Saint-Benoît (La Réunion)

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Saint-Benoît
Saint-Benoît (La Réunion)
Vue de l'hôtel de ville de Saint-Benoît.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
(sous-préfecture)
Arrondissement Saint-Benoît
(chef-lieu)
Intercommunalité CIREST
(siège)
Maire
Mandat
Patrice Selly (DVG)
2020-2026
Code postal 97470 et 97437
Code commune 97410
Démographie
Gentilé Bénédictins
Population
municipale
36 994 hab. (2020 en diminution de 1,97 % par rapport à 2014)
Densité 161 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 02′ 02″ sud, 55° 42′ 46″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 2 478 m
Superficie 229,61 km2
Type Commune urbaine et littorale
Unité urbaine Saint-Benoît
(ville isolée)
Aire d'attraction Saint-Benoît
(commune-centre)
Élections
Départementales Cantons de Saint-Benoît-1 et Saint-Benoît-2
(bureau centralisateur)
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Saint-Benoît
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Saint-Benoît
Liens
Site web saint-benoit.re

Saint-Benoît est une commune française située dans le département d'outre-mer de La Réunion.

Ses habitants sont appelés les Bénédictins.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Saint-Benoît se situe à environ 40 kilomètres au sud-est de Saint-Denis, le chef-lieu. C'est la seconde plus grande commune de La Réunion par sa superficie : elle s'étend du battant des lames au sommet des montagnes pour culminer à la caverne Dufour et est composée d'une trentaine de quartiers ou lieux-dits.

Son territoire communal est délimité par la rivière des Roches au nord, l'océan Indien à l'est, la rivière de l'Est au sud. Ceux de Bras-Panon, de Cilaos, de L'Entre-Deux, de La Plaine-des-Palmistes, de Sainte-Rose, de Salazie et du Tampon lui sont limitrophes.

Il est traversé d'ouest en est par la rivière des Marsouins, dont le versant nord est couvert par la forêt de Villeneuve et la forêt du Piton Papangue. Au sud de la rivière se trouve la forêt du Cratère.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat y est tropical mais très influencé par les alizés. La pluie (100 jours par an) et le vent (90 jours par an) sont présents pratiquement toute l'année et les températures sont chaudes toute l'année.

Les températures moyennes sont :

janvier février mars avril mai juin juillet août septembre octobre novembre décembre
minimales (°C) 23 23 23 22 20 18 18 17 18 19 20 22
maximales (°C) 29 29 29 28 26 25 24 24 24 26 27 28

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Saint-Benoît est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3]. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Benoît, une agglomération intra-départementale regroupant 1 commune[4] et 36 994 habitants en 2020, dont elle est une ville isolée[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Benoît, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 3 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 habitants à moins de 200 000 habitants[7],[8].

La commune, bordée par l'océan Indien au nord-est, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[9]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[10],[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire de Saint-Benoît commence dans la première moitié du XVIIIe siècle, lorsque les colons de Bourbon, à l’étroit entre Saint-Paul et Saint-Denis cherchent de nouvelles terres pour la culture du café.

Les premières concessions furent attribuées entre 1720 et 1730. Les concessionnaires devaient s'engager à « cultiver le vrai café Moka » et à payer chaque année à la Compagnie « 200 livres de riz blanc et 24 poules ».

C'est également à cette époque que la zone fut érigée en paroisse par les autorités ecclésiastiques et le gouverneur général. Elle tire son nom de celui de ce dernier, Pierre Benoît Dumas.

La commune en elle-même a été créée le . Gratifiée d’un climat ensoleillé et fréquemment arrosé, elle devient vite un paradis pour les cultures les plus diverses : c’est là que Joseph Hubert acclimate les épices rapportées par Pierre Poivre, que prospèrent le manguier d’Inde, le litchi de Chine et plus tard la vanille du Mexique.

Le , la garde nationale de la commune parvient à repousser les Britanniques débarqués le 16 août à Sainte-Rose.

Le , une ligne de chemin de fer liant la ville à Saint-Denis est livrée. La même année, Bras-Panon se sépare de Saint-Benoît pour devenir une commune à part entière.

Le , la place du Marché est solennellement baptisée place Edmond-Albius ; trois jours plus tard est inaugurée la piscine du Butor à quelques mètres d'une jetée protégeant un petit port construit en 1960[12].

La mairie est inaugurée le sous le majorat du Dr David Moreau, elle se trouve actuellement à côté de l'église. L'ancienne maternité date du .

Dans les années 1960, des avortements et stérilisations non consentis sont pratiqués dans la clinique de Saint-Benoît dirigée par le docteur et maire David Moreau, ce scandale aboutissant en 1971 à la condamnation en appel du docteur Alain Lejade[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Après une période dominée par la droite et le centre, Saint-Benoît est depuis 1983, et l'accession de Jean-Claude Fruteau au fauteuil de maire, une ville très marquée à gauche. Le Parti socialiste et ses candidats réalisent, selon les périodes, des scores très importants, parfois dès le premier tour. De façon épisodique, la droite a réalisé de bons scores (2001, 2015) sans remettre en cause la domination du Parti socialiste sur ce fief de la gauche locale.

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune est le chef-lieu de l’arrondissement de Saint-Benoît et jusqu'en 2015, celui de deux cantons :

Depuis la réforme de la carte cantonale, appliquée aux élections départementales de 2015, une partie de l'ex-premier canton s'est vu adjoindre la ville de La Plaine-des-Palmistes pour former une nouvelle circonscription électorale départementale, le canton n°7 ; tandis que les communes de Sainte-Rose et Saint-Philippe ont été rattachées à la partie restante de la commune (Bras-Fusil, Beaufonds, Sainte-Anne) pour former le canton n° 8.

Pour l’élection des députés, Saint-Benoît appartient à la cinquième circonscription de La Réunion, représentée depuis 2017 par Jean-Hugues Ratenon (RÉ974/LFI).

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Saint-Benoît est le siège de la Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST), intercommunalité formée avec les villes voisines de Bras-Panon, La Plaine-des-Palmistes, Saint-André, Sainte-Rose et Salazie. Selon les données légales de l'INSEE, elle compte 126 807 habitants en 2016.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité

(décès)
Alexis Champierre de Villeneuve MRP Conseiller général du canton de Saint-Benoît
1946 1947 Léopold Ycard   Médecin
1947 1956 Jean Champierre de Villeneuve    
1956 David Moreau [14] UNR puis UDR Médecin
Conseiller général du canton de Saint-Benoît
André Duchemann   Transporteur
David Moreau[14] RPR Médecin
Conseiller général du canton de Saint-Benoît
[15]
(démission)
Jean-Claude Fruteau PS Professeur agrégé de lettres
Conseiller général du canton de Saint-Benoît-1
Conseiller régional de La Réunion
[16] Philippe Le Constant PS Professeur de collège
Conseiller général du canton de Saint-Benoît-2
Bertho Audifax UDF puis UMP Médecin
Député de la 5e circonscription de La Réunion
Conseiller régional de La Réunion
9 mars 2008 6 mai 2020 Jean-Claude Fruteau PS Retraité de l'enseignement
Député de la 5e circonscription de La Réunion
6 mai 2020 juin 2020 Herwine Boyer Pitou PS Maire par intérim - Directrice d'un service d'aide aux personnes vulnérables
En cours Patrice Selly   Avocat

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[17],[Note 3].

En 2020, la commune comptait 36 994 habitants[Note 4], en diminution de 1,97 % par rapport à 2014 (La Réunion : +2,41 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1961 1967 1974 1982 2006 2011 2016 2020
16 78319 49221 65823 54133 18735 73338 14236 994
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[18] puis à partir de 2006[19])
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le lycée d'enseignement général et technologique Amiral Pierre Bouvet.

On trouve sur le territoire communal cinq collèges :

Cinq écoles élémentaires :

  • l'école élémentaire André-Hoareau ;
  • l'école élémentaire Bras-Fusil ;
  • l'école élémentaire Les Girofles ;
  • l'école élémentaire Odile-Élie ;
  • l'école élémentaire Petit Saint-Pierre.

Treize écoles primaires :

  • l'école primaire Alexis de Villeneuve à l'Abondance les Hauts ;
  • l'école primaire André Duchemann à la Confiance ;
  • l'école primaire Beaulieu ;
  • l'école primaire Denise-Salaï ;
  • l'école primaire Edmond Albius à Cambourg ;
  • l'école primaire Émilie-Moreau à la Rivière des Roches ;
  • l'école primaire Julie-Huet ;
  • l'école primaire Lucie-Prudent au Cratère ;
  • l'école primaire Maxime-Fontaine au Chemin de Ceinture ;
  • l'école primaire privée Saint-Joseph à Bras-Canot ;
  • l'école primaire privée Sainte-Marguerite ;
  • l'école primaire Reine-Pitou à Bourbier ;
  • l'école primaire Raphaël-Élie à Sainte-Anne.

Sept écoles maternelles :

  • l'école maternelle André-Hoareau ;
  • l'école maternelle Bois-Joli ;
  • l'école maternelle La Poussinière ;
  • l'école maternelle Les Bougainvilliers ;
  • l'école maternelle Les Girofles ;
  • l'école maternelle Les Hibiscus ;
  • l'école maternelle Les Orangers.

On y trouve par ailleurs quatre lycées publics :

  • le lycée d'enseignement général et technologique Amiral Bouvet, qui comptait 1 160 élèves à la rentrée 2005 ;
  • le lycée d'enseignement polyvalent de Bras-Fusil, qui comptait 910 élèves à la rentrée 2005 ;
  • le lycée professionnel Patu de Rosemont, qui comptait 1 236 élèves à la rentrée 2005 ;
  • le lycée Marie-Curie ou lycée Saint Benoit IV.

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Lieux de cultes[modifier | modifier le code]

L'église de Sainte-Anne.
  • L’église de Sainte-Anne : le monument, de style baroque, très inspirée des cathédrales européennes avec ses moulures, fleurs, statues et gargouilles en ciment. Elle a été édifiée entre 1921 et 1946, c’est l’œuvre du curé de la paroisse, le père Daubenberger : il mobilisa les enfants du catéchisme pour sculpter, au couteau, ces décors sur des plaques de ciment. Ce bâtiment a servi de cadre à la scène du mariage de La Sirène du Mississippi de François Truffaut. L'édifice a été classé au titre des monuments historique en 1982[20].
  • Église Saint-Benoît. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historique en 2012[21].
  • Chapelle de la Résurrection de Chemin de Ceinture. La chapelle est dédiée à la Résurrection de Jésus.
  • Chapelle Notre-Dame-des-Roches de Rivière-des-Roches.
  • Chapelle Sainte-Hélène des Orangers. La chapelle est dédiée à sainte Hélène.
  • Chapelle Sainte-Louise-de-Marillac de Cambourg. La chapelle est dédiée à sainte Louise de Marillac.
  • Chapelle Sainte-Rita de Pont suspendu. La chapelle est dédiée à sainte Rita.
  • Liste détaillée des églises de Saint-Benoît sur :

Lieux historiques[modifier | modifier le code]

  • La Marine de Saint-Benoît : construite en 1780, la marine servit à l'embarquement des sucres, du tapioca, des épices et autres marchandises, et contribua à desservir l'arrondissement au vent, car étant un point névralgique dans l'exportation de marchandises. À la livraison du chemin de fer en 1882, la marine continua de fonctionner mais déclina au fil des ans jusqu'à ce que le cyclone de 1904 emporte toute l'installation.
  • Le Domaine de la Confiance.
  • La Cheminée Beaufonds.
  • La Cheminée Morange.

Sites naturels[modifier | modifier le code]

Vue du port du Butor depuis le sentier du littoral.

Autres[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Les personnages suivants sont nés à Saint-Benoît :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Unité urbaine 2020 de Saint-Benoît », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  5. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  6. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  7. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Saint-Benoît », sur insee.fr (consulté le ).
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  9. « Les communes soumises à la loi littoral. », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le ).
  10. « La loi littoral », sur www.collectivites-locales.gouv.fr (consulté le ).
  11. « Loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  12. Guide historique, la Réunion, G.Gérard
  13. Documentaire Les trente courageuses de La Réunion, une affaire oubliée, de Jarmila Buzková, diffusé sur France Ô le 7 mars 2019 dans Histoire d'Outre-mer de Fabrice d'Almeida
  14. a et b « Décès de David Moreau », sur Clicanoo.re,
  15. « Saint-Benoît : 16 ans après, Jean-Claude Fruteau part la tête haute », sur Clicanoo.re,
  16. « Saint-Benoît : Un cadeau d'anniversaire inoubliable », sur Clicanoo.re,
  17. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  18. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  19. pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020
  20. « Eglise Sainte-Anne », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  21. « Eglise paroissiale de Saint-Benoît », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )