en faisant la fratrie française ayant eu le plus de morts pendant ce conflit[1]. Un septième mourra une dizaine d'années plus tard, victime du gazage qu'il avait subi pendant la guerre[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille Ruellan est une famille de notables de Saint-Malo, catholique et nationaliste[2]. Le père Jules est armateur[2]. Il aura avec son épouse Marguerite, dix-huit enfants. Lorsque la guerre éclate, quinze sont encore vivants [1] mais la fratrie est alors dispersée. André est en Uruguay, Stanislas aux États-Unis où il était parti faire fortune[2], Julius est prêtre[2], Bernard sert en Algérie dans un régiment de zouaves[2]. Les dix frères vont s'engager et les trois filles serviront dans les hôpitaux durant le conflit[1]. Six frères seront tués et un grièvement gazé.

Les six morts au front[3] sont :

  • Julius 1873-1918 (45 ans)
  • Louis 1878-1916 (38 ans)
  • André 1885-1915 (30 ans)
  • Bernard 1888-1915 (27 ans)
  • Berchmans 1890-1918 (28 ans)
  • Henri 1892-1916 (24 ans)

Un des quatre survivants au conflit, Charles Ruellan (1876-1955), sera député d'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924.

Dès 1919, la rue de Paramé où se trouvait la maison familiale fut renommée rue des Six-Frères-Ruellan. Sur cette maison, devenue depuis bibliothèque municipale annexe, une plaque rappelle leur souvenir[4].

En 1938, le ministère de l'Éducation nationale fera rappeler dans toutes les écoles de France le souvenir des frères Ruellan : « Enfant de France, n'oublie jamais les dix frères Ruellan »[2].

Autres fratries[modifier | modifier le code]

Si la fratrie Ruellan fut la plus touchée avec six morts, trois fratries françaises ont perdu cinq de leur membres pendant la Première Guerre mondiale[1] :

Dix fratries[1] ont elles perdu quatre membres dont les Doumer, les quatre fils de Paul Doumer[1], président de la République entre 1931 et 1932.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Marc Jean, Les dix frères Ruellan, héros et martyrs, éd. Cristel,‎ (ISBN 9782844210784)
  2. a, b, c, d, e et f "11-Novembre: l'histoire des six frères Ruellan, morts pour la France" de Karin Soulard, Ouest-France, 10 novembre 2011
  3. Voir le site : Mémoire des Hommes [1]
  4. Les frères Ruellan, martyrs de 14-18, honorés demain, ouest-france.fr, 9 novembre 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Dix frères Ruellan, héros et martyrs, de Marc Jean, éd. Cristel, 2011 (ISBN 9782844210784)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Frères Jardot, cinq frères français, tous morts pour la France en 1914 et 1915. Un sixième frère a survécu après avoir été retiré du front, grâce à l'intervention de l'instituteur de son village qui a signalé ce drame aux autorités militaires.
  • Frères Sullivan, cinq marins issus d'une même fratrie, morts lors du naufrage de l'USS Juneau en novembre 1942.
  • Frères Niland, quatre frères américains, dont deux furent tués au combat et un porté un temps disparu lors de la Seconde Guerre mondiale, histoire qui inspira le film Il faut sauver le soldat Ryan.
  • Frères von Blücher, trois soldats allemands issus d'une même fratrie, morts le même jour, lors de la Bataille de Crète.