Famille Nairac

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La famille Nairac est une famille française, originaire du Tarn, qui a prospéré dans le négoce et le commerce maritime à Bordeaux et à Maurice aux XVIIIe siècle et XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Nairac, de tradition protestante, étaient forgerons, puis armuriers, à Gijounet (Tarn) aux XVIe siècle et XVIIe siècle.
Au XVIIIe siècle, ils se lancèrent avec succès dans le raffinage de sucre, le négoce, et l'armement maritime à Bordeaux.

David Nairac, maitre serrurier à Gijounet, marié vers 1625 avec Judith Calvet, eut trois fils auteurs de trois branches :

  • Philippe Nairac (1628-1708), armurier à Gijounet, auteur de la branche ainée, implantée à Bordeaux vers 1750, puis à Maurice vers 1830, dont postérité patronymique à Maurice et à Bordeaux
  • Jean Nairac (1634-1706), armurier à Gijounet, auteur de la branche cadette, implantée à Bordeaux à partir de 1720
  • Alexandre Nairac (1646-1712), marchand à Castres (Tarn), auteur de la troisième branche, qui se partagea entre Castres et Bordeaux à partir de 1670

Branche de Jean Nairac[modifier | modifier le code]

Jean Nairac (1634-1706) fut entre autres père de Paul Nairac (1694-1759), raffineur et armateur à Bordeaux, dont trois fils développèrent avec succès le commerce maritime, et notamment la traite négrière :

Pierre Paul Nairac (1732-1812)[modifier | modifier le code]

Pierre-Paul Nairac était armateur et raffineur, associé à son frère Élisée et à son fils Laurent Paul. Il possédait une flotte de quatre navires, dont trois navires négriers, et deux raffineries de sucre[1] dans le quartier Sainte-Croix à Bordeaux. Il fut député du tiers-état aux États généraux de 1789[2].

Il fit construire entre 1775 et 1777 un hôtel particulier à Bordeaux, dénommé Hôtel Nairac[3], selon les plans dressés par l'architecte Victor Louis. Le coût de l'opération fut de 233 000 livres. Nairac revendit cet hôtel particulier à des négociants en 1792[4].

Élisée Étienne Nairac (1734-1791)[modifier | modifier le code]

Frère cadet du précédent, Élisée Nairac rejoint en 1790 la franc-maçonnerie bordelaise dans la loge « L'Amitié »[5]. Il fit construire en 1786 le château Nairac à Barsac[6].

Jean-Baptiste Nairac (1738-1817)[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Nairac, né à Bordeaux, s'établit à La Rochelle comme négociant. En 1773, il était syndic de la chambre de commerce de La Rochelle. Le 24 germinal an V, le département de la Charente-Inférieure l'envoya siéger au Conseil des Cinq-Cents[7]. Il fut sénateur sous l'Empire.

La traite négrière[modifier | modifier le code]

De 1764 à 1792, les trois frères Nairac ont organisé 24 expéditions, dont 18 déportèrent plus de 8 000 Africains[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historia : Des négriers si prospères
  2. Pierre-Paul Nairac sur le site de l'assemblée nationale
  3. L'hôtel particulier est situé cours de Verdun et abrite la cour administrative d’appel de Bordeaux depuis le 23 décembre 1999.
  4. Bordeaux : cour administrative d’appel de Bordeaux
  5. Éric Saugera, Bordeaux, port négrier. XVIIe – XIXe siècles, J&D - Karthala, 1995, (ISBN 2-84127-042-4)
  6. Sur la trace de la traite des noirs à Bordeaux de Danielle Pétrissans Cavailles
  7. Jean-Baptiste Nairac sur le site de l'Assemblée nationale
  8. Eric Saugera, « La famille Nairac et la traite négrière », sur les.traitesnegrieres.free.fr, (consulté le 15 juin 2016)

Article connexe[modifier | modifier le code]