Académie de France à Rome

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Académie de France à Rome
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L'Académie de France à Rome est une institution artistique française située dans la villa Médicis sur la colline du Pincio à Rome et dédiée à l'accueil en résidence pour une période donnée, en son sein ou hors les murs, de jeunes artistes afin de développer leurs projets créatifs.

L’Académie est souvent nommée « Villa Médicis » par métonymie, en référence au palais l’hébergeant depuis 1803.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Char des artistes de l'Académie de France au carnaval de Rome en 1748[1].

Fondée en 1666 par Colbert, l'Académie de France à Rome est d'abord située dans une maison sur les pentes du Janicule près du monastère de Sant'Onofrio. Elle déménage en 1673 au palais Vidoni Caffarelli puis en 1684 dans le palais Capranica, aujourd'hui théâtre Valle. En 1725, elle s'établit au palais Mancini[2], sur le Corso, jusqu'au Directoire.

Villa Médicis[modifier | modifier le code]

En 1803, Napoléon Bonaparte transfère l'Académie de France à Rome à la villa Médicis. L'intention du futur empereur des Français est de perpétuer une institution menacée un temps par la Révolution et, ainsi, de permettre aux jeunes artistes de pouvoir continuer d'approcher et de copier les chefs-d’œuvre de l'Antiquité ou de la Renaissance puis de s'en inspirer pour leurs « envois de Rome ». Ces travaux annuels, envoyés et jugés à Paris, constituent des exercices obligés pour tous les pensionnés.

Au début, la villa et ses jardins sont dans un triste état et doivent être rénovés pour accueillir l'ensemble des lauréats du prix de Rome. Ces derniers y font alors un séjour de trois à cinq ans selon les disciplines.

Après une première interruption du concours pendant la Première Guerre mondiale, les activités reprennent alors que se succèdent à la direction de l'institution Denys Puech, lauréat du prix de Rome en 1884 et auteur d'un buste du Duce, le sculpteur Paul Landowski, puis le musicien Jacques Ibert. En 1941, Mussolini confisque le lieu à la France. L'Académie se replie à la villa Paradiso à Nice à partir de novembre 1941, puis à Fontainebleau de fin mai 1944 jusqu'en 1946[3].

S. M. l'Empereur du Brésil, Pedro II, visitant les ateliers de l'Académie de France, à Rome, gravure publiée dans L'Univers illustré du .

Concours et prix de Rome sont supprimés en 1968 par André Malraux, le dernier grand prix d'architecture ayant pris fin dès 1967, les événements de 1968 empêchant son bon déroulement[4]. L'Académie des beaux-arts à Paris et l'Institut de France perdent alors la tutelle de la villa Médicis au profit du ministère de la Culture et de l'État[5]. Dès lors, les pensionnaires n'appartiennent plus seulement aux disciplines traditionnelles (peinture, sculpture, architecture, gravure, gravure sur médailles ou sur pierres fines, composition musicale) mais aussi à des champs artistiques jusque-là négligés ou nouveaux (histoire de l'art, archéologie, littérature, scénographie, photographie, cinéma, vidéo, voire cuisine). Les artistes sont recrutés, non plus sur concours, mais sur dossier et pour des séjours variant de six à dix-huit mois voire, plus rarement, deux ans.

Le bâtiment et ses dépendances ont fait l'objet d'une nouvelle campagne de réhabilitation et de modernisation dont la restauration de la façade sur les jardins constitue l'étape la plus spectaculaire. Ces travaux se sont déroulés entre 2004 et 2007 sous la direction de Richard Peduzzi.

Depuis quelques années, la villa Médicis s'ouvre sur l'extérieur et présente expositions et spectacles élaborés par ses pensionnaires. Il est également possible pour les visiteurs de louer des chambres de la villa[6].

Selon le journal L'Express, la rémunération mensuelle du directeur de l'Académie de France à Rome est de 5 000  auxquels s'ajoutent 4 000  de défraiements ainsi que la résidence[7].

Directeurs[modifier | modifier le code]

Se référer aussi à la catégorie Directeur de l'Académie de France à Rome.

Pensionnaires et élèves[modifier | modifier le code]

Se référer aux catégories Prix de Rome et Pensionnaire de la Villa Médicis.

Sociétés d'artistes fondées à l'Académie de France à Rome[modifier | modifier le code]

Deux sociétés d'artistes plus ou moins confidentielles furent successivement constituées au sein de l'Académie de France à Rome. La première, dite « Grand Malheur » fut fondée en 1806 et dissoute en 1830[11]. Les statuts de la seconde, dite « La Cipolla[12] » furent rédigés le 20 juin 1818 et révisés le 7 juillet 1820. Le sculpteur Cortot et ses proches amis Louis Petitot et Jean-Baptiste Roman sont cités comme fondateurs. Seurre (l'aîné) fut nommé secrétaire en 1819[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après les dessins et gravures de Joseph-Marie Vien. Le Magasin pittoresque, 1842.
  2. L'Académie de France à Rome : le palais Mancini, L'Histoire par l'image, Réunion des musées nationaux.
  3. Françoise Taliano-des Garets, Villes et culture sous l'Occupation : Expériences françaises et perspectives comparées, Paris, Armand Colin, coll. « Recherches », , 184 p. (ISBN 2200281811, lire en ligne), p. 120-126.
  4. Malraux avait déjà envisagé, une première fois et sans succès, la suppression du concours du prix de Rome en 1962.
  5. L'Institut de France réagit à cet état de fait, dès 1975, en organisant chaque année le concours du grand prix d'architecture de l'Académie des beaux-arts qui existe encore aujourd'hui.
  6. Michaël Moreau, « À quoi sert la Villa Médicis ? : Dans les coulisses d'une institution à bout de souffle », Revue du crieur, no 2,‎ , p. 34 (ISBN 978-2-7071-8798-7).
  7. « Ces postes qui valent de l'or », L'Express n° 224-225 mai-juin 2008, p. 49.
  8. Prix de Rome en 1884, il sculpte un buste de Benito Mussolini alors qu'il dirige la villa Medicis.
  9. Secrétaire général de la villa Médicis ; voir sur lefigaro.fr.
  10. « Sam Stourdzé nommé directeur de la Villa Médicis à Rome », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Claire Barbillon, Philippe Durey, Uwe Fleckner, Ingres, un homme à part? : entre carrière et mythe, la fabrique du personnage, actes du colloque de l'École du Louvre, 25-28 avril 2006, Paris, École du Louvre, p. 207.
  12. Également connue comme « société cipolaisienne » (aussi orthographié « cipolésienne »)
  13. Henry Lapauze, Histoire de l'Académie de France à Rome, t. 2, Plon-Nourrit, 1924, p. 1924.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alessandro Franchi-Verney, L’Académie de France à Rome, 1666-1903, Paris, Fischbacher, 1904
  • Henry Lapauze, Histoire de l'Académie de France à Rome, Paris, Plon, 1924, tome 1 (1666-1801), tome 2 (1802-1910)
  • Marc Bayard, Émilie Beck Saiello et Aude Gobet (dir.), L’Académie de France à Rome. Le palais Mancini : un foyer artistique dans l’Europe des Lumières (1725-1792), Presses universitaires de Rennes, 2016 (ISBN 978-2-7535-4287-7)
  • Jérôme Delaplanche (dir.), 350 ans de création : les artistes de l'Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours, catalogue d’exposition (Rome, Académie de France à Rome - Villa Médicis, -), Milano : Officina Libraria, 2016. (ISBN 978-88-99765-08-8)
  • François Fossier, Le séjour des grands prix de Rome à la Villa Médicis, Paris, L'Harmattan, 2018, 234 p. (ISBN 9782343141503)
  • L'Académie de France à Rome aux XIXe et XXe siècles - Entre tradition, modernité et création (actes du colloque, Rome, Villa Médicis, 25-27 septembre 1997), Somogy, 2002, (ISBN 978-2-85056603-5) ; 268p.
  • Maestà di Roma da Napoleone all'unita d'Italia : d'Ingres à Degas, les artistes français à Rome exposition, (Rome, villa Médicis, exposition du 7 mars au 29 juin 2003), Electa, Milan, 2003, (ISBN 978-8-83702157-3) ; 616p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]