Geoffroy de Lagasnerie

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Geoffroy de Lagasnerie
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Geoffroy de Lagasnerie en 2015

Nom de naissance Geoffroy Daniel de Lagasnerie
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Geoffroy de Lagasnerie, né en 1981, est un philosophe et sociologue français

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure de Cachan[1] et agrégé de sciences économiques et sociales[réf. nécessaire], il est depuis septembre 2013 professeur de philosophie et sociologie à l'École nationale supérieure d'arts de Cergy-Pontoise.

Les travaux de Geoffroy de Lagasnerie portent notamment sur la philosophie politique, la théorie critique, la sociologie du droit et la sociologie des intellectuels. Il a soutenu sa thèse de sociologie, réalisée sous la direction de Jean-Louis Fabiani, à l'EHESS en 2012[2].

En 2015, il est classé par le magazine Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture »[3].

Éditions[modifier | modifier le code]

Geoffroy de Lagasnerie dirige la collection « à venir » aux éditions Fayard[4]. Il y a notamment publié – outre ses propres essais – des ouvrages de Joan W. Scott, Didier Eribon, Judith Butler, ou encore Pierre Bergounioux.

Controverse[modifier | modifier le code]

Le , Geoffroy de Lagasnerie a cosigné, avec l'écrivain Édouard Louis, une tribune dans Libération dans laquelle ils annonçaient leur boycott de la 17e édition du cycle de conférences « Les Rendez-vous de l'histoire » de Blois, dont le thème était « Les Rebelles ». Le boycott visait à protester contre l'invitation faite à Marcel Gauchet de prononcer la conférence inaugurale de l'événement, ce dernier étant à leurs yeux un intellectuel réactionnaire et « un rebelle contre les rebellions et les révoltes »[5].

Marcel Gauchet a réagi à cette tribune en la qualifiant de « pignolerie parisienne » et de « bêtise rétrograde d’une extrême-gauche en délire »[6]. La tribune suscita d'autres réactions, souvent ironiques, dans les médias français, telles que celle du journaliste Régis Soubrouillard, qui parla d'une « envie de se faire un petit coup de pub pour pas cher »[7], mais reçut aussi le soutien d'une vingtaine de personnalités françaises et étrangères[8].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Plusieurs comptes-rendus des travaux de Geoffroy de Lagasnerie soulignent leur « habileté dialectique »[9], leur « indéniable brio »[10] et leurs qualités argumentatives et critiques[11], le journaliste Pierre Adeline évoquant même, au sujet de l'ouvrage L'art de la révolte, une « réflexion d’avant-garde »[12]. Commentant l'ouvrage Juger et la personne de Geoffroy de Lagasnerie, l'écrivain François Bégaudeau note : « l'homme est jeune, déterminé, résolu à faire entendre sa voix. Et y parvient, puisque son dernier livre, puissant, décisif, programmatique, est déjà beaucoup commenté et discuté »[13].

D'autres comptes-rendus notent toutefois que « Lagasnerie ne s'appuie sur aucune investigation réelle, aucune donnée empirique »[14], et que la réflexion y est « fragilisée par son manque de précision (empirique et conceptuelle) »[15]. Dans le cas de l'ouvrage Juger, une recension critique de l'ouvrage note par exemple que la notion d'État de droit y est définie de manière « floue » et « caricaturale », et que la démarche « radicalement anti-empiriste » de l'auteur le conduit à raisonner « en vase clos » sur la base de « généralités »[16]. Cette critique a elle-même été interprétée de manière critique comme faisant de Geoffroy de Lagasnerie un "bouc émissaire" des dérèglements du "ressentiment" générés par les institutions académiques[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2016 : Prix de l'Écrit Social pour son ouvrage Juger, L'État pénal face à la sociologie[18].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'empire de l'université. Sur Bourdieu, les intellectuels et le journalisme, Amsterdam, 2007.
  • Sur la science des œuvres. Questions à Pierre Bourdieu (et à quelques autres), Les éditions Cartouche, 2011[19],[20].
  • Logique de la création. Sur l'Université, la vie intellectuelle et les conditions de l'innovation, Fayard, coll. « à venir », 2011[14],[15]
  • La dernière leçon de Michel Foucault. Sur le néolibéralisme, la théorie et la politique, Fayard, coll. « à venir », 2012[21],[22],[23]. Traduit en Argentine[24] , au Brésil[25] et en Chine (Mandarin)[26].
  • L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning, Fayard, coll. « à venir », 2015[27],[28],[29]. Traduit en Allemagne[30] et en Italie[31].
  • Juger. L'État pénal face à la sociologie, Fayard, coll. « à venir », 2016[16],[13],[9].
  • Penser dans un monde mauvais, PUF, 2017[32],[33].

Chapitres d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • « Exister socialement. Sur la sociologie et les théories de la reconnaissance » in Édouard Louis (dir), Pierre Bourdieu, l'insoumission en héritage, PUF, coll. « Hors collection », 2013.
  • « Que signifie penser ? », in François Caillat (dir.), Foucault contre lui-même, PUF, coll. « Des mots », 2014.

Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Arrêté du 7 avril 2003 portant nomination d'élèves à l'Ecole normale supérieure de Cachan », Journal Officiel, no 111,‎ , p. 8279 (lire en ligne)
  2. « Geoffroy Daniel de Lagasnerie, “Les conditions de la création théorique” », La Lettre de l'EHESS, no 54,‎ (lire en ligne)
  3. « Les 100 qui réinventent la culture : l’édito », Les Inrockuptibles, 23 juin 2015.
  4. « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 25 mars 2016)
  5. Geoffroy de Lagasnerie et Édouard Louis, « Pourquoi nous appelons à boycotter les Rendez-vous de l’histoire de Blois », Libération,‎ (lire en ligne).
  6. Pierre Assouline, « Marcel Gauchet serait trop réactionnaire pour parler des rebelles », La République des Livres, (consulté le 15 juillet 2015)
  7. Régis Soubrouillard, « Édouard Louis: Plus rebelle que moi, tu meurs ! », Marianne,‎ (lire en ligne)
  8. « André Téchiné, Didier Eribon, Dominique A et une vingtaine d'autres personnalités soutiennent l'appel d'Edouard Louis et de Geoffroy de Lagasnerie au boycott des Rendez-vous de l'Histoire de Blois », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. a et b François Saint-Pierre, « En lisant le dernier livre de Geoffroy de Lagasnerie, “Juger. L’État pénal face à la sociologie” », sur Dalloz Actualité, (consulté le 22 mai 2016)
  10. Jean-Marc Weller, « Mais où sont les neiges d'Antan ? », Annales des Mines - Gérer et comprendre, no 105,‎ , p. 82–85 (ISSN 0295-4397, lire en ligne)
  11. Thierry Pech, « Critique de la raison universitaire », sur www.laviedesidees.fr (consulté le 19 mars 2016)
  12. Pierre Adeline, « L'art de la révolte », Le Monde,‎ , p. 15
  13. a et b François Bégaudeau, « Mon livre tâche d'attaquer l'Etat là où il ne s'y attend pas », Transfuge, no 96,‎ (lire en ligne)
  14. a et b Jean Birnbaum, « Logique de la création, de Geoffroy de Lagasnerie : la fabrique des débats intellectuels », Le Monde des livres,‎ (lire en ligne)
  15. a et b Morgan Jouvenet, « Geoffroy de Lagasnerie, Logique de la création. Sur l’Université, la vie intellectuelle et les conditions de l’innovation », Le Mouvement Social, no 240,‎ , p. 155- 159 (lire en ligne)
  16. a et b Vincent-Arnaud Chappe, Jérôme Lamy et Arnaud Saint-Martin, « Le tribunal des flagrants délires “sociologiques” », Carnet Zilsel,‎ (lire en ligne)
  17. Philippe Corcuff, « Guide de survie existentielle en milieu académique : de la police du ressentiment. Le cas Jérôme Lamy et Zilsel », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  18. Super Utilisateur, « Prix Ouvrage », sur www.arifts.fr (consulté le 6 novembre 2016)
  19. Eddy Bellegueule, « Geoffroy de Lagasnerie, Sur la science des œuvres. Questions à Pierre Bourdieu (et à quelques autres) », Lectures, Les comptes rendus,‎ (lire en ligne)
  20. Anthony Glinoer, « De quelques critiques récentes adressées à la science des œuvres de Pierre Bourdieu », Contextes,‎ (lire en ligne)
  21. (pt) Cassiano Elek Machado, « 'Foucault viu neoliberalismo como o novo', diz escritor Geoffroy de Lagasnerie », Folha de S. Paulo,‎ (lire en ligne)
  22. (en) Magnus Paulsen Hansen, « Foucault’s Flirt? Neoliberalism, the Left and the Welfare State; a Commentary on La dernière leçon de Michel Foucault and Critiquer Foucault », Foucault Studies, no 20,‎ , p. 291–306 (ISSN 1832-5203, lire en ligne)
  23. (pt) Ivomar Gomes Duarte, « Resenha : A última lição de Michel Foucault, de Geoffroy de Lagasnerie », Cadernos de História da Ciência, vol. 8, no 2,‎ , p. 329-339 (ISSN 1809-7634, lire en ligne)
  24. (es) La última lección de Michel Foucault. Sobre el neoliberalismo, la teoría y la política, Fondo de Cultura Económica, (ISBN 9789877190700, présentation en ligne)
  25. (pt) A última lição de Michel Foucault, Três Estrelas, (ISBN 9788565339131, présentation en ligne)
  26. « 福柯晚年向右转了吗?他的最后一课像一份世界的尸体解剖报告_思想市场_澎湃新闻-The Paper », sur www.thepaper.cn (consulté le 5 novembre 2016)
  27. Jean-Marie Durand, « “Assange, Manning et Snowden, un nouveau rapport à la politique” », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 13 juillet 2014)
  28. « Comptes rendus », Revue française de science politique, vol. 65, no 2,‎ , p. 318–345 (ISSN 0035-2950, lire en ligne)
  29. Nicolas Auray, « Hackers à l’ouvrage », La Vie des Idées,‎ (ISSN 2105-3030, lire en ligne)
  30. (de) Die Kunst der Revolte - Snowden, Assange, Manning, (ISBN 978-3-518-58687-7, présentation en ligne)
  31. « L'ARTE DELLA RIVOLTA », sur www.stampalternativa.it (consulté le 5 novembre 2016)
  32. Jean-Marie Durand, « Les Inrocks - Geoffroy de Lagasnerie contre “la grande confrérie de l’érudition inutile” », sur Les Inrocks, (consulté le 16 janvier 2017)
  33. Roger Pol-Droit, « Figures libres. Le postulat du monde « mauvais » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]