Famille Miron

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Famille Miron
Image illustrative de l’article Famille Miron
Armes de la branche catalane

Branches Catalane
Valencienne
Majorquine
Oriolienne
Murcienne
Parisienne
Orléanaise
Nivernaise
Période XIe – XXIe siècle
Famille subsistante
Pays ou province d’origine Catalogne Catalogne
Allégeance Couronne d'Aragon Couronne d'Aragon
Drapeau du royaume de France Royaume de France
Charges Premier médecin d'Anne de Bretagne
Contrôleur de la maison de Claude de France
Premier médecin de Charles VIII
Lieutenant civil du Châtelet de Paris
Intendant des finances
Trésorier général des finances de Bretagne
Bailli de Chartres
Conseiller d'Etat
Premier médecin d'Henri III
Prévôt des marchands
Président de chambre des requêtes du parlement
Ambassadeur en Suisse
Intendant du Languedoc
Conseiller au grand conseil
Conseiller à la cour des aides
Maître de la chambre des comptes
Président de la cinquième chambre des enquêtes de Paris
Substitut du procureur général du parlement de Paris
Fonctions ecclésiastiques Abbé de Saint-Jean-de-Grais
Chanoine de Saint-Martin de Tours
Prieur d'Aussy
Archidiacre d'Angles
Chevalier de l'ordre de Malte
Evêque d'Angers
Archevêque de Lyon

La famille Miron (Miró en Catalan) est une très ancienne maison de Catalogne[1] dont plusieurs des représentants se sont illustrés au cours de l'Histoire, notamment au cours de la reconquête de la péninsule Ibérique par les Rois catholiques.

Subsistante en la majorité de ses branches, elle a toutefois connu un déclin notable à compter de l'abolition des fors des royaumes de la Couronne d'Aragon par Philippe V d'Espagne à la suite de la guerre de Succession, de l'effondrement du pouvoir aragonais en Italie méridionale et de la cession du Duché de Milan à l'Autriche.

Traditionnellement rattachée à la noblesse de robe en France, elle a donné sous l'Ancien Régime plusieurs magistrats célèbres, avant d'être contrainte de prendre d'importantes distances avec la monarchie absolutiste de Louis XIV à la suite de l'épisode de la Fronde.

Origine[modifier | modifier le code]

Selon le Diccionario heráldico y geneálogico de apellidos españoles y americanos, les Miron descendent des Comtes de Pallars et auraient ainsi pour ancêtre le personnage Arnau Mir de Tost, dont la fille Valencia épousa Raymond V de Pallars Jussà en 1056.

Certains témoignages laissent en outre à penser que la maison aurait pour lointains ancêtres des membres de la haute noblesse du Regnum Christianorum de Galice et des Asturies d'origine wisigothique[2]. Bien que le préfixe "mir" soit probablement d'origine germanique[3], cette hypothèse n'est pas vérifiable.

Au fur et à mesure de la Reconquista, la famille a étendu son influence et s'est implantée, entre autres, à Tortose, Valence, Majorque, Orihuela puis Murcie.

Personnalités (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

N.B. : le nom des personnages issus de branches espagnoles est reproduit en castillan, bien qu'ils soient orthographiés en catalan dans les documents et ouvrages rédigés dans cette langue.

Branche valencienne[modifier | modifier le code]

  • Simon Miron, chevalier et bailli général de la ville de Valence[4] (1410)

Branche majorquine[modifier | modifier le code]

  • Guillermo Miron, chevalier et bailli de la ville de Majorque[5] (1288)

Branche oriolienne[modifier | modifier le code]

  • Andrés Miron, chevalier et magistrat[8] (1358)

Branche murcienne[modifier | modifier le code]

  • Andrés Miron, chevalier et magistrat civil[10] (1587)
  • Jayme Miron, chevalier et magistrat criminel[10] (1590)

Les Miron en France[modifier | modifier le code]

Controverses au sujet d'une supposée origine italienne[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le Marquis de Magny Claude Drigon affirme dans son Livre d'Or de la Noblesse que les Miron de France ne sont pas originaires de Catalogne mais du Royaume de Naples, où ils occupaient "dès les temps les plus reculés un rang distingué dans la haute noblesse"[11].

En réalité, la consultation des nobiliaires italiens auxquels fait référence Claude Drigon[12] démontre que ce dernier a réalisé une confusion entre, d'une part, les chevaliers Miró envoyés par la Couronne d'Aragon dans le Royaume des Deux-Siciles et, d'autre part, la famille de Miro ou di Miro, originaire de la région napolitaine mais n'ayant aucun lien avec la maison Miron.

Formation de Gabriel Miron I et François Miron I au Collège Royal de médecine de Montpellier[modifier | modifier le code]

Fuyant le sud de l'Italie où il avait combattu pour le compte d'Alphonse V d'Aragon détrôné au profit de René d'Anjou, l'un des membres de la lignée tortosine, connu sous le nom de Francesco ou Francesch Miró, s'installe au XVe siècle à Perpignan[13].

Francesch Miró constitue vraisemblablement le père de Gabriel I Miron (dit Gabriel "l'aisné"), fondateur de la branche parisienne de la famille, et de François I Miron, fondateur des branches nivernaise et orléanaise.

Après avoir étudié la médecine au Collège Royal de médecine de Montpellier, les deux frères acquièrent le titre de médecins du roi Charles VIII et d'Anne de Bretagne[14].

Gabriel I a pour fils Gabriel II (dit "le jeune" par opposition à "l'aisné"), qui devient, à l'instar de son père, premier médecin et chancelier d'Anne de Bretagne ainsi que de Claude de France, épouse de François Ier.

Branche parisienne[modifier | modifier le code]

  • François II Miron[15], chevalier seigneur de Beauvoir (sur Cher), premier médecin d'Henri II et de Charles IX. Il est marié à Geneviève de Morvilliers, dont il eut :
    • Gabriel III Miron ( -1572), seigneur de Beauvoir (sur Cher), Linière et Tremblay, conseiller au parlement de Paris de 1555 à 1568, puis lieutenant civil au Châtelet et conseiller d'État. Il a épousé Madeleine Bastonneau dont il eut :
    • Marc Miron, seigneur de l'Hermitage et de La Ferrière, premier médecin d'Henri III, capitaine et gouverneur de la ville de Crécy, grand maître enquêteur et général réformateur alternatif des eaux et forêts de Normandie en 1586. Les États généraux obligent le roi de le chasser de son entourage en . Il a épousé Marie Gentien dont il eut :
      • Louis Miron, maître des comptes de Bretagne. Il a épousé Charlotte de Beauclerc dont il a six enfants.
      • Charles Miron (1569-1628), évêque d'Angers puis de Lyon
      • Henri Miron, chevalier de Malte ;
      • Louis Miron, prêtre ;
      • François Miron ;
      • Une fille, religieuse ;
      • Marie Miron, mariée à Louis Le Febvre de Caumartin
    • Robert Miron ( -1594), secrétaire de la Chambre du roi, maître ordinaire des comptes en jusqu'au , intendant des finances en 1576 puis contrôleur général des finances (1578-) avec trois autres intendants des finances par le règlement du [16], intendant de l'ordre du Saint-Esprit le . Il est chassé de l'entourage du roi, ainsi que son frère Marc, en , à la demande des États généraux. Il a épousé Marie Vallée[17] fille de Geoffroy Vallée I, sieur de Chenailles, et de Girarde Le Berruyer, sœur de Geoffroy Vallée II qui a écrit La béatitude des chestiens ou le Fleo de la Foy.

La branche parisienne est aujourd'hui éteinte.

Branche orléanaise[modifier | modifier le code]

  • Claude Miron, prévôt de la maréchaussée du Nivernais. Il a épousé Guillemette Chauvreux, d'une famille de l’Orléanais, dont il eut deux fils :
    • Jean-Louis Miron, qui a épousé à Orléans Claude Legendre, dont il eut :
      • Louis Miron, qui eut de son mariage avec Susane-Mariette :
        • Philippe Miron, qui a épousé Marie de Loynes, dont il eut :
          • François Miron, marié à Charité Sarrebourse dont il eut :
            • Jacques Miron de Pont-le-Roy
            • François, Philippe, Ami Miron dont les enfants n'ont eu que des filles ;
            • Madeleine et Anne Miron, mariées ;
          • Philippe Miron, qui a épousé Marie-Anne Vandebergue.
        • Guillaume Miron, dont un fils, un autre Guillaume, s'est établi à La Martinique en 1708 et mourra a La Grenade en 1751;
        • Joseph Miron, seigneur de Concire. Il est compris dans le rôle des gentilshommes de l'Orléanais dans le procès-verbal de 1690. Il s'est marié à Marie-Anne Baguenault, dont il eut Marie-Anne Miron, mariée à François Barbot ;
        • Jean Miron, prêtre ;
        • D'autres fils qui n'ont eu que des filles.

Tel qu'en atteste Téophile Clochard en 1907, la présence des Miron dans la région était particulièrement profilique au début du XIXe siècle : " Les Miron, alors, comme les Tassin, les Bigot, les de Loynes, les Colas, formaient, par leur nombre, toute une tribu patriarcale. Il y avait les Miron de Poisioux, les Miron de Saint-Germain, les Miron-Pasquier, les Miron-Fabus, les Miron-Lasneau, les Miron de la Motte, les Miron de Villereau, les Miron de l'Espinay "[18].

Seule la formule patronymique "Miron de l'Espinay" est encore portée par les descendants de la branche orléanaise.

Possessions (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Palais Miró à Reus (détruit en 1973) 
Palais Miró-Osset à Forcall 

Armes[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Escudo cuartelado; 1°, de plata, un espejo con marco de oro, sostenido por un clavo; 2°, de gules, un león rampante de oro; 3°, de oro, cinco bandas de azur y 4°, también de oro, una torre de piedra sobre una roca jaspeada.
Commentaires : Armes de la branche catalane.
Blason Blasonnement :
Escudo Cuartelado; 1° y 4°, jaquelado de plata y gules; 2° y 3° de oro con una estrella de azur.
Commentaires : Armes des branches valencienne, majorquine, oriolienne et murcienne.


Armes des branches valencienne, majorquine, oriolienne et murcienne dans le Palais des Miró-Osset, à Forcall 


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des familles nobles de ce royaume, 1815, Volume 3, p. 331-335 Paris
  2. "Les Regrets sur le trespas de M. Myron (Paris, 1609) parlent de "cette race des Myrons, qui descend d'une maison des plus grands du royaume de Galice"", selon Albert Miron de l'Espinay, au sein de son ouvrage "François Miron et l'administration municipale de Paris sous Henri IV de 1604 à 1606", Paris, 1885.
  3. José Godoy Alcántara, Ensayo histórico etimológico filológico sobre los apellidos castellanos, 1871, p. 129.
  4. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome I), 1954, p. 222.
  5. a et b Luis Miró-Granada Gelabert, Los Miró de Sóller, 2005, pr. 7.
  6. Joaquin Maria Bover de Rossello, Noticias histórico-topográficas de la isla de Mallorca, 1836, p. 66.
  7. En Espagnol : http://www.redovan.es/turismo/historia/
  8. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome I), 1954, p. 81.
  9. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome II), 1954, p. 98.
  10. a et b Francisco Benedito, Discursos históricos de la muy noble y muy leal ciudad de Murcia, 1775, p. 444-445.
  11. Claude Drigon, Livre d'or de la Noblesse, p. 307-310.
  12. Giuseppe Campanile, Notizie di Noblità, 1672 et Biagio Aldimari, Memorie historiche di diverse famiglie nobili: cosi napoletane come forastiere, 1691.
  13. Ce fait est évoqué par Claire Châtelain dans l'ouvrage Chronique d'une ascension sociale : exercice de la parenté chez de grands officiers (XVIe – XVIIe siècles) ainsi que par Albert Miron de l'Espinay dans François Miron et l'administration municipale de Paris sous Henri IV de 1604 à 1606.
  14. Jean Astruc, Mémoires pour servir à l'histoire de la Faculté de médecine de Montpellier, p. 334-335, 1767.
  15. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Tome V, p. 25, Paris, 1732
  16. Olivier Poncet, Pomponne de Bellièvre (1529-1607) - Un homme d'État au temps des guerres de Religion, p. 110-111, École des Chartes (Mémoires et documents de l'École des Chartes no 50), Paris, 1998 (ISBN 978-2-900791-16-5)
  17. Frédéric Lachèvre, Mélanges. Trois grands procès de libertinage, p. 55, Slatkine reprints, Genève, 1968
  18. Téophile Clochard, Sous la terreur: Le clergé d'Orléans, 1791-1802, p. 106, 1907.