Bessines-sur-Gartempe

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Bessines-sur-Gartempe
Bessines-sur-Gartempe
L'église et la croix de Morterolles-sur-Semme.
Blason de Bessines-sur-Gartempe
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Bellac
Intercommunalité Communauté de communes Élan Limousin Avenir Nature
Maire
Mandat
Andréa Brouille
2020-2026
Code postal 87250
Code commune 87014
Démographie
Gentilé Bessinauds
Population
municipale
2 836 hab. (2017 en augmentation de 0,21 % par rapport à 2012)
Densité 51 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 06′ 35″ nord, 1° 22′ 10″ est
Altitude Min. 250 m
Max. 533 m
Superficie 55,41 km2
Élections
Départementales Canton d'Ambazac
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Bessines-sur-Gartempe

Bessines-sur-Gartempe (en occitan Becinas [bɛsiˈna]) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Bessinauds[1].

La commune de Bessines-sur-Gartempe est labellisée « Village étape » depuis 1995. Il s'agit de l'une des deux premières communes à avoir bénéficié du label.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bessines-sur-Gartempe se situe à 35 km au nord de Limoges dans la vallée de la Gartempe dont les rives forment par endroits de belles gorges. Elle est l’une des communes les plus étendues de la Haute-Vienne.

La commune est proche de l’A 20 entre Limoges et Châteauroux.

Situation de la commune de Bessines-sur-Gartempe en Haute-Vienne.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Morterolles-sur-Semme (Mòrteirau [mortejˈraw] en occitan), qui fait aujourd'hui partie de la commune, est arrosée par la Semme.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom « Bessines » veut dire voisinage ou voisins[3]. Ce nom a été donné probablement par les Francs à une époque où Bessines, en rive gauche de la Gartempe, se trouvait sur la frontière qu'était la rivière (d'où son nom) au VIe siècle à l'époque de Clovis. Cette frontière séparait le royaume des Francs et celui des Wisigoths avec création d'une marche (zone frontalière). Cette frontière a persisté avec les comtes de la Marche (« marka » en germanique) (environ du IXe au Xe siècle) où il a pu également trouver son origine.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Bessines était une cure de l'ancien archiprêtre de Rancon qui avait pour patron saint Léger. À la fin du XVIIIe siècle, elle avait 1 500 communiants (environ 2 000 habitants). L'église est un monument de l'époque romane refait en grande partie au XVe siècle. La chapelle septentrionale était celle des seigneurs de Monisme. À la croix du Breuil, on trouve un manoir situé route de Paris. Le roi Henri IV y vint chasser et coucher le . Il y fut reçu par la noblesse et la bourgeoisie des environs. Un tableau a conservé le souvenir de son passage en ce lieu. En direction de Châteauponsac, on trouve un vieux pont jeté sur la Gartempe, le pont des Bonshommes, ainsi nommé parce qu'il aurait été construit par les moines de Grandmont. Le château de Monisme a été édifié au milieu du XVe siècle par la famille de Razès dont le représentant le plus fameux, Edme Léonard fut tué à la bataille d'Utrecht.
  • Morterolles comptait 500 communiants à la fin du XVIIIe siècle, environ 690 habitants. La cure était tenue par un religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[4]. L'église, construction romane du XIIe siècle, sous le vocable de Sainte-Anne, était initialement la chapelle de la commanderie. C'est dans cette commanderie du grand prieuré d'Auvergne que fut gardé, en 1484, Zizim, frère du sultan ottoman pendant qu'on construisait pour le loger à Bourganeuf la grosse tour qui porte son nom[5],[6]. On voyait à Morterolles, au XVIIe siècle, un château « consistant en une maison-forte quarrée, flanquée de trois tours, entournée de fossés remplis d'eau, à fond de cuve, et d'une palissade tout autour dudit chasteau, ung pont dormant, et ung pont levys à l'entrée d'icelluy, garny de ses chaisnes, fermant avec une porte de bois etc... »[7]. Louis XIII traversa Morterolles en 1632 et le pape Pie VII y passa une nuit en juin 1814 en route vers Rome après sa captivité.
  • Bessines et Morterolles ne forment plus qu’une seule commune depuis décembre 1972[8]: Bessines-sur-Gartempe.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs [9]
Période Identité Étiquette Qualité
1893 1912 Hippolyte Pierre Dony Rad. Négociant
Conseiller général du canton de Bessines-sur-Gartempe (1910 → 1913)
1912 1941 Jean-Baptiste Betout Rad. Négociant
Conseiller général du canton de Bessines-sur-Gartempe (1913 → 1937)
Les données manquantes sont à compléter.
mai 1945 mars 1971 Pierre Duditlieu SFIO Conseiller général du canton de Bessines-sur-Gartempe (1951 → 1970)
mars 1971 mars 1977 Paul Petit UDR Agriculteur
mars 1977 mars 2008 Bernard Brouille PS Garagiste
Conseiller général du canton de Bessines-sur-Gartempe (1976 → 2015)
Conseiller régional du Limousin [Quand ?]
mars 2008 En cours Andréa Brouille[10] PS Conseillère régionale du Limousin (2010 → 2015)
Conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine (2015 → )
3e vice-présidente du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine (2017 → )
Les données manquantes sont à compléter.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

En 2017, la commune a été labellisée « une fleur » par le Conseil national de villes et villages fleuris de France[11].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13].

En 2017, la commune comptait 2 836 habitants[Note 1], en augmentation de 0,21 % par rapport à 2012 (Haute-Vienne : -0,38 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 5132 5092 3172 6642 6992 7132 6402 6302 656
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 6302 5902 7012 6362 6612 6582 7282 7832 756
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 6902 6882 5952 5312 5272 5792 6352 1582 026
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
3 0252 9902 9823 0112 9882 7432 8852 8182 830
2017 - - - - - - - -
2 836--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

De l'uranium est extrait du territoire de la commune entre 1948 et 1995 (mine de Bellezane : 1975-1992 ; mine de Chanteloube : 1964-1979 ; mine de Montmassacrot : 1976-1981 ; mine des Petites Magnelles : 1991-1992 ; mine Point Cent Dix-Sept : 1969-1994 ; mine de Puy Teigneux : 1990-1991 ; mine de Bessines : 1955-1972 ; mine de Traverse : 1990-1991 ; mine de Villard : 1954-1973). De nos jours les sites sont fermés et sous surveillance. Bessines est devenu un lieu d’entreposage (sous hangars) d'oxyde d'uranium appauvri pour Areva NC[16], site qui est sous le régime des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

En mai 2001, la Cogéma avait réalisé cinq bâtiments (douze bâtiments sont prévus) et entreposait 32 000 t d’U3O8 au total [DiehlWeb01]. Fin 2007, 104 600 t d’U3O8 étaient entreposés à Bessines [AndraInv 07][17].

En mai 2010, Areva cesse l'envoi d’uranium appauvri en Russie. Une semaine plus tard, Areva annonce revenir à Bessines pour l'enfouissement de déchets radioactifs. Une polémique naît alors sur « l'incapacité d'Areva à gérer ses installations existantes », insistant également sur « l'illégalité » dans laquelle se trouve « régulièrement » le groupe, comme dans le cas des hangars de stockage d'uranium appauvri de Bessines[18].

En 2013, un musée de la mine d'uranium, Urêka, est ouvert près du site d'entreposage de la Croix du Breuil.

En 2018, l'ensemble des installations de Bessines accueille 142 salariés, dont une partie travaille pour le laboratoire de recherche médicale Maurice Tubiana (Areva Med). Outre l'extension du site d'entreposage d'uranium appauvri, deux projets sont à cette date à l'étude : la création d'un Centre d'innovation minière et la construction d'un nouveau centre de stockage de boues radioactives[19].

NB : en 2018 Areva est devenu Orano.

Grandes entreprises[modifier | modifier le code]

La commune abrite le siège social de deux grandes entreprises[20] (hors distribution).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Bessines-sur-Gartempe Blason
De sinople au sphinx ailé d'or assis et contourné.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Nom des habitants », sur www.habitants.fr (consulté le 8 mars 2011)
  2. Carte IGN sur Géoportail
  3. « Besinat » dans le Glossaire de la langue romane de Jean-Baptiste-Bonaventure de Roquefort.
  4. Louis-Augustin Vayssière, « L’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin et dans l’ancien diocèse de Limoges », Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze,‎ , p. 124-129, lire en ligne sur Gallica
  5. Jean-Marie Allard, « Templiers et Hospitaliers en Limousin au Moyen Âge. État de la recherche et nouvelles considérations. », Revue Mabillon, no 14,‎ , p. 51-81 (lire en ligne)
    En particulier p. 56, note 19 sur l'origine hospitalière probable de Morterolles. Rien ne permet d'étayer une origine templière.
  6. Jean Eybert, « A la recherche des vestiges de l'ordre du Temple en Haute-Vienne », Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, vol. CIII,‎ , p. 250-251
  7. Vayssière 1884, p. 125.
  8. agl87.org/wp/documentation/communes-et-paroisses/ancienne-commune-de-morterolles-sur-semme/
  9. (fr) « Les maires de la commune » (consulté le 8 mars 2011)
  10. (fr) Site officiel de la préfecture de Haute-Vienne - liste des maires (doc pdf)
  11. Site des villes et villages fleuris, consulté le 21 décembre 2017.
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  16. Le Populaire du Centre du 24 janvier 2008.
  17. (fr) La France nucléaire, Bessines.
  18. (fr) Article de La Montagne.
  19. Annaïck Demars, « Areva devient Orano : quelles conséquences sur le site de Bessines ? », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 5 juillet 2018).
  20. « Créer des listes personnalisées d'entreprises avec Verif.com », sur www.verif.com (consulté le 15 octobre 2018)
  21. (fr) « Église », sur www.patrimoine-de-france.org (consulté le 8 mars 2011)
  22. (fr) « Château de Monismes », sur www.patrimoine-de-france.org (consulté le 8 mars 2011)
  23. (fr) « Pont des Bonshommes sur la Gartempe », sur www.patrimoine-de-france.org (consulté le 8 mars 2011)
  24. (fr) « Croix en pierre », sur www.patrimoine-de-france.org (consulté le 8 mars 2011)
  25. Vayssière 1884, p. 125-126.
  26. A. Lecler, « Monographie du canton de Bessines », Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, t. XXI et XXII,‎ 1872-1873, p. 280-81 (lire en ligne)
    On trouve également François de Faron chevalier de l'ordre et commandeur de Morterolles décédé en 1694 et inhumé dans l'église Sainte-Anne de Morterolles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Cantons de Bessines-sur-Gartempe et Châteauponsac, Pierre Brunaud, 128 p., Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2002 (ISBN 2-84253-831-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]