Nicolas Boileau

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Nicolas Boileau

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Boileau par Jean-Baptiste Santerre

Activités Poète, écrivain et critique
Naissance 1er novembre 1636
Paris
Décès 13 mars 1711 (à 74 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Mouvement classicisme

Œuvres principales

L'Art poétique, Le Lutrin, Les Satires.

Nicolas Boileau, dit aussi Boileau-Despréaux, ou encore le « législateur du Parnasse » (né le 1er novembre 1636 à Paris[1] et mort le 13 mars 1711 à Paris), est un poète, écrivain et critique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La maison de Boileau à Auteuil[2].

Quinzième enfant de Gilles Boileau, greffier de la Grand' Chambre du Parlement de Paris, Nicolas Boileau est, dès son plus jeune âge, destiné au droit. Il a deux frères : Gilles Boileau et Jacques Boileau.

Nicolas Boileau est d'abord un enfant de constitution fragile qui doit se faire opérer de la taille à l'âge de onze ans[3]. Il commence ses études au collège d'Harcourt. Ce n'est qu'en troisième, après avoir rejoint le collège de Beauvais pour étudier le droit, qu'il se fait remarquer par sa passion pour la lecture des grands poètes de l'Antiquité.

Boileau, aidé de sa famille, a probablement forgé de toute pièce une généalogie qui lui accordait un titre de noblesse et qu'il faisait remonter jusqu'au XIVe siècle, à Jean Boileau, un notaire royal anobli par Charles V. Nicolas Boileau revendiquait un blason dont les armes étaient « de gueules à un chevron d'argent accompagné de trois molettes d'or ». Cependant, rien dans la condition de Boileau ne laisse à penser qu'il ait pu avoir de véritables titres nobiliaires.

Le blason de Nicolas Boileau

La théologie et le Droit[modifier | modifier le code]

Étant donné que son père le destine à une vie de clerc, il entreprend des études de théologie à la Sorbonne, mais elles ne sont pas couronnées de succès. Boileau se voit cependant attribuer le bénéfice du prieuré de Saint-Paterne, doté de 800 livres de rente, qu'il restitue à la mort de son père en 1657. Celui-ci lui permet de vivre modestement et de se consacrer tout entier à la littérature[4]. Admis au barreau le 4 septembre 1656, il en est rapidement dégoûté. Après avoir été reçu avocat, il abandonne Cujas et Alciat au grand scandale de sa famille et surtout de son beau-frère Dongois, greffier, qui juge dès lors « qu'il ne sera qu'un sot toute sa vie »[réf. nécessaire].

Les Satires[modifier | modifier le code]

Sa première satire paraît dans un temps où, malgré les succès de Pierre Corneille et de Molière, Jean Chapelain est encore la principale autorité en littérature. Les premiers écrits importants de Boileau sont les Satires (16601668), inspirées des Satires d'Horace et de Juvénal. Il y attaque ceux de ses contemporains qu'il estime de mauvais goût, comme Jean Chapelain, Philippe Quinault ou encore Georges de Scudéry. Au contraire, il est un admirateur de Molière et, plus tard, de La Fontaine et de Jean Racine. Les sept premières satires qui paraissent en 1666, obtiennent un succès considérable qu'accroit encore la haine maladroite des auteurs que le jeune poète avait critiqués. Il leur répond dans une nouvelle satire, la 9e où se trouvent réunies élégance du style et plaisanterie piquante. Toutes ses Satires sont violemment attaquées par l'abbé Charles Cotin [réf. nécessaire] qui lui reproche son manque de tact et de diplomatie face aux autres poètes.

La VIIIe satire parue en 1668, brocardait la marquise de Courcillon :

Moi ! J’irais épouser une femme coquète !
J’irais, par ma constance, aux affronts endurci,
Me mettre au rang des saints qu’a célébrés Bussy ?

Brossette, éditeur de Nicolas Boileau au début du XVIIIe siècle, cite un petit "Livre d’heures" du comte Roger de Bussy-Rabutin : « au lieu des images que l’on met dans les livres de prières, étaient des portraits en miniature de quelques hommes de la cour dont les femmes étaient soupçonnées de galanterie. [… Bussy-Rabutin] avait mis au bas de chaque portrait un petit discours en forme d’oraison ou de prière accommodée au sujet. » Ce "Livre d’heures" avait été imité par le duc de la Feuillade, mais en faisant les portraits nus, des principales femmes galantes de la cour. Dans une chanson évoquant ce second livre, la marquise de Courcillon était « sainte Modeste » :

Sainte Modeste
Prenait honnêtement
La main, le reste,
Le tout avec un gant.
Pour rien n’aurait voulu
Toucher un membre nu.
Cette beauté céleste fit si bien qu’on la crut
Sainte Modeste (R. Peyrefitte, « Voltaire », p. 200)

La XIIe satire, Sur l’Équivoque, a été interdite par Louis XIV sur l'intervention du père Le Tellier, confesseur du roi, malgré les démarches contraires du duc de Noailles. Elle circula cependant, après avoir été imprimée clandestinement sur instruction de l'abbé Boileau qui se vengeait ainsi des Jésuites, en même temps que pour venger son frère. François-Marie Arouet (le futur Voltaire) s'en procura un exemplaire. D'après Roger Peyrefitte (Voltaire, p. 63), il sourit du passage sur Socrate, "l'honneur de la profane Grèce, - Très équivoque ami du jeune Albiciade" et admira les vers qu'il eût voulu avoir écrits : "Quel lion, quel tigre, égale en cruauté - Une injuste fureur qu'anime la Piété ?".

Les Épîtres[modifier | modifier le code]

Parvenu à l'âge de la maturité, il compose ses Épîtres, parues de 1669 à 1695 dans un style peut-être plus mûr et plus serein. Parallèlement, il traduit en 1674 le Traité du sublime du pseudo-Longin. Il commence la même année son Art poétique ainsi que Le Lutrin, œuvre entreprise sur un défi du président de Lamoignon où Boileau fait référence à Accurse. Il définit les différents genres avec précision, et donne les règles du beau en même temps qu'il en offre le modèle.

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Il est au XVIIe siècle l'un des principaux théoriciens de l'esthétique classique en littérature, ce qui lui vaudra plus tard le surnom de « législateur du Parnasse »[5]. Il est l'un des chefs de file du clan des Anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes, une polémique littéraire et artistique qui agite l'Académie française à la fin du XVIIe siècle, et qui oppose deux courants antagonistes sur leurs conceptions culturelles[6]. Comme poète, Boileau entreprend de définir le goût, et cherche à fixer d'une manière claire et précise les lois et les ressources de la poésie classique. Prenant modèle auprès des grands poètes de l'Antiquité, qu'il défend et qu'il admire, il travaille avec une lente rigueur et cherche à ne pas être injuste dans ses satires. Malgré la prévention des philosophes du XVIIIe siècle, Boileau est aujourd'hui encore souvent pris comme référence scolaire pour la justesse, la solidité et le goût, l'art de conserver à chaque genre la couleur qui lui est propre, l'objectivité dans ses tableaux comme dans ses jugements, l'art de faire valoir les mots par leur arrangement, de relever les petits détails, d'agrandir son sujet, d'enchâsser des pensées fortes et énergiques dans des vers harmonieux mais toujours dominés par la raison.

Mme de Sévigné dit de lui qu’il était « tendre en prose et cruel en vers. »[7].

Louis Simon Auger fait un éloge de Boileau couronné par l'Institut en 1805[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Satires (1666–1668). Réédition : 2002.
  • Épîtres (1669-1698). Réédition : 1937.
  • Poésies diverses avec Amitié Fidéle (1674)
  • Le Lutrin (Poème héroï-comique) (1672-1683)
  • L’Art poétique (1674)
  • Longin, Traité du sublime, trad. par Nicolas Boileau, Paris, 1674 (en ligne ; transcr.) : avec introduction et notes par Francis Goyet, Paris, 1995 (ISBN 2-253-90713-8).* Le Lutrin (1674-1683)
  • Dialogue sur les héros de roman (1688). (Une analyse de cet ouvrage se trouve dans l'article Réflexions sur le roman au XVIIIe siècle.)
  • Réflexions critiques sur Longin (1694-1710)
  • Lettres à Charles Perrault (1700)
  • Œuvres de Boileau (1740)
  • Correspondance avec Brossette (1858)

Citations les plus fréquentes[modifier | modifier le code]

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser
(Chant I)
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. 
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
(Chant I)
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
(Chant I)
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
(Chant I)
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux,
Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux,
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.
(Chant III)
Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
(Chant III)
Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent.
(Chant IV)
Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose :
Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;
Mais il est des objets que l'art judicieux
Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux.
(Chant III)
J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon.
(Satire I)
Du langage français bizarre Hermaphrodite,
De quel genre te faire, équivoque maudite ?
(Satire XII)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Œuvres de Boileau, précédées d'une notice par M. Amar, Firmin Didot Frères, Paris, 1856, p. 2.
  2. L'Univers illustré, N°18, 1911.
  3. René Bray, Boileau, L'homme et l'œuvre, Paris, Le livre de l'étudiant, Boivin et compagnie,‎ 1942, p. 9
  4. René Bray, Boileau, L'homme et l'œuvre, Paris, Le livre de l'étudiant, Boivin et compagnie,‎ 1942, p. 10
  5. René Bray, Boileau, L'homme et l'œuvre, Paris, Le livre de l'étudiant, Boivin et compagnie,‎ 1942, p. 63
  6. Marcel Hervier, L'Art Poétique de Boileau, étude et analyse, Paris, Chefs-d'œuvres de la littérature expliqués, Mellottée,‎ 1948, p. 213-219
  7. Lettres, éd. Monmerqué, 1862, p. 168
  8. http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/louis-simon-auger

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Nicolas Boileau » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Liens internes[modifier | modifier le code]