Famille Goüin

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Goüin.
Famille Goüin
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille Goüin

Blasonnement d'azur à la croix tréflée d'or.
Pays ou province d’origine Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Touraine flag.svg Touraine
Demeures Château de la Plaine
Palais abbatial de Royaumont
Abbaye de Royaumont
Château de Beaujardin
Château de la Gaudinière
Château d'Hodebert
Château de Méré
Château de la Billetrie
Château de la Prousterie
Manoir de la Cantrie
Manoir de la Quemeraye
Manoir de l'Île-Blanche
Charges Ministre
Sénateur
Député
Maire de Tours

La Famille Goüin est une dynastie de banquiers et d'industriels tourangeaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille Goüin, d'après ses titres et ses traditions, est une famille catholique originaire de Bretagne, de Rennes ou de ses environs. Elle y était honorablement connue et, lors de la vérification des titres nobiliaires de 1531, elle fut maintenue dans ses droits et armoiries : d'azur à la croix tréflée d'or (ou, selon les documents, d'azur à la croix fleurdelisée d'argent). L'un de ses membres, Antoine Goüin (ou Gouyn), négociant, vint se fixer en Touraine, à Preuilly, à l'aube du XVIIe siècle.

Antoine Goüin eut de Madeleine Joubert quatre enfants, dont l'un, Antoine, devint curé de Saint-Melaine de Preuilly et fonda la chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix-de-Chantereine en 1674[1], un autre fils, Pierre, qui se fixa à Paris, une fille, Claude, qui épousa Pierre Dupleix, receveur des aides et gabelles, et un autre, Jacques Goüin, maître-chirurgien et bourgeois de Tours, qui se fixa à Tours.

Pierre Gouin, qui s'était fixé à Paris, eut un fils, également prénommé Pierre (1663-1739), qui, bourgeois de Paris, s'installa à Rennes, dont il devient échevin, et acquis le manoir de la Quemeraye à Guichen en 1711[2]. Il eut plusieurs enfants : François (1695-1749), sieur de La Quemeraye, conseiller du roi et à la Chambre des comptes de Bretagne (qui eut une fille marié à Léonard Droüet de Montgermont) ; Gillonne (1699-1787), épouse de Michel Luce de La Galonnais ; Perrine Mathurine (1700-1779), épouse de André Mathurin Chéreil de La Rivière ; et Françoise Rose (1705-1795), épouse de Yves René Louis Courtoys de La Ville-Asselin.

D'un premier mariage en 1641, avec Marthe Toytault-Jadia, fille d' Étienne, seigneur de Florandie, Jacques, fils d'Antoine Goüin, eut : François, Antoine et Joseph ; ce dernier, également chirurgien, épousa Madeleine Guerineau en 1680. Jacques contracta une seconde union avec Anne Brunet, qui mit au monde deux fils, Henri, notaire royal et bourgeois de Tours, et un autre, lequel fut seigneur des Ormeaux.

La carrière de négociant fut reprise par le fils d'Henri, Henri François Goüin (1686-1748). D'une intelligence ferme et d'une volonté résolue, Henri François fonda en 1714, la Banque Goüin à Tours. Il acheta en 1738 l'hôtel particulier, aujourd'hui connu sous le nom d'hôtel Goüin. Il avait épousé Marie Anne Boisseau, fille de Pierre, notaire, et eut trois enfants : Pierre Bonaventure (1733-1811), sieur de la Boissière, négociant et juge-consul à Tours, qui reprit la direction de la maison de commerce ; Geneviève Marguerite (1736-1807), mariée à Guillaume du Baut (ou Dubault), conseiller du roi et receveur des Tailles à Tours, et Henri Pierre (1732-1782), négociant, juge-consul, administrateur de l'Hôpital général de Tours, fabricien de la basilique Saint-Martin de Tours et qui reprendra la direction de la Banque Goüin à la suite de son père.

Henri Pierre épousa Anne Marie Renée Leroux, fille de Jacques Leroux, marchand-fabricant en soierie et propriétaire de la Plaine-Fondettes, et de Marie Anne Baudichon, deux familles de l'importante bourgeoisie marchande de Tours, et tante de l'épouse de Marie Félix Faulcon de La Parisière, président du Corps législatif. Ils eurent six enfants : Henri Jacques Goüin-Moisant, banquier, maire de Tours, député ultra-royaliste sous la Restauration ; Anne Marie Céleste, née en 1759, qui épousera en 1776, Jacques Boësnier de Clairvaux, écuyer, neveu de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme ; Agathe Charlotte Pauline (1764-1849), qui se mariera en 1783 à Pierre Charles Gondouin (1744-1823), notaire à Paris, à qui le futur Louis XVIII avait laissé en dépôt une somme considérable lors de son départ en immigration, et qui était propriétaire du château de la Prousterie à Avezé (il était le fils de Pierre, conseiller du roi en l'Élection de Saumur, et de Jeanne Marie Bourrey de Morel) ; Geneviève Justine Chantal, née en 1769, femme en 1788 du chevalier Constantin Alexandre de Touraille, Maître en la Cour des comptes de Normandie (leur fille Anne Justine Henriette (1790-1867) épousera, en 1808, le général Charles Louis Alphonse, marquis du Tillet, chef d'escadron à l'Armée de Condé) ; Augustin Raymond (1770-1832) sera négociant à Morlaix, et épousera une des filles d'Armand Joseph Dubernad.

Le troisième enfant de Henri Pierre, Alexandre Pierre François Goüin, dit de La Grandière ou du Tillais (1760-1832) fut directeur de la Banque Goüin frères, agent de change, président du collège électoral d'Indre-et-Loire et du Tribunal de Commerce de Tours, vice-président de la Chambre de commerce et officier municipal. Il épousa en 1785 dans la chapelle du château de la Plaine-Fondettes, Marie Magdeleine Benoist de La Grandière (1763-1840), fille d'Étienne Benoist de La Grandière, et furent entre autres les parents de Alexandre Goüin, ministre sous la Monarchie de Juillet.

Une branche se fixa à Nantes et une autre à Paris.

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La Banque Goüin[modifier | modifier le code]

L'Hôtel Goüin à Tours hébergea un temps la banque familiale.

La Banque Goüin, fondée à Tours en 1714 par Henri François Goüin, connut un grand développement et existera durant plus de deux siècles, disparaissant au cours du XXe siècle, après sa fusion avec le Crédit Industriel de l'Ouest en 1958[5]. À la mort de son père, Henri Pierre Goüin reprit les affaires de la banque ; par la suite, ses deux fils, Henry Jacques Marie et Alexandre Pierre François reprirent la maison sous le nom de banque Goüin frères. Leurs fils ainés respectifs, Henri et Alexandre Goüin, leurs succédèrent, et ainsi de suite. La banque Goüin était une banque locale, mais privilégiée par les liens avec les banquiers parisiens. Sa clientèle se répartissait entre la région de Tours, Paris et l'Angleterre ; elle est principalement composée de l'aristocratie locale, de grands propriétaires terriens et de banquiers et industriels.

La crise financière de 1847-1848 engendra des difficultés de trésorerie et entraîna l'émission de bons. Dès 1845, l'escompte constituait l'une des grandes activités de la banque Goüin, lui permettant ainsi de retrouver rapidement la voie de la prospérité.

Elle participa à l'activité économique de sa région et contribua à son développement. Au point de vue local, elle contrôlait la papeterie de La Haye-Descartes [1], finançait la Colonie pénitentiaire de Mettray, était actionnaire entre autres des Magasins généraux de Tours, de la Société Viollet et Cie de Tours, de la fabrique de Langeais, de la Société Delaunay, de la Société des usines de Portillon, de la maison Mame et fils, de la Société des procédés l'Hermite.

Elle possédait des intérêts dans la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Manufacture des Glaces d'Aix-la-Chapelle, de la Calle, du port d'Algérie, de la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma, de la Caisse générale du commerce et de l'industrie, du Crédit mobilier, du Crédit foncier de France, du Crédit foncier autrichien, de la Société générale, de la Banque de Paris et des Pays-Bas (dont elle fut durant de longues décennies l'un des deux plus importants actionnaires).

Elle fut la correspondante de Rothschild Frères à Tours et a entre autres compté dans ses clients parisiens : Eugène Bertin, la CNP, François Delessert et Cie, Benoît Fould, Mallet frères et Cie, Rothschild Frères, F.A. Seillière, Schneider, ...

La banque Goüin, caisse de Nantes, augmenta son capital et se transforma en banque Goüin père, fils et Cie en 1846. La faillite de la maison de banque Goüin, père et fils et Cie, en 1867, constitue alors le plus grand sinistre financier qui ait jamais frappé la place de Nantes. Le passif a été évalué à environ 6 000 000[6].

Alexandre Goüin prit le contrôle de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844), sous la raison sociale Caisse générale du commerce et de l'industrie A. Goüin et Cie.

L'Industrie[modifier | modifier le code]

L'industrie familiale se développe avec Ernest Goüin (1815-1885), polytechnicien, qui fonde en 1846 la Société de construction des Batignolles, première société française de construction de matériel ferroviaire. Cette société se diversifiera dans les travaux publics et est aujourd'hui devenue la société Spie Batignolles.

Résidences et propriétés[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de la Société archéologique de Touraine : Série in-80 : Volume 11 - Page 53.
  2. La Quemeraye, sur le site de la commune de Guichen
  3. La mort de Jacques Goüin, l'observateur et le frère d'armes du capitaine de Beauchamp, in "La Guerre aérienne illustrée", 1917
  4. Entreprises et histoire, Numéros 11 à 13, Institut d'histoire de l'industrie, Centre national des lettres, 1996.
  5. Journal de la Société de statistique de Paris : Volume 99, 1958.
  6. Archives municipales de Nantes

Sources[modifier | modifier le code]

  • Yves Lemoine et Cédric Plont, Christian Dumais-Lvowski (dir.), Les Goüin : destin d'une famille française (XVIIe- XXe siècles), éditions Michel de Maule, 2014 ;
  • Alain Jacquet, Les Goüin, une famille tourangelle de renom, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, volume LXXII, , 90 p. (ISBN 978-2-36536-048-7) ;
  • F. Raynaud, Une banque de province au XIXe siècle, la Banque Goüin à Tours de 1845 à 1884, 1974 ;
  • Aubouin, La banque Goüin frères : clientèle et fonctionnement d'un établissement de Touraine de 1884 à 1914, 1996 ;
  • Olivier Ducamp, Les Benoist de La Grandière et leur descendance, Éditions Christian, Paris 1998 ;
  • Société archéologique de Touraine, Mémoires de la Société archéologique de Touraine ;
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005 ;
  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, 1995 ;
  • Natalie Le Gonidec, Des Batignolles à Royaumont, 2009 (Royaumont archives et bibliothèque);
  • Anne Burnel, Les Goüin, une dynastie d'entrepreneurs, histoire des dirigeants de la Société de Constructions des Batignolles de 1846 à 1968, 1996 ;
  • Rang-Ri Park-Barjot, L'Histoire exemplaire d'une dynastie d'entrepreneurs français : les Goüin (XVIIe-XXe siècles), 2007 ;
  • Pierre Said Mohamed, Histoire d'une Entreprise : la Société de construction des Batignolles de 1940 à 1968 , 1995 ;
  • Christine Jordis, Une vie pour l’impossible, Gallimard, 2012 ;
  • Denis Laborde, Le Cas Royaumont, éditions Créaphis, 2014 ;
  • René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les bretons., 1886-1908 ;
  • André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne ... tome 2, Paris 1955 ;
  • Henry Coston, Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires, Paris 1975 ;
  • La Caisse d'Epargne de Tours et la famille Goüin, 1927 ;
  • Louis Roucheron, Historique de la Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la ville de Tours (1833-1933). Suivi de notices biographiques, par Louis de Grandmaison, 1933 ;
  • Jean Ganiage, Les origines du Protectorate français en Tunisie (1861-1881), 1959 ;
  • Michèle Merger, Transferts de technologies en Méditerranée, Presses Paris Sorbonne, 2006 ;
  • Jean-Pierre Poussou, François Crouzet, L'économie française du XVIIIe au XXe siècle : Perspectives nationales et internationales, Presse Paris Sorbonne, 2000 ;
  • André Jean Tudesq, Les grands notables en France (1840-1849), 1964 ;
  • Stanislas de Larminat, Le maréchal Louis-Achille Baraguey d'Hilliers, 1795-1878: sa famille et ses alliances, 1983 ;
  • Mohamed Lazhar Gharbi, Impérialisme et réformisme au Maghreb: histoire d'un chemin de fer algéro-tunisien, Cérès Éditions, 1994 ;

Yves Rochcongar, "Capitaines d'industrie à Nantes au XIXe siècle", éditions MeMo, Nantes, 2003 ;

  • Alain Jacquet, Les Goüin, une famille française

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]