Famille de Sèze

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de Sèze
Armes de la famille.
Armes de la famille : de Sèze

Blasonnement D'Azur à trois tours d'argent rangées en fasce accompagnées en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'un croissant de même (Armorial de Riestap)[1]
Période XIXe siècle au XXIe siècle
Charges Pair de France
Premier président de la Cour de Cassation
Ministre d'État
Sous-préfet
Secrétaire général de préfecture
Fonctions militaires Général de brigade, capitaine de corvette
Fonctions ecclésiastiques Vicaire général
Récompenses civiles Ordre du Saint-Esprit
Croix de la Légion d'honneur
Titre de comte (branche de Raymond de Sèze)
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La famille de Sèze ou de Seze olim Deseze est une famille d'ancienne bourgeoisie française qui comprend parmi ses membres des jurats, des hommes de loi, des médecins, des hauts fonctionnaires, etc.

Elle fut également illustrée par un avocat du roi Louis XVI en 1792 devant la Convention nationale et qui fut élevé à la pairie de France en 1815 puis titré comte en 1817 sous la Seconde Restauration.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cité seul, le patronyme de Sèze doit être accompagné de la particule de, parce que Sèze n’a qu’une syllabe à l’oral.

Article détaillé : Particule (onomastique).

Au sein de la famille de Sèze, certains membres portent un accent, et d'autres non. Selon André Sevin, qui rapporte les propos de Raymond de Sèze, ceci est dû à une erreur dans l'acte d'anoblissement[2].

Pour Marie-Thérèse Morlet, Dictionnaire étymologique des noms de famille[3] le patronyme « Sèze (de) » (Gascogne) pourrait être une variante de ceze, « pois chiche », désignant un champ de pois chiches.

La famille de Seze est originaire de Guyenne. Elle est issue d'Antoine Desèze ou de Sèze, maire en 1625 de Saint-Émilion, (Gironde)[4]. Toutes les branches de cette famille appartiennent à l'ancienne bourgeoisie française à l'exception d'une branche qui depuis 1817 fait partie des familles subsistantes de la noblesse française. Elle est issue de Raymond de Sèze (1748-1828), descendant de la branche aînée : en 1792, Raymond de Sèze, avocat au barreau de Paris, a défendu avec courage le roi Louis XVI devant la Convention Nationale. En reconnaissance, sous la Seconde Restauration, le roi Louis XVIII lui a accordé par lettres patentes de 1815, confirmées en 1817, le titre de comte et de pair de France, conférant la noblesse héréditaire à l'ensemble de ses descendants en ligne masculine légitime[5]. La branche noble de Sèze est inscrite à l'ANF depuis 1936[6].

La famille Desetze apparaît à Saint-Émilion dès le XVe siècle où ses membres seront jurats durant de nombreuses générations[7].

Cette famille est représentée au sein du Jockey Club de Paris.

Au XVIIe siècle,la famille de Sèze est établie à Saint-Émilion[modifier | modifier le code]

  • En 1624, Jehan Desèze ou de Séze (mort avant 1651), est procureur du roi à Saint-Émilion.
  • En 1667, Jean de Sèze (1642-1722), seigneur de Mondot, en Saint-Martin-de-Mazerat, licencié ès-droit, est jurat de Saint-Émilion, député à Bordeaux, syndic de l'hôpital de Saint-Émilion, cotisateur en 1712.
  • En 1696, Pierre de Sèze (1671-1737), seigneur de Mondot, tonsuré en 1686, est avocat, puis jurat. Il devient maire de Saint-Émilion, puis syndic et collecteur de Saint-Martin-de-Mézerat[8].

Au XVIIIe siècle la famille de Sèze est établie à Bordeaux où on la retrouve au sein de la bourgeoisie de cette cité[7][modifier | modifier le code]

Jean de Sèze (1709-1777), avocat à Libourne en 1728, puis au parlement de Bordeaux en 1739, est bâtonnier de l'ordre des avocat de cette ville. Il épouse Marthe Dubergier (1723-1792) qui lui donne treize enfants :

    • 1/Anne-Catherine de Sèze, née en 1743
      • 2/ Paul-Romain de Sèze (1745-1828) , jurat de Bordeaux en 1783, juge au tribunal civil de la Gironde, puis juge au tribunal d'appel, conseiller à la cour impériale puis royale, doyen puis président honoraire de la même cour, chevalier de la Légion d'honneur, membre de l'académie de Bordeaux
        • 3/ Alexis de Sèze (1746-1780), nommé premier substitut du procureur général de la ville du Cap, à Saint-Domingue, mort en mer en 1780.
          • 4/ Jean-Pierre de Sèze, né en 1747, capitaine en second au régiment de Port-au-prince, chevalier de Saint-Louis en 1791
            • 5/Raymond de Sèze, l'un des avocats du roi Louis XVI devant la Convention en 1792, titré comte de Sèze en 1817, pair de France, premier président de la Cour de Cassation, académicien
              • 6/Marguerite-Rosalie de Sèze, née en 1750
                • 7/ Pierre-Louis-Constantin de Sèze, né en 1751, vicaire général d'Ax puis vicaire général du diocèse de Bordeaux de 1802 à 1826
                  • 8/ Joseph de Sèze, né en 1753
                    • 9/ Paul-Victor de Sèze (1754-1830). En 1783 , il entre à l'académie des lettres, sciences et arts de Bordeaux. Député du tiers-état aux États-généraux de 1789, il signe le serment du jeu de Paume. En 1796 il est nommé professeur à l'école centrale de Bordeaux. En 1809 il est nommé recteur de l'académie de Bordeaux, décoré du Lys, nommé chevalier de la Légion d'honneur. En 1814, il est membre du Conseil du duc d'Angoulême à Bordeaux. De 1815 à 1830, il est conseiller municipal de Bordeaux. En 1820, il est associé d l'Académie royale de médecine. De 1824 à 1830, il est inspecteur général honoraire de l'Université
                      • 10/ Jean de Sèze, né en 1756
                        • 11/ Aimée de Sèze, née en 1758
                          • 12/ Jean-Raymond de Sèze, né en 1762, secrétaire général de la préfecture de la Gironde
                            • 13/Jean-Casimir de Sèze, né en 1765, avocat à Bordeaux, emprisonné durant un temps pendant la révolution française, libéré, nommé en 1806 procureur impérial à Bordeaux

Au XIXe siècle, la famille de Sèze se maintient à Bordeaux, puis s'établit en Bretagne en 1860[9][modifier | modifier le code]

  • Louis Pierre Constantin de Sèze (1751-1826), chanoine, aumônier de Saint-Émilion, vicaire général de l'archevêché de Bordeaux.
  • Jean-Baptiste de Sèze (1772-1846), exilé à New-York après 1791, consul de France à Boston, Philadelphie, puis Norfolk, de 1820 à 1830.
  • Aurélien de Sèze (1799-1870), est avocat, substitut à Bordeaux en 1823, procureur général en 1827, bâtonnier de l'ordre des avocats de Bordeaux en 1842, député légitimiste de la Gironde en 1848, vice-président de l'Assemblée législative, incarcéré en 1851, pour s'être opposé au Coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, membre du conseil des avocats de Paris en 1862, et de nouveau bâtonnier de l'ordre des avocats de Bordeaux en 1868.
  • Victor de Sèze (1835-1900), procureur impérial à Redon, engagé dans les Volontaires de l'Ouest en 1870-1871, bâtonnier de l'ordre des avocats de Rennes en 1890.

À l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • Paul Joseph Jules de Sèze (1874-1944), professeur de médecine à la Faculté de médecine de Paris, Mort pour la France le 20 août 1944, lors des combats pour la Libération de Paris.
  • Élie de Sèze (1879-1960), avocat à la cour de Bordeaux.
  • Stanislas de Sèze (1903-2000), professeur de médecine, président de la Faculté de médecine de Paris.
  • Antoine de Sèze (1903-1997), viticulteur à Sainte-Croix-du-Mont, (Gironde), producteur du Chateau Loubens, premier cru classé.

Citation sur la famille de Sèze[modifier | modifier le code]

Citation sur la famille de Sèze : « Le foyer des de Seze… fut un foyer d'esprit, de cet esprit vif, élégant, abondant, plein de sel à la fois celtique et gaulois que, même dans ce pays privilégié de la Gironde, on a appelé l'esprit des de Seze[10]. »

La branche de la famille de Sèze titrée comte en 1817[modifier | modifier le code]

Armes[modifier | modifier le code]

Les armes de cette branche sont : De gueules au château du temple d’argent accompagné en chef de 2 étoiles d’or et en pointe de 16 fleurs de lys d’argent 7, 6, 3

Le temple est celui où fut enfermé le roi Louis XVI et les siens (tour du Temple) et l’on joue sur le chiffre 16 : Louis XVI et même Raymond de Sèze.

Exergue : 26 décembre 1792

Personnalités[modifier | modifier le code]

Raoul de Warren (1905-1992)[11] précise que cette branche a compté deux pairs de France.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]
Époque contemporaine[modifier | modifier le code]
  • Raymond de Sèze (1882-1947), École Navale 1900, officier de marine, capitaine de corvette, chevalier de la Légion d'honneur.
  • Guy de Sèze (1889-1970), ingénieur des Arts-et-Métiers, croix de Guerre 1914-1918.
  • Édouard de Sèze, ESM-Saint-Cyr (promo.Novi-Bazar. 1877-1879), général de brigade, officier de la Légion d'honneur.
  • Georges de Sèze (1898-1966), prêtre.

Galerie de portraits[modifier | modifier le code]

Propriétés[modifier | modifier le code]

  • Château d'Eyrans (département de la Gironde)
  • Château Loubens (département de la Gironde)
  • Château de Bort (département de la Haute-Vienne)

Divers[modifier | modifier le code]

Odonymie : Il existe de nombreuses rue de Sèze en France, en référence à Raymond de Sèze, défenseur de Louis XVI. Celle de Paris est située entre la place de la Madeleine et la rue des Capucines : et selon la Nomenclature officielle, la rue de Sèze doit son nom à la proximité de la Chapelle expiatoire dédiée à Louis XVI et aux siens. A Bordeaux, une rue de Sèze se situe à proximité de la place des Quinconces.

Médecine : Le nom de Sèze en médecine fait référence à Stanislas de Sèze. On parle ainsi de cliché de de Sèze ou de cliché de De Sèze.

Toponymie : La Cèze est une rivière française, affluent du Rhône en rive droite, et qui coule dans les départements de la Lozère et du Gard, en région Languedoc-Roussillon. Localement on écrit aussi la Sèze. Le rapport avec la famille de Sèze semble être une simple homonymie. La chaîne des Côtes est une chaîne de collines située dans les Bouches-du-Rhône, dont fait partie le plateau de Sèze. Le rapport avec la famille de Sèze semble être une simple homonymie.

Alliances contemporaines[modifier | modifier le code]

Familles : Costa de Beauregard, de Couëspel, d'Espivent de La Villeboisnet, d'Estutt d'Assay, de Gentil de Rosier, de Geoffre de Chabrignac, Gérault de Langalerie, Guyon de Montlivault, d'Harcourt, de La Celle, de La Monneraye, de La Tullaye, Le Bouteiller, Le Pelletier de Glatigny, de Martin de Vivies, de Monspey, de Montbron, o'Mahony, Pasquier de Franclieu, du Plessis d'Argentré, Quengo de Tonguédec, de Scitivaux de Greische, Van Robais, de Villaines, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Armorial de Riestap.
  2. André Sevin, de Seze - Défenseur du Roi (1748-1828) - p. 1, ndbp 1: « Nous écrivons ce nom sans accent parce que le défenseur de Louis XVI l'écrivait ainsi. Il attachait même une telle importance à cette graphie que nous le voyons, en 1827, demander au procureur général de « s'occuper ... au corps municipal des moyens de réparer le vice de l'étiquette de son nom dans la rue de Seze, et du retranchement à faire de l'accent qu'on a mis mal à propos sur le premier et qui en dénature absolument la prononciation » (R. de S.). M. le comte de Sèze, héritier direct du nom, maintient néanmoins l'accent parce que celui-ci figure sur les lettres d'anoblissement données par Louis XVIII à son illustre aïeul ». Cependant, les deux orthographes se retrouvent dans la famille, sans respecter la règle évoquée par Raymond, et la rue de Sèze n'a jamais été renommée.
  3. 1re édition : Perrin, Paris, 1991, 983 p. (ISBN 2-262-00812-4), 2e édition : Perrin, Paris, 1997, 1032 p. (ISBN 2-262-01350-0) : voir à lettre S, sub verbo « Sèze (de) ».
  4. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, ed. Sedopols, 2012, p.730.
  5. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, p.177
  6. Annuaire de l'ANF, ed. Albédia, Aurillac, 2017, p.66
  7. a et b André Sevin, de Seze - Défenseur du Roi, pages 29 à 43: « Au XVIe siècle, un Desetze est archer du roi François Ier. Au XVIIe siècle, un autre servira dans les gardes du roi Louis XIV »
  8. Henri de La Messelière, Filiations Bretonnes,Prudhomme, Saint-Brieuc, 1924, T-V, ^p147-149
  9. Henri de La Messelière, Filiations Bretonnes, ibid
  10. A. Nicolas, Aurélien de Seze, in André Sevin, de Seze - Défenseur du Roi, pages 42 à 43.
  11. Raoul de Warren, Les Pairs de France au XIXe siècle, les Cahiers nobles, 1959 : voir sous le numéro 426.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]