Famille Giscard d'Estaing

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La famille Giscard d'Estaing (olim Giscard) est une famille de la bourgeoisie française[1], originaire de Lozère, puis fixée dans le Puy-de-Dôme.

Ses membres portent le nom Giscard d'Estaing depuis que, en 1922 et 1923, René Giscard et son frère Edmond, ainsi que leurs oncles Joseph et Philippe (et leurs descendants), se virent accorder, par voie administrative, le droit de relever le nom de famille d'une de leurs aïeules en ligne féminine, Lucie-Madeleine d'Estaing de Réquistat du Buisson (1769-1844), dernière du nom d'Estaing.

La famille Giscard d'Estaing a compté parmi ses membres, au XXe siècle, des administrateurs, des hommes d'affaires et des hommes politiques, en particulier le 20e président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing.

Origine et filiation des Giscard en Gévaudan[modifier | modifier le code]

La famille Giscard est originaire de Marvejols (en Lozère) ; sa filiation agnatique suivie en Gévaudan commence avec :

François Giscard, calviniste, épouse à Marvejols en 1632 Marguerite Aymar (Marvejols 1609 - 1692), fille de Pierre Aymar ou d'Eymar, et de Jeanne Guyot, dont :

  • Pierre Giscard, calviniste, épouse à Marvejols le Jeanne de Moynier, fille d'Étienne de Moynier et de Louise de Gibelin, dont :
    • Barthélémy Giscard, sieur de Montplaisir, abjure le calvinisme avant son mariage, épouse à Marvejols en 1707 Marie (de) Prieur (Marvejols 1682 - 1715), fille de Jehan (de) Prieur, seigneur de Prat-Viala, et de Ysabeau de Chapel, dont :
      • Pierre Giscard (Marvejols 1709 - Marvejols 1798), épouse à Marvejols en 1730 Jeanne de Liane, fille de Noël de Liane, bourgeois de Chirac, et de Claude Milhet, dont :
        • Barthélémy Giscard (Marvejols 1732 - Marvejols 1808), épouse à Marvejols en 1764 Jeanne Charpentier, fille de Pierre Charpentier, receveur des Gabelles à Mende et Marvejols, et de Louise de Terrier, dont :
          • Pierre Giscard (Marvejols 1770 - Clermont-Ferrand 1855), propriétaire, épouse en 1795 sa cousine germaine Marie de Julien de Moriers (Marvejols 1776 - ?), fille de Jean Louis de Julien, seigneur de Moriers, lieutenant colonel aux Grenadiers de France, chevalier de Saint-Louis, et de Marie Louise Charpentier, dont Martial Giscard, auteur de la descendance auvergnate, qui suit.

Filiation en Auvergne et descendance agnatique[modifier | modifier le code]

La filiation en Auvergne jusqu'à la descendance Giscard d'Estaing s'établit comme suit :

Martial Giscard (Marvejols 1796 - Paris 1865), propriétaire, épouse à Saint-Amant-Tallende en 1818 Élise (de) Cousin de La Tour Fondue (Saint-Amant-Tallende 1790 - Saint-Amant-Tallende 1858), fille de Jacques Guy (de) Cousin de La Tour Fondue (1765-1846), seigneur de Murol et de Salles, officier au régiment de Bourgogne-Infanterie, maire de Saint-Amant-Tallende, et de Lucie-Madeleine d'Estaing de Réquistat du Buisson (1769 à Saint-Babel - Saint-Amant-Tallende 1844), aïeule dont les Giscard ont relevé le nom en 1922 et 23, dont :

  • Théodore Giscard (Brioude 1824 - Saint-Amant-Tallende 1895), magistrat, juge de paix à Massiac, juge au tribunal civil de Murat, juge de paix, épouse à Clermont-Ferrand le 2 mars 1859 Marie-Anne de Lussigny (Ambert 1829 - Saint-Amant-Tallende 1885), fille de Jean Philippe Joseph de Lussigny, procureur du roi à Brioude, et d'Amable Bernardine Beille, dont les auteurs des trois branches Giscard d'Estaing :
    • Valéry Giscard, dit « Giscard de La Tour Fondue » (1862-1916), épouse à Clermont-Ferrand en 1888 Louise Monteil-Ansaldi (1869-1957), décédé avant le relèvement du nom d'Estaing par les Giscard, dont la branche ainée scindée en deux rameaux formés par ses fils :
    • Joseph Giscard, puis Giscard d'Estaing (1866-1929), officier d'infanterie, épouse au Puy-en-Velay en 1896 sa cousine Marie de Lussigny (1873-1965), dont la branche cadette subsistante :
      • Henri Giscard d'Estaing (1900-1972), colonel d'artillerie, épouse en 1924 Édith Persevault (1901-1980), dont :
        • Antoine Giscard d'Estaing, épouse Catherine Sécheresse (†), dont :
          • Sophie Giscard d'Estaing, épouse Xavier du Réau de La Gaignonnière, dont postérité
          • Laure Giscard d'Estaing, épouse François Vaur, dont postérité
          • Aurore Giscard d'Estaing, épouse en 2000 (divorce) Timothy Hutton (1960), acteur américain oscarisé, dont postérité
          • Stéphanie Giscard d'Estaing, épouse Jean-Éric Besson, dont postérité
        • Hervé Giscard d'Estaing (????-2010), épouse Marie-Catherine de Guevara (†), dont :
          • Chantal Giscard d'Estaing
          • Armelle Giscard d'Estaing
          • Bertrand Giscard d'Estaing
        • Françoise Giscard d'Estaing (vers 1920), épouse Raymond de Mascarel de La Corbière (vers 1920), dont postérité
        • Xavier-Montfort Giscard d'Estaing (vers 1925), lieutenant d'artillerie, épouse Anne Martin de Champmartin de Marolles, dont :
          • Sabine Giscard d'Estaing, épouse Ronald Austin
          • Isabelle Giscard d'Estaing, épouse Bertrand Houssin
          • Emmanuel Giscard d'Estaing, épouse Florence Muller
        • Roselyne Giscard d'Estaing (1925-2008), épouse André de Leffe (1917-1994), juge au tribunal de grande instance de Paris, dont postérité
      • Yvonne Giscard d'Estaing (1904-????), épouse Jean Deniaud (†), sans postérité
    • Philippe Giscard, puis Giscard d'Estaing (1869-1932), administrateur des colonies, épouse à Saint-Louis-du-Sénégal en 1903 Marguerite Sarran (1878-1968), dont la troisième branche éteinte avec ses fils :
      • Jean Giscard d'Estaing (1904 -????)
      • Robert Giscard d'Estaing (1908-1922)

Origine de la famille d'Estaing[modifier | modifier le code]

Lucie-Madeleine d'Estaing de Réquistat du Buisson (aïeule dont les Giscard obtinrent de relever le nom et homonyme de la maitresse royale Lucie Madeleine d'Estaing) était issue de la bourgeoisie de Saint-Babel dans le Puy-de-Dôme et avait pour premier ancêtre prouvé un certain Joachim d'Estaing, sieur de Réquistat[2] du chef de sa femme Suzanne Paulet, dame de Réquistat à Jabrun dans le Cantal. Comme son fils Guillaume Joseph, seigneur de Réquistat (jusqu'en 1669) et de Boissières, ce Joachim d'Estaing fut condamné par défaut pour usurpation de noblesse par un jugement du , dans le cadre de la grande enquête sur la noblesse ordonnée par Louis XIV en 1666. Cette famille, dont le patronyme fut aussi orthographié Destaing ou suivi d'un nom de fief lui ayant appartenu (Réquistat, Boissières, puis le Buisson, la Moranie), était, selon le généalogiste Jean-Louis Beaucarnot, « une branche apparemment bâtarde de l'illustre famille d'Estaing[3] », originaire d'Estaing dans l'Aveyron.

En 1882, Louis de La Roque écrivait à ce sujet : « Il est difficile de supposer que Joachim d'Estaing, sieur de Réquistat, condamné en 1666, soit le même que Joachim d'Estaing, chevalier, seigneur de Murol [fils du vicomte François II et héritier, entre autres fiefs, de la vicomté d'Estaing], qui se serait marié trois fois. Nous sommes donc en présence d'une famille d'Estaing possessionnée comme l'autre dans la paroisse de Chambon et qui pouvait en être une branche, mais qui prouvait assez mal sa filiation, pour que deux de ses membres aient pu être condamnés comme usurpateurs de noblesse[4] ».

Plus exactement, Joachim d'Estaing (l'ancêtre de Lucie-Madeleine d'Estaing), inhumé le 3 juin 1685 à Chambon-sur-Dolore, serait le fils bâtard de l'abbé Charles d'Estaing, seigneur de Cheylade et de Marchastel (frère du vicomte François II d'Estaing), et peut-être d'une certaine Françoise[5],[6],[7],[8],[9], bien que l'abbé testât seulement en faveur d'une de ses filles naturelles ; c'est pourquoi on a aussi proposé pour putatif père naturel du même Joachim d'Estaing, noble Guillaume, bâtard d'Estaing, sieur de Chambon (demi-frère du vicomte François II)[10],[11],[12],[13],[14].

Armes de la maison d'Estaing, relevées par les Giscard d'Estaing.

F. Imberdis concluait en tout cas, concernant Lucie-Madeleine d'Estaing et ses ascendants : « Ces d'Estaing [...] ont très probablement une origine commune avec les d'Estaing, ancêtres de l'amiral ; cette origine remonte au XVIe siècle, et [ils] représentent une branche bâtarde[15] ». L'amiral d'Estaing, dernier représentant mâle et légitime de sa famille, et sa demi-sœur Lucie Madeleine d'Estaing (la maitresse du roi Louis XV) furent, d'ailleurs, les parrain et marraine de Lucie-Madeleine, dernière du nom d'Estaing[16]. Dans son livre la Maison d'Estaing, publié en 1950, l'un de ses descendants, Edmond Giscard d'Estaing, revendiquait une filiation avec cette grande famille, se qualifiant (de même que son frère René) de « représentant de la maison d'Estaing ». Au reste, en même temps que le nom, les Giscard relevèrent les armes d'Estaing : d'azur à trois fleurs de lys d'or, au chef du même[7],[3],[17].

Changement de nom de famille[modifier | modifier le code]

La famille Giscard bénéficia de deux décisions administratives autorisant son changement de nom[5],[6],[7],[14]. Par un premier décret en Conseil d'État, en date du , Edmond Giscard (père du président Valéry Giscard d'Estaing) et ses deux oncles Joseph et Philippe (ainsi que leurs descendants) se virent accorder le droit de relever le nom d'Estaing, éteint en 1844 avec la mort de leur aïeule Lucie-Madeleine d'Estaing de Réquistat du Buisson (épouse Cousin de La Tour Fondue), en l'ajoutant à leur patronyme, afin de s'appeler Giscard d'Estaing. René Giscard, frère ainé d'Edmond, alors maître des requêtes au Conseil d'État, préféra solliciter une seconde décision — décret du , étendant la mesure en sa faveur.

Auparavant, le père d'Edmond et René, Valéry, alors ainé des Giscard, avait demandé à relever officiellement le nom de sa grand-mère paternelle, Élise de Cousin de La Tour Fondue (fille de Lucie-Madeleine d'Estaing). Mais le dernier représentant mâle de cette ancienne famille de la noblesse auvergnate, Anatole de Cousin de La Tour Fondue, expatrié au Canada et brouillé avec une partie de sa famille, en était revenu pour s'y opposer[5]. Valéry Giscard usait néanmoins du nom Giscard de La Tour Fondue, devenu celui d'une rue de Clermont-Ferrand (ville dont il fut conseiller municipal). Ce n'est qu'avec la mort, en 2000, de Geneviève de la Tour Fondue que s'éteignit définitivement ce patronyme.

Généalogie détaillée[modifier | modifier le code]

Principales personnalités[modifier | modifier le code]

(par ordre alphabétique)

Châteaux des membres de la famille[modifier | modifier le code]

Le château de Murol[modifier | modifier le code]

Propriété depuis 1735 de la famille de La Tour Fondue, le château de Murol en Saint Amant, dans la commune de Saint-Amant-Tallende (dans le Puy-de-Dôme), a été reconstruit à la fin du XIXe siècle par Anatole de la Tour Fondue et racheté à ses filles, en 1921, par leurs cousins René et Edmond Giscard d'Estaing (arrière-petits-fils d'Élise de La Tour Fondue). Appelé souvent « château de La Tour Fondue », il ne doit pas être confondu avec l'ancien château de Saint-Amant, situé plus haut, qui date du XVe siècle et a hébergé la Reine Margot, ni avec l'ancien château de MurolMurol), qui appartenait de longue date aux d'Estaing, seigneurs de Val et de Murol.

Le château de la Varvasse[modifier | modifier le code]

Le château de la Varvasse, reconstruit au XVIe siècle et plusieurs fois remanié, situé dans la commune de Chanonat (dans le Puy-de-Dôme), avait été acheté en 1936 par Edmond Giscard d'Estaing, père du président Valéry Giscard d'Estaing, qui l'a mis en vente[18],[19].

Le château de Chaillot[modifier | modifier le code]

Ce château, situé à Vierzon (dans le Cher), appartenait à Olivier Giscard d'Estaing[20], frère du président, avant qu'il n'acquière une résidence à Estaing.

Le château d'Estaing[modifier | modifier le code]

En 2005, la SCI formée par le président Valéry Giscard d'Estaing, son frère Olivier (ancien maire de la commune d'Estaing) et leur cousin Philippe Giscard d'Estaing, a acheté à la communauté des religieuses de Saint-Joseph le château d'EstaingEstaing dans l'Aveyron), la demeure historique des seigneurs puis vicomtes d'Estaing (et de leur dernier descendant mâle et légitime, l'amiral d'Estaing).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fille de Jacques Guy (de) Cousin de La Tour Fondue (1765-1846), officier au régiment de Bourgogne-Infanterie, et de Lucie-Madeleine d'Estaing (24/08/1769 à Saint-Babel – 10/03/1844 à Saint-Amant-Tallende).
  2. Fille de Joseph de Lussigny (31/08/1798 à Ambert – 19/09/1844 à Brioude), procureur du roi, et de Bernardine Beille (31/12/1800 à Clermont-Ferrand – 28/05/1866 à Clermont-Ferrand).
  3. Fille d'Edmond Monteil (25/11/1841 à Bort-les-Orgues – 02/07/1900 à Clermont-Ferrand), avocat, négociant, administrateur des hospices, membre de la chambre de commerce, et de Charlotte Ansaldi (20/07/1840 à Clermont-Ferrand – 16/12/1902 à Clermont-Ferrand).
  4. Fille d'Achille Octave Marie Jacques Bardoux (27/05/1874 à Versailles – 15/08/1959 à Saint-Saturnin), homme de lettres, journaliste, sénateur, député, membre de l'académie des sciences morales et politiques, et de Geneviève Georges-Picot (04/01/1876 à Paris – 12/07/1949 à Paris). Sa grand-mère maternelle, Marthe de Montalivet, était elle-même la petite-fille d'Adélaïde de Saint-Germain, laquelle passait pour une fille bâtarde du roi Louis XV et de sa maîtresse Catherine Éléonore Bénard.
  5. Fille de François Sauvage de Brantes (????-1944 à Melk-Mauthausen), lieutenant-colonel de cavalerie, officier de la Légion d'honneur, résistant membre de l'ORA mort en déportation, et d'Aymone, princesse de Faucigny-Lucinge (1905-1993), elle-même descendante du roi Charles X.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L' « une des plus influentes de la bourgeoisie française », Michel Sementéry, Les Présidents de la République française et leur famille, éditions Christian, 1982
  2. Pierre-Marie Dioudonnat, Le simili-nobiliaire français, Sedopols, 2002.
  3. a et b Jean-Louis Beaucarnot, cité par Robert Schneider dans son ouvrage Je serai Président : Enfance et jeunesse des six chefs d'État de la Ve République, Perrin, 2012
  4. Louis de La Roque, Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France, 1882
  5. a, b et c Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, Puf, 1959, réédité en 1996
  6. a et b Henry Coston, Le Secret des dieux, 1968, p. 180.
  7. a, b et c Michel Sementéry, Les Présidents de la République française et leur famille, éditions Christian, 1982, section « Valéry Giscard d'Estaing »
  8. Christian du Passage, Histoire et généalogie, 160-266, octobre 2001
  9. Cf., également, les publications des généalogistes Ambroise Tardieu et Albert de Remacle
  10. Gérard de Villeneuve, Généalogie de la famille de Lussigny[réf. incomplète]
  11. La France Généalogique, 1964, 1965 et 1966[réf. incomplète]
  12. E. de Séréville et F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1775
  13. J. Valynseele et D. Grando, A la découverte de leurs racines[réf. incomplète]
  14. a et b Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, Sedopols, Paris, 2002, p. 244
  15. F. Imberdis, la France généalogique, 6e année, n°38, août 1964.
  16. Archives départementales du Puy-de-Dôme
  17. http://www.euraldic.com/lasv/ns/ns_g_is.html
  18. Article dans La Montagne
  19. Article dans La Croix
  20. Bottin mondain, édition 1974.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry Coston, Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires, Paris, 1975.
  • Gérard de Villeneuve, Les Giscard d'Estaing (Rouergue), simple crayon genealogique décrivant les quartiers, ascendances diverses et quelques parentés du président Valéry Giscard d'Estaing et de son épouse, Versailles, 1975.
  • Pol Bruno, La saga des Giscard, Paris, 1981.
  • Dominique Frémy, Quid des présidents de la république, Paris, 1981.
  • Michel Sementéry, Les présidents de la République française et leur famille, Paris, 1982.
  • Fabien Gandrille, "Président : un bon fromage", in La Science Historique, Paris, 1982.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]