François Cléret de Langavant

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François Cléret de Langavant
Biographie
Nom de naissance François Émile Marie Cléret de Langavant
Naissance
Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
Ordre religieux C.S.Sp
Ordination sacerdotale
Décès (à 95 ans)
Langonnet (Morbihan)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par Mgr René-Pierre Mignen
Évêque de La Réunion

Blason
Duc in altum in patientia
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

François Cléret de Langavant, né le à Saint-Malo et mort le à l'abbaye Notre-Dame de Langonnet dans le Morbihan, est un prélat français, évêque de La Réunion de 1934 à 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Son père, Joseph Cléret de Langavant (1859 - 1934), officier du 47e régiment d'infanterie basé à Saint-Malo, refusa lors des inventaires de briser les portes de l'église de Saint-Servan. Il passe en Conseil de guerre et est renvoyé de l'armée. Après avoir occupé divers emplois dans le privé pour nourrir ses dix enfants (dont huit garçons et deux filles, François étant le septième), il demande à être réintégré dans l'armée lors de la déclaration de guerre en 1914[1].

François Cléret de Langavant poursuit ses études au grand séminaire de Rennes[2]. Il interrompt ses études pour participer à la Première Guerre mondiale. Il est nommé aspirant et combat à la tête d’un régiment de tirailleurs sénégalais au chemin des Dames. Ensuite il entre au noviciat des Pères du Saint-Esprit à Neufgrange et poursuit ses études au séminaire français de Rome. Son frère, Pierre (1899-1947)[3], deviendra également spiritain et sera nommé à Diego Suarez et à Fénérive. Docteur en théologie, François de Langavant est ordonné prêtre de la Congrégation du Saint-Esprit, le 22 septembre 1922. Il enseigne au séminaire spiritain de la rue Lhomond à Paris qu'il dirige de 1927 à 1929. Le 24 octobre 1929, le P. de Lavanant est nommé à l'Île Maurice comme vicaire de la cathédrale de Port-Louis.

Évêque[modifier | modifier le code]

Le 5 janvier 1935, après plus de cinq ans à l'Île Maurice, l'île jumelle des Mascareignes dont la population est francophone, il apprend par un télégramme de son supérieur, Mgr Le Hunsec, qu'il est nommé évêque de Saint-Denis de la Réunion depuis le 10 décembre 1934 par Pie XI. Il y remplace un parent de sa mère, Mgr de Beaumont. Il part pour la France et reçoit la consécration épiscopale en la cathédrale de Saint-Malo le 25 avril 1935 des mains de Mgr René-Pierre Mignen, archevêque de Rennes. Il arrive à La Réunion par le paquebot La Ville d'Angers[4] le 5 août 1935 où il est accueilli par le gouverneur Alphonse Choteau. Dès son arrivée dans cette île de 200 000 habitants (dont plus de 90% de baptisés catholiques), le nouvel évêque renforce les moyens du séminaire de Cilaos[5]. Le diocèse compte alors quarante petits séminaristes dont vingt-cinq à Cilaos et huit grands séminaristes réunionnais chez les spiritains à Paris et sept à Allex.

Le 26 avril 1936, des émeutes éclatent en cette journée des élections législatives à cause de fraudes électorales et quatre électeurs sont tués devant la mairie de Sainte-Suzanne par la gendarmerie. L'évêque fait réciter le De profundis pour les victimes dans sa cathédrale de Saint-Denis, ce qui provoque sa convocation chez le gouverneur afin de s'expliquer sur l'attitude politique de certains de ses prêtres[6]. Le sénateur Léonus Bernard demande au ministère des Colonies de renvoyer l'évêque, demande qui reste lettre morte. Par la suite, Mgr de Langavant fait édifier l'église Notre-Dame-de-la-Paix à Saint-Gilles, sur un terrain offert par la famille de Villèle.

Le gouverneur de La Réunion, Pierre Émile Aubert (arrivé le 26 février 1940), apprend par la radio la capitulation de la France, le lendemain de l'armistice. Il se range du côté du maréchal Pétain et l'évêque fait de même une semaine plus tard. Pourtant dès le 23 juin Lord Halifax déclare: « L'Empire français d'outre-mer a encore un rôle vital à jouer dans la lutte pour la civilisation dont seul le succès peut restaurer la liberté de la France [...) Je demande aux autorités civiles et militaires de tous les territoires français d'outre-mer de se tenir à leurs côtés et de se battre main dans la main jusqu’à la victoire. » Le gouverneur Aubert refuse que La Réunion se batte aux côtés de l'Angleterre, se méfiant des visées de la perfide Albion sur son territoire et ayant de mauvais rapports avec le gouverneur britannique de l'Île Maurice, Sir Bede Clifford. Toutes les relations sont coupées avec l'île jumelle et La Réunion subit un blocus maritime et la pénurie s'installe. Le 10 juillet 1940, les deux députés de La Réunion, Lucien Gasparin et Auguste Brunet, votent les pleins pouvoirs au maréchal au casino de Vichy.

Dans sa lettre pastorale de juillet 1941, l'évêque recommande l'obéissance au maréchal Pétain (« l'opposition devient une illégalité (...) un manquement à nos devoirs envers la Patrie ») et un retour aux valeurs chrétiennes de la France, dont le déclin fut provoqué selon le gouverneur Aubert par « les Juifs, les francs-maçons et les communistes »[7]. Mgr de Langavant fait construire l'église Saint-Gabriel de La Montagne et un mausolée à Scholastique Malet[8].

Les Britanniques s'emparent de Diego Suarez en mai 1942. Le 27 septembre 1942, Saint-Denis est déclarée ville ouverte. Lorsque les Forces françaises libres débarquent à La Réunion le 28 novembre 1942, il sert de médiateur pour favoriser la reddition du gouverneur Aubert et l'installation au pouvoir le 30 novembre du nouveau gouverneur nommé par le général de Gaulle, André Capagorry. « Je n'ai aucun scrupule à collaborer loyalement avec ce gouverneur et à l'aider dans sa tâche »[9]. En juillet 1947, il fait déposer les restes du frère Scubilion dans un mausolée. Le diocèse compte alors cinquante-quatre paroisses. Il organise une grande mission en 1957 afin de renforcer les vocations. Il fait construire trente-neuf églises ou chapelles sous son épiscopat, des salles d'œuvres et de catéchisme. À son départ à l'âge de 65 ans, le diocèse compte 300 000 habitants, mais il manque de vocations.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Il démissionne de sa charge le et Mgr Georges Guibert lui succède. Il est alors nommé évêque titulaire de Mactaris, résidant et exerçant différentes fonctions à La Réunion, notamment curé de la paroisse de la Sainte-Famille de Saint-Joseph après 1961, puis aumônier des Dominicaines de la Providence après 1968. Il rentre en France en 1979 pour rejoindre l'abbaye Notre-Dame de Langonnet « pour trouver la paix et le silence ». En 1975, il publie une Histoire du diocèse de La Réunion (1935-1961). Il fait un séjour d'un mois à la Réunion en 1982 où il participe à l'inauguration des nouveaux bâtiments de l'évêché. Il meurt à l'abbaye de Langonnet à l'âge de 95 ans.

Historique de la famille Cléret de Langavant[modifier | modifier le code]

La famille Cléret de Langavant , originaire de Normandie s'est fixée en Bretagne au XIXe siècle. Elle fait partie des Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française. Son fondateur, Ambroise Cléret, était bourgeois de Barfleur (Manche). Il est mort le . Jean-Baptiste Cléret (1675-1746), était visiteur au bureau des fermes. Son fils, Jean-Baptiste, était chirurgien à Bazouges-la-Pérouse, en Ille-et-Vilaine. Raphaël-Hyacinthe Cléret né en 1768, était procureur général à Sainte-Lucie, aux Antilles, puis maire d'Ancenis, démissionnaire en 1830 car il était légitimiste. Il a épousé Angèle Crosnier de Langavant, descendante d'une famille malouine établie aux Antilles, dont il a adopté le nom additionnel. Jean-Jacques Cléret de Langavant (1810-1878), était général de division et commandeur de la Légion d'honneur[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Laouénan, Le Tocsin de la moisson (août 1914 en Bretagne), éditions France-Empire, 1980
  2. Biographie
  3. Aperçu biographique
  4. Il a voyagé dans le même bateau que l'évêque de l'Île Maurice, Mgr Leen.
  5. Il fermera en 1972.
  6. Histoire de La Réunion
  7. La Réunion vous parle, 15-21 juillet 1941
  8. Biographie
  9. Biographie
  10. Henri de La Messelière , Filiations Bretonnes, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1922, T.1, p.647-648

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]