Jean-Baptiste de La Quintinie

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Jean-Baptiste de La Quintinie
Description de l'image La Quintinie Jean de 1626-1688.jpg.
Naissance
Chabanais
Décès (à 62 ans)
Versailles
Nationalité France
Profession
Famille
sa femme Demoiselle Marguerite joubert

Jean-Baptiste de La Quintinie[1], né le à Chabanais[2] et mort le à Versailles, est un avocat, jardinier et agronome français qui fut le créateur du Potager du roi à Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le deuxième des trois fils de Guillaume de La Quintinie, procureur fiscal puis conseiller du roi, issu d'une famille établie depuis le XIVe siècle à Chabanais, et de Françoise Morand issue d'une célèbre famille de chirurgiens[3]. Il fait ses études au collège des Jésuites à Poitiers, puis à la faculté, où il étudie la philosophie et le droit. Se destinant à la profession d’avocat, il réalise des études de droit à l'issue desquelles il est reçu à Paris comme avocat au Parlement et maître des requêtes de la reine[4].

En 1653, il devient le précepteur du fils unique du président de la Chambre des comptes, Jean Tambonneau. Il aurait accompagné (mythe probable car aucun document ne l'atteste) son élève pour son « voyage d’humanités » en Italie, pays déjà réputé pour ses jardins dont il s'inspire, et y aurait découvert sa vocation. Il visite au passage le jardin des plantes de Montpellier[4].

À son présumé retour d’Italie, il décide d’abandonner le barreau pour se consacrer au jardinage. Féru d’auteurs anciens comme Pline l'Ancien et Columelle[5], il se met au fait des théories contemporaines et s’exerce à leur pratique grâce au président Tambonneau qui lui confie le jardin de son hôtel particulier situé rue de l’Université à Paris. Ses salons sont fréquentés par des personnes importantes, le Grand Condé, Colbert, mademoiselle de Montpensier, entre autres.

Il effectue ensuite deux voyages en Angleterre, comme beaucoup de jardiniers français à l’époque, il en gardera une correspondance avec la Société royale de Londres[4]. Sollicité par Jacques II, roi d’Angleterre, pour s’occuper de ses jardins, comme son prédécesseur André Mollet, il décline cette offre et préfère retourner en France[6].

Jean-Baptiste de La Quintinie, statue surplombant le grand carré central du Potager du roi, un greffon dans la main gauche et une serpette dans la main droite.

En 1661, il est chargé par le surintendant des finances Nicolas Fouquet de gérer les jardins de son château de Vaux-le-Vicomte. Il fait partie d’une équipe de créateurs qui comprend aussi Le Nôtre, Le Vau et Le Brun.

La même année, après la disgrâce du surintendant Fouquet, ils passent tous au service du roi Louis XIV. La Quintinie est d’abord chargé de gérer le potager créé par Louis XIV à Versailles et de fournir en fruits et légumes la table du roi.

En 1662, il épouse Marguerite Joubert qui lui donne trois fils : François-Jérôme, Michel et Gabriel-Louis. Seul Michel lui survit et fait publier en 1690 son traité Instruction pour les jardins fruitiers et potagers dans lequel il se met en scène, intervenant dans les jardins potagers et fruitiers à Sceaux, Rambouillet[7].

Par la suite, il s’occupe successivement des jardins de grands personnages de l’époque, notamment en 1665 à Chantilly chez le prince de Condé, ensuite à Choisy-le-Roi chez Mademoiselle de Montpensier, à Rambouillet chez le duc de Montausier, et encore plus tard à Sceaux au service de Colbert. En 1667, il intervient à Versailles dans l'ancien potager de Louis XIII.

Le , Il est présenté par Colbert à Louis XIV qui le nomme « directeur des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales », charge créée spécialement pour lui[8].

En 1678, il entreprend la création du nouveau potager du roi, achevé cinq ans plus tard en 1683. Ce jardin existe encore et est classé monument historique depuis 1921.

En récompense des services rendus, il est anobli en 1687 par Louis XIV. Il meurt le dans la maison que le Roi avait fait construire pour lui, près du potager de Versailles. Louis XIV confie à sa veuve : « Madame, nous avons fait une grande perte que nous ne pourrons jamais réparer. »[8]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Au service du roi, il ne cesse d’améliorer les productions de ses jardins :

  • acclimatation des espèces fragiles, figuiers, melons ;
  • culture des orangers en pleine terre, recouverts d'une serre amovible de bois et de verre lors de la mauvaise saison ;
  • production des fruits et des légumes à contre-saison : laitues en janvier, fraises en mars, etc. ;
  • précurseur des cultures de primeurs : à cet effet, il met au point, entre autres, un système de culture sous châssis vitrés et sous cloches de verre  ;
  • technique de la culture en espalier des arbres fruitiers. Ainsi les poiriers, pêchers (plus de trente sortes différentes), pruniers et figuiers poussent tous à la chaleur et à l’abri des vents dominants ;
  • création sur le même principe que l’orangerie, d'une figuerie, afin d'offrir des figues au roi dès la mi-juin, et ce pendant six mois ;
  • mise en évidence de l'importance de la greffe pour l'amélioration des plantes[5].
  • réfutation des traditions populaires notamment en ce qui concerne les phases de la lune[9].

Publications[modifier | modifier le code]

En 1690, deux ans après sa mort, parait son Instruction pour les jardins fruitiers et potagers qui rassemble son expérience et ses réflexions, notamment sur les méthodes de forçage des légumes et de taille des arbres fruitiers.

Blason de J.-B de la Quintinye

Héraldique[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste de La Quintinie est anobli en 1687 par le roi Louis XIV qui lui accorde un brevet d'armoiries portant le blasonnement suivant :

D'argent au chevron d'azur accompagné en chef de deux étoiles du même et en pointe d'un arbre de sinople[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Il a eu notamment comme élève René Dahuron.
  • Tous les ans, sa ville de naissance Chabanais célèbre La Quintinie et les jardiniers lors du premier week-end d’octobre[11].
  • Frédéric Richaud a publié un récit/roman intitulé Monsieur le Jardinier, Grasset, 1999, centré sur la figure de La Quintinie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve également l'orthographe Quintinye.
  2. Délias 2003, p. 21.
  3. Dominique Garrigues, Jardins et jardiniers de Versailles au grand siècle, Editions Champ Vallon,‎ 2001, p. 316
  4. a, b et c Florent Quellier, Histoire du jardin potager, Armand Colin,‎ 2012, 192 p. (ISBN 2868477909)
  5. a et b Bruno de Dinechin, Duhamel du Monceau. Connaissance et mémoires européennes, 1999 (ISBN 2-919911-11-2).
  6. Daniel Meiller, Paul Vannier, Le grand livre des fruits et légumes : histoire, culture et usage, La Manufacture,‎ 1991, p. 90
  7. Délias 2003, p. 139
  8. a et b Stéphanie de Courtois, Le potager du roi, Actes sud,‎ 2003, p. 8
  9. Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. Volume 1, page 65
  10. Raymonde de Bellaigue, Le Potager du roy, 1698-1793, Versailles, École nationale supérieure d'horticulture,‎ (ISBN 2-903906-00-9), p. 5.
  11. Chabanais, Cité de La Quintinie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

La Quintinie est célèbre surtout par ses œuvres, notamment son traité posthume Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. Sa vie est par contre moins connue et quelques éléments de sa biographie sont donnés dans une notice qui lui est dédiée en 1697 dans les Hommes illustres de Charles Perrault.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José Délias, De Chabanais à Versailles, Jean-Baptiste de la Quintinie, jardinier de Louis XIV (1626-1688),‎ , 174 p. (ISBN 2-9520252-0-7)
  • José Délias, La Quintinie, jardinier du roi Louis XIV (1626-1688), Transmettre,‎ , 223 p. (ISBN 9791092389029)
  • Demonceaux Louis, Notice sur J.-B. de La Quintinie, son style et son caractère, Versailles, Beau, 1872.
  • Bruno de Dinechin, Duhamel du Monceau. Connaissance et mémoires européennes, 1999 (ISBN 2-919911-11-2)
  • Dominique Garrigues, Jardins et jardiniers de Versailles au Grand Siècle, Champ Vallon, 2001, p. 118-120 (ISBN 2876733374 et 9782876733374) (Extrait en ligne)
  • Jacques Gervais, Le jardinier du roi, J.-B. de La Quintinie, Paris, Stock, 1944.
  • (it) Antonio Saltini, Storia delle scienze agrarie, t. II, I secoli della rivoluzione agraria, Bologne, Edagricole, 1987, p. 33-48

Liens externes[modifier | modifier le code]

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