Histoire de Grasse

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Blason de Grasse

Cet article traite de l'histoire de Grasse (en occitan provençal : [ˈgʀasɔ], écrit Grassa selon la norme classique ou Grasso selon la norme mistralienne), une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Histoire chronologique[modifier | modifier le code]

Néolithique : premières traces d'habitations[modifier | modifier le code]

Les premières traces d’existence humaine dans le pays de Grasse datent du Néolithique. Des archéologues grassois du XIXe siècle tels que Paul Goby, Marcellin Chiris, Adrien Ghébart ou Casimir Bottin ont décrit et étudié les vestiges d’une activité humaine remarquable : dolmens, dolmens à couloir, tombes à chambre carrée, tumuli, « bories »… mettent en évidence l’existence d’une population plus importante qu’ailleurs. Plus étrange, ils y ont découvert de grosses enceintes faites d’énormes blocs dont l’utilité reste mystérieuse et qu’ils ont appelées « Castellaras »[1].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le temple de Jupiter (gravure de 1838).

On trouve dans la région quelques vestiges préhistoriques, mais l'origine de Grasse est relativement obscure. La région de Grasse a été de bonne heure fertile et habitée par les Celto-Ligures avant de l’être par les Gallo-Romains[2].

Durant l'Antiquité, la Provence a vu de nombreuses populations la parcourir et parfois s’y installer comme les Ligures (Magagnosc) ou encore les Grecs. Quoi qu'il en soit, le territoire où se trouve Grasse est intégré à l'Empire romain, province des Alpes maritimes, dès l'an 14 av. J.-C.

Selon Gilette Gauthier-Ziegler on ne peut admettre l’hypothèse fantaisiste au XIXe siècle des abbés Massa et Boyer qui font de Grasse la capitales des Oxybiens[2].

Grasse ne figure pas dans l’Itinéraire d’Antonin et n’est mentionnée dans aucun document de la période romaine. On a longtemps voulu placer à Grasse la station ad Horrea mentionnée dans l'itinéraire Antonin comme un point intermédiaire entre Antibes et Fréjus, mais l'abbé Alliez a prouvé que cette voie ne passait point par Grasse et cette hypothèse est à peu près abandonnée. Cependant il semble certain qu'il y eut à Grasse un poste romain[2].

Quelques céramiques de l'Antiquité tardive (Ve-VIIe siècle) découvertes lors de travaux autour de la cathédrale indiquent à cette période une occupation humaine à l'emplacement de l'actuelle vieille-ville.

Grasse ayant été occupé par les Romains, on a pensé au XVIIIe siècle qu'un temple dédié à Jupiter se serait élevé à la place de l’actuelle chapelle de Saint-Sauveur ou de Saint-Hilaire, mais il s'agissait plus vraisemblablement d'une église, la construction datant du VIe siècle[3].

Les envahisseurs barbares n’eurent pas de difficulté à envahir la Provence orientale qui, après avoir été reprise par le patrice Stilicon (416) pour l'Empire d'Occident, tomba au pouvoir des Burgondes (443), des Ostrogoths (493), des Francs (534), puis des Lombards (817).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 875, la Provence se rattache au Royaume de France et Boson, nouveau roi, lui fait signer acte d’allégeance le . Grasse refuse de le signer et se détache donc de la Provence. Elle se rattache alors au Royaume de Lombardie sous le règne de Charles II le Gras en 879, puis au Royaume de Bourgogne Jurane sous Rodolphe II, au Royaume d’Arles sous Rodolphe III. Dévastées par les Arabes, Grasse et sa région sont reconquises par les princes d’Arles qui donnent la Ville au Chevalier Rodoard qui avait aidé à cette libération. Rodoard est le fondateur de la maison de Grasse. Les Seigneurs de Grasse mirent en place un régime féodal qui fut contesté par les grassois et qu’ils rejetèrent avec l’aide de Monseigneur Mainfroy de Garibaldi. Ainsi, dès 1138, le comte Raymond de Grasse n’a plus d’autorité sur la ville, mais seulement sur ses possessions antiboises.

Nouvellement libre, alors que, partout ailleurs, se tiennent encore des régimes féodaux, le peuple grassois abolit le servage. Une aristocratie se forme et prend le pouvoir, sous forme de consuls élus pour un an, au nombre de quatre. Ils représentent la ville auprès des autres républiques, des seigneurs, des villes voisines, de l’évêque, ils possèdent le pouvoir judiciaire, bien qu’assistés par des « judex consulum », ils organisent la défense de la ville, fixent les impôts et nomment les fonctionnaires de la ville. Grasse compte alors une forte population d'origine juive, peut-être andalouse comme dans le reste de la Provence et elle gardera une importante "juiverie" jusqu'au XVIe siècle (voir Magagnosc).

En 1171, le Consulat signe un traité politique et commercial avec Gênes d’une durée de 29 ans, le premier d’une longue série qui durera près de trois siècles. En 1179, c’est avec Pise que Grasse signe un traité pour 26 ans. La ville aime commercer avec des villes indépendantes comme Gênes en exportant ou important toiles, cuirs, blé, peaux brutes, peaux tannées, vin et bétail. Sa nouvelle liberté fait fleurir le commerce avec les villes voisines qui cherchaient à conclure des alliances avec les Consuls. Ainsi, en 1207, les comtes de Castellane offrent à Grasse un droit de passage et de pâturage sur leurs terres. En 1212, c’est au tour du Seigneur de Séranon de conclure les mêmes accords.

Les évêques d’Antibes s’installent à Grasse et le Pape Innocent IV transporte officiellement le siège épiscopal d’Antibes à Grasse le . Le nouvel évêché grassois couvre les communes d'Antibes, Cannes, Biot, Valbonne, Roquefort, Le Rouret, Le Bar-sur-Loup, Gourdon, Caussols, Saint-Vallier et Saint-Cézaire-sur-Siagne[4]. Mais cette importance grandissante attire l’attention du Comte de Provence Raimond Bérenger qui attaque la ville. Et malgré une défense héroïque menée par le Chevalier Hugues Sicard de Tourettes, Grasse est vaincue en 1220 et rattachée au Comté de Provence.

Le Comte de Provence prend possession des deux tours du Puy et de la Foux le . Il maintient les consuls, mais nomme un juge et un bayle et instaure de nouveaux impôts : l’albergue, le droit de ban, les chevauchées (ou cavalcades), l’aide aux quatre cas et la gabelle du sel.

Sicard, le bayle nommé à Grasse pour rendre la justice au nom du Comte fait de Grasse un chef-lieu de baylie. En 1250, Grasse devient également chef-lieu de Viguerie. Le viguier rendait, lui, la justice au nom du Roi, mais possédait aussi un rôle administratif immense et le Conseil municipal mit du temps à imposer son autorité face à un tel personnage, premier fonctionnaire de la Ville. Hiérarchiquement, sous le viguier, une organisation administrative importante se met en place avec des sous-viguiers ou lieutenants de viguerie, des juges, des clavaires, des regardeurs… La Viguerie de Grasse comprend alors Briançonnet, La Motte, Saint-Vallier, Auribeau, Le Rouret, La Garde, Mouans, Escragnolles, Avignonnet, Saint-Cézaire, Le Bar, Gourdon, La Roquette, Mougins, Biot, Cannes, Roquefort, Châteauneuf Page d'aide sur l'homonymie, Opio, Caussols, Clermont (au XIXe siècle, en 1822, par décision royale, la commune du Clermont est rattachée à Châteauneuf) , Sartoux, Cabris, Saint-Panduce, Cipières, Canneaux, Touron, Pégomas, Magagnosc, Antibes, Auria, Olive, Garbies, Valettes, Calian, La Malle, Thorenc, Andon, Arlucques et Revert. Au travers de cette viguerie, on voit déjà se dessiner le Pays de Grasse.

Carte de Cassini de la Région de Grasse. On y discerne en grosses lettres l'inscription "Viguerie de Grasse"

Grasse obtient des privilèges du Comte de Provence, puis des Rois et Reines de France : liberté de commerce, liberté de l’héritage, droit d’affouage et de pâturage dans les lieux voisins, baisses et exemptions d’impôts, liberté de culture et d’élevage, droit de posséder une cloche, indulgences judiciaire, charité aux pauvres de Grasse. La famille royale montra ainsi sa reconnaissance pour la fidélité de Grasse à sa cause jusqu’à Louis XIV qui respecta moins ces franchises. L’artisanat de la tannerie est la principale activité économique et commerciale.

Le XIVe siècle est celui des religieux qui construisent de nouveaux couvents et agrandissent les remparts pour les protéger. Derrière ces nouvelles fortifications, on crée de nouvelles maisons, autour de la place aux Aires. La population s’accroît. En 1321, Grasse compte 6 000 habitants.

Le 25 octobre 1384 Foulques d'Agout, sénéchal de Provence, fait donation de biens à la commune de Grasse en récompense de son attachement à la cause de la Maison d'Anjou, et fait rentrer dans la viguerie de Grasse les châteaux, villes et lieux situés en deçà du Var et dépendant de la viguerie de Nice ou des bailles de Villeneuve et de Sigale soit : Cagnes, La Colle, Saint-Paul-de-Vence, la Gaude, Saint-Jeannet, Tourettes, Courmes, Gattières, le Broc, Bézaudun, les Ferres, Gilette, Bonson, Revest, Pierrefeu, Tourette, Toudon, Saint-Antonin, La Penne, Saint-Pierre, Collongues, Sallagriffon et La Rochette[5].

A la fin du XIVe siècle, le Conseil de ville est organisé et fonctionne régulièrement ; c'est le Conseil ordinaire, Consilium ordinarium. Il comprend vingt membres : ce sont des juristes, des notaires, de riches propriétaires, quelques marchands et artisans. Les notaires et les gens pourvus d'un office doivent renoncer à leur fonctions pendant le temps de leur admission au Conseil. Les conseillers ne sont pas payés. Issue du lointain consulat de Grasse, « Une sorte d'aristocratie s'était formée qui détenait les fonctions municipales : de la fin du XIVe siècle XIV à la fin du XVe siècle, ce sont toujours les mêmes noms qui figurent sur les listes du Conseil : les Aynési, les Poloys, les Achard, les Courmes, les Roque, les Grenon, les Meyfred, les Turlaire, les Muraire, les Tombarel, les Simosse, les Sauvan, les Laugier, les Tossans, les Rabuis, les Théas et les Bonnefoy semblent se transmettre immuablement les fonctions de conseillers » [6].

Le XVe siècle est le théâtre de nombreux malheurs. Pour protéger la Provence des troupes meurtrières du roi Alphonse d’Anjou, les Grassois se battent et s’affaiblissent. Puis, ce sont deux épidémies de peste en 1451 et 1470 qui tuent le tiers de la population. En 1482, Louis XI agrandit son Royaume et annexe la Provence. Grasse devient française.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Monument en l'honneur de l'Amiral de Grasse, place du Cours à Grasse

Pendant la Renaissance, Grasse subit l’invasion de Charles Quint, au cours de laquelle la ville est incendiée et pillée. En 1589, Grasse prend position en faveur d’Henri IV et de son édit de Nantes dans les guerres de religion, ce qui lui attire les foudres du baron de Vins qui fait le siège de la ville pendant huit jours. Grasse se rend, le premier consul Antoine Taulane et 17 autres grassois se sacrifient pour sauver la ville mais le baron est tué.

Durant le XVIIe siècle, Grasse se relève. C’est l’apogée de l’industrie de la tannerie, mais aussi le début de celle du parfum et des « gants parfumés »

Grasse est connue au siècle des Lumières pour l’intervention cruciale des troupes navales de l’amiral de Grasse, issu de la lignée des comtes de Grasse, dans la victoire des États-Unis contre les colons britanniques. C’est à bord de La Ville de Paris qu’il remporte la victoire de Chesapeake.

Jean Honoré Fragonard, enfant de Grasse, devient « peintre du Roi » sous la pression de la marquise de Pompadour.

Des hôtels particuliers sont construits et habités par la haute société grassoise extrêmement fermée comportant une minorité aristocratique d'origine féodale (la famille de Grasse, la famille de Villeneuve, la Famille de Pontevès etc.) et une majorité de familles, nobles ou notables, issues du monde des affaires où l'on retrouve entre autres : les Clapiers; les Bompar; les Lyle-Taulanne; les Théas; les Court; les Durand; les Lombard de Gourdon; les Cresp; les Geoffroy du Rouret; les Mougins-Roquefort ; les Fanton d'Andon; les Tressamannes; les Robert d'Escragnolles; les Amic; les Roubaud d'Antelmy; les Luce; les Courmes; les Chiris; les Isnard; les Gazan; les Perolle; les Gallimard; les Fabre etc. Ces familles habitent de fort belles demeures, la vie mondaine s'y développe dans l'élégance et le faste. A la veille de la Révolution, les salons de la marquise de Cabris, sœur de Mirabeau et de Mgr de Prunières, évêque de Grasse, seront particulièrement brillants[7]. La place aux Aires s’embellit avec la construction d’une fontaine.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de janvier 1789, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation[8]. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute frumentaire se produit à Grasse le 30 mars[9]. Des paysans[10] et des ouvriers piémontais se rassemblent contre la cherté du grain : la manifestation se limite cependant à des cris et des menaces[11]. Dans un premier temps, la réaction consiste dans le rassemblement d’effectifs de la maréchaussée sur place. Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août[12].

Le Honoré-Camille de Mougins-Roquefort, alors curé de Grasse, fait partie des premiers curés élus du clergé qui refusent de siéger dans la salle des Cent-Suisses et rejoignent le tiers état. Lors de la division de la France en 83 départements par l'assemblée Constituante, en janvier 1790, Grasse fait partie du département du Var dont elle est la préfecture de 1793 à 1795[13].

À la proclamation de la République, le 22 septembre 1792, l’extrême gauche s’empare de la mairie. Grasse est alors une ville de tradition opportuniste et commerçante, globalement opposée à la Révolution. On peut lire sur des maisons l’inscription suivante : « Ici on s’honore du titre de citoyen. Les hommes sont égaux devant la Loi. Respect à la Loi et ses Ministres. », et une guillotine est installée où sont exécutés trente « ennemis du peuple ». De nombreux[Combien ?] Grassois sont emprisonnés pour avoir montré leur hostilité à la Révolution[réf. souhaitée].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Vue panoramique ancienne de la ville de Grasse (Alpes-Maritimes, France)

Le XIXe siècle est en revanche un siècle de prospérité. Le parfum se développe et Grasse devient « Capitale mondiale des Parfums ». Elle s’ouvre vers l’extérieur et de grandes usines apparaissent, signe d’adhésion à la Révolution industrielle. C’est également le début du tourisme : on apprécie la qualité de vie, les paysages et le climat qui y règne. La princesse Pauline y séjourne en 1811 et donne son nom au jardin où elle aime se reposer. De riches étrangers construisent de magnifiques villas et la ville s’enrichit en curiosités diverses. À la création des départements en 1790, Grasse appartenait au Var, dont elle fut même le chef-lieu de 1793 à 1795. Son arrondissement en fut détaché en 1860 pour former, avec le comté de Nice qui venait d'être rattaché à la France, les Alpes-Maritimes.

Au XXe siècle, Grasse garde sa réputation touristique et l’industrie des parfums se transforme et se modernise.

Histoire thématique[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

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Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de Grasse au cours de l'Histoire:

« Agneau pascal, portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, le tout surmonté d'une couronne de Comte Bigarrée. »(XIIIe siècle)

« D'azur à un agneau pascal, ayant son étendard d'argent orné d'une croix d'or et accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe, de la devise suivante : Consules Grassae Dei Gratia (Consuls par la grâce de Dieu). » (1427)

« Agneau pascal, regardant la hampe de la bannière, portant une longue croix. » (1681).

« D'azur à une agneau posé sur un tertre de sinople, portant croix d'or et un étendard de gueules. » (1689).

« D'azur à l'agneau pascal d'argent, regardant la hampe de la bannière de gueules, la tête entourée d'une auréole, chargée de trois tourteaux du troisième mal ordonné. » (1696).

« D'azur à un agneau pascal d'argent, la tête contournée et ornée d'un diadème d'or, chargé de trois tourteaux de gueules, deux en chef et l'autre en pointe, l'agneau portant une longue croix de gueules, à laquelle est attaché un guidon d'argent d'une croix de gueules. » (1706).

« Agneau pascal portant une croix, à laquelle est attaché un guidon. » (1769).

« Agneau pascal portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, écu chargé de troix tourteaux (l'agneau regardant à sénextre), le tout surmonté d'une croix de Comte. » (1787).

« D'azur à l'agneau pascal d'argent, portant une croix sans pennon, du même, soutenu d'une champagne d'or, chargé à senestre d'une branche de jasmin en barre, à dextre, d'une branche d'olivier en bande, croisées en sautoir, le tout au naturel, franc-quartier des villes de deuxième classe, qui est à dextre, d'azur chargé d'un N d'or, surmonté d'une étoile rayonnante du même, brochant au neuvième de l'écu. » (1811).

« D'azur, à un agneau pascal ayant guidon d'argent, orné d'une croix et accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en chef une en pointe. » (1814).

« D'azur, à un agneau pascal d'argent, posé sur une terrasse de sinople, portant une croix d'or et un guidon de gueules. »(1882).

Grasse connut un essor de la tannerie au XVe siècle, ce qui explique que l'on retrouve l'agneau pascal, emblème des corporations de drapiers.

Parfumerie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parfumerie à Grasse.

Au XIIe siècle, se développe le commerce des peaux et les tanneurs travaillent autour du petit canal qui parcourt la cité. Cette activité génère une forte odeur. À l'époque de la Renaissance les fabricants commencent à parfumer leur production de gants, de sacs et de ceinture, pour répondre à la nouvelle mode venue d'Italie avec l'entourage de la reine Catherine de Médicis.

La campagne autour de la cité commence à se couvrir de champs de fleurs, offrant de nouveaux effluves à la ville. En 1614, le roi reconnaît la nouvelle corporation des « gantiers parfumeurs ».

Au milieu du XVIIIe siècle, la parfumerie connaît un très important essor. Les entreprises phares datent de cette époque parmi lesquelles Isnard, Galimard, Chiris, Debézieux, les Fargeon, Roure, Lautier. La production artisanale des débuts se transforme en une véritable industrie capable de s'adapter aux nouveaux impératifs du marché, et concurrence Montpellier.

Au XIXe siècle, certaines matières premières commencent à être importées de l'étranger, notamment des colonies. En 1840, Grasse comptent 45 sociétés réparties en trois secteurs : les cultivateurs de plantes, les courtiers en fleurs et les industriels. Le pic est atteint vers 1875, où l'on compte près de 65 sociétés[14].

Au XXe siècle, c'est la création des produits de synthèse pour répondre à la démocratisation des parfums et de leurs emplois dérivés : shampoings et déodorants, crèmes et détergents, arômes alimentaires pour les biscuits, les glaces et les produits lactés, les boissons, les plats cuisinés, les confiseries, les confits et les sirops.

En 1905, six cents tonnes de fleurs étaient récoltées, dans les années 1940, cinq mille tonnes étaient produites annuellement. Au début des années 2000, la production est inférieure à 30 tonnes, toutes fleurs confondues.

Viguiers et bayles[modifier | modifier le code]

De 1220 à 1481, le comte de Provence fait de Grasse un chef-lieu de baylie. Le bayle rend la justice dans toute la région au nom du comte.

À ce magistrat vint s'ajouter en 1250 le viguier lorsque Grasse devient chef-lieu de viguerie. Le viguier, rend lui aussi la justice dans tout le Pays de Grasse, mais au nom du roi.

Ces deux administrations, extrêmement puissantes et organisées, mirent souvent à mal l'autorité du conseil municipal.

Nom Période Nom Période

Hugues Sicard fut le premier bayle de Grasse et O de Braye le premier viguier

Hugues Sicard 1220-1222-1224
O de Braye 1260 Grégoire Vidame 1264
Grégoire Vidame 1269 Adam de Fresnel 1273
Grégoire Vidame 1279 Adam de Fresnel 1288
Jean de Baume 1289 Geofroi Castillon 1290
Bernard de Riez 1290 Bernard Perier 1296
Michel de Cocharel 1299-1300 Hugues de Brignolles 1301
Béranger de Gardanne 1306 François de Palène 1307
Armand de Breuil 1309 Michel de Cocharel 1309-1310-1311
Bertrand de Routilles 1311 Bertrand de Beuil 1312
Bertrand de Fors 1326 Guillaume Auquin 1327
Luquin de Grimaud 1328 Aycar de Pierrefeu 1331
François de Barras 1333 François de Scrofano 1336
Pierre Chabaud de Sparmont 1338 Béranger de Grantadon 1343
Jean Rebuffel 1340 Barthelin de Gros 1345
Pierre Barle 1344 Isnard 1352
Raymond Catelin d'Hyères 1350 Bertrand Maurus 1352
Bérenger de Grantadon 1353 Raybaud de Reillan 1354
Charlet Simon 1357-1358 François Gneu 1360-1361
Jean de Fasses 1369 Gaucelin de Grimaldis 1370
Arnaud de Montolive 1371 François Cays 1377
Guigues Sarrasin 1377 Bertrand Sigun 1379
Philippe Manaud ou Martinaud 1380-1381
Jean de Fosses 1384 Elzéar Autrice 1385
Pierre Chabaud 1387 Étienne Féraud 1401
Jean Audibert 1402 Raphaël Bertrand 1405
Bertrand de Rousset 1410 Louis de la Tour 1413
Étienne de Constance 1415 Elzéar de Marrières 1415
Bertrand de Grasse-Bar 1418 Jacques de Roquemaure 1419
Nicolas Jean 1421 Louis de la Tour 1423-1424
Lancelot de Pontévèse 1424-1425 Monet Albert 1425-1426
Jean Esmandat 1426-1427 Louis de la Tour 1427-1428
Lazare Charbonnel 1428-1429 Étienne Féraud 1431
Jean Béraud 1432 Baudet Jean 1433
Gaspard de Junin 1434 Bertrand de Villeneuve 1435
Jean de Cadie 1440-1441 Jean Sicale 1441-1442
Jean de Cadie 1442-1443-1444-1445
Georges Camps 1445-1446 Pierre Brice 1446-1447
Charles Vinet 1447-1448 Jean de Castellane 1449-1450
Jacques Thomas 1451 Gland Raoul 1453-1454
Nard de Lauret 1454-1455 Y Colin ou Roulin 1456-1457
Nard de Lauret 1457 Charles de Grasse 1458
Louis de Puget 1470 Jean Isnard 1474-1475
Jean Sanguinaire 1475-1476 Jean Bouvin 1477
Claude Remusat 1477-1478 Louis de Pontévèse 1478-1479
Charles de Grasse 1480 Hélion de Villeneuve 1481

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Grasse successifs de 1789 à 2019
Période Identité Parti Qualité
L'élection municipale partielle de 1987 est due à la démission d'Hervé de Fontmichel et de dix-huit conseillers municipaux à la suite de conflits au sein de la majorité.
1789 Jean-Joseph de Mougins de Roquefort Club des défenseurs de la Constitution Député
1792 Jean François Ricord Club des Patriotes
1792 Pierre Girard Club des Patriotes
1792 Honoré-Marie Court d'Esclapon Libéral
Marc-Henri Cresp Club des Patriotes
Honoré-Marie Court d'Esclapon Libéral
1797 Marc-Henri Cresp Libéral
Claude Aubin Royaliste et bonapartiste
Claude-François de Théa-Gars Royaliste et bonapartiste
Joseph Court de Fontmichel Royaliste et Bonapartiste
1815 Marquis Jean-Paul Lombard de Gourdon Royaliste et bonapartiste
Pierre-Louis Fabre Royaliste modéré
Joseph Court de Fontmichel Royaliste
Chevalier de Tressemannes Royaliste modéré
Honoré-Camille de Mougins-Roquefort Royaliste modéré
Félix du Rouret
1830-1835 Claude-Marie Courmes Royaliste Député de Grasse, Conseiller général
Joseph Constant de Mauduit
Gaston de Fontmichel Républicain modéré
1848 Dominique Conte Député de Grasse
1871 Joseph Roubaud
Ernest Roure Républicain Conseiller général
Ernest Roure Républicain Conseiller général
Étienne Bertrand
Albin Marcy
Antoine Maure Républicain-radical
Antoine Maure Républicain-radical
Antoine Maure Républicain-radical
Honoré Cresp Radical modéré Député
Honoré Cresp Radical modéré
Honoré Cresp Radical modéré
Jean Ossola Radical-socialiste Député
Jean Ossola Radical-socialiste Député
Dr Eugène Perrimond Radical modéré
Dr Eugène Perrimond Radical modéré
Emmanuel Rouquier
Emmanuel Rouquier
Étienne Carémil Radical-Socialiste
Étienne Carémil Radical-Socialiste
Henri Benard
Henri Giroux
Dr Pierre Colomban
Dr Pierre Colomban
Dr Pierre Colomban
Honoré Lions SFIO-PCF
Pierre Ziller RPF Député
Pierre Ziller RPF Député
Albert Ferré
Dr Jean Fanton d'Andon Conseiller général
Honoré Lions SFIO-PCF
Honoré Lions SFIO
Hervé de Fontmichel UDF Conseil général
Georges Vassalo PCF
Hervé de Fontmichel UDF Vice-président du Conseil général
Hervé de Fontmichel UDF Conseiller régional
Hervé de Fontmichel UDF Vice-président du Conseil général - Conseiller régional
Jean-Pierre Leleux MPF Conseiller général
Jean-Pierre Leleux DL puis UMP Vice-président du conseil général - Président du Pôle Azur Provence
[15] Jean-Pierre Leleux UMP Sénateur - Président du Pôle Azur Provence
Jérôme Viaud UMP Maire de Grasse, Président de la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse et Vice Président du Conseiller général

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

François Joseph Paul, marquis de Grasse Tilly, comte de Grasse
Michèle Mouton en 1985

XVIe siècle

XVIIe siècle

XVIIIe siècle

XIXe siècle

  • Honoré Théodore Maxime Gazan de la Peyrière (1765-1845), général sous le 1er Empire.
  • Alexis-François Aulagnier (1767 - Grasse - Paris), médecin français de « quelque réputation » des XVIIIe et XIXe siècles.
  • Napoléon 1er (1769-1821), Empereur des Français, visiteur occasionnel de Grasse, il y fit une halte lors de sa remontée sur Paris en 1815. Il est contraint d'y abandonner, Place de la Foux, 4 canons, une berline et plusieurs voitures.
  • Claude-Marie Courmes (1770-1865), négociant et armateur, conseiller général du Var (1811-1833), maire de Grasse (1830-1835), député du Var (circonscription de Grasse) (1831-1834)[16] est né et mort à Grasse.
  • La Princesse Pauline Bonaparte (1780-1825) séjourna longtemps dans la ville à partir de 1811. Elle se promène souvent dans ce que sont aujourd'hui les Jardins de la Princesse Pauline.
  • Antoine-François-Félix Roselly de Lorgues (, natif), écrivain religieux français.
  • Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), reine du Royaume-Uni, fit honneur de sa présence du 25 mars au dans la ville de Grasse, séjour au cours duquel elle visita les jardins d'Alice de Rothschild et les établissements Chiris.
  • Charles Nègre (1820-1880), peintre et photographe, né et mort à Grasse.
  • César Ossola (1848-1915), industriel en parfums, adjoint au maire de Grasse, député ; une place de Grasse porte son nom.
  • Léon Chiris (1839-1900), industriel et négociant en parfumerie, il possédait et dirigeait la plus importante maison de parfumerie de la ville dans la seconde moitié du XIXe siècle. Député de la circonscription de Grasse de 1874 à 1882, sénateur de 1882 à 1900, membre de l'Union républicaine (gauche). Sa belle-fille fonde par la suite de nombreuses œuvres de charité.
  • Alice de Rothschild.
  • Édouard Rod (1857-1910), écrivain suisse, mort à Grasse.
  • Marcellin Chiris (1857-1932), archéologue français, né et mort à Grasse.
  • Herbert George Wells (1866-1946), le célèbre écrivain britannique, qui y possédait la propriété de Lou Pidou. Wells et Eugène Dupont.
  • Ivan Bounine, en russe Иван Алексеевич Бунин (1870-1953), écrivain russe et prix Nobel de littérature, auteur de poèmes, nouvelles et de romans a vécu vingt-deux ans à Grasse.
  • Paul Goby (1879-1937), archéologue et auteur de la découverte du Plateau de la Malle.
  • Jean Ossola (1881-1932), député, secrétaire d'État à la Guerre, maire de Grasse.

XXe siècle

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcellin Chiris, Recherches sur la civilisation néolithique dans les Alpes-Maritimes
  2. a b et c Gilette Gauthier-Ziegler, Histoire de Grasse: depuis les origines du consulat jusquà̕ la réunion de la Provence à la couronne (1155-1482), Editions Auguste Picard, (lire en ligne), p. 3.
  3. Clara Louisa Wells, The arrondissement of Grasse, in the department of the Alpes Maritimes, L'Imprimerie valentinoise, (lire en ligne), p. 114.
  4. Histoire de Grasse, fin XVIIIe sur le site du conseil général
  5. Gilette Gauthier-Ziegler, Histoire de Grasse: depuis les origines du consulat jusquà̕ la réunion de la Provence à la couronne (1155-1482), Editions Auguste Picard, , p. 40.
  6. Gilette Gauthier-Ziegler, Histoire de Grasse: depuis les origines du consulat jusquà̕ la réunion de la Provence à la couronne (1155-1482), Editions Auguste Picard, (lire en ligne), p. 137.
  7. Hervé Court de Fontmichel, Le Pays de Grasse, Grasset, 1963, p.30
  8. Monique Cubells, « Les mouvements populaires du printemps 1789 en Provence », Provence historique, volume 36, no 145, 1986, p. 309
  9. M. Cubells, op. cit., p. 310 et 312.
  10. M. Cubells, op. cit., p. 313.
  11. M. Cubells, op. cit., p. 316.
  12. M. Cubells, op. cit., p. 322.
  13. « http://www.lexpress.fr/info/region/dossier/toulon/dossier.asp?ida=432035 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) L'Express du 28 février 2005, Les grandes familles de Toulon par Bruno Aubry
  14. [PDF] Historique de sociétés de parfumerie de Grasse 1800-1939 par Gabriel Benalloul, Service du patrimoine de la ville de Grasse, 2010.
  15. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  16. « Claude, Marie Courmes », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale (consulté en octobre 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]