Histoire de l'Aquitaine

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Article connexe : Nouvelle-Aquitaine.
Histoire de l'Aquitaine
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Carte de la Région Nouvelle-Aquitaine au 1er janvier 2016 :

Préhistoire
-40 000 av. J.C. Paléolithique
Antiquité
-Ve siècle av. J.C. Basques et Gaulois (Bituriges Vivisques, Pictons, Santons,...)
Guerre des Gaules (-58 à -50 av. J.C.)
-58 av. J.C. Empire Romain
Gaule aquitaine puis Aquitaine Première, Aquitaine Seconde et Novempopulanie
Invasions barbares (IIIe siècle)
418-711 Royaume wisigoth
Du Moyen Âge à la Renaissance
481-754 Royaume des Francs
584-1453 Royaume puis Duché d'Aquitaine
Invasion sarrasine (719-778)
754-843 Empire carolingien
778-1790 Comté puis province de Poitiers (Poitou), Aunis, Saintonge, Guyenne et Gascogne, Limousin, Marche, Angoumois, Navarre, Béarn et Saumurois
Raids vikings (799-868)
1154-1214 Empire Plantagenêt
843-1792 Francie occidentale puis Royaume de France
La Guerre de Cent Ans (1337-1453)
Les Guerres de religion (1562-1598)
Révolution française (1789-1799)
L’Époque contemporaine
1792-1804 Première République
1804-1815 Premier Empire
1815-1830 Restauration du Royaume de France
1830-1848 Monarchie parlementaire dite de Juillet
1848-1852 Deuxième République
1852-1870 Second Empire
1870-1940 Troisième République
1946-1958 Quatrième République
1958-actuel Cinquième République

L'Aquitaine est le nom donné depuis au moins le Ier siècle av. J.-C. à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées.

La Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'homme de Cro-Magnon[modifier | modifier le code]

Il y a quelque 45 000 ans, l'homme moderne (homo sapiens) pénètre (au Tadjikistan) dans la vaste steppe eurasiatique. En quelques millénaires, il la peupla d'Est en Ouest.

C'est probablement à l'occasion d'une période interglaciaire, il y a 40 000 ans, que l'homme de Cro-Magnon arrive en Aquitaine. En 1868, plusieurs squelettes de cette espèce furent retrouvés dans l'abri de Cro-Magnon aux Eyzies-de-Tayac au bord de la Vézère en Dordogne.
En Europe et en Asie, il supplanta progressivement son brillant prédécesseur, l'homme de Néandertal, un « cousin » avec lequel il s'est avéré interfécond.

Les artistes du Paléolithique[modifier | modifier le code]

Dame de Brassempouy

Les Aquitains du Paléolithique supérieur ont laissé de nombreux vestiges de leur savoir-faire dont la Dame de Brassempouy et les remarquables peintures de la grotte de Lascaux (-17 000 ans).

Le refuge climatique[modifier | modifier le code]

Pendant la dernière glaciation, l'Aquitaine géographique s'est avérée constituer la partie nord de l'un des principaux refuges climatiques en Europe de l'Ouest : le refuge aquitano-cantabrique. Elle a joué un rôle central dans le repeuplement de l'Europe émergeant des glaces, comme en témoignent différents marqueurs génétiques qui présentent leur concentration maximale chez les Basques.

La civilisation des mégalithes[modifier | modifier le code]

Au Néolithique, se sont développées sur le littoral atlantique des civilisations d'éleveurs qui nous ont laissé de nombreux dolmens ou menhirs.

L'âge des métaux[modifier | modifier le code]

L'âge du bronze est bien représenté en Aquitaine (bronze ancien en Médoc, harrespils du bronze tardif au Pays basque...).

C'est moins vrai du fer récent en Vasconie. À l'arrivée des Romains, la pression celtique butait sur la Garonne. En revanche les Celtes étaient bien implantés dans la haute vallée de la Garonne et en Gironde où les Bituriges Vivisques ont fondés l'actuelle ville de Bordeaux (Burdigala).

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'Aquitaine protohistorique[modifier | modifier le code]

Carte de la Novempopulanie et ses peuples aquitains
Recul du basque médiéval en Aquitaine au Moyen Âge

L'Aquitaine protohistorique diffère dans ses limites territoriales de l'Aquitaine administrative actuelle. Elle s'étend entre Garonne et Pyrénées, de l'Atlantique au Couserans. Sa population, des Aquitains ou Proto-Basques, présentée par Jules César comme plus proche des Ibères que des Gaulois, présentait des affinités ethniques et linguistiques avec les Vascons de la moyenne vallée de l'Èbre.

La conquête romaine[modifier | modifier le code]

Publius Crassus, le jeune lieutenant de Jules César, entreprit la conquête de l'Aquitaine en 56 av. J.-C.

La pax romana[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire romain, le dénomination Aquitaine s'applique à un gros Sud-Ouest de la Gaule, des Pyrénées aux rives de la Loire, Auvergne incluse. Saintes et Bordeaux furent les capitales successives de la Gaule aquitaine finalement partagée en trois (Aquitaine Première, Aquitaine Seconde et Novempopulanie) sous la Tétrarchie, à l'occasion des réformes fiscales et administratives réalisées par Dioclétien. La romanisation de la Novempopulanie conduira à la Vasconie.

Articles détaillés : Aquitaine (province romaine) et Novempopulanie.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'Aquitaine wisigothique[modifier | modifier le code]

L’Aquitaine passe sous la domination des Wisigoths, arrivés de Provence et d'Italie en 412-413.

En 418, un traité donne le statut de fédéré (fœdus) des Wisigoths dans l'Empire romain, qui les installe en Aquitaine.

L'Aquitaine et les Francs[modifier | modifier le code]

Situation de l'Aquitaine à la mort de Clotaire Ier (561).
L'Aquitaine sous Charlemagne (cliquer pour agrandir)

En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l'intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé.

671 voit l'indépendance de l'Aquitaine, dirigée par le duc Loup Ier de Vasconie.

Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald Ier détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois.

En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse.

732 voit la défaite du duc d'Aquitaine et l'invasion de la Vasconie par l'émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc.

742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l'Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière).

Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d'Hunald Ier. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin[1].

En 778, l'armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pamplenune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de trois ans, le royaume d'Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l'Atlantique. Il avait pour capitale Toulouse afin de fédérer la reconquête hispanique.

Article détaillé : Royaume d'Aquitaine.

En 814, Louis le Débonnaire, devenu empereur à la mort de son père Charlemagne, cède le royaume d'Aquitaine à son fils Pépin, qui meurt en 838. Pepin II, fils de Pépin Ier, est proclamé roi après lui. Néanmoins ce fils est un fils bâtard et Louis le Pieux décide dans ses différents projets de partage de lui retirer son royaume et de le confier à son quatrième fils Charles qui se fait alors couronner roi d'Aquitaine en 848. En 855, Charles le Chauve en investit son fils Charles dit l'Enfant, couronné et sacré roi d'Aquitaine à Limoges. Mais, ce dernier meurt accidentellement en septembre 866, et c'est le fils aîné de Charles le Chauve,Louis le Bègue, né en 846, qui reçoit ce royaume en 867[2] après un plaid tenu à Pouilly-sur-Loire le 6 mars de cette année.

Les duchés du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 877, le royaume d'Aquitaine se décompose en deux duchés, un duché de Gascogne (ancien duché de Vasconie) au sud de la Garonne et un duché d'Aquitaine (plus tard appelé Guyenne) qui avait pour capitale Bordeaux et se composait alors des fiefs de Gascogne, du comté d'Armagnac, du comté de Fezensac, du Périgord, du Poitou, du comté d'Angoulême, de la Saintonge et du comté de la Marche.

En 1058, les deux duchés se réunissent.

La reine Aliénor d'Aquitaine, fille du duc Guillaume X, fut au Moyen Âge parmi les personnages les plus influents de toute l'Europe. Après l'échec de son premier mariage avec le roi Louis VII de France, elle épousa en 1152 le duc de Normandie et comte d'Anjou, qui devint en 1154 roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II Plantagenêt. Vers 1170, Richard Cœur de Lion devient comte de Poitiers et duc d'Aquitaine. Il est couronné à Limoges, lieu traditionnel de couronnement et sacre des roi et ducs d'Aquitaine.

Le duché d'Aquitaine prend le nom de duché de Guyenne au moment du traité de Paris conclu le entre Saint Louis et Raymond VII comte de Toulouse, qui cédait ainsi la plus grande partie du Languedoc à la France et mettait fin au conflit albigeois.

En 1329, le roi Édouard III d'Angleterre rend hommage de l'Aquitaine à Philippe de Valois[3].

Le , lors du traité de Brétigny la France perd l’Aquitaine (Guyenne, Gascogne, Quercy, Rouergue, Limousin et Poitou), le Ponthieu et Calais au profit des Anglais. La rivalité entre les deux couronnes aboutit à la guerre de Cent Ans en 1337. L’essentiel sera reconquis, à l’exception de la Guyenne, par Du Guesclin dans les années 1370 et 1380.

Le pape Clément V, un Aquitain célèbre[modifier | modifier le code]

Bertrand de Goth est né vers 1264 près de Villandraut en Gironde, et est décédé le , à Roquemaure (Gard). Après avoir été l'archevêque de Bordeaux, il devint pape en 1305, sous le nom de Clément V, et fut celui qui installa la papauté à Avignon. Son opposition ou participation avec le roi de France Philippe IV le Bel dans le Procès de l'ordre du Temple fait aujourd'hui toujours débat.

Grâce à sa position, Clément V favorisa la construction de châteaux en Sud-Gironde pour lui et sa famille. Cet ensemble remarquable est connu aujourd'hui sous le nom de châteaux clémentins. Les plus connus sont le château de Villandraut, le château de Roquetaillade, le château de Budos et le château de Blanquefort.

Le rattachement à la couronne de France[modifier | modifier le code]

La victoire française à la bataille de Castillon marqua la reconquête de Bordeaux en 1453.

Louis XI donne le duché en apanage à son frère Charles de Valois en 1469. Il revient définitivement au domaine royal à la mort de celui-ci en 1472.

De la Renaissance aux Lumières[modifier | modifier le code]

Routes royales en 1785

Le 25 novembre 1615 : Louis XIII épouse Anne d'Autriche à Bordeaux

Le 18 octobre 1649 : Les frondeurs bordelais prennent le Château-Trompette.

Le 18 janvier 1689 : Naissance de Montesquieu à La Brède.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Certains Bordelais faisaient partie de la « Gironde », un groupe politique de l'époque, majoritaire à l'Assemblée législative (face aux Montagnards) et à la Convention nationale.

Avril-mai 1793 : Chute des Girondins

Gironde (Révolution française)

La Révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Aménagement des Landes et création de la plus grande forêt d'Europe.

1848 : création du chemin de fer « Bordeaux-Paris »

L'Aquitaine au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le  : le gouvernement se réfugie à Bordeaux.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Camps d'internement en 1942 à :

  • Mérignac (33)
  • Chancelade (24)
  • Gurs (64)

Le  : le gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Le , on découvre le gaz de Lacq.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régine Pernoud, Aliénor d'Aquitaine, A. Michel Mayenne, impr. Floch (1965)
  • Danièl Brillet, Histoire Chronologique de l'Aquitaine, (2004)
  • José Gomez de Soto, Pierre-Yves Milcent et al., « La France du Centre aux Pyrénées (Aquitaine, Centre, Limousin, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes) : Cultes et sanctuaires en France à l'âge du Fer », Gallia, vol. 3, t. 60, no 1,‎ , p. 107-138 (DOI 10.3406/galia.2003.3145, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Rouche, L'Aquitaine: des Wisigoths aux Arabes, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Éditions Touzot, 1979, p. 126
  2. Société de l'histoire de France, Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc, Librairie Droz, 1977, p. 44
  3. Jean Froissart, Chronique