Eymoutiers

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Eymoutiers
Eymoutiers
La mairie.
Blason de Eymoutiers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Limoges
Intercommunalité Communauté de communes des Portes de Vassivière
(siège)
Maire
Mandat
Mélanie Plazanet
2020-2026
Code postal 87120
Code commune 87064
Démographie
Population
municipale
2 064 hab. (2018 en augmentation de 0,34 % par rapport à 2013)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 44′ 24″ nord, 1° 44′ 36″ est
Altitude Min. 316 m
Max. 758 m
Superficie 70,22 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Eymoutiers
(chef-lieu)
Localisation
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Eymoutiers

Eymoutiers (Aimostier [ejmuˈtiː] en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Pelauds[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune d'Eymoutiers en Haute-Vienne.

Localisation[modifier | modifier le code]

Eymoutiers est traversée par la Vienne, et située 49 km au sud-est de Limoges, au centre de la région Limousin. Porte occidentale du plateau de Millevaches, limitrophe du département de la Corrèze, la commune fait partie du parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Son altitude varie de 305 m, dans la vallée de la Vienne, en limite avec les communes de Neuvic-Entier et Bujaleuf, à 753 m, à la limite du département de la Corrèze, entre Souffrangeas et Villevaleix (L'Eglise-aux-Bois), dans le secteur Les Puys de Périgeas. Le sommet est entièrement boisé. En contrebas, la limite départementale longe un chemin sur 2 km, près du village de Freysseix (l'Eglise au Bois).

Eymoutiers se situe en zone de sismicité 1 (sismicité très faible)[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Autorail X 2800 du dépôt de Limoges en gare d'Eymoutiers-Vassivière.

En 1881, une ligne de chemin de fer est ouverte entre Limoges et Eymoutiers.

En 1883, la réalisation du pont métallique au-dessus de la Vienne permet le prolongement de la ligne vers Ussel.

La gare d'Eymoutiers-Vassivière est desservie par autorail avec huit ou neuf allers et retours quotidiens vers Limoges et quatre ou cinq allers et retours vers Ussel. Les autorails X 73500 du dépôt de Limoges remplacent depuis 2007 les X 2800 circulant sur cette ligne de 1982 à 2007.

De à , lors du renouvellement total de la voie ferrée entre Saint-Léonard-de-Noblat et Meymac, une desserte de remplacement par autocars est mise en place sur cette portion de ligne.

En hiver, certains dimanches, il est possible de gagner par train direct la station de sports d'hiver du Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[4]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[5].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[6]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[4]

  • Moyenne annuelle de température : 10,8 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 5 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 5,9 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 15,1 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 1 279 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 14 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 8,3 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[8] complétée par des études régionales[9] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1998 permet de connaître l'évolution des indicateurs météorologiques. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après.

Statistiques 1981-2010 et records EYMOUTIERS (87) - alt : 557m, lat : 45°44'00"N, lon : 01°42'00"E
Statistiques établies sur la période 1998-2010 - Records établis sur la période du 01-01-1998 au 04-07-2021
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,2 1,3 3,5 5,7 9,4 12,7 13,8 14 11,3 8,9 3,8 1,4 7,3
Température moyenne (°C) 3,9 4,6 7,4 9,9 14 17,6 18,7 18,8 15,7 12,4 6,6 4,1 11,2
Température maximale moyenne (°C) 6,7 7,9 11,3 14 18,5 22,5 23,6 23,6 20 15,9 9,4 6,8 15,1
Record de froid (°C)
date du record
−9,8
30.01.05
−12,9
09.02.12
−11,8
01.03.05
−2,9
07.04.21
0,2
05.05.19
4,6
01.06.11
7,2
12.07.00
7,1
28.08.1998
1,8
25.09.02
−2,6
25.10.03
−8,6
22.11.1998
−10,9
19.12.09
−12,9
2012
Record de chaleur (°C)
date du record
17
30.01.02
23,4
27.02.19
24,4
14.03.12
27,5
30.04.05
30
26.05.05
37,5
26.06.19
38
23.07.19
37,1
12.08.03
32,1
14.09.20
28,7
12.10.01
22,7
08.11.15
18,2
17.12.15
38
2019
Précipitations (mm) 95,9 79,7 98,3 132,7 102,8 85,2 103,8 92,3 77,8 96,9 118,8 97,9 1 182,1
Source : « Fiche 87064005 », sur donneespubliques.meteofrance.fr, edité le : 06/07/2021 dans l'état de la base


Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Eymoutiers est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 3],[10],[11],[12].

La commune est en outre hors attraction des villes[13],[14].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (55,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (55,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (53,4 %), prairies (32,9 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), zones urbanisées (2,5 %), terres arables (2,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %)[15].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le saint fondateur[modifier | modifier le code]

Psalmet serait né au VIe siècle, en Irlande et eut pour précepteur le saint abbé Brandan. Cherchant la solitude, ils décidèrent de partir sur une barque et vinrent mouiller dans un port de Saintonge où ils furent reçus par le bienheureux Léonce. Là, Psalmet fit tant de miracles que la réputation qu'il avait acquise nuisait à son souhait pour la solitude et la vie cachée.

Il partit pour le Limousin et s'arrêta dans un lieu désert, près d'Eymoutiers, puis s'installa à Grigeas dans une forêt épaisse. Un loup mangea l'âne qui lui portait ses fardeaux et le saint commanda au féroce animal de remplacer l'âne dans ses travaux. Psalmet récitait tout le psautier et priait des nuits entières d'où le nom qui lui fut donné. Il délivra un homme d'un serpent qui l’avait avalé, rendit la vue à une femme, guérit la fille du duc d'Aquitaine du venin d'un aspic qui l'avait mordue et fit bien d'autres miracles. Les pèlerins affluaient et Psalmet, pour retrouver sa quiétude, obtint de Dieu qu'il lui retirât ce pouvoir, puis il pria jusqu'à sa mort, vers 630.

À sa mort, il fut inhumé sur les bords de la Vienne et sur son tombeau fut construit une petite église, desservie par un monastère de chanoines.

« Ce monastère était au pied de la colline. Moutier veut lui-même dire "monastère" et la colline "agentus" est celle de Château "Ayen-Moutiers" (le monastère "sous" la colline, contracté en "Aymoutiers" puis "Eymoutiers"). »

— Noms de lieux en Limousin, Marcel Villoutreix

Une véritable petite « ville »[modifier | modifier le code]

Autour du monastère se développe un noyau d'habitats. Celui-ci devient vite le fief de l'évêque de Limoges, qui y fait construire un château (aujourd'hui disparu). En 1428, la ville d'Eymoutiers reçoit de l'évêque, Pierre III de Montbrun, son suzerain, sa charte d'affranchissement[16]. L'évêque et le chapitre sont restés seigneurs justiciers de la ville. Les nobles, bourgeois, marchands, habitants et manants d'Eymoutiers ont obtenu de leurs coseigneurs, l'évêque et le chapitre, diverses franchises et libertés. Les consuls d'Eymoutiers n'ont jamais joui du droit de justice. Ils sont autorisés à entourer la ville de murailles, de tours et de fossés. Ainsi libre et indépendante, une muraille est construite entourant la ville.

Extrait du Pouillé de 1520. Ancien diocèse de Limoges[17].

En raison de son statut particulier, Eymoutiers n'apparaît pas dans le Pouillé de 1315. En revanche, en 1520, on identifie dans la liste des paroisses du diocèse de Limoges : l'église Notre Dame, l'église Saint Pierre du Château et l'église de Bussy, toutes trois comptées dans l'archiprêtré d'Aubusson et rattachées au chapitre d'Eymoutiers. Elles ont maintenant disparu.

En 1629, le couvent des ursulines est édifié à Eymoutiers sur l'ordre de monseigneur François de La Fayette. On s'y consacre à l'éducation des jeunes filles. En ce qui concerne les garçons, il fallut attendre 1778 et la construction du collège de garçons par monseigneur Louis de Plessis d'Argentré.

La capitale de la tannerie limousine[modifier | modifier le code]

À partir du XIe siècle, se développe à Eymoutiers la corporation des tanneurs ; fabricants de cuir fait à partir de peaux et de tan, écorces de chêne et de châtaignier broyées. C'est de là que les habitants d'Eymoutiers tiennent leur nom : les « pelauds » (ceux qui pèlent la peau). Cet artisanat a connu son apogée au XVIIe siècle (on comptait vingt tanneries à Eymoutiers en 1628). Elles étaient toutes installées en bordure de Vienne. Les « tanateurs » ont profité d'une grosse production locale de bovins fournissant une matière première de bonne qualité et d'une eau pure, non calcaire pour faire reverdir les peaux après le séchage. Les peaux étaient utilisées sur place dans la bourrellerie et la chaussure, le reste de la production était vendu dans tout le Limousin. On expédiait dans la région de Lyon et de Grenoble des peaux brutes de chèvres et de chevreaux.

Les maisons des tanneurs possédaient des greniers à claires-voies utilisés pour le séchage des peaux. Mais comme ces surfaces se sont vite avérées insuffisantes, il fallut équiper du même système de nombreuses maisons du bourg. Quelques-uns de ces greniers subsistent encore, donnant un cachet particulier à ces vieilles maisons. Un moulin à écorces sera construit près du pont de Peyrat. Il servira à réduire en poudre les écorces de chêne et de châtaignier afin d'obtenir le tan utilisé dans le traitement du cuir.

Au XVIIe siècle donc, cette activité florissante occupait un nombre considérable d'ouvriers. Les « tanadours » et « couréadours » d'Eymoutiers se sont rapidement regroupés en confrérie. Cette confrérie avait une vocation surtout religieuse, faisant célébrer des messes, s'occupant des pauvres et des infirmes du métier. Mais les frères n'oubliaient pas le temporel et les statuts prévoyaient jusqu'à cinq banquets annuels. Juste compensation face aux rigueurs de ce métier. Ils travaillaient toujours les mains dans l'eau, le sel et le tan ; les peaux séchaient l'hiver dans ces greniers ouverts, le froid envahissait donc les maisons sans parler de la forte odeur qui devait y régner.

Le 27 décembre 1870 le ballon monté Tourville s'envole de la gare d'Orléans à Paris alors assiégé par les Prussiens et termine sa course à Eymoutiers après avoir parcouru 433 kilomètres[18].

Le bourg fut desservi de 1912 à 1949 par une ligne de chemin de fer secondaire exploitée par la Compagnie des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne. L'une des quatre lignes de ce réseau de tramways électriques — voies à écartement métrique — reliait Limoges et Peyrat-le-Château en passant par Eymoutiers.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La gare d'Eymoutiers fut le théâtre d'un attentat organisé par la résistance locale. Sur la façade côté rue est posée une plaque :

« Pas de foin pour Hitler.
Ici le 12/12/1942 était détruite par Georges Guingouin la botteleuse du ravitaillement général, première opération de ce genre pour la Haute-Vienne. »

Le fut décidée et menée par Georges Guingouin et quelques hommes, une action de commando, préférée à un simple déraillement facilement réparable, qui sera la destruction à l'explosif d'un pilier soutenant 2 arches du viaduc de Bussy-Varache sur la voie ferrée Limoges-Ussel, les rails et traverses de la voie pendent dans le vide, obligeant à un long transbordement des marchandises par l'occupant jusqu'à la Libération. Ce sera la preuve éclatante de l'existence d'un maquis offensif et très organisé.

Une nouvelle dimension est atteinte dans l'aura de la Résistance armée, avec l'« affaire de Farsac ». Un groupe de maquisards, dit « du commandant Fernand »), est caché dans les caves d'une ferme. Le , probablement sur dénonciation, ils sont attaqués par un bataillon allemand. La fusillade fait trois morts et plusieurs blessés. La tragédie est avivée par l'arrestation des fermiers : Mélanie Périgaud, qui mourra en déportation à Bergen-Belsen, et son fils qui reviendra marquer à vie par son séjour au camp de Mauthausen.

Le , jour de foire à Eymoutiers, passage dramatique d'une unité de la Wehrmacht (division Brehmer). Répression aveugle (exécutions sommaires) et rafle d'une soixantaine de juifs assignés à résidence[19]. En réponse de la part de la Résistance, exécution publique, place d'Armes, d'un groupe de 6 hommes prétendus collaborateurs dont le notaire Maître Brenac, malgré l'intervention courageuse d'un prêtre réfugié à Eymoutiers, « le curé lorrain ». Jean Boyon, originaire de Niederbronn-les-Bains et secrétaire à la mairie d'Eymoutiers pour les réfugiés de Niederbronn et Gélucourt en Moselle, réchappa à cette exécution. Son épouse Marie Marguerite Mougin-Boyon cacha, pendant la rafle du , Henriette Lévi, son mari Jean Boyon et de Mr Fantouillet, maire de la ville (à cette date, Fantouillet n'était plus maire, il avait été poussé à la démission par la Résistance, à la suite des combats de Farsac). Avec sang-froid, elle était parvenue, avec la femme du maire, à contenir les Allemands de la division Brehmer dans leur perquisition. Marie Marguerite Mougin-Boyon sauva plusieurs juifs de la déportation avec son frère Paul Mougin de Mulhouse.

Sous la direction de Louis Godefroy, Compagnon de la Libération. Les FTPF mènent des opérations à Eymoutiers, Egletons et Tulle, qu’il commande personnellement

 : défilé d'un groupe de maquisards FTP, puis cérémonie au monument aux morts. Mais le 18, les Allemands sont de retour. Des combats ont lieu à La Condamine, où 7 résistants perdent la vie. Jusqu'au , l'occupant mène des opérations en ville, qu'il quitte le 24.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie, située dans l'ancien couvent des Ursulines[20].
Liste des maires successifs[21]
Période Identité Étiquette Qualité
1900 décembre 1919 Aristide Pradet Radical Médecin
Conseiller général du canton d'Eymoutiers (1896 → 1910)
décembre 1919 septembre 1939[Note 4]
(destitué)
Jules Fraisseix SFIO puis
PCF
Médecin
Conseiller général du canton d'Eymoutiers (1910 → 1940)
Député de la Haute-Vienne (1928 → 1932)
mai 1945 novembre 1952
(décès)
Jules Fraisseix PCF Médecin
Conseiller général du canton d'Eymoutiers (1945 → 1952)
Sénateur de la Haute-Vienne (1946 → 1948)
novembre 1952 mars 1989 Jean Fraisseix PCF puis
Communiste indépendant[Note 5]
Médecin
Conseiller général du canton d'Eymoutiers (1953 → 1967)
mars 1989 juillet 2019 Daniel Perducat[22] PS[Note 6] Chargé d'études retraité
juillet 2019 En cours Mélanie Plazanet[23] DVG[24] Auto-entrepreneur[réf. nécessaire], conseillère régionale

Jumelages[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Eymoutiers 87.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

  • De sinople aux deux bandes d’or.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[26].

En 2018, la commune comptait 2 064 habitants[Note 7], en augmentation de 0,34 % par rapport à 2013 (Haute-Vienne : −0,71 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 1601 5213 1281 5063 4363 5433 4913 8303 823
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 5393 5723 8883 9194 0894 3274 3024 1924 557
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 2134 0894 0943 6343 6013 6383 6733 3823 330
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
3 1953 1082 9332 6352 4412 1152 0682 0622 055
2013 2018 - - - - - - -
2 0572 064-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique

Le résultat de 1896 est surprenant. Comment la commune a-t-elle pu gagner 365 habitants en cinq ans ? (soit + 9 %), alors qu'elle avait amorcé un léger déclin à la fin de la décennie 1880. Puis les reperdre aussi vite (1901) ? Les résultats du recensement de 1896 paraissent donc très douteux. D'autant qu'ils représentent le maximum démographique. Ce dernier serait plutôt celui de 1881 : 4 327 habitants.

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • Collège Georges-Guingouin avec enseignement complet. Cet établissement fut, dans un premier temps, nommé Marcel Cachin, délibération cassée par la préfecture. Cette alternative : ou le grand résistant que fut Guingouin, victime des purges du parti communiste au plus fort de sa période stalinienne, ou Cachin, apparatchik emblématique de cette même période, est très représentative des querelles et des haines qui perdurèrent dans cette région d'affrontements longtemps après la guerre.
  • Ecole maternelle et élémentaire, ainsi que d'une crèche laïque ouverte en 2010.
  • Ecoles élémentaires dans les hameaux de Bethe, Bussy-Varache, la Roche (le village du Theil fut un temps envisagé).

Santé[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs professionnels de santé (médecins généralistes, pharmacie, dentiste, etc.), des services d'ambulance et un vétérinaire ; certains professionnels sont rassemblés au sein de la maison de santé pluridisciplinaire des Portes de Vassivière[29].

Sport, vie associative[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

  • Club de football, l'ASE, aux couleurs jaune-bleu, qui connut son heure de gloire dans les années 1950-1960.
  • Rugby.
  • Judo.
  • Canoë-kayak.
  • Athlétisme dans les années 1930, pratiqué brièvement.
  • Basket féminin en plein air après la Seconde Guerre mondiale.
  • Hand-ball dans les années 1970.
  • Cyclisme avec sa course professionnelle très réputée, le Grand prix de Macaud, qui vit participer de nombreuses gloires comme Raymond Poulidor, Jacques Anquetil, Fausto Coppi, Charly Gaul, Louison Bobet.
  • Course de côte automobile de qualité pendant quelques années.
  • Piscine de plein air chauffée très fréquentée en été.

Autres associations[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine campanaire[modifier | modifier le code]

La commune, qui est membre de l'Association campanaire limousine[37], dispose de 15 cloches au total situées dans les bâtiments suivants :

  • Collégiale Saint-Étienne (nombre : 3)
  • Chapelle Saint-Gilles (nombre : 2)
  • Chapelle Saint-Jean de l'Hôpital (nombre : 1)
  • École du bourg (mairie) (1 cloche murale)
  • Cloche de l'annonceur de rue dite « cloche du Tonin » (1)
  • Hôtel-Dieu (nombre : 1, installée à la maison de retraite)
  • Maison du tanneur (1 cloche murale)
  • Ancien hôtel (1 cloche murale)
  • École des sœurs (1 cloche murale)
  • École de Bussy-Varache (1 cloche murale)
  • Château de Farsac (1 cloche murale)
  • Château de Beaune (1 cloche murale)

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

  • Cinéma Le Jean-Gabin, avec salle à gestion associative[Note 8].
  • Une troupe de théâtre amateur, réputée depuis longtemps pour ses pièces de théâtre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • François Dumont-Saint-Priest, homme politique né le à Eymoutiers et mort le à Limoges.
  • Nicolas Ducheyron, colonel et général français de la révolution né le à Eymoutiers et mort le à Salzbourg.
  • François Valière, général, gouverneur du Sénégal de 1869 à 1876, né le à Eymoutiers.
  • Léon, Théophile Raymond, né le à Eymoutiers, médecin conseiller général radical de Limoges-Nord. Élu sénateur en 1907, réélu en 1909 (groupe de la gauche démocratique).
  • Jules Fraisseix (1872-1952) Médecin de campagne, résistant ; membre du parti socialiste SFIO, puis du parti communiste. Conseiller général (1910-1952) et maire (1919-1952). Premier député communiste de Haute-Vienne (1928-1932), révoqué en tant que maire par le gouvernement Daladier en septembre 1939. Premier et unique sénateur communiste de Haute-Vienne (1946-1948). Il soigna Georges Guingouin blessé après son retour en juin 1940.
  • Clément Cazaud, parlementaire sous la Troisième République, né le à Eymoutiers.
  • Marcelle Chaumont, couturière née en 1891 à Eymoutiers.
  • Robert Garraud (1910-1988), né à Eymoutiers, député des Hautes-Alpes en 1958.
  • Georges Guingouin, né le à Magnac-Laval et mort le à Troyes. Résistant et homme politique français, militant jusqu'en 1952 du Parti communiste français (PCF), il joue un rôle de premier plan dans la résistance, se fait appeler « Raoul » en étant à la tête des maquis de la montagne limousine (il est surnommé « lou Grand » et le « Préfet du Maquis »).
  • Jean Fraisseix (1922-2007), neveu de Jules Fraisseix. Né à Paris, où son père Louis était horloger, il fut le successeur professionnel et politique de son oncle. Ayant fait ses études à Paris, après avoir participé à la Résistance, il s'installe à Eymoutiers en 1952. Membre du PCF, il hérite des mandats de maire, puis de conseiller général, mais n'eut jamais de mandat national. D'un tempérament très indépendant, il se heurta souvent à la direction de son parti (guerre d'Algérie, contrôle des naissances…). Exclu en 1961, mais constamment réélu à la mairie jusqu'en 1989, il fut un administrateur très volontaire, notamment en matière d'équipements (dispensaire, écoles, collège — décision du conseil de Jules, réalisation par celui de Jean — piscine, halle des sports…) ou de réalisations pour la jeunesse (centre aéré, colonie de vacances).
  • Paul Rebeyrolle, peintre né le à Eymoutiers, mort le à Boudreville (Côte-d'Or). Un espace d'exposition porte son nom.
  • Cyril Jonard (né en 1976), judoka français, champion paralympique en 2004, vice-champion paralympique en 2008.
  • Matthieu Vaxivière (né en 1994), coureur automobile originaire d'Eymoutiers.

Films tournés à Eymoutiers[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Dubois, « Monographie du canton d'Eymoutiers : la ville d'Eymoutiers », p. 262-348, dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1899, tome 47 (lire en ligne)
  • Abbé A. Lecler, « Chronique des Ursulines d'Eymoutiers », p. 205-289, dans Chroniques ecclésiastiques du Limousin, 1890 (lire en ligne)
  • Dossier « Eymoutiers » dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. 141, 2013, p. 5-149

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Sur l'histoire politique du XXe siècle, quatre mémoires universitaires :
    • Michel Patinaud, « Un canton rouge, laboratoire du communisme rural : 1945-1990 », 1991 (université de Toulouse le Mirail)
    • Michel Patinaud, « Un dissident du PCF : Jean Fraisseix (1952-1989) », 1992 (université de Limoges)
    • Emmanuelle Balot, « Les pouvoirs locaux dans le canton d'Eymoutiers : 1935-1953 », 1993 (université de Limoges)
    • Lionel Lemasson, « Un exemple d'implantation socialiste et communiste en Haute Vienne : 1898-1939 », 2001 (faculté de droit de Limoges/Pulim)
  • Dominique Danthieux, « Le département rouge (1895-1940) » (thèse), 2005 (Limoges/Pulim)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[7].
  3. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  4. À la suite de la signature du Pacte germano-soviétique, il est destitué de ses fonctions électives.
  5. Exclu du PCF en 1961, il est réélu sous l'étiquette « communiste indépendant ».
  6. Depuis 2014, ni « PS », ni « socialiste », ni même « gauche » n'apparaissent dans aucun intitulé de l'équipe municipale.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  8. Jusqu'aux années 1980, ce cinéma était à statut commercial, mais il était doublé par un ciné-club géré par une amicale laïque.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr, consulté le 27/09/2008.
  2. Carte IGN sous Géoportail
  3. Plan séisme.
  4. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  5. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  6. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  7. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  8. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  9. [PDF]« Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Nouvelle-Aquitaine », sur nouvelle-aquitaine.chambres-agriculture.fr, (consulté le )
  10. « Typologie urbain / rural », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  11. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  12. « Comprendre la grille de densité », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  13. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  14. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  15. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  16. Alfred Leroux, Émile Molinier, Antoine Thomas, CIV-Lettre d'affranchissement de la commune d'Eymoutiers. 1428, dans Documents historiques, bas-latins, provençaux et français : concernant principalement la Marche et le Limousin, Imprimerie-libraire Vve H. Ducourtieux, Limoges, 1883, tome 1, p. 235-248 (lire en ligne).
  17. Source : Archi. dept. 87.
  18. Ballon no 52 : Le Tourville.
  19. Plaque à la maison municipale de Toulondit / fonds documentaire à la bibliothèque intercommunale.
  20. a et b « Mérimée : Couvent d'Ursulines Collège des Ursulines », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
  21. « Les maires de la commune » (consulté le ).
  22. [PDF]Site officiel de la préfecture de Haute-Vienne - liste des maires
  23. Mélanie Plazanet succède à Daniel Perducat à la place de maire d'Eymoutiers
  24. Voir sur politiquemania.com.
  25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  29. « Santé », sur Commune d'Eymoutiers (consulté le ).
  30. Les Chiffres clés de la Haute-Vienne, 2011, Chambre de commerce et d'industrie de Limoges et de la Haute-Vienne, p. 16.
  31. « Eglise Saint-Etienne », notice no PA00100306, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. « Tour d'Ayen », notice no PA00100309, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  33. « Maison dite de la Tour d'Ayen », notice no IA00031149, base Mérimée, ministère français de la Culture (consulté le 2 avril 2011).
  34. « Maison dite Maison du Maître Tanneur », notice no PA00100307, base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 2 avril 2011 .
  35. « Maison Romanet », notice no PA00100308, base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 2 avril 2011.
  36. « Article du Populaire », sur lepopulaire.fr, .
  37. Voir : clocheslimousines.fr.