Dieppe (Seine-Maritime)

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Dieppe
Vue du château sur le centre-ville.
Vue du château sur le centre-ville.
Blason de Dieppe
Blason
Dieppe (Seine-Maritime)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement de Dieppe (chef-lieu)
Canton Canton de Dieppe-Est (chef-lieu)
Canton de Dieppe-Ouest (chef-lieu)
Intercommunalité Dieppe maritime
Maire
Mandat
Sébastien Jumel
2014-2020
Code postal 76200
Code commune 76217
Démographie
Gentilé Dieppois
Population
municipale
30 632 hab. (2012)
Densité 2 625 hab./km2
Population
aire urbaine
81 419 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 20″ N 1° 04′ 43″ E / 49.9222222222, 1.0786111111149° 55′ 20″ Nord 1° 04′ 43″ Est / 49.9222222222, 1.07861111111  
Altitude Min. 0 m – Max. 94 m
Superficie 11,67 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-dieppe.fr

Dieppe est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie, dans le Nord-Ouest de la France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de la ville et la plage de Dieppe.

Dieppe, surnommée « la ville aux quatre ports », est située dans le Nord-Ouest de la France, plus précisément dans le pays de Caux, à 170 km au nord-ouest de Paris, au nord-ouest de la ville de Rouen, et à l'embouchure du fleuve côtier l'Arques qui se jette dans la Manche ; la ville est située dans la profonde vallée de l'Arques. Dieppe est proche des villégiatures réputées de la Côte d’Albâtre, comme Varengeville-sur-Mer et Veules-les-Roses.

Climat[modifier | modifier le code]

Dieppe connaît un climat océanique assez marqué, les hivers sont plutôt doux et les étés tièdes voire frais. Le climat se caractérise aussi par une faible amplitude thermique (13 °C) entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid. Son climat est comparable aux villes de Londres, Brighton, Le Havre ou Calais. Depuis plusieurs années, les hivers sont de plus en plus froids et le début de l'été est de plus en plus sec. Ainsi, depuis 2007, il y a plus d'une semaine de neige chaque année.

Relevé météorologique de Dieppe (76) [2001-2010]
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 2,9 4,2 6,3 9,4 12,5 14,4 14,4 12,2 9,7 6,6 2,6 8,2
Température moyenne (°C) 5,2 5,3 7,1 9,8 12,5 15,7 17,6 17,7 15,8 12,3 9 4,9 11,1
Température maximale moyenne (°C) 7,4 7,8 10,1 13,2 15,7 18,8 20,8 21 19,5 15,8 11,5 7,3 14
Record de froid (°C) −16,4 −16,6 −9,4 −3 −1,1 1,8 5,8 4,6 1,2 −3,3 −8 −11 −16,6
Record de chaleur (°C) 16,4 19,4 23,8 27,6 32,3 34,2 34,4 36,1 32,4 27,4 20 16,4 36,1
Précipitations (mm) 51,4 45,3 45 37,6 59,3 61,2 66,5 64,6 44,4 69,6 80,2 73,6 698,7
Source : [2] [1]


Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Plan de Dieppe en 1855 montrant les infrastructures de chemin de fer

Dieppe est desservie par un réseau de transport urbain appelé Stradibus et placé sous l’autorité de la communauté d’agglomération Dieppe-Maritime.

Ce réseau comprend trois lignes intra muros, trois lignes desservant les quartiers périphériques (Neuville, Côteaux, Janval, Bruyères et Val Druel) et trois lignes reliant Dieppe aux communes de Arques-la-Bataille, Hautot-sur-Mer, Martin-Église, Rouxmesnil-Bouteilles et Saint-Aubin-sur-Scie.

Le système de transport à la demande, nommé « Créabus », s'étend pour sa part aux seize communes de l'agglomération.

Accès[modifier | modifier le code]

Plage maritime la plus proche de la capitale via l'autoroute A13, l'autoroute A 150 et l’autoroute A151, Dieppe est reliée vers l'est à Eu et vers l'ouest à Saint-Valery-en-Caux par la RD 925, vers le sud-est à Envermeu par la RD 920, vers le sud-sud-est à Forges-les-Eaux par la RD 915 et vers le sud à Tôtes et Rouen par la RN 27.
La ville abrite une gare routière.

Terminus de la ligne Malaunay - Dieppe, la ville est accessible par voie de chemin de fer à partir de la gare de Paris-Saint-Lazare. La ligne Paris - Dieppe par Pontoise a longtemps été la plus courte voie ferrée entre Paris et la mer (168 km) mais le tronçon Serqueux - Dieppe a été fermé en 1988 sur décision (jugée illégale par la suite) de la SNCF par manque de rentabilité, faisant perdre à Dieppe son axe ferroviaire le plus court en direction de la capitale.

L'aérodrome de Dieppe - Saint-Aubin permet à la ville d'être accessible par voie aérienne pour les avions de tourisme.

Par voie maritime, les liaisons transmanches (DFDS Seaways) relient Dieppe à Newhaven en Angleterre.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Architecture Ventabren, rue Sainte-Catherine

Dieppe est une ville articulée autour de ses quatre ports et de ses quartiers.

Le centre historique de la ville de Dieppe est située dans l’estuaire de l’Arques. Il comprend tout le front de mer, le quartier du bout du quai, le quai Henri-IV, la grande rue, le quartier Saint-Jacques, l'ex-bassin Bérigny, comblé dans les années trente, et la zone de l'avenue Gambetta. Ce centre-ville connait une rénovation urbaine depuis la fin des années soixante-dix, qui en a préservé le caractère original. Il se prolonge au sud vers le quartier résidentiel de Saint-Pierre et à l'ouest par le faubourg de la Barre vers les quartiers résidentiels de l'Esplanade et de Caude Côte, sur la route de Pourville.
Sur le flanc le plus à l'ouest du centre-ville se trouve le quartier de Janval, développé tout au long du XXe siècle, lequel est suivi au sud-ouest par le quartier des Bruyères, construit dans les années soixante.
À l’est du centre-ville, de l'autre côté du chenal se situe le quartier du Pollet aux habitations de pêcheurs typiques. Au sud et à l'est du Pollet, se trouvent respectivement le quartier du Vieux-Neuville (Neuville-lès-Dieppe) et le Neuville-neuf, construit au tournant des années soixante-années soixante-dix, qui s'étire sur la falaise Est.
Le hameau balnéaire de Puys est quant à lui le quartier le plus au nord-est de Dieppe.
Vers le sud-est, en amont de l’Arques, s’étirent le port de commerce puis le secteur industriel et tertiaire de la ville (parc d'activités du Talou) qui constitue la Zone d’aménagement concerté de Dieppe Sud, traversée par l’avenue Normandie-Sussex et séparé du quartier Saint-Pierre par le réseau des chemins de fer et la gare.
Enfin, le quartier du Val Druel est situé dans le sud-est de Dieppe, un peu à l'écart de la ville, séparé du quartier des Bruyères par l'avenue des Canadiens, voie d'entrée principale sur Dieppe en provenance de Paris et de Rouen, et séparé du quartier Saint-Pierre et de Dieppe-Sud par la rocade de Dieppe et le parc d'activité commerciale du Belvédère. Ce quartier a été construit au milieu des années soixante-dix sous la municipalité Irénée Bourgois, sur la base d'un dessin initial d'Oscar Niemeyer, qui sera finalement simplifié et édulcoré.

Logement[modifier | modifier le code]

Logements à caractère social dans une maison traditionnelle Ventabren réhabilitée sous l'autorité de la société d'économie mixte de l'Agglomération Dieppoise dans le cadre de la rénovation urbaine et de l'amélioration de l'habitat
Le port de Dieppe longé par le quai Henri-IV

La ville de Dieppe compte 15 151 résidences principales (87,1 % des logements) pour un total de 17 390 logements. Un tiers (33,2 %) de ces logements sont acquis en pleine propriété, un autre tiers (33,2 %) sont occupés par des locataires du secteur privé (33,3 %) tandis que les locataires du parc locatif social représentent 33,5 % des dieppois en résidence principale. Un peu plus de 5,2 % des logements sont des résidences secondaires[2].

L'important parc de logements locatifs à loyer modéré que propose la ville est destiné principalement à des personnes à faibles revenus. Au sein de l'agglomération dieppoise, dans laquelle le parc social est inégalement réparti, la ville de Dieppe concentre très fortement une population en difficulté financière ou sociale, en particulier dans les ZUS de Val Druel, des Bruyères, de Neuville Neuf et dans le quartier « Pollet - Cité du Marin »[3]. Un tiers de la population dieppoise vit dans les trois zones urbaines sensibles de la ville (Neuville Nord, Val Druel, Les Bruyères)[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Vue du port sous l'Ancien Régime
Dieppe en 1650

Les plus anciennes attestations du nom remontent au XIe siècle : Deppae en 1015-1029, Dieppa en 1030, puis au XIIe siècle : Deppa, Deupa ou encore Diopa[5].

Ce nom est emprunté à une appellation transitoire de la rivière qui se jette en ce lieu dans la Manche. Cette rivière appelée Tella dans les textes mérovingiens et carolingiens, est désignée Dieppe (Deppae 1015-1029) après l'installation de colons anglo-scandinaves, avant de prendre le nom de Béthune (la Béthune se jette dans l'Arques près d'Arques-la-Bataille) « qui en l'état de nos informations n'est pas attesté avant le XVIe siècle »[5].

Le nom de Dieppe représenterait soit le saxon deop[6] ou l'anglo-saxon dēōp « profond »[5],[7], soit le vieux norrois djúpr de même sens[5],[8],[9]. L'explication par le saxon se heurte au fait que les Saxons n'ont guère laissé de trace dans la toponymie normande, notamment en Haute-Normandie, en outre à l'époque de leurs raids et de leur installation aux IVe, Ve, VIe siècles, la rivière est appelée Tella et non pas Dieppe, nom tardif.

Cet élément Dieppe- / Dip- se retrouve dans le type toponymique normand : Dieppedalle, Dieppedalle (Canteleu) ou Dipdal (Cotentin)[9]. Le second élément est le vieux norrois dalr « vallée »[10],[9]. Ces toponymes sont tous situés dans la zone de diffusion de la toponymie anglo-scandinave et il signifie « vallée profonde », « val profond ». Par contre, l'homophonie avec Dieppe-sous-Douaumont (Despia 984) est fortuite[11].

Ce fleuve a longtemps séparé la ville en deux quartiers, est et ouest, l'autre quartier étant le Pollet. L'explication traditionnelle de Pollet par « port de l'est » est une étymologie populaire. En effet, on lit dans des documents l'appellation « port de l'ouest », qui est contradictoire, et surtout l'attestation ancienne sous la forme latinisée Terram de Poleto en 1172[12] qui permettent de rejeter cette interprétation. En revanche, ce toponyme est à rapprocher de la rue du Pollet à Port-en-Bessin, de la Polle à Octeville, et de l'anse du Poulet à Saint-Pierre-Église, qui seraient issus du vieux norrois pollr « trou d'eau, bassin, anse arrondie », suivi du suffixe diminutif -et[13],[14].

Le Pollet est désormais une presqu'île depuis le creusement, en 1848, d'un bassin supplémentaire au port.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bombardement de Dieppe en 1694 par la flotte anglo-hollandaise - gravure de 1701
Vue du port de Dieppe en 1765 - peinture de Joseph Vernet

À l'Époque gallo-romaine, le Camp de César ou « Cité de Limes », située au nord de l'actuelle cité de Dieppe, est une enceinte gallo-romaine qui atteste de la plus ancienne présence de vie humaine dans la région dieppoise. Quelques rares restes de poteries ou d’armes gauloises témoignent de cette époque encore méconnue.

En 910, les Vikings s'installent à l'embouchure de la Tella, un fleuve profond qui se jette dans la mer. Il le surnomment Djupr « la profonde ». La mention la plus ancienne de Dieppe remonte toutefois à 1030 quand est mentionné dans une charte pour la première fois l'existence d'un petit port de pêche appelé Dieppe. Durant cette époque du Moyen-âge, au sein du système féodal, la commune appartient au comté du Talou.

La conquête de l’Angleterre par les Normands à partir de 1066 donne toute son importance au petit port de pêche, alors à l'ombre de la cité d'Arques, pour le développement des relations trans-manche. Dieppe fait partie des ports de chaque côté de la Manche que les Normands entreprennent d'équiper et de développer. Le 6 décembre 1067, c'est notamment de Dieppe que Guillaume le Conquérant rembarque pour la Grande-Bretagne.
La ville connaît une prospérité croissante durant le XIIe siècle et un château y est fondé en 1188, édifié par Henri II Plantagenêt. Cependant en 1195, le château de Dieppe est rasé et la ville incendiée par les troupes du roi de France, Philippe-Auguste en guerre contre Richard Cœur de Lion, duc de Normandie. Deux ans plus tard, ce dernier accorde les terres de Dieppe à l'archevêché de Rouen mais en 1204, après la chute de Château-Gaillard et la prise de Rouen, Dieppe et la Normandie sont annexées au royaume de France par Philippe-Auguste. En repassant sous le contrôle français, le site de Dieppe perd sa position avantageuse et la source de sa prospérité basée sur les relations entre la Normandie et l'Angleterre. La ville elle-même peine à se relever du passage incendiaire de Philippe-Auguste.

Durant la guerre de Cent Ans, Dieppe se retrouve au cœur du conflit entre la France et l'Angleterre. Ce n'est qu'en 1300 que Dieppe reprend d'ailleurs son aspect de ville portuaire. En 1339, des marins et corsaires dieppois participent à un raid victorieux sur Southampton. En 1345, le roi Philippe de Valois, par lettres patentes, supprime le droit de gabelle et accorde aux dieppois quelques libéralités dans le commerce. Les dieppois en profitent alors pour fortifier la ville. Charles V le Sage accorde de nouvelles exemptions, privilèges et autres largesses qui permettent à la ville de retrouver une certaine prospérité. À partir de 1364, des pêcheurs dieppois se font navigateurs et partent au loin chercher des épices et de l'ivoire.

Mais en 1420, à la suite de la bataille d'Azincourt, Dieppe est occupée par les Anglais qui la traite en cité rebelle. Ils la conserve durant 15 ans. En 1430, la ville est notamment le lieu de détention provisoire de Jeanne d'Arc avant qu'elle ne soit transférée à Rouen où elle sera jugée et brûlée sur un bucher.

Dieppe est finalement libérée de l'occupation anglaise le 28 octobre 1435 quand la ville est reprise par les Français commandés par le capitaine Charles Desmarets (décédé en 1469) pour le compte de Charles VII. Charles Desmarets (ou Charles des Marets) dote la ville de grandes fortifications et entreprend de faire construire un nouveau château. Cependant, 8 ans plus tard, en 1443, les Anglais de nouveau assiègent la ville à partir du Pollet. Dieppe résiste aux troupes de Talbot et repousse définitivement les assaillants grâce aux renforts amenés par Jean de Dunois, le bâtard d'Orléans, et par le dauphin Louis, futur Louis XI[15],[16].

Dieppe, place de la Barre en 1838
Dieppe sous le Second Empire, peinture de Edouard Hostein (1854)
Entrée du port de Dieppe vers 1895
Café des tribunaux, place du Puits-Salé en 1895
Le premier hôtel Royal sur la rue Aguado, actuel Bd de Verdun (avant 1901)
Manoir Saint-Martin et villa anglo-normande sur la rue Aguado (bd de Verdun)
Le front de mer entre l'hôtel Métropole et l'hôtel Royal
Casino mauresque de Dieppe
Villa Le Courlis, hôtel Bellevue, hôtel des étrangers et hôtel Beau Rivage (ex-rue Aguado)
Chalets de la rue Alexandre-Dumas

En 1463, par lettres patentes, le roi Louis XI soutient les réparations et les fortifications de la ville, en y attribuant des droits, notamment ceux du sel[17].
Puis, à la suite de leur prédécesseur, les rois Charles VIII et Louis XII accordent à Dieppe une protection particulière permettant à la ville de connaître une grande période de prospérité fondée sur le commerce et la navigation. Plusieurs Dieppois s'illustrent alors par leurs entreprises maritimes : exploration des côtes d'Afrique, où ils bâtissent Petit-Dieppe à l'embouchure de la Gambie, reconnaissance des Canaries.
En 1488, le capitaine dieppois Jean Cousin, en route vers l'Afrique de l'Ouest et les îles des Açores, déporté par une tempête, semble avoir accosté au Brésil au Cap San Rogue[18]. En compagnie des frères Pinzón (le frère aîné Martín Alonso Pinzón et le cadet Vincent Pinzón[19]), il aurait remonté un grand fleuve que Jean Cousin nomme « Maragnon »[20] bien qu'il n'existe aucune preuve concrète de cette exploration.

Au XVIe siècle, la puissance maritime de la ville atteint son apogée particulièrement sous le règne de François Ier. De nombreux navigateurs partent de Dieppe pour explorer le monde. Les navires de l'armateur dieppois Jehan Ango (1480-1551) atteignent notamment Sumatra, le Brésil et le Canada. En 1508, les capitaines Thomas Aubert et Jean Vérassen embarquent de Dieppe pour se rendre à Terre-Neuve. Ils reconnaissent le fleuve Saint-Laurent auquel ils donnent son nom[21]. Le 28 mars 1529, les navigateurs Jean et Raoul Parmentier, voyageant pour le compte de Jehan Ango[22], quittent Dieppe pour une longue navigation qui les amène jusqu’en Indonésie et Sumatra. Jean Parmentier est désigné comme capitaine de La Pensée, bâtiment de trois cents tonneaux. Raoul, prend le commandement du Sacre. La maladie et le scorbut font de nombreuses victimes parmi l'équipage. Malade, Jean Parmentier est inhumé à Sumatra (décembre 1529). Raoul Parmentier meurt quelque temps plus tard. Le navigateur Pierre Crignon prend les commandes de l’expédition qui continue son périple vers Indrapoura en Indonésie avant que les vaisseaux ne reviennent à bon port.
Enrichi par l'or des Amériques, par les bois des tentures du Brésil ou encore par les morues de Terre-neuve, Jehan Ango suscite l'admiration du Roi François Ier qui se rend à Dieppe en 1534 pour le faire vicomte et le nommer gouverneur de la ville[23]. Dieppe devient également durant cette époque le siège de l'École de cartographie de Dieppe et d’hydrographie sous la direction de Pierre Desceliers.

En 1522 débute à Dieppe la construction de l'église Saint-Rémi[24] tandis qu'en 1537 apparait plusieurs foyers de protestantisme dans la cité dieppoise. En 1562, ce sont un quart des habitants de la ville qui se sont ralliés à la réforme protestante et sont devenus huguenots. Dans le contexte de guerre de religions qui sévit en France, la forteresse et la ville sont grandement fortifiées tandis que les protestants dieppois sont réprimés par le Sieur de Sygogne, gouverneur de la ville.

En 1578, le roi Henri III vient à Dieppe sur les conseils de ses médecins pour prendre un bain de mer.

En 1589, alors que le roi Henri IV obtient peu de ralliements à son avènement, l'appui que le lui apporte le gouverneur de Dieppe, Aymar de Chaste, de la Maison de Clermont-Tonnerre, lui permet d’avoir un point d’appui sûr et un port où débarquer les renforts venus d’Angleterre. Henri IV peut ainsi établir un camp retranché dans la ville fortifiée de Dieppe d'où il reçoit ses renforts pour mener victorieusement la bataille d'Arques (septembre 1589)[25].

Le , plus de trois cents personnes quittent Dieppe et émigrent pour la Nouvelle-France.

De 1668 à 1670, Dieppe est dévastée par la peste.

En 1674, une manufacture de tabacs ouvre à Dieppe.

En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV, Dieppe perd plus de 3 000 de ses habitants qui émigrent à l'étranger.

En 1694, Dieppe est bombardée par la flotte anglo-néerlandaise. La ville, dont les maisons sont essentiellement à pans de bois, est incendiée et presque complètement détruite. Seuls subsistent quelques édifices comme le château, l'église Saint-Rémi, l'église Saint-Jacques ou la tour aux Crabes. La ville n'est reconstruite que très progressivement (et achevée en 1720), sur un plan de l'architecte du Roi, Monsieur de Ventabren, fortement inspiré par Colbert. La manufacture des tabacs est relogée dans l'une des rares constructions préservées, la maison Miffant, mais la lenteur de la reconstruction fait perdre à Dieppe son statut de métropole de commerce dans les deux mondes avec le départ pour d'autres ports des bourgeois industrieux, des commerçants, des ouvriers de marine et des marins au long cours[26].

En 1715, les ouvriers de la manufacture des tabacs se mutinent. De 1735 à 1737, des nouveaux locaux de la Manufacture royale des Tabacs sont édifiés[27], à l'emplacement de l'actuel hôtel Aguado.

En 1756, Dieppe, point de débarquement le plus rapproché de Paris, est menacé par les flottes anglaises. En 1774, les relations sont apaisées et une liaison régulière trans-manche avec l'Angleterre est ouverte.

En 1791, le tabac cesse d'être un monopole de l'État et la Manufacture des Tabacs est privatisée. Dieppe s’agrandit avec l'annexion du fief de Caude Côte situé entre le village de Janval et les terres en bordure de mer.

Sous le Premier Empire, alors que Napoléon envisage la construction à Dieppe d'un bassin large et profond pour y accueillir des navires de guerre afin de conquérir l'Angleterre, la possibilité d'effectuer des bains de mer commence à y attirer quelques grandes dames de l'aristocratie napoléonienne comme la reine Hortense de Beauharnais, accompagnée de ses enfants, dont le futur Napoléon III[28].
En 1806, le bassin Bérigny est construit. C'est le premier bassin à flots du port de Dieppe avec écluses à l'emplacement d'une zone marécageuse appelé champ du Pardon où étaient enterrés les pestiférés[29].

Sous la Restauration (France), Dieppe s'ouvre sur la mer, condamnant les fortifications. En 1822, le premier « établissement des bains » de France est installé sur la plage et prend le nom de bains de mer Caroline en l'honneur de Caroline de Bourbon, duchesse de Berry, belle-fille du Roi Charles X. Elle inaugure en 1824 la mode des bains de mer à Dieppe. Jusqu'en 1829, elle emmène dans son sillage une pléthore de personnalités et de membres de la haute-bourgeoisie française. Par ses achats, elle relance l'artisanat de la ville —sculpture sur ivoire – qui avait été sinistré par le blocus continental. Elle subventionne la création dans la ville d’une école-manufacture de dentelles, à laquelle elle adjoindra bientôt une section couture, puis une section pêche pour la réparation des filets. Pour amplifier son action, elle lance des souscriptions. Un théâtre en l'honneur de la duchesse et, sur le front de mer, un casino sont construits[30].

En 1833, sous la Monarchie de Juillet, le Roi Louis-Philippe effectue une visite à Dieppe[31]. Durant cette période, le riche banquier espagnol, le marquis Alexandre Marie Aguado (1784-1842), attiré par les bains de mer découvre Dieppe et contribue au développement et à la prospérité de la ville balnéaire[32].

En 1848, une liaison ferroviaire entre Paris et Dieppe est inaugurée.

Lors des plébiscites des 20 et 21 décembre 1851, 2 327 électeurs de Dieppe et de Neuville apportent leur soutien à Louis Napoléon Bonaparte et à son coup d’État, l'opposition ne comptabilisant que 410 voix hostiles[33].

Sous le Second Empire, Dieppe connait une renaissance et un développement accéléré de sa station balnéaire. Le a lieu la première course de l’hippodrome de Dieppe-Rouxmesnil [34].

Du 20 août au , Dieppe est le lieu de résidence de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie qui séjournent dans la ville portuaire à l'occasion de leur voyage de noces. L'impératrice dessine la grande esplanade de verdure qui longe la promenade maritime tandis que Napoléon III vient remettre au sculpteur dieppois Pierre Adrien Graillon (1807-1872) la croix de chevalier la Légion d'honneur. L'artiste-peintre dieppois Constant-Armand Mélicourt-Lefebvre (1816-1833), ancien élève de Paul Delaroche et premier conservateur du musée du Dieppe, peint les portraits de l'Empereur et de l'Impératrice. Un nouveau casino en fonte et en verre est construit.
Dieppe devient à partir de cette période le lieu de villégiature à la mode des hautes sociétés parisiennes et londoniennes, fréquentée notamment par la comtesse de Castiglione (1861 et années suivantes), par Lord Robert Cecil, marquis de Salisbury – qui se fait construire en 1873 une villa à Puys, en amont de Dieppe —, par le futur Édouard VII d'Angleterre, par Charles Meyer – qui y transfère en 1888 son domicile et son activité professionnelle, un commerce de cycles et d'automobiles — ou encore par le peintre James Abbott McNeill Whistler.
Au Plébiscite du 8 mai 1870, les électeurs de Dieppe manifestent leur soutien au régime impérial et votent oui en faveur de l'Empire libéral (1 810 votes en faveur contre 1 410 votes en défaveur). Dans l'arrondissement de Dieppe, le vote oui atteint 21 038 voix contre 4 467 voix[35].

En 1870, Dieppe est occupée par l'armée prussienne.

En 1874, la gare de Dieppe-Maritime est inaugurée.

De 1880 à 1882, le pavage dieppois est modernisé. Les rues sont dorénavant bordées de trottoir en asphalte. De 1883 à 1887, un très gros programme de travaux de modernisation du port de Dieppe, décidé en 1879, est mis en œuvre : prolongement de la jetée ouest et rectification de la jetée est; approfondissement du chenal par un dragage à deux mètres cinquante au-dessous des plus basses mer, ce jusqu'à deux cent mètres au-delà de la nouvelle jetée; reconstruction de quais dans l'avant-port (Quai Henri IV) pour l'arrivée des paquebots; canalisation de l'Arques, qui devient souterraine sur un tronçon; creusement du bassin de l'arrière port, du bassin de mi-marée, et du bassin à flot, à la place du bassin de retenue de chasse aménagé au XVIIIe siècle; construction d'une forme de radoub à la place de l'ancien canal de chasse, percé dans le Pollet au XVIIIe siècle; percement du chenal du Pollet, sur lequel on construit un pont tournant, le pont Colbert. L'ensemble de ces ouvrages est inauguré le [36],[37].

En 1883, une caserne d'infanterie est construite[38]

Le 28 mars 1884, à la suite de la mort d'un polletais au cours d'une rixe dans un café, une émeute raciste éclate contre des travailleurs italiens que la foule veut noyer dans leurs caissons sous-marins, en coupant les tuyaux d'arrivée d'air. L'émeute est contenue par l'intervention des autorités[39].

En 1886 est inauguré un nouveau casino de style mauresque construit à l'initiative d'Isidore Bloch (1848-1919), son directeur, sur les plans de M. Durville.

En 1889, le transport de passagers avec l'Angleterre devient régulier et à horaires fixes, à l'aide de paquebots à vapeur.

En 1891, le 1er syndicat ouvrier de Dieppe est créé à la Manufacture des Tabacs. Le personnel de la manufacture étant essentiellement féminin, il est dirigé par des femmes.

En 1892, le prince moldave Dimitri Sturdza (1818-1908) édifie à Dieppe sur le front de mer une imposante villa qui nécessite la démolition de l'ancienne villa de Pierre Adrien Graillon, non sans avoir pris le soin de sauvegarder les sculptures et bas-reliefs qui ornaient la façade pour les exposer dans le hall d'entrée de ce nouveau « palais » dieppois. À la mort du prince en 1908, la villa devient la propriété de ses fils, les princes Michel et Grégoire Sturdza[40].

En 1895, le quartier du bas fort blanc est aménagé avec la construction de grandes villas bourgeoises sur la rue de la Grève (rebaptisée rue Alexandre-Dumas en 1902) contribuant au développement de la vie mondaine, artistique et intellectuelle de la ville[41]. Deux ans plus tard, en 1897, l'un des premiers terrains de golf de France est inauguré sur la falaise de Dieppe. C'est aussi l'époque des premières courses automobiles entre Paris et Dieppe tandis qu'Oscar Wilde séjourne dans la ville durant l'été 1897.
Au début du XXe siècle, Dieppe est à son apogée. Elle est jusqu'en 1914 la première station balnéaire de France fréquentée par le roi Léopold II de Belgique, le duc de Westminster, Camille Saint-Saëns, Claude Debussy, Claude Monet, Madeleine Lemaire, Auguste Renoir, Camille Pissaro, la comtesse Greffulhe, Jacques-Émile Blanche, Walter Sickert, Marcel Proust. Robert de Montesquiou, Gabriel Fauré, le prince Edmond de Polignac séjournent fréquemment chez la comtesse Greffulhe, dans sa villa La Case[42].

Rivale de Trouville-sur-Mer, Cabourg ou du Touquet. Dieppe est également à cette époque un port maritime renommé. De nombreux édifices sont construits ou rénovés : le théâtre de Dieppe rénové en 1900 dans le style rocaille sur la place de la Comédie (actuelle place Camille Saint-Saëns). Un foyer vitré donnant sur le front de mer est ajouté à la place de l'ancien atelier du peintre Mélicourt. Un palais de justice est construit sur les terrains de l'ancien marché aux bestiaux (1900).

Villa Rachel, tourelles et foyer vitré du théâtre municipal (avant 1940)
Raid du 19 août 1942: Char Churchill devant la maison aux cariatides et les ruines du Grand Hôtel
Centre historique de Dieppe
Château et complexe balnéaire inauguré en 2007
Café des tribunaux, place du Puits-Salé (2012)

En 1907 est organisé le premier grand prix sur le circuit de Dieppe. Quatre Grands prix de l'Automobile Club de France se tiennent dans la ville de 1907 à 1912.

En 1910, des festivités sont organisées par la municipalité de Camille Coche en présence du ministre de la marine à l'occasion du tricentenaire de la naissance du dieppois Abraham Duquesne.

En 1932, un casino plus Art déco succède au casino mauresque mais la clientèle huppée de Paris et d'Angleterre lui préfèrent dorénavant Deauville, Cabourg et Trouville. En 1934, : surnommé l'Arsène Lupin de l'entre-deux-guerres, l'escroc Serge de Lenz, lequel réside aux Tourelles, sur le front de mer dieppois, est jugé en mai aux Assises de la Seine-Inférieure.

De 1934 à 1936, le bassin Bérigny (où se situent l'actuel hôtel de ville et le parc Jehan-Ango) est comblé. En 1936, station balnéaire la plus proche de Paris, Dieppe accueille de nombreux congés payés durant l'été. La clientèle huppée se retranche alors à Pourville-sur-mer, au sud de la ville. L'hôtel Royal, dont l'actuel bâtiment fut édifié en 1901, cesse son activité hôtelière devenue déficitaire et est reconverti en immeuble d'habitations.

La ville est ensuite particulièrement marquée par la Seconde Guerre mondiale. Du 11 au , Dieppe subit les premiers bombardements allemands puis le , après plusieurs bombardements de la Luftwaffe, la Wehrmacht entre dans Dieppe. La ville est bombardée par la RAF à partir du mois d'août. Le , Dieppe, comme toutes les communes du littoral, est classée en « Zone côtière interdite ».
Le , les Alliés tentent un débarquement à Dieppe, composé de troupes majoritairement canadiennes (Opération Jubilee). La fonction essentielle de ce débarquement est de tester les défenses allemandes. Mais le débarquement est un échec lors duquel plus de deux mille soldats (majoritairement canadiens) laisseront leur vie. La façade maritime de la ville est ravagée et la manufacture de tabac détruite.
Pour certains historiens, le sacrifice de ces trop nombreuses vies humaines est démesuré pour un débarquement qui n'a pas abouti. Pour d'autres, la tentative a en partie conditionné la réussite du débarquement du .
À la suite de ce raid, l’armée allemande procède à la destruction des hôtels et de plusieurs propriétés du front de mer et du littoral où avaient débarqué les Alliés afin de supprimer tout abri pouvant servir de protection à un autre débarquement. Le casino de Dieppe, notamment, est rasé. En remerciement à la population dieppoise pour son attitude pendant les opérations de débarquement, les Allemands libèrent les prisonniers de guerre originaires de Dieppe. Ils seront de retour dans leurs foyers en fin d'année.
En souvenir de l'opération Jubilee, plusieurs villages acadiens francophones du Nouveau-Brunswick (province maritime du Canada) se regroupent après la guerre pour former la commune de Dieppe, en mémoire des soldats canadiens tués le sur les côtes normandes. Le 1er septembre 1944, Dieppe est libérée par voie terrestre et sans combats, les allemands ayant abandonné leurs positions devant l'avancée des troupes alliées[43],[44].
Le bilan dieppois de la Seconde Guerre mondiale est de 207 victimes civiles, 584 blessés, 117 militaires et FFI tués, 38 fusillés et déportés tués. Au cours des 44 bombardements subis par la ville, 718 immeubles ont été totalement détruits soit 35 % des immeubles de la ville[45]. Sur le littoral, outre le casino, plusieurs édifices prestigieux ou remarquables ont été détruits ou trop endommagés pour être restaurés, comme le Grand Hôtel, la villa Sturdza, la manufacture de tabac, l'hôtel Métropole, la villa Bristol, l'hôtel Regina, l'hôtel des Anglais, l'hôtel des Etrangers, la villa La Case du comte Greffulhe (route de Pourville) et les chalets de la rue Alexandre-Dumas, notamment la villa Olga offerte par le Prince de Galles à la duchesse de Caracciolo[46]. Transformée en champ de mine, la plage de Dieppe est presque inaccessible pendant une dizaine d'années.

Le , le général de Gaulle s'adresse aux Dieppois, place Nationale[47]. Il est le premier chef d'État en exercice, depuis Napoléon III, à se rendre à Dieppe et le dernier à ce jour. En 1961 est inaugurée l'actuel casino (le cinquième depuis 1822), en retrait du front de mer à l'emplacement de la villa Rachel (démolie pour l'occasion). La même année est inaugurée un centre de thalassothérapie. En 1964, la miroiterie de la famille Clouet, véritable institution dieppoise installée grande Rue à Dieppe depuis 1849 et chez lequel se fournissait Renoir ou Monet en pinceaux et tube de couleurs, ferme définitivement ses portes[48].

En 1965, le docteur Jean Tournier est élu à la mairie de Dieppe. Sous son mandat, le quartier de Janval s'urbanise et un vaste plan d’habitat est mise en œuvre. Il donne naissance au quartier du Val Druel et au quartier des Bruyères[49]. En 1966, un nouvel hôtel de ville est inauguré à l'emplacement de l'ancien bassin Bérigny. Un an plus tard, en 1967, Dieppe tente de faire venir les joies du ski alpin au bord de la mer. Une piste de ski synthétique[50] est inaugurée le 18 avril en présence du ministre des sports François Missoffe, de Jacques Anquetil, et des internationaux de ski Guy Périllat, Jean-Claude Killy, Annie Famose et des sœurs Goitschel et de l'entraîneur de l'équipe de France de ski Honoré Bonnet. En 1969, le couvent des Minimes (XVIIe siècle), situé rue Victor-Hugo, est démoli pour laisser la place à une résidence pour personnes âgées. En 1970, le conseil municipal démissionne pour protester contre le retard du versement des subventions promises par l’État pour la construction d'un lycée technique (actuel lycée Pablo-Neruda)[51].

Les années 70 marquent de son empreinte architecturale le front de mer où plusieurs villas du début du siècle sont victimes d'un renouveau immobilier. Le chalet Normand (manoir Saint-Martin) et les villas adjacentes sont démolis pour laisser place à de grands immeubles de standing.

En 1974, Dieppe perd son titre de premier port bananier de France. La modernisation du mode de transport à bord des navires bananiers, avec l'arrivée de conteneurs frigorifiques, fait perdre progressivement le trafic des Antilles au profit du port du Havre. Compte tenu de leur taille, les porte-conteneurs ne peuvent pas entrer dans le port de Dieppe. Après 1978, ce trafic est définitivement perdu et seul le trafic bananier avec la Côte d'Ivoire continue à transiter par Dieppe.

Le  : Neuville-lès-Dieppe fusionne avec Dieppe. En juillet 1980, la grande grève des dockers endommagent irrémédiablement la ligne saisonnière Dieppe-Brighton en Seajet qui est définitivement arrêtée.

En 1982, le centre d'action culturelle Jean-Renoir est inauguré par François Truffaut.

En 1985, un plan de rénovation de l'habitat ancien est mis en œuvre. L'îlot Sainte-Catherine est restauré et des logements HLM sont installés dans des immeubles construits sur les plans de monsieur de Ventabren. En 1987, la villa mauresque située sur le front de mer est condamné à la démolition par le conseil municipal au prétexte « qu'elle ne représentait rien »[52]. Bâtie en 1870 par Charles Lebon (1799-1872), ce bâtiment d'architecture orientale qui influença de nombreux immeubles de Dieppe était à l'abandon depuis plusieurs années. Il est remplacé par un hôtel.

En 1991, un festival de musique ancienne est créé. La chapelle de l'hôpital (1860) est pour sa part démolie pour permettre l'extension de l'hôpital moderne[53].

En 1992, la Société d'armement trans-manche (ex-armement naval SNCF) retire ses navires de la liaison maritime Dieppe - Newhaven, non rentable, à cause de la concurrence du tunnel sous la Manche. Deux ans plus tard, en 1994 est inaugurée une nouvelle gare maritime (terminal) pour les car-ferries. La démolition en 1995 de l'ancienne gare maritime SNCF sur le quai Henri-IV permet de dégager l'esplanade et de découvrir les façades du XVIIIe siècle En 1997, la jetée est modifiée. La vieille estacade en bois qui longeait le chenal de l'entrée du port jusqu'au boulevard de Verdun est démolie. En 1998, un nouveau port de plaisance est inauguré. Le quai Henri-IV et sa dunette sont restaurés.

En 2002, la ville entame une nouvelle politique de développement économique fondée sur le tourisme[54] (projet de lotissement du Golf, rénovation de la Grande-Rue, réouverture du petit théâtre municipal fermé depuis 1961) et annonce un programme écologique de développement sociaux (création de logements dans l'ancienne prison, construction d'habitats répondant aux normes écologiques…) : la grande-rue est rénovée (2004), un nouvel ensemble de station balnéaire avec bassins ludiques et un nouveau complexe de thalassothérapie sont inaugurés sur la façade maritime de la ville (2007).

En 2010-2011, un projet d'implantation sur la zone portuaire de Dieppe d'une usine d’engrais russe[55] est abandonné à la suite d'une forte opposition locale trans-partisane[56] à laquelle s'ajoute une autre polémique concernant l'absence de célébration prévue pour le quadricentenaire de la naissance d'Abraham Duquesne. En 2010, le Syndicat Mixte du Port de Dieppe engage les travaux pour la mise en service d'un port à sec pour plus de 300 bateaux à moteur jusqu’à 7 mètres dans la forme de Radoub. Il était prévu pour être opérationnel en 2011, mais des problèmes de conception le rendaient encore inutilisable en 2014[57].

En 2012 est inauguré le Centre d’Affaires Dieppe Normandie dans les locaux de l'ancien terminal trans-manche du bateau Hoverspeed (désaffecté depuis 2004), projet initié par l’Agglomération de Dieppe Maritime et porté avec la Communauté de communes du Petit Caux et la Chambre de commerce et d’industrie de Dieppe[58],[59].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Depuis 1980, la ville de Neuville-lès-Dieppe a intégré la municipalité de Dieppe.

En 2003, la ville de Dieppe a intégré la communauté d'agglomération de Dieppe maritime aux côtés de quinze autres communes de l'arrondissement.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis mars 2001
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 14 mars 2008 Édouard Leveau RPR/UMP puis CNI Armateur, conseiller général (1989-2002), député (1993-1997 et 2002-2007)
mars 2008 en cours
(au avril 2014)
Sébastien Jumel PCF Assistant parlementaire, conseiller général (2002-2015)

Conseil Municipal (mandature 2014-2020)

Conseil municipal de Dieppe (mandature 2014-2020)[61].
Liste Tendance Président Effectif Statut
« Tous pour Dieppe, Dieppe pour tous » PCF Sébastien Jumel 30 Majorité
« Dieppe au cœur » UMP André Gautier 7 Opposition
« Unis pour Dieppe » DVG Bernard Brebion 2 Opposition

Maires de Neuville-lès-Dieppe jusqu'en 1980[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Front de mer de Dieppe (avant 2007)
Front de mer de Dieppe depuis 2007
Élections présidentielles

Lors de la première élection présidentielle de 1848, l'arrondissement de Dieppe (comprenant les cantons de canton de Dieppe, Bellencombre, Eu, Longueville-sur-Scie, Offranville, Tôtes, Envermeu et Bacqueville) a plébiscité Louis Napoléon Bonaparte (19 607 voix) laissant loin derrière Eugène Cavaignac (3 481 voix) et Alexandre Ledru-Rollin (253 voix). Dans les bureaux de section de la commune de Dieppe, les résultats furent néanmoins plus serrés entre le futur Napoléon III (1 145 voix) et le général Cavaignac (1 447 voix) tandis que Ledru-Rollin y obtenait l'essentiel de ses suffrages (215 voix)[63].

Les électeurs de Dieppe n'ont pas voté pour un candidat de droite aux élections présidentielles depuis l'élection de Jacques Chirac en 2002.

En 2007, si Nicolas Sarkozy (27,14 %) est arrivé en tête du premier tour, le second tour a vu la victoire de Ségolène Royal (54,51 %)[64].

En 2012, les électeurs dieppois placèrent François Hollande (27,91 %) en tête de leurs suffrages devant Nicolas Sarkozy (23,40 %) suivi notamment par Marine Le Pen (18,31 %) et Jean-Luc Mélenchon (18,05 %). Au second tour, François Hollande l'emportait avec 58,64 % des voix contre 41,36 % à Nicolas Sarkozy[65].

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Sous la Cinquième République, après avoir été CNI (1958-1962), SFIO (1962-1967), gaulliste (1968-1978), communiste (1978-1981) puis socialiste (1981-1993), la circonscription de Seine-Maritime comprenant la ville de Dieppe a systématiquement connu une période d'alternance politique entre 1993 et 2007. Ainsi, si Édouard Leveau (RPR) remporte la circonscription en 1993, il la cède à Christian Cuvilliez (PCF) en 1997 avant de la lui reprendre en 2002. En 2007, le premier tour confirme que le PCF reste très ancré dans la ville avec 30,54 % des voix, mais le second tour voit s'affronter la candidate socialiste Sandrine Hurel (18,74 % dans Dieppe au premier tour) au candidat UMP Jean Bazin (31 % au premier tour dans Dieppe) alors que le député-maire sortant Édouard Leveau (alors CNI) n'obtient que 7,63 % des suffrages. Le second tour est remporté par Sandrine Hurel (55,25 % de suffrages portés sur son nom dans Dieppe)[66].
À la suite du redécoupage électoral effectué en 2010, Dieppe intègre la nouvelle sixième circonscription de la Seine-Maritime où s'affrontent notamment, lors des élections législatives de 2012, les députés sortants Michel Lejeune (UMP) et Sandrine Hurel (PS) ainsi que le maire de Dieppe Sébastien Jumel (Front de Gauche). Lors de cette élection où Sandrine Hurel (32,47 %) et Michel Lejeune (30,74 %) se retrouvent en lice pour le second tour[67], le Front de Gauche réalise son meilleur score à Dieppe (près de 35 %) où il devance le Parti Socialiste (26,21 % des voix) et l'UMP (21,77 %). Au second tour, Sandrine Hurel remporte la nouvelle 6e circonscription de Seine-Maritime avec 54,56 % des suffrages (dont 62,65 % obtenus sur Dieppe[68]).

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales de mars 2001, la liste RPR/UDF menée par Edouard Leveau l'emporte sur la liste du maire sortant Christian Cuvilliez, mettant alors un terme à 30 années de gestion du parti communiste de la ville de Dieppe. Lors des élections municipales de mars 2008, une liste d'union de la gauche (PCF/PS/Verts) conduite par Sébastien Jumel (PCF) reprend la ville à la droite.

Lors du second tour des élections municipales de mars 2014, la liste PCF/EELV/Front de Gauche conduite par Sébastien Jumel remporte les élections municipales à Dieppe[69] avec 6 749 voix, et 50,37% des voix contre 4 699 voix et 35,07% à la liste UMP conduite par André Gautier, et 1 950 voix et 14,55% des voix à la liste Centre-droit/PS conduite par Bernard Brébion soutenue par la députée socialiste Sandrine Hurel (PS).
Géographiquement, les électeurs des quartiers du centre-ville (Mairie, front de mer) et résidentiel (Caude Côte, Puys, Saint-Pierre) votent plutôt pour la droite lors des élections locales et nationales tandis que ceux des quartiers populaires comme Neuville-nord, Bruyères, le Pollet et le Val Druel votent nettement à gauche. Ainsi, lors des élections municipales de 2014, la liste conduite par André Gautier (UMP) l'a remporté dans le hameau de Puys et dans les bureaux du centre-ville (l’un des deux de l’hôtel de ville, celui du restaurant scolaire Desceliers sur le front de mer, l'école Richard-Simon et l'école maternelle Blainville rue Blainville, l'école maternelle Thomas sur le quai Henri IV) ainsi qu'à l'école maternelle Louis-de-Broglie dans le quartier de Janval. La liste conduite par Sébastien Jumel l'emportait pour sa part dans les bureaux de vote du Val Druel, des Bruyères, de Neuville-lès-Dieppe, dans la majorité des bureaux de vote de Janval et dans le premier bureau et celui des services de communication de l’hôtel de ville[70].

Élections départementales[modifier | modifier le code]

Depuis 2015, la ville se partage entre le canton de Dieppe-1 (à l'ouest du pont Ango) et le canton de Dieppe-2 (à l'est du pont Ango). Le canton de Dieppe-1 est représenté par les conseillers départementaux André Gautier (Les Républicains, ex-UMP) et Imelda Vandecandelaere (divers droite) et le canton de Dieppe-2 par le binôme Blandine Lefebvre (UDI) et Jean-Christophe Lemaire (LR) [71].

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2014, la liste Bleu marine du Front national menée par Marine Le Pen est arrivée en tête sur la ville de Dieppe avec 25,68 % des voix devant celle de l'UMP menée par Jérôme Lavrilleux (19,86 %), celle du Front de gauche menée par Jacky Henin (18,77 %), devant la liste du parti socialiste de Gilles Pargneaux (9,36 %) ou encore celle de l'UDI et du Modem de Dominique Riquet (7,69 %)[72].

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Dieppe est une ville qui compte peu de foyers imposables et peu de propriétaires fonciers. Du fait d'un faible niveau général de revenus, la part des ménages fiscaux imposés sur le revenu (55 %) est nettement inférieure à la moyenne régionale (60 %)[73].

En 2013, La fiscalité locale représente néanmoins 33 % des recettes car les taux d’imposition directe sont élevés[74].
Ainsi, la taxe foncière sur le bâti plafonné à 38,90 % (contre 23,61 % en moyenne) fait de Dieppe l'une des villes les plus chères de France (126e sur plus de 36 000 communes).
La taxe sur le foncier non bâti atteint pour sa part 44,69 % en 2013[74].
Enfin, la taxe sur les ordures ménagères est de 14 % (le double d'une ville comme Rouen)[74].

Avec une taxe d'habitation de 17,60 %, la pression fiscale pour les particuliers est à Dieppe au-dessus de la moyenne du département[75].

Dieppe se situait en 2008 à la 284e place au niveau de la moyenne d'imposition des foyers ne bénéficiant d'aucune exonérations. La ville est également la 226e de France de plus de 20 000 habitants (sur 401) pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 4,9 foyers fiscaux pour mille habitants (en 2006)[76].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Maisons anciennes du front de mer de Dieppe. La villa Beau Rivage (à droite) a succédé entre les deux guerres à l'ancien hôtel Beau Rivage
La plage de Dieppe à marée basse, côté des rochers
Le coucher de soleil sur la plage de Dieppe est un spectacle quotidien apprécié des touristes et des Dieppois
Coucher de soleil à marée basse à Dieppe
Coucher de soleil à Dieppe
Coucher de soleil dieppois
Tempête d'été à Dieppe

En mémoire du débarquement allié de 1942, la ville de Léger's Corner (Nouveau-Brunswick) au Canada, fut rebaptisée Dieppe.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 30 632 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
25 000 20 000 18 248 16 664 16 016 16 820 16 443 16 844 17 669
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
19 231 20 187 19 946 19 002 20 333 22 003 23 050 22 771 22 439
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
22 839 23 629 23 973 24 402 24 945 25 117 25 560 21 770 26 427
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012
30 013 30 016 39 466 35 957 35 894 34 653 33 618 31 148 30 632
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[77] puis Insee à partir de 2004[78].)
Histogramme de l'évolution démographique

Malgré une démographie en berne, Dieppe est une ville jeune où plus d’un habitant sur cinq a moins de 18 ans, et plus d’un habitant sur trois (36 %) a moins de 30 ans. Cette population est toutefois en moyenne moins diplômée et plus souvent au chômage qu’ailleurs. Ainsi, 13,2 % des jeunes Dieppois de 18 à 29 ans n’ont aucun diplôme (contre 11,7 % en moyenne) et entre 15 et 29 ans, le taux de chômage atteint 30%[79].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Liste des établissements scolaires
Écoles maternelles, primaires et élémentaires Collèges Lycées

Écoles publiques :

  • École maternelle Blainville
  • École maternelle Thomas
  • École maternelle Valentin-Feldmann
  • École maternelle Vauquelin
  • École maternelle et primaire Louis de Broglie
  • École maternelle et primaire Sonia-Delaunay
  • École primaire Paul-Langevin
  • École primaire Desceliers
  • École primaire Jules-Ferry
  • École primaire Michelet
  • École primaire Richard-Simon
  • École primaire Sévigné
  • École primaire Jacques-Prévert
  • École primaire et élémentaire Pierre-et-Marie-Curie
  • École primaire et élémentaire Paul-Bert
  • École élémentaire Jeanne-Magny
  • École élémentaire Elsa-Triolet.
  • École élémentaire Langevin-Michel

École privée :

  • École maternelle et primaire La Providence.

Collèges publics :

  • Collège Albert-Camus
  • Collège Alexandre-Dumas
  • Collège Claude-Delvincourt
  • Collège Georges-Braque

Collège privé :

  • Collège privé La Providence

Lycées publics :

  • Lycée Jehan-Ango (général et technique)
  • Lycée Pablo-Néruda (général et technologique)
  • Lycée professionnel Emulation dieppoise
  • Lycée du Golf (technologique)

Lycée privé :

  • Lycée la Providence

Économie[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l'INSEE publiée en 2014, Dieppe est la ville la plus pauvre de Haute-Normandie avec un revenu annuel médian inférieur à 16 000 €/an. Cette situation serait notamment due à la trop grande importance du parc locatif de la ville dans lequel les foyers les plus pauvres sont sur-représentés[80],[81].

Selon les statistiques, les revenus moyens par ménages à Dieppe étaient en 2004 de 12 428 €/an (contre 15 027 €/an au niveau national)[82].

En termes de revenus, en 2014, les foyers aux revenus médians les plus faibles ou en grande difficulté financière sont situés dans les ZUS (Les Bruyères, Val Druel et Neuville Neuf) ainsi que dans la cité du marin au Pollet. Si le centre-Ville (hors front de mer et quartier Saint-Jacques) présente une part très importante de bas revenus avec des foyers vivant de prestations sociales (quartier du bout du quai, grande rue, îlot Sainte-Catherine), la population y est plus hétérogène permettant un niveau de revenus médians plus élevés. D'une manière générale, les foyers les plus aisés résident à Caude Cote (salaire médian annuel de 23 165 €/an), dans le vieux Neuville (19 227 €/an), dans le quartier Saint-Pierre (18 686 €/an), dans celui de Paul Bert Puys (17 789 €/an), celui des Coteaux (16 036 €/an) et dans celui du front de mer-quartier Saint-Jacques (salaire médian annuel de 15 406 €/an). À l'inverse, les revenus les plus faibles sont situés dans la zone du Quai Henri IV, de la grande rue et de l'îlot Sainte-Catherine (13 995 euros), au Pollet (13 886 €/an), à Val Druel (10 331 €/an), à Neuville Neuf (10 270 €/an) et aux Bruyères (9 971 €/an) dans le quartier de Janval[83].

Ville en déclin depuis une quarantaine d'année, le taux de chômage de l'agglomération dieppoise est ainsi élevé depuis les années 1970 et figure parmi les plus élevés de la région (10,8 % au deuxième trimestre 2006). Ce haut niveau de chômage résulte du déclin des chantiers navals et de l’industrie textile[73]

Pôle d'activités régionales[modifier | modifier le code]

Dieppe est une sous-préfecture de la Seine-Maritime et exerce un rôle de pôle à l’échelle de son agglomération autant en termes d’emploi que d’équipements ou de service. Elle offre ainsi tous les principaux services publics tels qu'un hôpital et un tribunal.

Dieppe et sa zone d'emploi sont marquées par une faible croissance démographique qui ne permet pas de stimuler les activités de services (la ville perd elle-même continuellement des habitants depuis 1975). L’économie de l'agglomération dieppoise semble cependant relativement équilibrée du point de vue sectoriel, même si elle a souffert depuis la fin des années quatre-vingt de la fermeture de la ligne de chemin de fer directe de Paris à Dieppe par Pontoise. En 2003, le secteur secondaire industriel représente 25 % des emplois, le secteur primaire (agriculture, pêche) concentre 4 % de l’emploi et le secteur tertiaire 65 % des emplois. Les industries présentes dans la zone de l'agglomération dieppoise se caractérisent par le recours à une main-d’œuvre qui est plutôt peu qualifiée. Les emplois d’ouvriers sont ainsi plus nombreux en moyenne qu'au niveau national alors que la part des cadres, tant du secteur privé que du secteur public, mais aussi la part des techniciens et des agents de maîtrise, est assez faible. Ce faible niveau de qualification résulte aussi d'un niveau moyen de formation initiale de la population résidente. On compte dans l'agglomération dieppoise seulement 25 % de bacheliers parmi les 20 à 59 ans alors que 35 % de la population de cette classe d’âge ne possède aucun diplôme ou uniquement le CEP[73]. Au regard du contexte local, le quartier de « Caude Côte », semble favorisé avec un actif résident sur cinq classé dans les CSP+ et un faible taux de chômage. Les quartiers Janval, autour de la cité Million, et des Coteaux occupent pour leur part une position médiane entre les quartiers les plus favorisés et ceux les plus pauvres[3].

Dieppe rassemble 17 000 emplois. Deux emplois sur cinq sont occupés par des résidents Dieppois, et trois emplois sur cinq par des habitants des communes périphériques. C'est une ville commerçante, activité qui regroupe à elle seule 15 % des emplois. Ainsi, la ville est un carrefour commerçant de l'agglomération où se concentre plusieurs hypermarchés.

Elle est le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Dieppe. La CCI qui fut à l'origine de la transformation du quai Henri-IV à la fin des années 1990, gère le port de pêche et de commerce jusqu’à la fin de l'année 2006. Depuis , la gestion du port est assurée par un syndicat mixte.

Activités maritimes[modifier | modifier le code]

Port de plaisance de Dieppe

Dieppe est le premier port de pêche français pour la coquille Saint-Jacques, le port de plaisance maritime le plus proche de Paris et un port de commerce.

Dieppe fut jusqu’à la fin des années 1970 le premier port bananier de France. Depuis que le commerce de la banane se fait à l'aide des conteneurs et donc à partir de ports équipés pour ce type de transport, le trafic transmanche constitue l'essentiel de l'activité du commerce maritime. Le port génère un trafic annuel de marchandises de 1,7 million de tonnes et gère une liaison maritime avec l'Angleterre de 250 000 passagers et 120 000 véhicules[84].

Prévu pour être mis en service fin 2011, le port à sec, installé dans une ancienne forme de radoub, ne peut pas encore, en 2014, stocker les trois cents embarcations à moteur mesurant jusqu'à sept mètres de long, qui auraient du pouvoir être mises à l'eau grâce à un transstockeur entièrement automatisé. Mais les mille anneaux du port conventionnel restent disponibles pour accueillir voiliers et vedettes de service[85].

Activités industrielles[modifier | modifier le code]

L’essentiel de l’emploi industriel de l'agglomération de Dieppe se répartit dans des activités assez diverses tels que l’agro-alimentaire (Nestlé), la métallurgie, la transformation de matières plastiques (Polyflex), la production d’électricité (centrale de Penly au nord de Dieppe), l’industrie automobile (Renault division Renault Sport, ex-Alpine Renault créée par Jean Rédélé[86]) ou encore la construction électrique et électronique. À l'exception du centre hospitalier de Dieppe, aucune entreprise ou aucun établissement n’emploie plus de mille salariés[73].

Festival international du cerf-volant.
École Desceliers à Dieppe

La grande zone industrielle de la ville se situe en périphérie (Dieppe-Sud).

Activités de loisirs et de tourisme[modifier | modifier le code]

Dieppe est une station balnéaire avec plage, casino, golf de dix-huit trous, un hippodrome, un port de plaisance, des commerces, et un complexe balnéaire et de thalassothérapie.

Depuis 1980, Dieppe accueille tous les deux ans, sur les pelouses de la plage du front de mer, le festival international de cerfs-volants, accueillant quarante-quatre pays et classé parmi les trois cents plus grands évènements mondiaux. Si à ses débuts, une demi-douzaine de pays européens seulement participait à ces premières rencontres, celles-ci accueillent dès 1986 des délégations venues de pays plus lointains tels que la Thaïlande et la Chine, et sont médiatiquement consacrées en 1988 comme « la plus grande manifestation européenne de son genre ». En 1996, le festival international de cerfs-volants de Dieppe reçoit 300 000 visiteurs pour trente nations représentées de tous les continents. En 1998, la ville est l'hôte de la Coupe du monde de cerf-volant acrobatique ainsi que de la coupe du monde de cerf-volant de combat. En 2005, le festival est à son apogée et dépasse le demi-million de visiteurs[87]. Durant le festival, des ateliers de confection de cerfs-volants sont accessibles aux adultes et aux enfants[88].

Au début du XXe siècle, Dieppe accueillait de grandes courses automobiles (le Grand Prix de l’Automobile Club de France en 1907, 1908 et 1912) auxquelles participaient toutes les grandes marques de voitures conférant au Circuit de Dieppe une renommée internationale. Depuis 1989, un comité dieppois d'organisation, appelé « Dieppe Retro » a pour objectif de promouvoir Dieppe et sa région par le biais de défilés d'automobiles anciennes chaque premier week-end de septembre[89].

Depuis 2007, le festival International du Film de Dieppe se consacre à la promotion du cinéma indépendant.

Dieppe accueille également un festival de bandes dessinées et un festival international d'échecs.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les maisons et immeubles du front de mer, boulevard de Verdun (de gauche à droite) :
Hôtel de la plage (2e maison) - Hôtel Windsor (3e maison) - Ancien hôtel Royal (4e maison) - Ancien hôtel du Rhin et de New Haven (6e maison) - Résidence Epsom (7e maison) - Résidence de l'Univers (8e maison)
Collège des oratoriens et ancien hôtel de la Vicomté, quai Henri-IV, Dieppe
Ancien hôtel d'Anvers, quai Henri-IV, à Dieppe
Le petit théâtre municipal, rouvert en 2002
Les maisons Second Empire du boulevard de Verdun (ex-rue Aguado)
Rue Aguado vers 1905 : vue du sud-ouest sur l'ancien manoir Saint-Martin (chalet normand) et en arrière-plan, les villas Second Empire, le grand hôtel, la maison mauresque et la villa Sturdza
L'apport architectural des années 1970 à l'ancienne rue Aguado (vue du nord-est) : le nouveau manoir Saint-Martin et les résidences Caravelle, Frégate et Phare
Maison Miffant, maison à colombage du XVIIe siècle, rue d’Écosse
L'église Notre-Dame-de-Bon-Secours (1876)

Dieppe a reçu le label « ville d'art et d'histoire. »

  • Le château de Dieppe : un premier « château » dut exister au XIIe siècle à l’époque de Philippe Auguste. La construction du château actuel débuta en 1443 à l’instigation de Charles Des Marets. La tour ouest date peut-être du XIVe siècle. Véritable château fort, il présente aujourd’hui une architecture très composite ; l’appareillage en silex et grès a été souvent remanié. On y ajouta un bastion en briques et divers bâtiments. Il abrita jusqu’en 1923 la caserne Ruffin.
  • Le château de Dieppe abrite aujourd’hui le musée de Dieppe où l’on peut admirer une des plus grandes et belles collections d’ivoire sculpté d’Europe (crucifix, chapelets, statuettes, éventails, tabatières…), des œuvres du peintre Georges Braque, le mobilier de salon du pianiste Camille Saint-Saëns et des expositions temporaires.
  • Du château, point de vue panoramique sur la ville.
  • L’église Saint-Rémy (XVIe et XVIIe siècles) : dominant une place du même nom, elle est réputée pour être une des plus belles églises de la région. Influences de la Contre-Réforme. Orgue Parizot.
  • L’église Saint Jacques (XIIe au XVIe siècles) relève des styles flamboyant et Renaissance : commencée dès le XIIe siècle, l’église Saint Jacques est érigée en paroisse en 1282 par Guillaume de Flavacourt archevêque de Rouen. Les transepts nord et sud remontent à la seconde moitié du XIIe siècle. Le chœur, la nef, et les bas-côtés datent du XIIIe siècle, exceptés les voutes et le triforium de la nef qui date du XIVe siècle. C’est également au XIVe siècle qu’est construit le grand portail. Au XVe siècle sont élevées la tour et les chapelles situées de part et d'autre de la grande nef du chœur, sauf deux d'entre elles qui faisaient partie du plan primitif de l'église[90]. À l'intérieur, la chapelle du Trésor est décorée d'une frise dite « des sauvages » qui révèle les diverses nations découvertes par les navigateurs et marins dieppois. À la demande de Jehan Ango, mécène de l’église au XVIe siècle, l’artiste a représenté différentes scènes de la vie des indigènes : un cortège de fêtes et de danses, des épisodes guerriers, que de nombreux archéologues et savants sont venus observer. Victor Hugo est également venu voir ces véritables dentelles de pierre, le 8 septembre 1837[90].
  • le quai Duquesne avec les arcades de la Bourse, la chambre de commerce de Dieppe et le bâtiment de l’ancienne quincaillerie Leveau (26 quai Duquesne), dessinée par Georges Feray, au style oscillant entre modernisme et classicisme.
  • Le quai Henri-IV (ancien Grand-Quai) : agrémenté de multiples restaurants, le quai présente quelques beaux bâtiments historiques du XVIIe et XVIIIe siècles tels que le collège des oratoriens (1614) dont la chapelle fut construite à l'endroit où se trouvait la maison de Jehan Ango, l'hôtel de la Vicomté et l'hôtel d'Anvers (1697) dont un bas-relief, représentant la ville d'Anvers, orne le porche côté cour intérieure. Sur le rempart de la tour aux Crabes (1374), qui défendait jusqu'en 1841 l'accès au chenal menant au port, un panneau, installé en 2000, représentant l'anarchiste Louise Michel sur fonds de drapeau rouge, informe que cette militante de la commune de Paris est rentrée du bagne par le port de Dieppe[91].
  • Le quartier du Pollet [92]: ancien quartier des pêcheurs avec maisons pittoresques et promenade menant au sommet de la falaise.
  • Le pont COLBERT fut construit entre 1885 et 1888 pour enjamber le nouveau chenal du Pollet, réalisé sous la direction de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Paul ALEXANDRE (1847-1931). C'est le pont tournant le plus long de l'époque, rivetté, en fer puddlé, de type Eiffel. Endommagé au-dessus de son pivot pendant la guerre de 1940-45, il sera réparé et remis en service pour la Fête du 14 juillet 1946.
  • L’église Notre-Dame-de-Bon-Secours (1876) : dominant la falaise Est de la ville, au-dessus du Pollet, elle fut d'abord un lieu de pèlerinage, puis un lieu dédié à la mémoire des marins disparus en mer[93].
  • L’église réformée de Dieppe (ancienne chapelle du Carmel).
  • La grande rue jusqu’à la place du Puits-Salé, piétonnes depuis 1976 et rénovées en 2004.
  • La rue de la Barre, prolongement de la Grande-rue.
  • Les maisons et chalets du faubourg de la Barre (quartier Caude-Côte).
  • la place du moulin à vent avec ses maisons pittoresques.
  • Le petit théâtre municipal (1900) : il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1990. Il abrite depuis 2002 le musée du débarquement canadien. Outre l'intérêt de l'exposition, l'intérieur de l'édifice est de style rocaille Louis XV avec dorures. Ce théâtre à l'italienne, construit par l'ingénieur Frissard, fut offert par la duchesse de Berry à la municipalité en 1826. Remanié en 1900, il est contemporain du casino mauresque et est un des derniers vestiges de l'époque où Dieppe attirait l'aristocratie et la haute-bourgeoisie européenne. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, ses façades sont rhabillées en ciment dans les années 1960. Le théâtre est fermé en 1961 en attendant une éventuelle restauration. Il n'est rouvert qu'en 2002 à l'instigation d'Édouard Leveau, nouveau maire de Dieppe. Le théâtre a été une source de polémique politique, notamment en 2007 quand un projet de réhabilitation fut proposé par la majorité municipale de l'époque mais combattu par l'opposition locale.
  • Le front de mer de 1 500 mètres et l'esplanade maritime, dessinée par l'impératrice Eugénie lors de son passage dans la ville, séparant le boulevard de Verdun (ex-rue Aguado) de la promenade maritime.
  • Le boulevard de Verdun : (à comparer avec les cartes postales d'avant-guerre). L'harmonie architecturale des maisons du front de mer a été profondément endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale mais aussi par le vandalisme architectural des années 1970 et 80.
    • Les demeures beiges en béton, situées entre la rue de la Rade et la jetée, ont été construites après la Seconde Guerre mondiale et constituent un exemple typique d'architecture de la période de reconstruction rapide de l'immédiat après-guerre. C'est à cet emplacement qu'on trouvait de splendides demeures de la seconde moitié du XIXe siècle comme la maison Sturdza, le grand hôtel et la maison mauresque. Si cette dernière fut le seul de ces édifices qui ait survécu à la guerre, elle a cependant été détruite en 1987 sur décision municipale pour laisser place à un imposant hôtel trois étoiles.
    • Les maisons bourgeoises d'époque Second Empire, situées entre la rue Parmentier et la rue de la Rade, ont été les premières maisons d'habitation construites sur le front de mer. Elles constituent le seul bloc intact de maisons du front de mer qui soit antérieur à la Seconde Guerre mondiale (si on excepte que l'architecture de la maison à l'angle de la rue Parmentier fut plusieurs fois modifiée pour être surélevée avant et après la guerre). Parmi ces maisons, la villa ornée de deux cariatides, située à l'angle de la rue de la Rade, est l'ancien hôtel Édouard-VII (1857). La villa voisine a la particularité d'avoir son jardin séparé du trottoir par une grille en fer forgé, caractéristique de celles qu'arboraient toutes les maisons du front de mer avant la Seconde Guerre mondiale.
    • À l'exception de la villa Nelly, le bloc situé entre la rue Parmentier et la rue de la Brasserie, est caractéristique des grands ensembles immobiliers de standing construits dans les années 1970, sacrifiant notamment pour leur édification, l'emblématique manoir Saint-Martin (le chalet normand), la petite villa anglo-normande adjacente et l'ancienne école Saint-Charles.
    • L’hôtel Aguado (1958), situé boulevard de Verdun. Second hôtel du front de mer à avoir porté ce nom, il a été construit à l'emplacement de la manufacture royale des tabacs, incendiée durant la Seconde Guerre mondiale.
    • La résidence métropole se dresse à l'emplacement de l'ancien hôtel Métropole détruit durant la guerre.
    • L’ancien hôtel Royal (1901) : autrefois fleuron de la ville, il est le dernier survivant des palaces de la Belle Époque et a été reconverti en appartements. C'est un des plus beaux édifices du boulevard de Verdun. Deux maisons plus loin, la petite maison à colonnade est l'ancien hôtel du Rhin et New Haven du début du XXe siècle.
    • Les résidences de l'Epsom et de l'Univers sont les édifices les plus récents du boulevard de Verdun (années 2000) et ont été construits à la place de l'ancien hôtel Epsom (ex-hôtel du Rhin) et de l'ancien hôtel de l'Univers.
    • Les tourelles (XVe siècle) : Construites durant la guerre de Cent Ans, elles sont le dernier vestige des sept portes fortifiées que comptait la ville pour se défendre contre les Anglais. Un pan des remparts y attenant a également été conservé.
    • Le casino, inauguré en 1961 en présence de Robert Buron, ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme. Cet établissement succède au casino mauresque et au casino Art déco des années 1930. Il se situe principalement à l'emplacement de l'ancienne villa Rachel qui fut démolie pour permettre son édification. Son architecture intérieure vaut le détour.
  • Le quartier Sainte-Catherine : construit entre 1694 et 1720 et réhabilité en 1985, ce quartier est caractéristique du programme d'urbanisme imposé par l'architecte Ventabren avec son modèle unique de façade de brique, comprenant un rez-de-chaussée dédié au commerce ou à l'artisanat, un entresol sous arcade pour constituer les réserves, un premier étage d'habitation et des combles éclairés par une lucarne[94].
  • La maison Miffant (1624), construite à pans de bois, est un rare vestige de la ville avant la « bombarderie » de par la flotte anglo-hollandaise[95]. Classée monument historique, la maison Miffant constitue un témoignage unique de l'architecture dieppoise du XVIIe siècle mais est laissée en état d'abandon depuis de nombreuses années[94].
  • Les maisons de la rue Jules-Ferry, de style régionaliste ou néo-normand de la fin du XIXe siècle.
    • La villa Perrotte : bâti en 1928, cet hôtel particulier avant-gardiste de style Art déco et moderniste, dessiné par les architectes Georges Feray et Louis Filliol, est devenu une galerie d'art et un centre culturel en 2008. Elle est exemplaire des grands principes de Le Corbusier par le recours à des portes intérieures coulissantes et par l'utilisation du béton armé permettant d'agrandir les pièces et les fenêtres[94].
  • Le pont Colbert : pont tournant métallique composé de poutrelles métalliques rivetées construit en 1889 par Gustave Eiffel et long de soixante-dix mètres, il surplombe un chenal creusé lors de l'aménagement du port qui sépara le quartier du Pollet en deux[94]. Il fut coupé en deux en 1944 avant d'être rétabli deux ans plus tard[96]. Fonctionnant toujours avec son mécanisme d'origine, c'est le dernier grand pont tournant à système hydraulique encore en activité; Sson élégante cabine de manœuvres montre son mécanisme, on peut voir les opérations d'ouverture et fermeture du pont. Celui-ci est menacé de destruction dans les années 2013-2014. L'association de sauvegarde du Pont Colbert rassemble de nombreuses personnalités et chercheurs étudiant la sauvegarde de ce pont unique, véritable identité historique et géographique du Pollet et de la Haute-Normandie et au-delà.
  • Le pont Ango : d'abord pont tournant métallique (1881), détruit en 1944, reconstruit en pont levant (1950)[97].
  • L’Estran Cité de la mer, centre de culture scientifique et technique associatif sur le thème du littoral haut-normand présentant, sur 1 600 m2 d'exposition, la construction navale, les techniques de pêche, l'environnement littoral et la faune de la Manche.
  • Les anciens souterrains et blockhaus allemands (Seconde Guerre mondiale) dissimulés dans la falaise du château.
  • L’aqueduc souterrain, appelé aussi aqueduc de la source bleue[98], aqueduc gravitaire qui fut percé au XVIe siècle par l'ingénieur Toustain sous le plateau de Janval. D'une longueur de 6,7 km, il mena l’eau d’une source abondante située à Petit-Appeville jusqu’à la ville. Il est encore utilisé pour le réseau électrique et de télécommunications.
  • La plage de galets qui jouxte une plage de sable à marée basse.
  • Une piscine d'eau de mer extérieure, plusieurs bassins ludiques intérieurs et un centre de thalassothérapie au sein d'une nouvelle station balnéaire inaugurée le .
  • Château de Janval, dit château Michel.
  • Dieppe permet d'accéder facilement aux communes voisines et aux lieux touristiques de :

Architectures dieppoises[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Dieppe subit l'effritement de ses falaises, ce qui pose problème. Par exemple, la route de Pourville a été fermée aux véhicules de plus de 3,5 tonnes en janvier 2014, provoquant des problèmes de circulation [99],[100].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Portulan de Jean Guédard (1627)

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Dieppe

Les armes de la commune de Dieppe se blasonnent ainsi :
Parti d'azur et de gueules ; au navire de trois mâts contourné d'argent, à l'ancre, voiles ferlées, sur une mer du même, le tout brochant.(voir[101]) (ce blason est souvent représenté à tort ; sans mer, le navire tourné à gauche)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. référence, www.météociel.fr
  2. Internaute.com
  3. a et b Synthèse du diagnostic social infra-urbain de la ville de Dieppe, Insee, mars 2014
  4. Site de la société d'économie mixte de l'Agglomération dieppoise
  5. a, b, c et d François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ (ISBN 2-85023-076-6), p. 246a
  7. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, éditions OREP, 2009, p. 46b
  8. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 110.
  9. a, b et c Jean Renaud, op. cit.
  10. François de Beaurepaire, op. cit., p.
  11. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  12. Jean Renaud, op. cit., p. 30.
  13. Jean Renaud, op. cit..
  14. Elisabeth Ridel, Les Vikings et les mots : l'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, p. 252-253.
  15. Dieppe historique
  16. p. 12 Quiquengrogne 45
  17. http://books.google.fr/books?id=FZfHoyI8BKwC&pg=PA81 Lettres patentes de Louis XI, Eu, le 26 septembre 1463 ainsi que http://books.google.fr/books?id=OJ-b2-CLz7EC&pg=PA77 Lettres patentes de Louis XI, Tours, le 12 avril 1467
  18. J. Mauclère, Caravelles au Large, éditions Colbert ; 1942
  19. Histoire Secrète Des Océans De Robert de la Croix ; éditions L'Ancre de marine ; Saint-Malo : 1998
  20. Vincent Pinzon deviendra le futur commandant de la Niña et son frère Martin Pinzon celui de la Pinta, deux des trois bateaux qui s’élancèrent à la conquête du Nouveau Monde quatre ans plus tard sous les ordres de Christophe Colomb
  21. Ch. Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servir l’histoire de Dieppe et celle des navigations françaises, éditions Desauge, Paris, 1785
  22. Cité par Honoré de Balzac dans Splendeurs et misères des courtisanes, édition Furne, vol. XI, p. 488, parmi les « fortunes loyalement acquises »
  23. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, éd. Alain Sutton, 1996, p. 40
  24. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, éd. Alain Sutton, 1996, p. 30
  25. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 365
  26. Adolphe Joanne, Dieppe et le Tréport, Hachette, 1892, p. 10
  27. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 62
  28. Les Bains de mer à Dieppe, office de tourisme de Dieppe-Maritime
  29. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 182
  30. Laure Hillerin, La duchesse de Berry, l'oiseau rebelle des Bourbons, Flammarion,‎ , 519 p. (lire en ligne)
  31. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, Ed. Alain Sutton, 1996, p. 26
  32. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 177
  33. La Vigie de Dieppe, 23 décembre 1851
  34. Historique de l'hippodrome
  35. La vigie de Dieppe, 10 mai 1870
  36. Archives départementales de la Seine-Maritime; Journal de Rouen du 17 mai 1884
  37. Archives départementales de la Seine-Maritime; Journal de Rouen du 18 juillet 1887
  38. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, Ed. Alain Sutton, 1996, p. 34
  39. Journal L'impartial de Dieppe du 29 mars 1884; fonds ancien de Dieppe
  40. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 197
  41. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, Édition Bertout, 1997, p. 181
  42. Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, l'ombre des Guermantes, Flammarion,‎ , 570 p. (lire en ligne)
  43. [1]
  44. Return to Dieppe
  45. Dieppe durant la Seconde Guerre mondiale
  46. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 53
  47. Le Général de Gaulle à Dieppe 10 juillet 1960
  48. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 189
  49. a, b, c et d Nécrologie, Les informations dieppoises, 27 juin 2014
  50. Images de la piste artificielle de ski 1967, Quiquengrogne à Dieppe, 29 janvier 2011
  51. Jean Tournier, ancien maire, n’est plus, Paris-Normandie, 24 juin 2014
  52. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 218
  53. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 188
  54. Les Infos dieppoises, spécial bains de mer, juin 2006
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