Victor Fanneau de La Horie
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(à 46 ans) Ancien 1er arrondissement de Paris |
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Militaire |
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Michel Lahorie (d) Jean Baptiste Fanneau de Lahorie Charles Julien Fanneau de Lahorie (en) |
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Victor-Claude-Alexandre Fanneau de La Horie, plus connu sous le nom de La Horie[note 1], à Javron-les-Chapelles (Mayenne) et mort fusillé le à Paris, est un général français de la Révolution française et du Premier Empire. Figure emblématique de la fidélité républicaine, il fut chef d’état-major du général Moreau, proscrit sous le Consulat et le Premier Empire, puis victime de la Conspiration de Malet.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et engagement révolutionnaire
[modifier | modifier le code]Victor Fanneau de La Horie appartient à une famille de juges de paix à Couptrain, tirant son nom du domaine de La Horie, à La Ferté-Macé. Il est le huitième d’une famille de seize enfants de Charles-Julien Fanneau de La Horie et de Marie Jeanne Renée Le Meunier du Bignon. Il est issu d’une famille d'ancienne bourgeoisie de Basse-Normandie. La famille possède le domaine de La Horie dont elle a conservé le nom[1]. Les Fanneau, sieurs de la Horie, de la Touche et du Bignon, étaient originaires d'Antoigny dans l'Orne.
- Pierre Fanneau (1699-1742), sieur de La Horie, acquéreur du domaine
- Charles Julien Fanneau de La Horie(1723-1798), négociant à Javron, garde des haras du roi x Marie Jeanne Renée Lemeunier du Bignon
- Charles Julien Marie Fanneau de La Horie (1757-1822), gouverneur de Cayenne après avoir fait la guerre d'indépendance des États-Unis
- Henry Pierre Fanneau de La Horie (1760-1791)
- Marie Fanneau de La Horie (1762-1846)
- Jean-René Fanneau de La Horie (1764-1845), percepteur, receveur municipal à Josselin x sainte Sophie Dahirel
- François Marie Fanneau de La Horie (1800-?))
- Victor Fanneau de La Horie (1766-1812)
- Jean Baptiste Fanneau de Lahorie (1767-1846), conservateur des Eaux et Forêts et personnalité politique
- Joseph François Fanneau de La Horie (1769-1792), curé de Champéon
- Julien Pierre Fanneau de La Horie (1770-?)
- Louis Michel Fanneau de La Horie (1775-1831), colonel de cavalerie, fait une vingtaine de campagnes militaires sous la République et l’Empire, y compris la campagne de Russie.
- Paul Louis de Lussan (1820)
- Emmanuel Pierre Fanneau de La Horie (1777-1846), juge de paix à Couptrain x Marie Charlotte Perrine Fanneau de La Touche
- Ismaël Fanneau de La Horie (1782-1832), maire de Javron x Athénaïs Henriette Durand
- Louise Anaïs Fanneau de La Horie x Pierre Jarry, qui transforme son nom en Jarry-Lahorie
- Alphonse Charles Fanneau de La Horie, conseiller municipal de Couptrain, juge de paix
- Alphonse Marie Théodore Fanneau de La Horie (1869-?), chevalier de la Légion d'Honneur x Lambert-Gimey
- Ismaël Fanneau de La Horie (1782-1832), maire de Javron x Athénaïs Henriette Durand
- Pierre René Fanneau de La Touche, ingénieur du roi dans la Somme
- Marie Charlotte Perrine Fanneau de La Touche
- Charles Julien Fanneau de La Horie(1723-1798), négociant à Javron, garde des haras du roi x Marie Jeanne Renée Lemeunier du Bignon
Parcours militaire
[modifier | modifier le code]Lahorie était un homme simple, doux, austère, vieilli avant l'âge, savant, ayant le grave héroïsme propre aux lettrés. Une certaine concision dans le courage distingue l'homme qui remplit un devoir de l'homme qui joue un rôle; le premier est Phocion, le second est Murat. Il y avait du Phocion dans Lahorie.
Victor Fanneau de La Horie se montre, en 1789, l'un des plus zélés partisans de la Révolution française[2]. Victor Fanneau de La Horie s’engage comme volontaire dans le bataillon de la Mayenne pour repousser l’étranger le [3], au moment de la levée en masse[3], comme son frère Louis-Michel Fanneau de La Horie, pour lutter contre les insurgés de Vendée et de Bretagne. Il fait à l'époque la connaissance de Joseph Léopold Sigisbert Hugo qui lui rend des services[4]. Un point jamais prouvé indique qu'à cette époque Victor Fanneau de La Horie aurait connu Sophie Trébuchet avant son mariage alors qu'il commandait un bataillon de la Mayenne affecté à la garde de la Forge-Neuve des Condés, propriété des Trébuchet[5].
Rapidement promu, il devient sous-lieutenant à l'Armée de Rhin-et-Moselle le , remplissant les fonctions d'adjoint à l'état-major général.
Secrétaire du général Alexandre de Beauharnais, il aurait commis quelques indiscrétions à l'égard de Joséphine de Beauharnais[6]. Il est rapidement lieutenant, puis chef de bataillon le . Adjudant général chef de brigade en 1799, il est attaché au ministère de la Guerre dirigé par Barthélemy Louis Joseph Schérer[4], et le , il est nommé adjudant général chef de brigade. Il se distingue par son attachement aux idéaux républicains et son sens du devoir, s’intégrant pleinement à l’esprit des armées révolutionnaires.
Carrière militaire et lien avec Moreau
[modifier | modifier le code]Victor Fanneau de La Horie est remarqué par le général Jean Victor Marie Moreau. Le , Moreau est nommé commandant en chef de l’armée du Rhin, et La Horie est son chef d’état-major[7]après Jean-Joseph Dessolles[8]. Ils sont amis[8]. Victor Fanneau de La Horie se retrouve d’ailleurs au camp avec Sigisbert Hugo qui le rejoint à Bâle et qu’on retrouve souvent dans son sillage.
Lors d'une soirée en 1799, il rencontre Sophie Hugo. Elle revoit ce dernier lors de son voyage chez sa belle-famille à Nancy ; le , Victor voit le jour place Saint-Quentin (actuelle place Victor-Hugo). Victor Fanneau de Lahorie est son parrain[8]. Ne pouvant être présent, il est représenté par Jacques François Nicolas Delelée, son compatriote.
« «Je vais prier Mme Delelée de vouloir bien nous rendre ce service avec vous, ne doutant pas qu'elle ne soit très flattée d'être votre commère. Dans le cas où nous serions privés de la satisfaction de vous posséder, le citoyen Delelée, notre ami commun, aurait sûrement la complaisance de vous représenter et de donner à l'enfant un surnom que vous n'avez pas démenti et que vous avez si bien illustré. « Victor » ou « Victorine » serait son nom ; il serait un témoignage de plus de votre bienveillance et de votre amitié pour nous qui en avons déjà beaucoup reçus et qui espérons que vous ne repousserez pas celui-là. ». Lettre de Sophie Hugo à Victor Fanneau de La Horie, 4 pluviôse an X. »
Delelée et La Horie ont donc tous deux servi sous les ordres de Moreau, mais à des niveaux différents : La Horie comme chef d’état-major, Delelée comme aide de camp, puis comme officier de confiance.
En 1800, il est en Souabe et en Bavière où les troupes de Moreau exécutent un « rétablissement militaire ». Victor Fanneau de La Horie exécute avec zèle, intelligence et intrépidité les ordres du rival de Napoléon Bonaparte[8]. En 1800, d'après une note de Raoul Chélard (d)
, dans Les Armées françaises jugées par les habitants de l'Autriche, il est décrit, en tant que commandant à Strasbourg, comme « un homme brusque, méchant, dur, sans souplesse ni cœur[9] ». Il est promu général de brigade[3] le [7].
Victor Fanneau de La Horie participe activement aux campagnes du Rhin et d’Italie, signant notamment l'armistice de Parsdorf[8] (1800). Le , il est plénipotentiaire[8] pour la France pour le traité de Steyer[3], dont les clauses sont confirmées par celui du traité de Lunéville le .
Jean Victor Marie Moreau le propose pour le grade de général de division après la Bataille de Hohenlinden. Mais La Horie s’attire l’inimitié de Charles Victoire Emmanuel Leclerc, beau-frère de Bonaparte[5], qu’il avait vivement critiqué pour son insubordination[3] : il avait fait remarqué que la division dirigée par Leclerc avait eu tort de ne pas exécuter l'ordre du général en chef, qu'elle était la seul à avoir agi ainsi[5]. Cette animosité, selon plusieurs historiens, explique en partie la sévérité avec laquelle il sera traité par Napoléon. Leclerc demanda un congés au général Moreau, qui le lui refusa, mais l'obtient en faisant intervenir son épousé et retourne à Paris, où il dit le plus grand mal de La Horie[5]. Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, refuse la promotion, marquant le début d’une hostilité durable entre Moreau et Bonaparte[5].
Mise à la retraite
[modifier | modifier le code]Après la campagne de 1801-1802, La Horie resta très lié avec Moreau, et l'amitié qu'il lui témoigna fut vraisemblablement une des causes de sa mise à la retraite d'office le [3]. Il est mis d’office à la retraite à l’âge de 37 ans. Léopold Hugo est envoyé à Marseille où le suit le reste de sa famille ; une fois arrivé, il recherche un avancement et envoie Sophie chez Victor Fanneau de Lahorie, à Paris. Mais ce dernier, mal vu par Napoléon, ne peut rien faire. Sophie Hugo reste pourtant à Paris, où elle s'installe à l'Hôtel de Nantes, rue Neuve-des-Petits-Champs, non loin de la rue Gaillon, où loge Victor Fanneau de Lahorie, qui est déjà son amant depuis quelque temps (des thèses affirment qu'il serait le père de Victor Hugo). Alors qu'au début de l'année 1803, Léopold Hugo doit rejoindre Bastia, Victor Fanneau de Lahorie emménage rue des Saussaies et achète le Château de Saint-Just[10], près de Vernon, dans l'Eure. Sophie y vient régulièrement avec lui, le parc de la propriété lui évoquant son enfance au Petit-Auverné.
Proscription
[modifier | modifier le code]Victor Fanneau de La Horie est impliqué à tort[11] dans la conspiration de Pichegru et du général Moreau[3]. On accuse même d'avoir, employé tous les droits que lui donnait l'amitié, pour décider Moreau à entrer dans la conspiration de Cadoudal et de Pichegru, contre le premier consul[2]. Averti à temps, il parvint à se soustraire Victor Fanneau de La Horie aux recherches de la police, et évite, par la fuite en pays étranger, le sort qui atteignit les autres conspirateurs[2].
Impliqué dans le procès de Moreau en 1804, La Horie est condamné à mort par contumace, puis au bannissement. Le , Napoléon Ier écrit à son ministre de la police Fouché
« « Le général de La Horie ne doit pas rester en France. S’il peut être arrêté, c’est un homme bon à s’en assurer en le retenant plusieurs années dans un château fort » »
. Et comme Victor Fanneau de La Horie, fort imprudent, demande une audience à l'empereur pour s'expliquer, celui-ci annote ainsi la pétition : « Renvoyé au ministère de la police. Ce citoyen ne doit pas rester en France[12]. » Ses biens sont séquestrés. Exilé, il avait quitté la France avec Fresnières, secrétaire de Moreau[2]. Il revint vite en France, et pendant huit ans va vivre caché par ses amis[10].
Vie clandestine
[modifier | modifier le code]Nous les enfants, nous ne savions rien de lui, sinon qu'il était mon parrain. Il m'avait vu naître ; il avait dit à mon père : Hugo est un mot du nord, il faut l'adoucir par un mot du midi, et compléter le germain par le romain. Et il me donna le nom de Victor, qui du reste était le sien. Quant à son nom historique, je l'ignorais. Ma mère lui disait général, je l'appelais mon parrain. Il habitait toujours la masure du fond du jardin, peu soucieux de la pluie et de la neige qui, l'hiver, entraient par les croisées sans vitres; il continuait dans cette chapelle son bivouac. Il avait derrière l'autel un lit de camp, avec ses pistolets dans un coin, et un Tacite qu'il me faisait expliquer.
Il vit caché, traqué par la police impériale[3], trouvant refuge notamment chez la famille Hugo. Malgré plusieurs tentatives de réhabilitation, il reste un proscrit, refusant toute compromission.
Cette surveillance se relâche un peu par intervalles : le , il signe tranquillement à son domicile l’acte de vente de sa propriété de Saint-Just, 28 rue Gaillon. Le du camp de Boulogne, Napoléon Ier écrit encore à Fouché[8] qui avait trouvé un intermédiaire pour s'aboucher avec La Horie[note 2].
En 1809, La Horie devient « M. de Courlandais ». Traqué, il s’est un moment caché en Normandie vers 1807, puis chez la femme du général Hugo, mère de l’écrivain Victor Hugo, Sophie Hugo, venue de Clichy au faubourg Saint-Jacques où elle a loué les Feuillantines. Selon Raymond Escholier, il ne fait pas le moindre doute que Victor Fanneau de La Horie est l'amant de Sophie Hugo pendant plusieurs années[13], et le père probable de Victor Hugo dont il est le parrain et qui, à ce titre, lui donne son prénom[14]. Cette théorie est toutefois contestée par d'autres historiens, considérée comme fantaisiste. La question de la paternité de Victor Hugo est, de nos jours, toujours sujette à débat[15].
Le proscrit trouva son dernier refuge dans l’ancien couvent des Feuillantines qu’habitèrent un temps Sophie Hugo et ses trois enfants[3]. À partir du milieu de l’année 1809, il se cache au fond du jardin dans la sacristie d’une chapelle en ruine où on lui a porté un lit, une table, une toilette et deux chaises[3].

Présenté aux enfants comme un parent, Victor Fanneau de La Horie partage leurs jeux. Il semble avoir une affection particulière pour Victor Hugo, qu’il s’amuse à jeter en l’air très haut et à recevoir dans ses bras à la grande terreur de sa mère mais à la grande joie de l’enfant[16]. Il donna son prénom à l’enfant dont il est le parrain[17]. Victor Fanneau de La Horie se fait précepteur et initie Victor Hugo et ses deux frères au latin avec Tacite, Virgile[note 3]. Père de substitution, il devient la figure de référence du jeune Victor Hugo[17].
Complot
[modifier | modifier le code]Victor Fanneau de La Horie écrit au mois de une lettre de huit pages pour exposer à Napoléon Ier la netteté de sa conduite, qu'il n'avait pas participé à la conspiration de Pichegru, etc. La Horie s’est engagé vis-à-vis de Joseph Fouché à passer en Amérique quand certaines sommes seraient réalisées[3]. Il gagne ainsi du temps et se cache aux Feuillantines. C’est le moment où sa mère demande la levée du séquestre. « Où est La Horie, dit l’Empereur, pourquoi ne se présente-t-il pas ? »[3].
Filé par la police impériale, le fugitif tombe dans le piège tendu par le ministre de la Police Anne Jean Marie René Savary[10] et est arrêté aux Feuillantines « chez une dame nommée Hugot » à la suite d’une trahison[3]. Incarcéré le , il est jeté au donjon de Vincennes puis emprisonné en à la prison de La Force[7]. Il ne peut jamais, pendant deux ans de détention (dont cinq mois de secret), obtenir, ni d’être interrogé, ni d’être jugé ; on ne voulut même jamais vérifier l’exactitude de ses affirmations[10].
« Donjon de Vincennes. Le général de la Horie demande sa mise en liberté et la levée du séquestre sur ses biens, d’être admis à se justifier des inculpations portées contre lui, s’il en existe, observant qu’il s’est remis de lui-même à la disposition du ministre de la police d'après la volonté de l’Empereur qu’il se présente à sa justice. (Exposé justificatif au conseil privé. Novembre 1811[10]. »
Là, on lui propose le bannissement à perpétuité en Amérique[3]. Il allait être embarqué pour les Etats-Unis lorsque éclata la deuxième conspiration du général Malet[3]. Dans une lettre[8], il s'adresse alors à l'empereur :
« Je suis on ne peut plus loin de croire que mes services puissent être comptés pour quelque chose, dit-il. Je sais trop combien une longue inaction a affaibli ce qui était déjà médiocre. Mais au moins ma vie entière comme toute ma carrière militaire me permettent d'affirmer que dans tous les temps j'ai cherché par mon zèle et mon dévouement à me rendre digne de la confiance dont j'ai été honoré. »
La conspiration Malet et la fin tragique
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Fanneau de La Horie se trouve impliqué dans un nouveau complot : le coup d'État de Malet[18].
Le général Claude-François de Malet, lui aussi prisonnier, avait préparé en prison une conspiration, il s'était évadé dans la nuit du 22 au et n'avait eu rien de plus pressé que de délivrer La Horie et le général Maximin-Joseph Emmanuel Guidal dont il voulait faire ses principaux auxiliaires[8].
En 1812, alors qu’il est emprisonné à Prison de La Force, il est libéré par le général Claude-François de Malet pour prendre les fonctions de ministre de la Police après l’annonce inventée par Malet du décès de l’Empereur en Russie[7]. La Horie devait remplacer Anne Jean Marie René Savary[10]au ministère de la Police. À sept heures du matin, Maximin-Joseph Emmanuel Guidal et Victor Fanneau de la Horie pénètrent sans difficulté au ministère de la Police et surprennent Savary au pied du lit. Maximin-Joseph Emmanuel Guidal qui avait été emprisonné sur l'ordre du ministre, s'empare d'une arme, bien décidé à tuer le duc de Rovigo[19], mais Victor Fanneau de la Horie, ancien compagnon d'arme de Savary, s'interpose. Finalement, le ministre est arrêté et emmené par Guidal à la prison de la Force. Ses collaborateurs proches, Pasquier et Desmarets, subissent le même sort, tandis que Victor Fanneau de la Horie prend possession du ministère.
Chargé de l’arrêter, il le traite avec générosité[3], mais est lui-même arrêté par l’adjudant-général Laborde le à 10 h lorsque la situation s'est retourné[3].
La fin
[modifier | modifier le code]« — Empire français. — Par sentence du premier conseil de guerre, ont été fusillés en plaine de Grenelle, pour crime de conspiration contre l'empire et l'empereur, les trois ex-généraux Malet, Guidal et Lahorie. »
Son comportement ultérieur, tel qu’il l’a affirmé devant ses juges et selon les derniers historiens, suggère que Victor Fanneau de La Horie ignorait le complot, croyant que l’empereur était mort à Moscou et que le gouvernement était réorganisé par le Sénat[8]. En effet, un conspirateur qui comprend la gravité de sa situation et son rôle ne perd pas son temps à commander un habit chez le tailleur ou un dîner chez le traiteur ; il ne se laisse pas surprendre ni ligoter sur le fauteuil qu’il aurait lui-même usurpé[8]. Pourtant, pour le général Victor Fanneau de La Horie, cela fut l’issue de ce complot avorté[8].
La conspiration est éventée le , et les conspirateurs dont il fait partie sont condamnés le . Malgré son innocence et son rôle passif[3] dans la conspiration, il est condamné à mort et fusillé dans la plaine de Grenelle, aux côtés de Malet et d’autres victimes. Ses dernières lettres, notamment à Savary, témoignent de sa dignité et de son refus de toute vengeance[note 4].
Son corps fut inhumé dans une fosse commune du cimetière des suppliciés, le cimetière de Sainte-Catherine. Les pièces du procès de La Horie, avec d’autres papiers biographiques, furent rendues à la famille en 1814, mais non sans qu’un grand nombre en eussent été détruites[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Parfois appelé Le Courlandais, peut-être du nom d’une propriété qu’il possédait.
- ↑ « Que M. Réat fasse causer La Horie, Lenormand, Rapatel, non pour bâtir sur cela une conspiration, mais pour s'assurer s'il y a quelque autre chose que du bavardage. Le frère de La Horie, qui est à Paris, n'est pas sans doute celui qui est mon conservateur à Liège. Il me semble qu'il devait vous être facile de vous défaire des Frémin, Rapatel, La Horie et qu'ils ne trouvassent pas l'impunité qu'ils trouvent »
- ↑ Victor Hugo gardera jusqu’à sa mort un petit ouvrage de Tacite remis par son parrain la veille de son arrestation.
- ↑ Devant l’affiche blanche annonçant l’exécution, Sophie Hugo demande à ses enfants : « N’oubliez jamais ». Les convictions royalistes du jeune Hugo sont en partie liées à cet événement.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, éd. Sédopols, 2012, p. 306-307
- Conjuration du général Malet contre Napoléon ; par le Sr d'A... , ancien directeur-général de la police, à Hambourg, 1824, p. 110.
- Louis Le Barbier, Le Général de La Horie (1766-1812), Paris, Dujarric et Cie, 1904.
- Mémoires du général Hugo, gouverneur de plusieurs provinces et aide-major-général des armées en Espagne. Tome 1 Ladvocat (Paris), 1823.
- Bernard Sonneck, Les Décorés de la Légion d'honneur de la Mayenne, Éditions Régionales de l'Ouest, 2007, volume 1, p. 86.
- ↑ Charles Decaen, Bonaparte et Moreau
- Nouveau Larousse illustré - Dictionnaire universel encyclopédique, t. 5, p. 535.
- « Victor Fanneau de La Horie », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- ↑ Raoul Chélard (d)
, Les Armées françaises jugées par les habitants de l’Autriche, 1797, 1800, 1809 : d’après des rapports de l’époque, Paris, E. Plon, Nourrit, , 297 p., in-8º (OCLC 162642690, lire en ligne), p. 180.
- Revue générale internationale scientifique, littéraire et artistique, Institut international scientifique littéraire et artistique (Paris). . 1 septembre 1896.
- ↑ L.L. Barbier, Le général de La Horie, 1766-1812, Paris, Dujarric
- ↑ Abbé Angot, « Fanneau La Horie (Victor), général », dans Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, t. 4, Laval, A. Goupil, (lire en ligne), p. 336.
- ↑ Raymond Escholier, Un amant de génie, Victor Hugo : lettres d'amour et carnets inédits, Paris, Fayard, , 641 p. (OCLC 640695714, lire en ligne), p. 23.
- ↑ Geneviève Dormann, Le Roman de Sophie Trébuchet, Paris, Albin Michel, , 352 p., in-8º (ISBN 978-2-22613-140-9, OCLC 150394153, lire en ligne), p. 298.
- ↑ Thierry Lentz, La conspiration du général Malet: 23 octobre 1812, Premier ébranlement du trône de Napoléon, Paris, Perrin,
- ↑ Louis Le Barbier, Le Général de La Horie : 1766-1812, Paris, Dujarric et Cie, , 300 p., in-18 (OCLC 457727030, lire en ligne), p. 56.
- Anne-Martin Fugier, « Victor Hugo : la face cachée du grand homme », émission Secrets d'histoire sur France 2,
- ↑ Le tragique destin de Victor Fanneau de Lahorie parrain de Victor Hugo. Résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Paris – no 19.
- ↑ Melchior-Bonnet 1962, chapitre X.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie
- Geneviève Dormann, Le Roman de Sophie Trébuchet, Paris, Albin Michel, , 352 p., in-8º (ISBN 978-2-22613-140-9, OCLC 150394153, lire en ligne).
- Raymond Escholier, Un amant de génie, Victor Hugo : lettres d'amour et carnets inédits, Paris, Fayard, , 641 p. (OCLC 640695714, lire en ligne).
- Louis Guimbaud (de), La Mère de Victor Hugo. Plon, 1930.
- Louis Le Barbier, Le Général de La Horie : 1766-1812, Paris, Dujarric et Cie, , 300 p., in-18 (OCLC 457727030, lire en ligne).
- « Victor Fanneau de La Horie », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, lire en ligne)
- Thierry Lentz, La conspiration du général Malet: 23 octobre 1812, Premier ébranlement du trône de Napoléon, Perrin, 2012.
Liens externes
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- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 8 YD 870, FRSHD_PUB_00000355.pdf)
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Général de la Révolution française promu en 1800
- Personne fusillée en France
- Personnalité liée à la Mayenne
- Élève du lycée Louis-le-Grand
- Militaire français des guerres de la Révolution française
- Naissance en janvier 1766
- Naissance dans le Maine (France)
- Victor Hugo
- Condamné à mort exécuté en France au XIXe siècle
- Décès en octobre 1812
- Décès à 46 ans
- Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris