Plantation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Plantation (homonymie).
Une plantation d'hévéa en Malaisie.
Planteuse destiné aux plantations mécaniques des plantes

Une plantation est une exploitation agricole en monoculture de cultures à forte valeur économique destinées à la vente vers des marchés internationaux. La plantation est souvent associée à certaines cultures tels le coton, la canne à sucre, le café, la banane, l'ananas, l'Aloé Véra, le teck, le cacao, la coca, le chanvre, le pavot, l'hévéa, le sisal, l'Indigofera, le poivre, le tabac, les fleurs ou la vanille.

Les premiers exemples de plantations ont été les latifundia de l'Antiquité, qui ont produit de grandes quantités de vin et d'huile d'olive pour l'exportation. Les plantations ont vu leur nombre augmenter rapidement avec l'augmentation du commerce international et le développement d'une économie mondiale qui ont suivi l'expansion des empires coloniaux européens.

Les plantations coloniales des Amériques ont employé des populations déportées du continent africain et mises en esclavage, et des serviteurs engagés comme main-d'œuvre. Les plantations ont ainsi été associées à de grandes disparités de richesse et de revenu, à la propriété étrangère, à l'influence politique et à l'acculturation.

Le terme « plantation » peut aussi être employé pour parler d'une plantation forestière. Dans les Antilles et en Guyane, on parlera d'habitation.

L'esclavage et les plantations[modifier | modifier le code]

Récolte de la canne à sucre par des esclaves sur l'île de La Réunion entre 1879 et 1891.

Les bas salaires et une protection sociale minimale des travailleurs des plantations ont été à la base de la rentabilité des plantations. Ainsi des plantations comme celles produisant du sucre et du rhum dans les Caraïbes et au Brésil, le tabac dans les Treize colonies et le coton dans le sud des États-Unis ont utilisé l'esclavage comme mode dominant de gestion des populations ouvrières.

De très nombreux africains ont été déportés et mis en esclavage pour travailler à grande échelle dans les plantations des États du sud des États-Unis, dans l'ensemble des Caraïbes, aux Brésil et dans les régions d'Afrique occupés par les Européens.

Aux États-Unis, l'esclavage était pratiqué essentiellement dans les plantations de tabac puis de coton. Ainsi la Virginie est connue pour avoir avant la révolution, un nombre important de son élite issue des planteurs et de possesseurs d'esclaves, qui possédaient des plantations de tabac.

En 1860, une personne sur quatre familles était propriétaire d'esclaves en Virginie. Les chiffres cités ici sont tirés du recensement de 1860.

  • Nombre d'esclaves dans le Sud profond : 2 312 352 (47 % de la population totale).
  • Nombre d'esclaves dans le Sud supérieur : 1 208 758 (29 % de la population totale).
  • Nombre d'esclaves dans les Etats frontaliers : 432 586 (13 % de la population totale).

Moins d'un tiers des familles du Sud possédait des esclaves à l'apogée de l'esclavage avant la guerre de Sécession. Dans le Mississippi et la Caroline du Sud, elles étaient proches de la moitié.

Dans une plantation typique de plus de 20 esclaves, la valeur en capital des esclaves était supérieure à la valeur en capital des terres et des outils.

Plantations de canne à sucre[modifier | modifier le code]

La récolte mécanisée de la canne à sucre près de Khon Kaen en Thaïlande.

La culture de la canne à sucre était très courante dans les Caraïbes aux XVIIIe siècle, XIXe siècle et XXe siècle et la consommation de sucre en Europe a sensiblement augmenté pendant cette période. Les plantations de canne à sucre se concentrent alors dans des pays comme la Barbade et Cuba en raison de la fertilité du sol et des faibles couts de la main d'œuvre, seulement possible grâce à l'arrivée d'esclaves africains. Ces plantations produisaient 80 à 90 % du sucre consommé en Europe occidentale, sans compter les produits connexes comme le rhum et la mélasse qui ont eux aussi une forte valeur commerciale.

Au XVIIe siècle, la canne à sucre a été introduite dans les Antilles britanniques notamment la Barbade par des colons venus du Brésil. La production est rapidement passée de la culture du coton et du tabac à celle de la canne à sucre, à cause de la baisse des prix du coton et du tabac qui subissaient la concurrence des colonies nord-américaines. Pendant environ un siècle, la Barbade est ainsi restée la plus riche de toutes les colonies européennes dans la région des Caraïbes. La prospérité de la colonie de la Barbade au niveau régional est resté inégalée jusque dans les années 1740, où la production de canne à sucre a augmenté dans des pays géographiquement plus grands comme l'Hispaniola, la Jamaïque. Durant le XIXe siècle, la canne à sucre était très présente en Martinique, à Grenade, à Sainte-Croix, en Jamaïque, à la Barbade, dans les îles Sous-le-Vent, à Saint-Domingue, à Cuba et en Guyana.

Avec l'abolition de l'esclavage au XIXe siècle, les productions de canne à sucre ont continué de croître, mais les betteraves à sucre cultivées dans les climats tempérés, ont augmenté leur part de marché.

Plantation d'indigo[modifier | modifier le code]

L'Indigofera était l'une culture importante pendant la période coloniale tant aux États-Unis, qu'en Haïti, au Guatemala, et en Inde. L'indigo était cultivé pour la fabrication de teinture à l'indigo à l'époque pré-industrielle. Au début du XXe siècle, l'indigo sera notamment synthétisé par BASF ce qui sonna le déclin des cultures d'indigofera.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]