Saint-Pierre (Martinique)

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Saint-Pierre
Saint-Pierre (Martinique)
Saint-Pierre, en arrière-plan la montagne Pelée.
Blason de Saint-Pierre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique
(sous-préfecture)
Arrondissement Saint-Pierre
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays Nord Martinique
Maire
Mandat
Christian Rapha (LREM)
2020-2026
Code postal 97250
Code commune 97225
Démographie
Gentilé Pierrotains (Pierrotins) - Pierrotines
Population
municipale
4 121 hab. (2019 en diminution de 3,83 % par rapport à 2013en diminution de 3,83 % par rapport à 2013)
Densité 106 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 44′ 30″ nord, 61° 10′ 33″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 1 395 m
Superficie 38,72 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Martinique
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Saint-Pierre
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Saint-Pierre
Liens
Site web http://www.saintpierre-mq.fr

Saint-Pierre est une commune française et une sous-préfecture du département (et région) d'outre-mer de la Martinique. Saint-Pierre est située à 31 km au nord de Fort-de-France sur la côte caraïbe au sud-ouest de la montagne Pelée. Ses habitants sont appelés les Pierrotains (aussi écrit Pierrotins) et les Pierrotines.

Fondée en 1635 par Pierre Belain d'Esnambuc, c'est la plus ancienne localité de la Martinique dont elle est la capitale administrative (chef-lieu) jusqu'en 1692. Elle fut aussi la capitale économique et culturelle de la Martinique jusqu'en 1902, date de sa destruction par l'éruption de la montagne Pelée, avant d'être progressivement reconstruite à partir de 1923. L'ensemble de la ville est labellisée Ville d'Art et d'Histoire en 1990.

Géographie[modifier | modifier le code]

Baie de Saint-Pierre.

Situation[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Pierre est située sur la côte nord-ouest de l'île de la Martinique à 31 km au nord de Fort-de-France sur la côte caraïbe au sud-ouest de la montagne Pelée qui culmine à 1397 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat y est de type tropical.

Topographie[modifier | modifier le code]

La rade de Saint-Pierre est profonde et n'a à craindre que les vents de l'ouest. Elle constitue un excellent lieu de mouillage. Une partie de la rade, nommé le Plateau, possède des fonds avec moins de déclivité qui forment, relativement à ceux qui existent devant la ville, un exhaussement qui permet d'y mouiller par 24 brasses d'eau, en se tenant a deux encablures de la côte.

La ville de Saint-Pierre est bâtie au bord de la mer des Caraïbes, le long d'une plage de sable, et s'élève en amphithéâtre sur un terrain dont les pentes sont généralement peu rapides. Elle est traversée par une rivière, la Roxelane, qui la divise en deux parties formant, l'une, le quartier du Fort, en souvenir du fortin qu'y éleva d'Esnambuc à son arrivée, et l'autre, le quartier du Mouillage. Avant 1902, la ville se divisait en trois paroisses, celle du Fort, du Centre et du Mouillage, la rivière limitant la paroisse du Centre, au nord, et la rue du Petit-Versailles, numéros pairs, la limitant au sud.

La position topographique des quartiers de Saint-Pierre a une grande influence sur leur climat. Dans le quartier du Mouillage, les vents d'est sont interceptés par les mornes qui le cernent, à savoir, du sud au nord, le parapet de la batterie Sainte-Marthe (43 mètres), le morne d'Orange (124 mètres) et le morne Tricolore (195 mètres), d'où résulte une chaleur qui se trouve encore accrue par les rayons du soleil que les escarpements réfléchissent sur cette partie de la ville. Il en est de même pour le quartier du Centre que dominent le plateau Trouvaillant (153,70 mètres) et le morne Abel (140 mètres). Le quartier du Fort n'étant dominé par aucune hauteur voisine du côté de l'est, les vents de cette direction y soufflent avec liberté et tendent sans cesse à rafraîchir l'atmosphère.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Dans les environs de la montagne Pelée, les terres ne présentent que des débris de pierres-ponces mêlés aux détritus végétaux. Cette terre légère est d'un bon rapport et d'un travail facile.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre doit son nom à l'apôtre éponyme, saint patron de son fondateur, Pierre Belain d'Esnambuc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre, le Petit Paris des Antilles.
Jardin des Plantes de Saint-Pierre.
Rue de Saint-Pierre de la Martinique, 1848, Getty Museum.
Rue de Saint-Pierre en 1900.

Fondation de Saint-Pierre et colonisation française[modifier | modifier le code]

Le [1],[2], le flibustier Pierre Belain d'Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre avec 150 colons de la colonie française de Saint-Christophe. Il installe ainsi la première colonie permanente dans l'île de la Martinique, le Fort Saint-Pierre de la Martinique (actuelle ville de Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des îles d'Amérique.

Développement de Saint-Pierre et de la Martinique[modifier | modifier le code]

De ce premier établissement, les premiers colons de Martinique partent à la conquête du reste de l'île. Afin d'éviter de se soumettre au joug colonisateur, les derniers autochtones de Martinique, les Caraïbes, se seraient alors suicidés en se jetant d'une falaise au nord de la ville, nommée depuis le tombeau des Caraïbes. Il s'agit d'une interprétation erronée d'un épisode de la colonisation de Grenade par les Français, durant laquelle les Caraïbes, surpris lors d'une fête, préférèrent mourir ainsi, plutôt que sous les coups des assaillants. Durant les premières décennies de l'implantation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (pétun), roucou, indigo, cacao. La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre.

Saint-Pierre est alors la capitale administrative de la Martinique puisqu'elle abrite le palais du Gouverneur. L'Hôpital militaire Saint Jean-Baptiste de Saint-Pierre est établi à Saint-Pierre en 1665 : le prix de la journée y est fixé à cinq livres de tabac. En 1671, la ville est victime d'un incendie. En 1692, le palais du Gouverneur est transféré à Fort-Royal et Saint-Pierre perd son statut de capitale administrative, mais reste la capitale économique et le centre culturel de la Martinique jusqu'en 1902.

Une ordonnance du gouverneur, publiée en 1724, enjoint d'envoyer hiverner à Fort-Royal les navires en rade à Saint-Pierre à cause des ouragans. Saint-Pierre se dote d'une chambre de commerce et d'agriculture en 1760, qui envoie un député à Paris. Le grand ouragan de 1780 produit un raz-de-marée de 7,6 m qui inonde la ville en détruisant toutes les maisons et tue 9 000 personnes.

En 1789, les Pierrotins soutiennent le pouvoir révolutionnaire contre les békés, partisans de la royauté.

Capitale économique et culturelle de la Martinique[modifier | modifier le code]

La ville se développe grâce à l'industrie sucrière et au commerce des esclaves. Le port de Saint-Pierre attire alors des navires et marchands du monde entier. Une riche bourgeoisie commerçante prend essor, qui se fait construire des maisons de campagne au-dessus de Saint-Pierre, au Morne-Rouge, pour profiter de la fraîcheur le dimanche, et qui modernise la ville en la dotant d'équipements publics et de loisirs n'ayant rien à envier à ses modèles européens. Surnommée le Petit Paris, le Paris des Isles, la Perle des Antilles ou encore la Venise tropicale, la ville est alors le chef-lieu, mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles.

Dans son volume 3 de la France pittoresque, publié en 1835, Abel Hugo dresse une description détaillée de la ville de Saint-Pierre à son apogée : « Cette ville forme deux paroisses distinctes, celle du Mouillage et celle du Fort. (…) Par sa position et son commerce, c'est la ville la plus importante des Antilles françaises : elle possède plus de 1800 maisons, formant environ 8 000 feux sans y comprendre la banlieue qui fait partie des deux paroisses. Ses rues nombreuses sont toutes pavées : des ruisseaux d'eau vive et abondante y entretiennent la fraîcheur et contribuent à la salubrité de l'air. Les maisons sont bien bâties et possèdent des fontaines alimentées, comme les fontaines publiques, par la rivière du Fort qui partage la ville en deux parties distinctes, dont l'une conserve le nom de Saint-Pierre, et l'autre prend le nom de paroisse du Fort. Le Mouillage, partie nord de Saint-Pierre, renferme 9 400 habitants. On y compte plus de 760 maisons, sans compter celles de la campagne. L'église est d'une belle construction. Ce quartier, particulièrement affecté au commerce, possède peu de monuments publics. On y remarque le ci-devant collège royal, dit des pères blancs, un couvent de dames, une maison d'éducation pour les jeunes filles et un hospice de charité et l'hôpital maritime. On y trouve d'assez jolies promenades, un marché et des bains publics. Plusieurs sucreries, un très grand nombre de maisons de plaisance et d'habitations à vivres, font partie de cette paroisse. La paroisse du Fort, située loin du commerce, est habitée par les personnes que leurs affaires n'appellent pas à commercer au Mouillage : sa population est de 13 600 hab. On y remarque, parmi les édifices publics, l'hôtel des douanes, le trésor, la salle de spectacle, l'hôtel du gouvernement, les greffes, les casernes, les prisons, le tribunal de première instance, un couvent des ursulines et la promenade dite le cours de Laustat, près de laquelle se trouve le jardin des plantes, établi en 1803, dans le but de naturaliser, à la Martinique, les plantes des Indes orientales. Une partie de ce jardin est consacrée à la culture des plantes médicinales, pour les pauvres. L'église du Fort, placée dans un lieu élevé, est bien bâtie ; le presbytère est vaste et se trouve au milieu de l'allée de Perinelle, qui conduit à la belle sucrerie de ce nom. Il y a, comme à la paroisse du Mouillage, un curé et deux vicaires. Depuis 1819, il existe une glacière à Saint-Pierre. »[3]

En 1900, Saint-Pierre, cas unique dans la région, possède un équipement particulièrement moderne : un réseau d'éclairage urbain électrique, un tramway hippomobile, une chambre de commerce, l'un des premiers asiles soignant les aliénés, le Jardin colonial des Plantes de Saint-Pierre, un port particulièrement actif et le Théâtre de Saint-Pierre de 800 places construit en 1786 sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux. Outre des spectacles divertissants que viennent voir des spectateurs aussi célèbres que Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau ou de Ferdinand de Lesseps, ce théâtre sert également de lieu de réunions publiques, mais déficitaire, il est fermé en 1901.

La baie de Saint-Pierre par Évremond de Bérard

Éruption de 1902 et destruction de Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

La ville en ruine après l'éruption.
La ville en ruine après l'éruption.

Début avril 1902, des fumerolles apparaissent au sommet de la montagne Pelée, suivies d'une pluie de cendres et des grondements souterrains le et d'un grand nuage de roches et de cendres qui s’échappe du sommet le . Le , jour du premier tour de l’élection législative de 1902, une forte odeur de soufre envahit Saint-Pierre. Le , la montagne produit de fortes détonations, des tremblements de terre, et un panache noir de fumée s'élève qui masque le soleil.

Bien que les événements soient inquiétants, l’administration souhaite que le second tour de l’élection législative se déroule normalement et les personnalités de la ville se partagent alors en partisans et adversaires de l’évacuation de la ville selon leurs opinions politiques. Les chutes de cendres s'intensifient le et les routes vers le nord sont coupées à cause des ravines en crue, ce qui crée un début d’affolement de la population et les premiers départs.

Le , les rues de Saint-Pierre sont envahies de serpents fer-de-lance chassés des hauteurs par les cendres brûlantes et dont la morsure mortelle tue 50 personnes et plus de 200 animaux[4], alors qu'à l’embouchure de la rivière Blanche, l’usine sucrière Guérin est envahie pour les mêmes raisons par des myriades de fourmis et de scolopendres venimeux, avant d'être ensevelie sous plus de 6 m de boue brûlante, faisant 25 victimes. Au même moment, la mer se retire de 100 m et provoque un tsunami qui envahit le bas de Saint-Pierre. Des dizaines d’habitants ont déjà quitté Saint-Pierre et certaines voix recommandent une évacuation totale de la ville, mais en raison de la proximité du second tour des élections législatives partielles du dimanche qu'il est trop compliqué de reporter, aucune mesure d'évacuation n'est mise en place par les autorités et les notables, tels le maire Rodolphe Fouché, le gouverneur Mouttet, le directeur du principal journal Les Colonies Marius Hurard ou le gros usinier Eugène Guérin qui minimisent le danger.

Le jeudi 8 mai, jour de l'Ascension, à h 52, une nuée ardente dévale le volcan vers Saint-Pierre à la vitesse de 670 km/h. Cette masse gazeuse et solide de plus de 1 000 °C rase en quelques minutes toute la ville en tuant 26 000 personnes et en détruisant 40 navires dans la rade. Un prisonnier, Louis-Auguste Cyparis, protégé par les murs épais de sa cellule, put survivre à la catastrophe. Le cordonnier Léon Compère-Léandre aurait également survécu, protégé, lui aussi, par des murs épais[5]. Une seconde éruption, plus violente que la première, a lieu le et finit de dévaster la ville.

Place Bertin en ruine.

Aux lendemains de la destruction de Saint-Pierre par la montagne Pelée, des gens venus des îles d'à côté et des communes voisines organisent un pillage systématique de la ville, sous le prétexte de retrouver leur famille. Un pillage officiel est ensuite organisé par l'État français, qui se dépêche de récupérer l'or et les numéraires des banques de Saint-Pierre. L'État délègue une commission chargée de récupérer les bijoux se trouvant sur les cadavres, avec la promesse de les restituer aux familles des défunts, mais la promesse n'est pas tenue. Les gens viennent à Saint-Pierre pour récupérer des fontaines, chercher du marbre, s'attribuer des statues et s'emparer des canons. La ville reste en cendres pendant plusieurs années, malgré l'affluence des dons venus de toute part, et sa grande rivale, Fort-de-France, lui ravit alors logiquement le titre de capitale économique et culturelle de l'île. La cité martyre tombe sous le coup de la loi du qui la raye de la carte des communes de France et qui confie son territoire à la gestion de la commune voisine du Carbet. Cette loi autorise la commune receveuse à vendre le patrimoine de la commune supprimée, et à en garder le bénéfice qui se dégage de la liquidation de cette dernière. Ainsi Saint-Pierre perd en grande partie la richesse de son patrimoine archéologique dont la mise à jour progressive a depuis révélé une culture matérielle à l’opposé de bien des préjugés contemporain[6].

Panorama des ruines de Saint-Pierre après l'éruption de la montagne Pelée du 20 mai 1902.
Photo de Saint-Pierre avec la montagne Pelée en arrière plan, 2018.

Reconstruction de Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Centre-ville de Saint-Pierre vu depuis le large.

Saint-Pierre redevient une commune en 1923 et la ville commence alors à renaître de ses cendres. Elle est progressivement reconstruite (la chambre de commerce est reconstruite à l'identique).

L'ensemble de la ville est labellisée Ville d'Art et d'Histoire en 1990. De ce fait, l'activité de Saint-Pierre est basée essentiellement sur le tourisme et notamment sur la plongée, le port présentant de nombreuses épaves de navires.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Pierre (en rose) dans l'arrondissement de Saint-Pierre (en jaune).

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre a cessé d'être une commune entre le et 1923, son territoire étant alors incorporé à la commune voisine du Carbet.

Saint-Pierre est le siège de la troisième sous-préfecture de la Martinique créée par le décret du .

C'est le chef-lieu de l'arrondissement de Saint-Pierre. La commune est actuellement le principal pôle administratif et commercial du nord caraïbe de la Martinique. En effet, en plus de la sous-préfecture, on trouve également à Saint-Pierre, un hôpital, un lycée professionnel, un centre des Impôts, une agence de la Caisse générale de sécurité sociale, de la Caisse d'allocations familiales, une antenne du conseil régional, une agence du Pôle emploi, mais aussi une antenne de la chambre de commerce et d'industrie de la Martinique.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la communauté d'agglomération du Pays Nord Martinique.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Lors du premier tour des élections municipales de 2014 en Martinique, la liste DVG menée par le maire sortant Raphaël Martine obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 1 220 voix (50,62 %, 21 conseillers municipaux élus dont 2 communautaires), devançant les listes menées respectivement par[7] : - Christian Rapha (DVD, 1 035 voix, 42,94 %, 6 conseillers municipaux élus) ; - Éliane Cesto Gustave (DVG, 155 voix, 6,43 %, pas d'élus)
Lors de ce scrutin, 38,33 % des électeurs se sont abstenus.

Ces élections ont été annulées par le Conseil d'État et des élections municipales partielles organisées le , remportées par la liste menée par Christian Rapha (1 518 voix, 51,86 %) qui devance celle du maire invalidé Raphaël Martine (1 409 voix, 48,13 %). Lors de ce scrutin, 26,07 % des électeurs se sont abstenus[8].

Lors du premier tour des élections municipales de 2020 en Martinique, la liste DVC menée par le maire sortant Christian Rapha obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 1 130 voix (51,50 %, 21 conseillers municipaux élus dont 2 communautaires), devançant celle DVG menée par Ludmille Larade-Eustache (1 064 voix, 48,49 %, 6 conseillers municipaux élus).
Lors de ce scrutin, 41,51 % des électeurs se sont abstenus[9].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Depuis 1945, six maires se sont succédé à la tête de la commune :

Liste des maires successifs[10]
Période Identité Étiquette Qualité
3 juin 1945 14 mai 1962 Paul Pierre-Charles SFIO Instituteur, Directeur d'école
Conseiller général du Carbet (07.10.1945) puis
Conseiller général de Saint-Pierre (02.10.1949 → 1962)
24 juin 1962 20 mars 1977 Eugène Pierre-Charles SFIO puis Centriste Inspecteur des impôts
Conseiller général de Saint-Pierre (1955 → 1979)
20 mars 1977 mars 1988 Jean Maurice app. UDF Conseiller général de Saint-Pierre (1979 → 1982)
mars 1988 11 mars 2001 Louis Pierre-Charles DVG puis DVD Conseiller général de Saint-Pierre (1988 → 1994 puis 1999 → 2001)
11 mars 2001 30 janvier 2015 [11],[12] Raphaël Martine RDM Infirmier
Conseiller général du canton de Saint-Pierre (2001 → 2015)
Élections municipales annulées par le Conseil d'Etat pour fraude électorale
5 avril 2015[13] En cours
(au 2 décembre 2020)
Christian Rapha[14] PRM puis LREM[15] Pharmacien, chef d'entreprise
Vice président de CAP Nord Martinique (2020 → )
Réélu pour le mandat 2020-2026[16]


Distinctions et labels[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la ville est labellisée Ville d'Art et d'Histoire en 1990 par la ministère de la Culture et de la Communication[17]

Équipements et services publics[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École maternelle publique Saint-Pierre ;
  • École élémentaire publique Saint-Pierre A ;
  • École élémentaire publique Saint-Pierre B - L.Philémond-Montout ;
  • Lycée polyvalent Victor Anicet (Métiers des Arts Appliqués, du Design et de la Communication Multimédia) ;
  • Collège Louis Delgres.

Santé[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Pierre accueille le "Centre Hospitalier Nord Caraïbe". L'établissement de Saint-Pierre est situé à L'angle des Rues Percées, à 100 m de la mairie.

Site web du Centre Hospitalier du Nord-Caraïbe

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1765, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[19].

En 2019, la commune comptait 4 121 habitants[Note 1], en diminution de 3,83 % par rapport à 2013 (Martinique : −5,46 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1765 1835 1895 1902 1923 1961 1967 1974 1982
15 00023 00025 83226 0113 0006 3476 5596 1805 438
1990 1999 2009 2014 2019 - - - -
5 0074 4534 4534 2294 121----
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[20] puis à partir de 2006[21])
Histogramme de l'évolution démographique

Sports[modifier | modifier le code]

Équipements sportifs :

Clubs sportifs :

Les joueurs connus de l'Assaut de Saint-Pierre sont : Yvon Chomet, ancien joueur professionnel de l'AS Monaco, Guy Modeste, ancien joueur professionnel de l'AS Saint-Etienne, Fabrice Reuperné, ancien joueur professionnel du Stade de Reims, du SO Romorantin, de l'AS Cannes et de l'AO Kerkyra et du PAS Giannina en Grèce.

  • Tout' Sézon, football féminin.
  • Club Bouliste de Saint-Pierre
  • Judo Club de Saint-Pierre

Économie[modifier | modifier le code]

Une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique est présente sur la commune de Saint-Pierre. L'industrie extractive est fortement implantée à Saint-Pierre, où elle procure une cinquantaine d'emplois directs et tout autant d'emplois indirects. Trois sociétés y exploitent des gisements de pouzzolane. Issue des coulées générées des éruptions de la montagne Pelée, cette pouzzolane y est ensuite traitée afin de produire annuellement plus d'un million de tonnes de sable lavé et de granulats destinés à la fabrication des bétons et mortiers pour le BTP. Très appréciée, la pouzzolane de Saint-Pierre peut également être introduite dans la fabrication du ciment, comme succédané partiel du clinker.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Archéologie, monuments historiques et sites[modifier | modifier le code]

La prise en compte du patrimoine archéologique est assurée sur le territoire communal au moyen d'un arrêté préfectoral du 20 juin 2008[22] instituant des zones de présomption de prescriptions archéologiques (ZPPA). Dans le périmètre de ces zones, les projets d'aménagement sont présumés faire l'objet d'opérations d'archéologie préventive préalablement à leur réalisation. La principale synthèse concernant la recherche archéologique à Saint-Pierre a été publiée en 1999 dans la collection des Documents d'évaluation du patrimoine archéologique des villes de France[23].

La commune de Saint-Pierre est labellisée Ville d'Art et d'Histoire depuis la signature de la convention avec le ministère de la Culture et de la Communication en 1990[17] et présente de nombreux vestiges de ses anciens bâtiments publics ou privés ruinés, dont certains sont protégés au titre des Monuments historiques[24].

  • La cathédrale de Notre-Dame-de-l’Assomption ou cathédrale Notre-Dame-du-Bon-Port auparavant appelée église du Mouillage reconstruite à l'initiative de Victor Depaz, avec le concours de monseigneur Lequien. Ce bâtiment fait l'objet de travaux de restauration depuis début 2015 sous la direction de monsieur Pierre Bortolussi, architecte en chef des monuments historiques[25]. Cet immeuble est inscrit au titre des Monuments historiques (MH) ;
  • Église Saint-Étienne-du-Centre de Saint-Pierre de la Martinique.
  • Les ruines de l'église du Fort, immeuble classé MH ;
  • La batterie Sainte-Marthe, immeuble inscrit MH ;
  • Les ruines du Bureau du Génie, immeuble classé MH ;
  • Les ruines de la Maison coloniale de santé, immeuble classé MH ;
  • La poudrière Trouvaillant, inscription conservatoire au titre des MH ;
  • L'habitation Perrinelle, immeuble inscrit MH ;
  • Les ruines du théâtre, construit à la fin du XVIIIe siècle sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux suivant la légende urbaine. Toutefois selon ses proportions, et son échelle architecturale, il est de dimensions beaucoup plus réduites que celui de la cité bordelaise. Il en va de même pour sa décoration et dans le traitement de l'ordre monumental qui est mis en œuvre sur sa façade principale. Immeuble classé MH ;
  • Le cimetière du Fort, immeuble classé MH ;
  • Les ruines de l'asile Bethléem, immeuble inscrit MH ;
  • Les ruines de la rue Bouillé, immeuble inscrit MH ;
  • Les ruines de la prison et le cachot de Cyparis, immeuble inscrit MH ;
  • Les piliers du pont Verger, immeuble inscrit MH ;
  • Le pont militaire, immeuble inscrit MH ;
  • Le pont Roche sur la Roxelane, immeuble inscrit MH ;
  • La mairie, labellisée « Patrimoine du XXe siècle » ;
  • La maison Roy-Camille, labellisée « Patrimoine du XXe siècle » ;
  • La rue Mont-au-Ciel ;
  • La place Bertin ;
  • L'ancienne bourse du commerce, actuel siège du Bureau du Patrimoine de la Ville (animatrice du patrimoine de la Ville d'Art et d'Histoire[26]) ;
  • Les différentes fontaines (place Ernoult, rue Levassor, etc.) ;
  • La distillerie Depaz où est produit le rhum Depaz ;
  • Les épaves sous-marines ;
  • Le quartier la Galère ;
  • Le Fond Coré ;
  • L'ancien jardin botanique, actuellement fermé pour travaux de restauration ;
  • L'habitation Duchamp ;
  • L'habitation Anse Latouche dont la plus grande partie se situe sur la commune du Carbet ;
  • L'église Saint-Étienne-du-Centre, disparue.
  • Le séminaire-collège Saint-Louis-de-Gonzague, disparu.

Œuvres sous-marines[modifier | modifier le code]

Au large de la ville se trouve l'une des œuvres d'art les plus originales de Martinique. Baptisée Manman dlo, elle a été imaginée par l'artiste martiniquais Laurent Valère[Note 2].

Mise en place en 2004, cette œuvre de plus de 20 tonnes de béton représente une sirène (créature mythique provoquant le naufrage des navires). Faisant référence aux chavirages consécutifs à l'éruption de la montagne Pelée, elle est un hommage à la mer et une invitation à sa protection. Immergée face à l'entrée du bourg de Saint-Pierre, à 9 m de profondeur et à 50 mètres du rivage, la sculpture est facilement accessible en snorkeling.

Une seconde sculpture, immergée à proximité[Note 3] en 2015 se veut être la fille, féminine, sensuelle et plus massive encore (37 tonnes), de Manman dlo. L'artiste l'a nommée Yemaya.

Ces 2 modèles d'art sous-marin sont les prémices du futur parc de sculptures sous-marines de Saint-Pierre [Note 4].

Musées[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Louis Delgrès abolitionniste et antiesclavagiste

Parmi les victimes de l'éruption du 8 mai 1902, on compte :

Dans la musique
  • David Martial, chanteur martiniquais devenu célèbre en France grâce à son tube Célimène.
  • Jean-Claude Naimro, chanteur et musicien du groupe antillais Kassav. Il est Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2020.
  • Le groupe Les Léopards, originaire de Saint-Pierre, fut l’un des groupes de Kadans les plus populaires en Martinique dans le début des années 1970. Il s'agit du premier groupe martiniquais à avoir obtenu un disque d'or en 1976[27].
Dans les arts
  • L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant consacre son roman Nuée ardente à la destruction de Saint-Pierre en 1902 ;
  • Patrick Chamoiseau y inscrit le début de l'action de son roman Texaco ; il a également écrit les textes du jeu vidéo Méwilo, dont l'action se déroule à Saint-Pierre un peu avant la catastrophe de 1902 ;
  • Raphaël Tardon parle des derniers jours avant l'éruption du 8 mai 1902 dans son roman La Cadeira ;
  • Marie-Reine de Jaham fait de Saint-Pierre et de ses alentours le pivot de son roman Les héritiers du Paradis, la quatrième partie de sa saga romanesque L’or des îles.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur au caducée d'or, à la bordure du même[28].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • « Saint-Pierre », Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.
  2. Auteur du monument Cap 110 au Diamant. et du Bwa lélé à Saint-Pierre.
  3. À 61° 44' 14" de longitude ouest et 14° 10' 41" de latitude nord
  4. D'autres villes ont entrepris la même démarche : Cancun au Mexique, Molinere Bay à Grenade et Kay Largo en Floride avec sa copie du Christ des Abysses de Camogli...

Références[modifier | modifier le code]

  1. « 15 septembre 1635  : La Martinique devient française », Hérodote (consulté le ).
  2. Revue historique de l'Ouest, volume 15, Régis Marie, 1889.
  3. Abel Hugo, France pittoresque, ou Description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Delloye éditeur, 3 vol., Paris, 1835.
  4. Maurice Joseph-Gabriel, Martinique, terre d'éden, Éditions Roudil, , p. 43.
  5. Régis Menu, « Il était une fois un port… Saint-Pierre à la Martinique », Revue maritime, no 463,‎ (lire en ligne).
  6. É. Fournié, « Une Pompéi des Antilles ? Saint-Pierre-de-la-Martinique », Archéologia, no 579,‎ , p. 46-51.
  7. Résultats officiels pour la commune Saint-Pierre
  8. « Christian Rapha remporte l'élection partielle de Saint-Pierre : À l'issue d'un scrutin vécu dans la passion à la mairie de Saint-Pierre et d'une mobilisation exceptionnelle, c'est la liste de Christian Rapha (PRM) qui enlève la mairie au sortant Raphaël Martine (RDM) », Martinique La Première,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Martinique (ZB) - Saint-Pierre », Résultats des élections municipales et communautaires 2020, sur https://www.interieur.gouv.fr (consulté le ).
  10. MairesGenWeb : les maires de Saint-Pierre.
  11. « Élections municipales : le rapporteur public demande l'annulation des élections à Saint-Pierre », sur Martinique La Première,
  12. Claude Gratien, « Élections municipales officiellement annulées à Saint-Pierre : Le conseil d’état a annulé ce mercredi les élections municipales à Saint-Pierre. Il a suivi les conclusions du rapporteur présentées lors de l’audience du 7 janvier dernier. Le préfet dispose de huit jours pour mettre en place une commission spéciale », Martinique La Première,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Joseph Nodin, « Christian Rapha élu officiellement maire de Saint-Pierre : Christian Rapha, 61 ans, est désormais le septième maire de Saint-Pierre depuis 1945. Élu à l'unanimité par le conseil municipal, en l'absence de l'opposition, qui a boudé cette cérémonie républicaine ce dimanche (5 avril) à la mairie de Saint-Pierre », Martinique La Première,‎ 5/4/2015 mis à jour le 6/4/2015 (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Le maire », La mairie, sur http://www.saintpierre-mq.fr (consulté le ).
  15. Jean-Marc Party, « En Marche recrute des prises de poids en Martinique : Les militants de La République en marche organisent peu à peu leur mouvement. Ils sortent de la discrétion des premiers temps en annonçant le recrutement de trois maires en délicatesse avec leur formation d’origine », Martinique La Première,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Christian Rapha, 2e mandat à la tête de la ville d'Art et d'Histoire », France-Antilles,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. a et b « Thèmes et outils pédagogiques », sur www.vpah.culture.fr (consulté le ).
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  21. pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019
  22. « Arrêté du 20 juin 2008 ».
  23. Veuve (S.), en collaboration avec Delacourt-Léonard (M.), Guillaume (M.), Verrand (L.)., Saint-Pierre de la Martinique, Paris, Ministère de la culture et de la communication - (Documents d'évaluation du patrimoine archéologique des villes de France; 17), , 216 p., 15 plans, 6 fig..
  24. « La conservation des Monuments Historiques - Dac Martinique - Ministère de la Culture et de la Communication », sur www.culturecommunication.gouv.fr (consulté le ).
  25. « Saint-Pierre Cathédrale du Mouillage - Dac Martinique - Ministère de la Culture et de la Communication », sur www.culturecommunication.gouv.fr (consulté le ).
  26. « Ville d'art et d'histoire de Saint-Pierre - Bureau du Patrimoine » (consulté le ).
  27. « 🎺 LEOPARDS {Martinique} premier DISQUE D'OR des Antilles-Guyane.(en 1976) ✌ » [vidéo], sur YouTube (consulté le ).
  28. « Armoiries de Saint-Pierre », sur emblemes.free.fr (consulté le ).