Pays basque français

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Le Pays basque français ou Pays basque nord constitue une petite partie septentrionale du Pays basque (15 %) ou la partie occidentale des Pyrénées-Atlantiques. Il est souvent décrit comme la réunion des trois provinces basques situées en France :

Localisation du Pays basque français dans l'ensemble du Pays basque.
Le Pays basque français et le Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques.

Les dénominations Pays basque français et Pays basque de France, qui font référence à la possession de ce territoire par la France, mettent l'accent sur l'identité nationale-étatique[1]. Elles s'opposent à Pays basque espagnol.

Les dénominations Pays basque nord, Pays basque septentrional ou Iparralde (« côté nord » en basque), qui prennent en compte l'environnement ethno-culturel et la géographie, indiquent que ce territoire se situe au nord des Pyrénées ou de l’Euskal Herria (« Pays basque » en basque). Elles s'opposent à Pays basque sud, Pays basque méridional ou Hegoalde (« côté sud » en basque).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français est délimité, au nord; par le département des Landes, à l'ouest par le golfe de Gascogne, au sud par la Bidassoa et les Pyrénées, qui le séparent du Pays basque espagnol, et, à l'est, par le Béarn, qui constitue la partie orientale du département.

La langue basque dans les Pyrénées Atlantiques

Les trois provinces historiques trouvent leur origine dans des territoires géographiques. Au cours de l'histoire, elles furent intégrées dans le royaume de France :

  • Dépendant initialement du duc de Guyenne, également roi d'Angleterre, le Labourd devint possession du domaine royal en 1450. Le Labourd avec pour capitale Bayonne (Lapurdum, en latin), correspond grosso modo à la zone d'influence des ports de la façade maritime du Pays Basque nord et en particulier, celle du port commercial de Bayonne.
  • En 1449, la Soule passe des mains de la couronne anglaise à la vicomté du Béarn qui sera ensuite rattachée au royaume de France en 1620 par l'édit d'octobre 1620. La Soule correspond à la vallée de l'affluent Uhaitza (ur gaitza ou eau sauvage) ou du Saison, en français.
  • La Basse-Navarre a une longue histoire commune, avec la Navarre du Sud, jusqu'en 1521, lors de la prise de la Navarre devenue espagnole par les Castillans. La Basse-Navarre est associée au royaume de France, en même temps que la vicomté du Béarn, via la Maison d'Albret. Henri III d'Albret de Navarre, devient Henri IV, roi de " France et de Navarre ". Géographiquement, la Basse-Navarre est intégrée à la grande voie de communication, de l'ouest des Pyrénées. En Basse-Navarre, elle correspond à la zone d'influence de la voie St Palais (Donapaleu)-St Jean Pied de Port (Donibane Garazi) qui se poursuit au Sud, via Roncevaux-Orreaga et Pampelune-Iruña.

De même que les territoires historiques du Pays Basque sud (Araba, Bizkaia, Gipuzkoa et Nafarroa), les territoires historiques du Pays Basque nord disposaient de fors " régionaux " (autonomie régionale) qui furent supprimés en une nuit, le 4 Août 1789, en pleine effervescence révolutionnaire, de façon totalement arbitraire dans le cas des fors des 3 territoires historiques. Ces Assemblées régionales, composées des délégués de chaque commune excluaient ou limitaient le pouvoir des privilégiés de l'époque, à savoir, la noblesse, la bourgeoisie naissante et le clergé. Le Biltzar du Labourd, le plus puissant des 3 entités était celui qui avait réussi le mieux, à résister aux pressions de ces privilégiés. La bourgeoisie, fer de lance de la Révolution française réussira à détruire ce Biltzar, si gênant pour son pouvoir.

À la fin du royaume de France et lors de la division de la France en départements, en 1789, des propositions de créer un département basque (Dominique Garat) restèrent sans suite et le , les trois provinces sont regroupées dans le nouveau département des Basses-Pyrénées avec le Béarn, les terres gasconnes de Bayonne et de Bidache et le Soubestre.

Économie[modifier | modifier le code]

Le Pays basque nord ou français possède une forte tradition agricole et de nos jours, l'agriculture tient encore une part importante de l'économie du Pays basque intérieur. Cette dynamique agricole, favorisée par le droit coutumier de l'installation d'un héritier à la ferme, est due à une capacité de développement de filières de qualité : fromage de brebis, vin, porc Kintoa, piment d'Espelette, ... Toutefois, elle demeure très dépendante de la filière du fromage de brebis ou ardi gasna. Ces dernières années, les filières de circuit court avec des produits de consommation courante sont en pleine expansion. Néanmoins, son économie est avant tout de type touristique et résidentiel, avec ce que cela suppose d'emplois précaires et de difficultés humaines dans une zone à forte tension immobilière. Une dynamique d'entreprises a été toutefois promue par la CCI Bayonne-Pays Basque, avec la technopole Izarbel et l' école d'ingénieurs Estia, au centre d'un réseau d'entreprises, mais aussi, grâce à des démarches de territoire rural, comme, en Soule ou urbaine, sur la zone de St Jean de Luz-Hendaye. Le réseau Hemen-Herrikoa (société de capital-risque solidaire), inspiré de l'expérience coopérativiste MCC (Mondragon Corporacion Cooperativa), du Pays Basque sud, à la fin des années 70, a également favorisé la création et le développement d'entreprises et de coopératives performantes, en Pays Basque nord. Le Pays Basque nord est devenu le premier territoire coopérativiste d'Aquitaine.

Nationalisme basque ou Abertzalisme[modifier | modifier le code]

Les nationalistes basques ou abertzale (patriote) défendent le regroupement du Pays basque nord ou français (Iparralde) et du Pays basque sud ou espagnol (Hegoalde) dans le cadre d'une nation, Euskadi, en obtenant l'indépendance, pour la Gauche Abertzale, dans un modèle de rupture capitaliste tiers-mondiste et pour EAJ-PNB, dans l'intégration à une Union Européenne fédérale et la présence de cette nation, dans les instances internationales. Toute nation dispose du droit fondamental à décider de son avenir. Pour les abertzale, cette nation existe déjà dans leur manière d'être et de vivre, au quotidien.

En Pays Basque nord, petit territoire périphérique de près de 300 000 habitants, l'évolution institutionnelle est lente mais continue. Par arrêté préfectoral du 29 janvier 1997, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a reconnu un pays « Pays basque » (pays au sens de la loi dite Pasqua de 1995), dont le territoire recoupe approximativement la partie du département peuplée de Basques. Dans les années 90 et le début des années 2000, la création d'un « département basque » spécifique, disposant de ses propres institutions (conseil général, chambre d'agriculture,...) devient une revendication centrale, qui réunit la majorité des élus locaux et des socio-professionnels.

Elle est désormais dépassée par la démarche de " la Collectivité Territoriale Pays Basque " que M. Valls, le Ministre de l'Intérieur du Gouvernement Ayrault, a rejeté sans argumentation. Cette démarche de la Collectivité territoriale Pays Basque était le fruit de 3 ans de travail en commun, entre socio-professionnels et élus, sous l'égide des Conseils de Développement et des élus. EAJ-PNB fut le premier mouvement à proposer cette formule de la Collectivité Territoriale, en 2002, puis en 2009. Cette idée fut ensuite reprise par la plateforme sociale Batera, avant d'être reprise par les deux Conseils de Développement et des Elus. Actuellement, un débat sur une intercommunalité du Pays Basque est en cours. Cette proposition a été prise avec beaucoup de scepticisme par les acteurs locaux. Elle a été perçue comme un défi à relever. La volonté de diviser le mouvement pro-Collectivité Territoriale a paru évidente localement. Le Gouvernement français a en effet proposé différents scénarii d'évolution, en faisant fi de l'étape antérieur, celle de la Collectivité Territoriale.

Médias[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français et ses trois provinces possèdent des médias locaux. Le Groupe audiovisuel EITB (Euskal Irrati Telebista) est une entité publique dépendant du Gouvernement Basque ou Eusko Jaurlaritza, qui gère la Communauté Autonome d'Euskadi (Araba-Bizkaia-Gipuzkoa).

TV
  • ETB 1 :Excepté la Navarre, l'ensemble du territoire basque (nord et sud) peut recevoir la chaîne bascophone ETB 1. Les communes basco-françaises adhèrent à un Syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque qui a permis la diffusion de cette chaîne bascophone à l'aide des relais TDF français. À la suite du passage à la télévision numérique, ETB 1 est également accessible via le bouquet satellite Fransat pour les résidents des communes adhérant au syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque.
  • ETB 2,ETB 3, ETB 4 : à la suite du passage à la télévision numérique en 2011, les zones du Pays basque français captant le signal TNT (soit 90 % de la population) peuvent désormais recevoir l'ensemble des chaînes d'Euskal Telebista.
  • France 3 Euskal Herri Pays basque : décrochage local dépendant de France 3 Aquitaine, créé en 1992.
  • TVPI : chaîne locale, TVPI diffuse jusqu'à Mont-de-Marsan. Son siège est à Bidart depuis 2010 ; il se trouvait auparavant à Bayonne.
Radios
  • Gure Irratia (106.6 - 105.7 – 90.5 Mhz)
  • Antxeta Irratia : radio de la zone d’Irun, Hondarribia, Hendaye, Béhobie et Biriatou.
  • Irulegiko Irratia : Basse-Navarre (91.8 Mhz)
Journaux
  • Sud Ouest : Sud-ouest propose une édition « Pays basque ». Cependant, cette édition n'intègre pas la Soule qui, elle, est traitée dans l'édition « Béarn & Soule ».
  • Le Journal du Pays basque
  • Gara : quotidien bascophone et hispanophone
  • Berria : quotidien bascophone
  • Herria : hebdomadaire bascophone
  • Le Miroir de la Soule : hebdomadaire
  • Le Journal de Saint-Palais : hebdomadaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La frontière des origines à nos jours par Maïté Lafourcade, Presses Universitaires de Bordeaux, 1998, page 10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Pays basque français.