Famille de Gaulle

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Charles de Gaulle en 1897, à 7 ans.

La famille de Gaulle olim Degaulle[1] est une famille subsistante d'ancienne bourgeoise française, originaire de Châlons-en-Champagne.

Cette famille a donné de nombreuses personnalités, dont le général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française du 3 juin 1944 au 20 janvier 1946, fondateur de la Ve République française et 18e président de la République de 1959 à 1969, et son fils l'amiral Philippe de Gaulle, des résistants (notamment Geneviève de Gaulle-Anthonioz), des parlementaires, des hauts fonctionnaires.

Patronyme[modifier | modifier le code]

Le patronyme « De Gaulle » serait, d'après Albert Dauzat, un nom d'origine flamande calqué du néerlandais Van de Walle, où De Walle signifie « Le Rempart » (nom d'origine : maison située près du rempart), dans lequel de = le et walle = mur, le w germanique ayant muté en g[2]. Compte tenu de cette étymologie, le De ne serait pas une préposition, une particule précédant un nom de terre, mais l'article Le (en néerlandais), qui de ce fait devrait prendre une majuscule.

Il existe dans l'église Notre-Dame de la Chapelle (à Bruxelles) un monument commémoratif en souvenir de Marie De Gaule (édifié en 1647 par son époux Charles d'Hovyne) ; mais la généalogie de la famille de Gaulle ne montre aucune parenté avec celle-ci, ni non plus une origine flamande. En effet, si Charles de Gaulle est né à Lille, sa famille paternelle, devenue parisienne au XVIIIe siècle, était d'origine champenoise[3].

On suit habituellement pour écrire « de Gaulle » la convention et habitude selon laquelle les noms à particule s'écrivent avec un « d » minuscule[4]. Suivant cet usage, et conformément aux conventions de la langue française relatives à l'usage de la particule onomastique, le mot « Gaulle » étant monosyllabique, le « de » se conserve même quand le nom n'est pas précédé du prénom ou d'un titre de civilité[5].

Origine et histoire de la famille de Gaulle[modifier | modifier le code]

L'origine et la filiation de cette famille ont été étudiées par l'un de ses membres, Julien Philippe de Gaulle (1801-1883), grand-père du général de Gaulle. Cet historien faisait l'hypothèse généalogique[6] de lointaines racines nobles normandes : un Richard de Gaulle (ou de Waulle) tenait, en effet, le fief d'Elbeuf-en-Bray en 1210[7],[8],[9] ; un « Jehan de Gaulle », quant à lui, fut cité comme le « tacticien » de la bataille d’Azincourt en 1415[7],[8],[10],[9]. Toutefois il est désormais démontré que ces prétentions généalogiques et nobiliaires sont sans fondement[11],[12]. Par ailleurs, les de Gaulle ne figurent pas dans les ouvrages consacrés aux familles de la noblesse française[13].

La filiation masculine suivie de la famille du général de Gaulle ne commence qu'avec un certain Jehan Degaulle[14], dit « le Jeune » (11/01/1615 à Châlons-en-Champagne – 26/07/1672 à Châlons-en-Champagne), portefaix, facteur de grain puis marchand à Châlons-en-Champagne, qu'on s'accorde à considérer aujourd'hui comme le fils probable d'un laboureur de Châlons-en-Champagne, Nicolas (17/02/1578 à Vauvillers – vers 1609), issu d'une lignée de vignerons, laboureurs et marchands ayant pour auteur un Thébault (1475 – ?), et dont le nom fut orthographié indifféremment de Gaulle ou Degaulle[15].

Les descendants de Jehan Degaulle le Jeune s'enrichirent par le commerce, devenant de petits notables champenois : on relève, parmi eux, un juge consul et marguillier, un sergent puis archer royal en la maréchaussée de la généralité de Champagne, des huissiers, des religieux, etc.[16]

De Gaulle, de Châlons-en-Champagne, procureur au parlement de Paris (entré en charge en 1752, en remplacement de Pelée de Varenne), rue de la Mortellerie, d'après l'Almanach Royal de 1766, p. 291.

Quelques membres de la famille s'établirent au milieu du XVIIIe siècle à Paris et y exercèrent diverses charges qui n'étaient toutefois pas anoblissantes[17]. L'Almanach Royal de 1766 (p. 319) indique parmi les « huissiers-priseurs » : « De Gaulle, rue et vis-à-vis Saint Severin » entré en charge en 1756[18]. Le même Almanach Royal indique également un de Gaulle entré en charge en 1752 parmi les procureurs au parlement de Paris[19] : il s'agit de Jean-Baptiste de Gaulle (1720-1797), à ne pas confondre avec son fils et homonyme, Jean-Baptiste de Gaulle (1759-1832), avocat au parlement de Paris puis directeur des Postes militaires de la Grande Armée, arrière-grand-père du général de Gaulle.

L'actuel aîné de la famille de Gaulle est l'amiral de Gaulle. Il a hérité du domaine de la Boisserie à Colombey les Deux Églises, demeure de son père le général de Gaulle.

Armes[modifier | modifier le code]

La famille du général de Gaulle prit pour armoiries : « Tiercé en fasce, d’argent, de gueules et d’azur, l’argent chargé de trois noix de Galles de gueules tigées et feuillées de sinople, l’azur chargé de trois trèfles d’or »[8] ,[20],[21]. Il s'agissait en vérité des armes d'une autre famille (éteinte), les de Gaules[22],[23] ou de Gaulle[8],[23],[24],[25], originaire de Chalon-sur-Saône[26] en Bourgogne, et qui avait donné des capitaines-châtelains de Cuisery aux XVIe et XVIIe siècles[27]. Or, contrairement à ce que supposait Julien Philippe de Gaulle[9],[28],[29], il n'existe pas de lien généalogique entre ces Bourguignons anoblis en 1571 et la famille de Gaulle d'origine champenoise[11],[24],[30],[31].

Personnalités de la famille ou apparentées[modifier | modifier le code]

Personnalités apparentées[modifier | modifier le code]

Généalogie de la famille de Gaulle[modifier | modifier le code]

Par commodité, de Gaulle est systématiquement orthographié en deux mots, bien que la particule ne fût pas toujours disjointe, notamment pendant la Révolution française.

La filiation n'est certaine qu'à partir de Jehan, dit « le Jeune » (11/01/1615 à Châlons-en-Champagne – 26/07/1672 à Châlons-en-Champagne)[15],[34].

Quelques portraits[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le premier ancêtre certain s'appelait Jehan Degaulle, dit « le Jeune » (11/01/1615 à Châlons-en-Champagne – 26/07/1672 à Châlons-en-Champagne), portefaix, facteur de grain puis marchand à Châlons-en-Champagne.
  2. Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, Larousse,
  3. Cf. Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père, Paris, Plon, 2004 ; Jean-Louis Beaucarnot, De César à Sarkozy : Petite histoire des noms du pouvoir, éditions J.C Lattès, 2007.
  4. « DU BON USAGE DES TITRES DE NOBLESSE ET DE LA PARTICULE », sur nitescence.free.fr (consulté le 24 mars 2017)
  5. Mémento typographique, Ch. Gouriou, éditions du Cercle de la Librairie, §58.
  6. « La généalogie du Général de Gaulle », sur www.charles-de-gaulle.org (consulté le 24 mars 2017)
  7. a et b https://books.google.be/books?id=7Vh4VQTPNcsC&pg=PA22&lpg=PA22&dq=richard+de+gaulle&source=bl&ots=UNLsRCH6Rk&sig=NyDJzPV-xnQGZpmJMF54VKTAgOA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjvgKSUqvjSAhWKAsAKHancBGEQ6AEISzAF#v=onepage&q=richard%20de%20gaulle&f=false
  8. a b c et d Michel Sementéry, Les présidents de la République française et leur famille, Christian, (lire en ligne)
  9. a b et c Philippe de Gaulle, Mémoires accessoires., t. 1 : 1921-1946, Plon, (ISBN 225918586X et 9782259185868, lire en ligne)
  10. Éditions Chronique et Bruno Larebière, De Gaulle, Éditions Chronique, (ISBN 9782366020021, lire en ligne)
  11. a et b Jean-Louis Beaucarnot, De César à Sarkozy: l'étonnante histoire des noms de pouvoir, J'ai lu, (ISBN 9782290014615 et 2290014613)
  12. Sur l'histoire dudit « Jehan de Gaulle », on sait qu' « il s'agit vraisemblablement d'une légende familiale qui repose sur l'amalgame entre deux personnages bien réels » et qu' « il y a de très gros doutes sur cette légende familiale. Car, si un "sire de Gaules" a bien combattu à Azincourt, il est peu probable qu'il ait un lien quelconque avec le Général. » Au reste, le guerrier d'Azincourt s'appelait en réalité Pierre de Mornay, seigneur de Gaule ; il ne joua pas un rôle majeur lors de cette bataille et ne semble pas avoir eu de descendance. Et, si un Jehan de Caulières, de Gauliers ou de Gaulers, existait bien à la même époque, on ne sait ce qu'il devint après la confiscation de ses biens par Henry V, le 19 avril 1419. Cf. https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/600-ans-d-azincourt-un-ancetre-du-general-de-gaulle-t-il-vraiment-participe-la-bataille-836617.html
  13. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle
  14. AD 51, 4E 8420
  15. a et b Cf., sur l'ascendance probable de Jehan Degaulle le Jeune, Jean-Louis Beaucarnot, De César à Sarkozy : Petite histoire des noms du pouvoir, éditions J.C Lattès, 2007.
  16. Cf., sur la descendance de Jehan Degaulle le Jeune, Michel Sementéry, les Présidents de la République française et leur famille, éditions Christian, 1982 ; Joseph Valynseele, La parentèle de Charles et Yvonne de Gaulle, Patrice du Puy éditeur, 1990.
  17. Contrairement à ce qu'on peut souvent lire (http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/jeunesse-et-formation/documents/la-genealogie-du-general-de-gaulle.php ; https://books.google.be/books?id=7Vh4VQTPNcsC&pg=PA22&lpg=PA22&dq=richard+de+gaulle&source=bl&ots=UNLsRCH6Rk&sig=NyDJzPV-xnQGZpmJMF54VKTAgOA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjvgKSUqvjSAhWKAsAKHancBGEQ6AEISzAF#v=onepage&q=richard%20de%20gaulle&f=false), la famille de Gaulle ne fut pas anoblie par charge. Cf. Éric Chiaradia, L'Entourage du général de Gaulle : juin 58-avril 69, éditions Publibook, 2011. Sur les charges anoblissantes, lire Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, Puf, 1959, réédité en 1996.
  18. Voir aussi l'Almanach royal, 1789 (p. 418) : le même « De Gaulle, rue Saint Jacques, vis-à-vis celle de la Parcheminerie », toujours « huissier-commissaire-priseur ». Selon le Dictionnaire du Grand Siècle (sub verbo « Auxiliaires de Justice »), cette fonction consistait à pratiquer les ventes volontaires de biens meubles.
  19. Voir document ci-dessus reproduit et Almanach Royal de 1789-1790 : liste des Procureurs au Parlement de Paris (l'équivalent d'un avoué) : « De Gaulle, Cloître des Bernardins, de Châlons-en-Champagne » (entré en charge en 1752, en remplacement de Pelée de Varenne).
  20. « Les armoiries de la Famille De Gaulle », sur Le Canard Gaulois déchainé (consulté le 24 mars 2017)
  21. « Le général Charles de GAULLE », sur toutsurlheraldique.blogspot.co.uk (consulté le 24 mars 2017)
  22. « Arbre généalogique Chantal CHATEL - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le 24 mars 2017)
  23. a et b Neagu M. Djuvara, Civilisations et lois historiques: Essai d'étude comparée des civilisations, Walter de Gruyter, (ISBN 9783110905335, lire en ligne)
  24. a et b Bernard LECOMTE, La Bourgogne pour les Nuls poche, EDI8, (ISBN 9782754089470, lire en ligne)
  25. « Arbre généalogique Daniel Mathieu », sur gw.geneanet.org (consulté le 24 mars 2017)
  26. https://books.google.be/books?id=O5vaCwAAQBAJ&pg=PT217&lpg=PT217&dq=de+gaulles+cuisery&source=bl&ots=c7ofM_AT4F&sig=IYK4p4XI21kx6TM1YtnD3Uifnyk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjkwsb4-ZjSAhXEBsAKHZLNDR04ChDoAQgcMAE#v=onepage&q=de%20gaulles%20cuisery&f=false
  27. Blasonnées par Pierre Palliot et Louvan Géliot dans leur Traité de la science du blason (paru au XVIIe siècle), les armes de cette famille de Gaulle de Châlons(-sur-Saône), sculptées sur une pierre du porche de l'église Notre-Dame de Cuisery, y sont toujours visibles ; en avril 1959, Charles de Gaulle, président de la République, fit un détour lors d'un de ses voyages officiels pour visiter l'église. (Cf. http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/jeunesse-et-formation/documents/la-genealogie-du-general-de-gaulle.php)
  28. Michel Sementéry faisait la même supposition dans son ouvrage les Présidents de la République française et leur famille, éditions Christian, 1982
  29. Voir aussi le site de la fondation Charles-de-Gaulle : http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/jeunesse-et-formation/documents/la-genealogie-du-general-de-gaulle.php
  30. Neagu M. Djuvara, Civilisations et lois historiques: Essai d'étude comparée des civilisations, Walter de Gruyter, (ISBN 9783110905335)
  31. Dictionnaire de la vraie noblesse/Dictionnaire de la fausse noblesse, Tallandier, (ISBN 9782847844986, 2847844988 et 9782847344981)
  32. Notice biographique
  33. Témoignage chrétien, article du 16 avril 2012
  34. Cf., sur la généalogie descendante de Jehan Degaulle le Jeune, Michel Sementéry, les Présidents de la République et leur famille, éditions Christian, 1982 ; Joseph Valynseele, La parentèle de Charles et Yvonne de Gaulle, Patrice du Puy éditeur, 1990.
  35. Almanach Royal, 1766, p. 291 : « 1752, De Gaulle, rue de la Mortellerie, de Châlons-en-Champagne. »
  36. Fille de Louis Hue et de Louise Charlotte Delair (????-1737).
  37. Fille de Pierre Gaussen (1736-????), commis vérificateur du roi, et de Marie Anne Geneviève Barbier (1733-????).
  38. Fils de Jean Joseph Xavier Bidauld, peintre paysagiste, membre de l'Académie des Beaux-Arts.
  39. Fils de François Lami et de Louise Hélène Heim.
  40. Charles Sedelmeyer (30/04/1837 à Vienne – 09/08/1925 à Paris), marchand de tableaux et éditeur d'art.
  41. Fils d'Olivier Marie Sainsère (09/09/1852 à Bar-le-Duc – 07/09/1923 à Paris), homme politique, secrétaire général de la présidence de la République et conseiller d'État, et d'Anne Marie Henry.
  42. Fille de Paul Gers, banquier (banque Gers).
  43. Fille de Charles Louis Maillot (18/06/1781-26/01/1855 à Lille), contrôleur des tabacs, et de Marie Joséphine Jacqueline Hermel (15/06/1789-19/12/1841 à Lille).
  44. Fille de Jules Émile Maillot (09/02/1819 à Lille – 25/01/1891 à Lille), industriel textile fabricant de tulle (lui-même petit-fils par sa mère de Louis Kolb, luthérien, ancien sergent major de la garde suisse de Louis XVI, et de Marie Nicot, qu'on a présenté comme une descendante de Jean Nicot), et de Julia Marie Léonie Delannoy (26/02/1835 à Lille – 18/06/1912), négociante (elle-même fille du bâtonnier Delannoy et issue par sa mère d'un rameau bâtard du noble clan irlandais MacCartan (en), qu'une tradition fait descendre du dixième roi élu d'Ulster Rodricus le Grand au IIIe siècle, allié à une famille écossaise et protestante, les Fleming Ce lien renvoie vers une page d'homonymie). Cf. http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/jeunesse-et-formation/analyses/la-famille-de-gaulle.php et http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/jeunesse-et-formation/documents/la-genealogie-du-general-de-gaulle.php
  45. Fille de Pierre Gourdon, écrivain.
  46. Frédérique Neau-Dufour, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : l'autre De Gaulle, 2004, page 69.
  47. Fille de Jacques Vendroux, président du conseil d'administration d'une biscuiterie, et de Marguerite Forest.
  48. Fils d'Henri de Boissieu, comte de Boissieu, et de Marguerite Froger de Mauny.
  49. Jules de Gaulle a été président de la Société entomologique de France en 1912.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]