Pays basque français

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Localisation du Pays basque français dans l'ensemble du Pays basque.

Le Pays basque français ou Pays basque nord[1],[2],[3],[4],[5],[6] (Iparralde[7] en basque.) constitue la partie septentrionale du Pays basque et la partie occidentale des Pyrénées-Atlantiques.

Présentation[modifier | modifier le code]

Représentant environ 15 % du Pays basque, il est souvent décrit comme la réunion des trois provinces basques situées en France :

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français et le Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques.

Les dénominations Pays basque français et Pays basque de France, qui font référence à la possession de ce territoire par la France, mettent l'accent sur l'identité nationale-étatique[8]. Elles s'opposent à Pays basque espagnol.

Les dénominations Pays basque nord, Pays basque septentrional ou Iparralde (« côté nord » en basque), qui prennent en compte l'environnement ethno-culturel et la géographie, indiquent que ce territoire se situe au nord des Pyrénées ou de l’Euskal Herria (« Pays basque » en basque). Elles s'opposent à Pays basque sud, Pays basque méridional ou Hegoalde (« côté sud » en basque).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français est délimité, au nord par le département des Landes, à l'ouest par le golfe de Gascogne, au sud par la Bidassoa et les Pyrénées, qui le séparent du Pays basque espagnol, et à l'est par le Béarn, qui constitue la partie orientale du département.

La langue basque dans les Pyrénées Atlantiques

Histoire[modifier | modifier le code]

Les trois provinces historiques trouvent leur origine dans des territoires géographiques. Au cours de l'histoire, elles sont intégrées dans le royaume de France :

  • dépendant initialement du duc de Guyenne, également roi d'Angleterre, le Labourd devient possession du domaine royal en 1450. Avec pour capitale Bayonne (Lapurdum en latin), il correspond grosso modo à la zone d'influence des ports de la façade maritime du Pays basque français et en particulier, celle du port commercial de Bayonne ;
  • en 1449, la Soule passe des mains de la couronne anglaise à la vicomté du Béarn qui est rattachée au royaume de France par l'édit d'octobre 1620. La Soule correspond à la vallée de l'affluent Uhaitza (de « ur gaitza » signifiant « eau sauvage »), appelé Saison en français.
  • la Basse-Navarre a une longue histoire commune avec la Navarre du Sud, jusqu'en 1521, lors de la prise de la Navarre par les Castillans. La Basse-Navarre est associée au royaume de France, en même temps que la vicomté du Béarn, par la Maison d'Albret. en 1589, Henri III de Navarre devient Henri IV, roi de « roi de France et de Navarre ». Géographiquement, la Basse-Navarre est intégrée à la grande voie de communication, de l'ouest des Pyrénées correspondant à la zone d'influence de la voie Saint-Palais (Donapaleu) - Saint-Jean-Pied-de-Port (Donibane Garazi) qui se poursuit au sud, via Roncevaux-Orreaga et Pampelune-Iruña.

De même que les territoires historiques du Pays basque espagnol que sont l'Alava, la Biscaye, le Guipuscoa et la Navarre, les territoires historiques du Pays basque français disposent de fors « régionaux » qui représentent l'autonomie de ces territoires. Ces fors sont abolis dans la nuit du 4 août 1789, en pleine effervescence révolutionnaire, de façon totalement arbitraire. Ces assemblées régionales, composées des délégués de chaque commune excluaient ou limitaient le pouvoir des privilégiés de l'époque, à savoir, la noblesse, la bourgeoisie naissante et le clergé. Le Biltzar du Labourd, le plus puissant des trois entités était celui qui avait réussi le mieux, à résister aux pressions de ces privilégiés [réf. nécessaire].

Lors de la division de la France en départements, en 1789, des propositions de créer un département basque, notamment par Dominique Garat, restent sans suite et le , les trois provinces sont regroupées avec le Béarn, les terres gasconnes de Bayonne et de Bidache et le Soubestre pour former le département des Basses-Pyrénées.

Économie[modifier | modifier le code]

Le Pays basque nord ou français possède une forte tradition agricole et de nos jours, l'agriculture tient encore une part importante de l'économie de l'intérieur. Cette dynamique agricole, favorisée par le droit coutumier de l'installation d'un héritier à la ferme, est due à une capacité de développement de filières de qualité comme le fromage de brebis, le vin, le porc Kintoa ou le piment d'Espelette. Toutefois, elle demeure très dépendante de la filière du fromage de brebis ou Ardi-Gasna. Ces dernières années, les filières de circuit court avec des produits de consommation courante sont en pleine expansion. Néanmoins, son économie est avant tout de type touristique et résidentiel, avec ce que cela suppose d'emplois précaires et de difficultés humaines dans une zone à forte tension immobilière. Une dynamique d'entreprises a été toutefois promue par la Chambre de commerce et d'industrie Bayonne-Pays Basque, avec la technopole Izarbel et l'école d'ingénieurs Estia, au centre d'un réseau d'entreprises, mais aussi, grâce à des démarches de territoire rural, comme en Soule, ou urbaine sur la zone de Saint-Jean-de-Luz - Hendaye. Le réseau Hemen-Herrikoa (société de capital-risque solidaire), inspiré de l'expérience coopérativiste MCC (Mondragon Corporación Cooperativa) du Pays Basque sud à la fin des années 70, a également favorisé la création et le développement d'entreprises et de coopératives performantes en Pays Basque nord, qui est devenu le premier territoire coopérativiste d'Aquitaine.

Nationalisme basque ou Abertzalisme[modifier | modifier le code]

Les nationalistes basques ou « abertzale » (patriote) défendent le regroupement du Pays basque nord ou français (Iparralde) et du Pays basque sud ou espagnol (Hegoalde) dans le cadre d'une nation, Euskadi, en obtenant l'indépendance, dans un modèle de rupture capitaliste tiers-mondiste pour la gauche abertzale et dans l'intégration à une Union européenne fédérale pour le PNV, avec la présence de cette nation dans les instances internationales, selon le principe que toute nation dispose du droit fondamental à décider de son avenir. Pour les abertzale, cette nation existe déjà dans leur manière d'être et de vivre au quotidien.

Propositions de réforme institutionnelle[modifier | modifier le code]

En Pays Basque nord, petit territoire périphérique de près de 300 000 habitants, l'évolution institutionnelle est lente mais continue. Par arrêté du 29 janvier 1997, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a reconnu un « Pays basque » comme pays au sens de la loi dite Pasqua de 1995, dont le territoire recoupe approximativement la partie du département peuplée de Basques. Dans les années 1990 et le début des années 2000, la création d'un « département basque » spécifique, disposant de ses propres institutions, comme un conseil général ou une chambre d'agriculture, devient une revendication centrale, qui réunit la majorité des élus locaux et des socio-professionnels.

Elle est désormais dépassée par la formule de « la collectivité territoriale Pays Basque » que le PNV est le premier mouvement à proposer en 2002, puis en 2009. Cette idée est ensuite reprise par la plateforme sociale Batera, avant d'être reprise par les deux conseils de développement et des élus. En 2015, un débat sur une intercommunalité du Pays basque se tient. Cette proposition, prise avec beaucoup de scepticisme par les acteurs locaux, est perçue comme un défi à relever. Le gouvernement français a en effet proposé différents scénarios d'évolution qui pourraient aboutir à la création d’une structure intercommunale qui doterait enfin le Pays basque d’un cadre institutionnel en 2017[9].

Médias[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français et ses trois provinces possèdent des médias locaux.

Télévision
  • Le groupe audiovisuel Euskal Irrati Telebista (EiTB) est une entité publique dépendant du gouvernement basque qui dirige la Communauté autonome basque.
    • ETB 1 : Excepté la Navarre, l'ensemble du territoire basque (nord et sud) peut recevoir la chaîne bascophone ETB 1. Les communes basco-françaises adhèrent à un syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque qui a permis la diffusion de cette chaîne bascophone à l'aide des relais TDF français. À la suite du passage à la télévision numérique, ETB 1 est également accessible via le bouquet satellite Fransat pour les résidents des communes adhérant au syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque.
    • ETB 2, ETB 3, ETB 4 : À la suite du passage à la télévision numérique en 2011, les zones du Pays basque français captant le signal TNT (soit 90 % de la population) peuvent désormais recevoir l'ensemble des chaînes d'Euskal Telebista.
  • France Télévisions
    • France 3 Euskal Herri Pays basque est un décrochage local dépendant de France 3 Aquitaine, créé en 1992.
  • TVPI est une chaîne locale qui diffuse jusqu'à Mont-de-Marsan. Son siège est à Bidart.
Radios
  • Gure Irratia (106.6 - 105.7 – 90.5 Mhz)
  • Antxeta Irratia : radio de la zone d’Irun, Hondarribia, Hendaye, Béhobie et Biriatou.
  • Irulegiko Irratia : Basse-Navarre (91.8 Mhz)
Journaux
  • Sud Ouest propose une édition « Pays basque ». Cependant, cette édition n'intègre pas la Soule qui, elle, est traitée dans l'édition « Béarn & Soule ».
  • Le Journal du Pays basque
  • Gara : quotidien bascophone et hispanophone
  • Berria : quotidien bascophone
  • Herria : hebdomadaire bascophone
  • Le Miroir de la Soule : hebdomadaire
  • Le Journal de Saint-Palais : hebdomadaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manex Goyhenetche, Pays Basque Nord: un peuple colonisé, Éditions Elkar, 1979, 192 pages
  2. Jean-Baptiste Orpustan, 1789 et les Basques: histoire, langue et littérature : colloque de Bayonne, Presses Universitaire de Bordeaux, 1 janv. 1991, 255 pages, (ISBN 2867811155), p.133
  3. Michel Oronos, Jakes Bortayrou, Le mouvement culturel basque, 1951-2001: Filières bilingues, Seaska, AEK, Elkar, 2005, 361 pages, (ISBN 2913156673), p.120
  4. Jean-Marie Izquierdo, Le Pays Basque de France: la difficile maturation d'un sentiment nationaliste basque, L'Harmattan, 2001, 223 pages, (ISBN 2747511529), p.43
  5. Eguzki Urteaga, Le mouvement antimilitariste basque contemporain du Pays Basque Nord, Sociologie, 1996 - 256 pages
  6. (en) José Ignacio Hualde, Joseba Andoni Lakarra et Larry Trask, Towards a History of the Basque Language, Amsterdam; Philadelphia, John Benjamins Publishing,‎ , 365 p. (ISBN 9027236348 et 9789027285676, OCLC 709596553, lire en ligne), p. 11
  7. Txomin Peillen, Parlons euskara: la langue des Basques, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Parlons »,‎ , 271 p. (ISBN 273843391X et 9782738433916, OCLC 33826801), p. 9
  8. La frontière des origines à nos jours par Maïté Lafourcade, Presses Universitaires de Bordeaux, 1998, page 10.
  9. « Construire ensemble une large adhésion à un grand ensemble Pays Basque »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Détours en France, N° 189, juillet-août 2015, Pays basque et le Béarn, 100 pages
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Pays basque français.