Réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique

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Près de 20 000 réfugiés français de Saint-Domingue ont fui en Amérique dans les années 1789 à 1806, essentiellement dans le Sud des États-Unis, qui comptait peu d'habitants à cette époque. Ils font doubler la population de La Nouvelle-Orléans en quelques années, et lancent la culture du coton aux États-Unis, qui passe de 9 % à 70 % de l'offre mondiale entre 1791 et 1810[1].

À la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue produit plus de sucre que toutes les îles britanniques réunies. Le coton (50 % de l'offre mondiale) est aussi en plein essor, et la Révolution du café de Saint-Domingue encore plus rapide. La partie française de l'île fait vivre 30 000 Blancs, qui exploitent 600 000 esclaves noirs. En très forte croissance économique, la Perle des Antilles assure aux produits français leur première zone d'exportation et attire les plus ambitieux officiers, à une époque où l'enrichissement rapide est encore rare, faute d'industrie. Forts de leur soutien à Washington lors de la Guerre d'indépendance américaine, ils disposent de capitaux, de réseaux commerciaux et d'un esprit d'entreprise conquérant.

Mais dès 1787, les débats lancés par la Société des amis des noirs les inquiètent. Des assemblées coloniales blanches se forment. En 1788, les délégués de Saint-Domingue aux États généraux, Louis-Marthe de Gouy d'Arsy et Denis Nicolas Cottineau de Kerloguen fondent un comité colonial, destiné à empêcher toute réforme du système esclavagiste, puis le club de l'hôtel Massiac, une instance de lobbying. En 1791, la révolte des esclaves éclate. Pour la combattre, les grands planteurs signent en février 1794 le traité de Whitehall avec l'Angleterre, contre la Révolution française. Les insurgés les chassent en 1798. En 1801, l'expédition de Saint-Domingue échoue à reconquérir l'île : 20 généraux et 23 000 soldats y périssent. Les réfugiés ont fui en 1789-1794, puis en 1798-1802. La guerre franco-espagnole de 1809 oblige ceux qui avaient fui vers Cuba à rallier les États-Unis. Les plus influents vont à Philadelphie, mais la plupart s'installent en zone rurale, de la Géorgie au Texas, où ils forgent l'histoire de la culture du coton.

L'abolition de l'esclavage, 18 ans de violences et quatre grandes migrations : 1793, 1798, 1803 et 1809[modifier | modifier le code]

La montée en puissance de la révolte noire, qui finit par faire basculer dans son camp la Révolution française, entraîne une première grande vague d'émigration lors de l'été 1793, pour la Louisiane et pour la côte est des États-Unis, où 290 navires transportent environ 6 500 personnes, dont 4 000 esclaves. Cet exode se produit sept mois avant l'abolition de l'esclavage de février 1794, qui fut cependant rétabli quelques semaines après par le traité de Whitehall, signé avec les Britanniques par les grands planteurs français restés sur place.

Avant et après l'armistice du 30 mars 1798, qui consacre l'avantage pris dans la guerre contre les Anglais par le général noir Toussaint Louverture, une nouvelle vague d'exil s'oriente vers Cuba, mais aussi le Natchez District, à 400 kilomètres au nord de la zone franche de La Nouvelle-Orléans, les Français colonisant l'ouest, alors que les Anglais occupent l'est depuis des années. Cet exode concerne cette fois les grands planteurs français qui s'étaient alliés aux Anglais et qui reprochent à ces derniers de les avoir trahis. Beaucoup d'entre eux, émigrés dans l'est de Cuba, vont alimenter la piraterie des années 1800 dans la Caraïbe, qui commence dès la quasi-guerre de 1798-1800 entre la France et l'Amérique, à qui ces pirates reprochent de commercer avec Toussaint Louverture.

Puis Napoléon Bonaparte lance en janvier 1802 l'expédition de Saint-Domingue, menée par le général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, époux de sa sœur Pauline Bonaparte. Forte de 35 000 hommes, elle est décimée par les désertions et une épidémie de fièvre jaune lors de l'été 1802. L'indépendance d'Haïti est suivie par une nouvelle vague d'émigration, surtout vers la Louisiane, achetée par les États-Unis à la France en 1803, et la baie de Barataria. Le 5 décembre 1803, une partie des 2 200 hommes la garnison du Môle-Saint-Nicolas, réussit à gagner Cuba sur sept frégates, menée par le général Louis Marc Antoine de Noailles[2].

En 18 ans de violence, l'île aura perdu près de la moitié de sa population noire et la quasi-totalité de sa population blanche.

La dernière vague d'émigration voit arriver en Louisiane, au cours de l'année 1809, plus de 10 000 créoles blancs de Saint-Domingue passés entre temps par Cuba, où la tentative de Napoléon d'installer son frère sur le trône d'Espagne génère des émeutes anti-françaises dès mars 1809, selon Carl A. Brasseaux, directeur du Centre d'études louisianaises[3] de Lafayette. Les réfugiés développent des infrastructures portuaires qui permettent une rapide conquête de l'Ouest via la puissante artère fluviale du Mississippi, autour de laquelle se situe alors la Frontière sauvage. Dès 1840, La Nouvelle-Orléans est la quatrième ville américaine, avec plus de 100 000 habitants, soit 12 fois plus qu'en 1800, un record dans l'histoire mondiale de la croissance urbaine, qui ne sera battu qu'au XXe siècle par Port Harcourt, au Nigéria.

De Saint-Domingue à la Pennsylvanie[modifier | modifier le code]

Cette communauté est soudée par un stress terrible. Plusieurs milliers ont péri dans les combats et plusieurs milliers d'autres ont fui, parfois sans destination. Dès septembre 1791, Juliette et Pierre de Bauduy de Bellevue (1769-1833)[4] naviguent vers Philadelphie sur un navire du banquier français Stephen Girard et s'installent à Wilmington dans le Delaware[5], où Pierre achète la propriété Eden Park au financier Robert Morris et crée une entreprise, le futur DuPont, convaincant Eleuthère Irénée du Pont de Nemours d'y investir. La famille Garesché les rejoint et se lie aux dirigeants politiques.

En juillet 1793, une première flotte de transportant 4 000 personnes blanches, 20 000 noires et plusieurs centaines de mulâtres[6] s'enfuit vers la côte est des Etats-Unis[7], arrive dans la baie de la Chesapeake[8], puis se scinde en 3 ou 4 flottilles. Deux mille réfugiés vont à Philadelphie, capitale de la république américaine, d'où ils activent des réseaux de lobbying pour chercher de nouvelles terres. Ils emmènent avec eux leurs esclaves, qui découvrent la liberté, la Pennsylvanie ayant voté une loi d'émancipation des esclaves dès 1780 : 456 esclaves sont émancipés, par la Société d'émancipation de Pennsylvanie entre 1793 et 1796, même si leurs maîtres ont tenté de contourner cette loi[9]. Leur arrivée dans la ville, au cours d'un été très chaud et très humide, coïncide avec un terrible épidémie de fièvre jaune, que combattit le docteur Andrew Stevens, qui sera nommé cinq ans plus tard consul des États-Unis à Saint-Domingue.

Le scientifique exilé François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt fut témoin des combats juridiques menés autour de cette émancipation[10], l'une d'entre elles consistant à placer les esclaves sous un contrat de travail courant jusqu'à l'âge de 28 ans. Pour conserver leurs esclaves malgré la loi émancipant toute personne vivant dans l'état depuis au moins six mois, les réfugiés français repartirent et en 1794, le nombre officiel de réfugiés en difficulté financière était évalué à seulement 200[10], tandis qu'une collecte rassemblait 14 000 dollars en leur faveur[11].

Peter Stephen DuPonceau (en) et Stephen Girard, déjà installés à Philadelphie, les conseillent via la French Benevolent Society of Philadelphia. À l'automne 1793, plusieurs dizaines sont déjà repartis s'installer sur la Frontière sauvage, dans l'est de la Pennsylvanie pour fonder la colonie agricole d'Asylum, le long de la rivière de Susquehanna, guidés par le marchand Matthias Hollenback et soutenus par le sénateur de Pennsylvanie, Robert Morris, spéculateur et financier de la guerre d'indépendance, et son associé John Nicholson, contrôleur général de la Pennsylvanie. Parmi les colons, Aristide Aubert Du Petit-Thouars, Colin de Sevigny, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt ou bien le Marquis de Blacons. Antoine-François Sorrel des Rivières, auteur d'une carte de Saint-Domingue dut fuir avec son fils Mathurin-François Sorrel à Baltimore puis fit fortune comme armateur à Savannah[12], avec 39 esclaves[13].

La communauté des réfugiés de Philadelphie, qui forme près du cinquième de la population de la ville se heurte parfois à des émigrés français anti-royalistes, tels que le journaliste Louis Gatereau, qui publie le Courrier de la France et des Colonies, d'octobre 1795 à mars 1796, un hebdomadaire de quatre pages composé d'articles parus dans la presse internationale. Gatereau accuse dans son édition du 4 février 1796, les chouans d'être manipulés par les Anglais, au moment où ces derniers s'allient aux colons de Saint-Domingue. D'autres journaux leur sont plus favorables, comme l'Étoile américaine.

De Saint-Domingue à Cuba[modifier | modifier le code]

Les Réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba ont réussi la Révolution du café à Cuba après avoir développé la piraterie. L'armistice du 30 mars 1798 annonce la déroute de l'alliance entre Anglais et grands planteurs français, avec sa conséquence, la convention commerciale tripartite de 1799 entre Toussaint Louverture et les États-Unis et même l'Angleterre. Avant d'alimenter la piraterie des années 1800 dans la Caraïbe, les Français de Saint-Domingue deviennent corsaires lors de la quasi-guerre entre Français et Américains, qui fait émerger un trafic commercial à Santiago de Cuba, comme le montrent les valeurs produites par le port entre 1797 et 1801, une partie venant des prises des corsaires français attaquant les navires américains commerçant avec Saint-Domingue[14] :

Année 1797 1798 1799 1800 1801
Tonnage 32,5 46,1 76,5 84 116,6

Le recensement de 1800 dénombre 250 noms français de marins avec prénom espagnol, dont un "Pedro Lafitta", frère du Français Jean Laffite[15]. Parmi eux, les armateurs Pedro Ollanger, Pedro Raymond, Pedro Bossard et Esteban Redonnet[16]. L'historien français Gabriel Debien fut le premier à signaler l'activité corsaire des réfugiés de Saint-Domingue à Santiago de Cuba[17], où le gouverneur Juan Bautista Vaillant Berthier, arrivé en 1799, veut développer la partie orientale de l'île, les terres étant trois fois moins chères que dans la partie ouest.

Les Français de Saint-Domingue importent leur technologie[18] à Cuba, où la production sucrière[19] est encore sous-développée, contribuant à la faire tripler, de 14,3 millions de tonnes en 1790 à 41,7 millions en 1815[20]. Parallèlement, celle de Saint-Domingue s'est effondrée, passant de 163 millions de livres en 1791 à 18,5 millions en 1801[20]. Ils ont amené des esclaves mais en rachètent, précipitamment, anticipant l'abolition de la traite négrière en 1808. Entre 1792 et 1807, Cuba a importé autant d'esclaves qu'en deux siècles.

Des colons espagnols de la partie orientale de Saint-Domingue, rétrocédée à la France en vertu d'un traité de 1795 sont également arrivés en masse en 1801, lorsque Toussaint Louverture décida de le faire respecter[21]. En tout, près de 30 000 Blancs émigrèrent alors à Cuba, comme l'avait souhaité Francisco de Arrango y Parreno.

Plus de 100 familles françaises sont dénombrées à Baracoa, un port développé par la société du Français Lorenzo Mousnier[15], venu de l'Anse-à-Veau, qui ont contribué au plan d'eau de la ville, au développement du cacao et du café, et à la création d'une usine d'huile de noix de coco. Beaucoup étaient originaires du Sud-Ouest, en particulier de Bordeaux, et se sont réfugiés dans la Vuelta Abajo de Cuba, selon l'historien Bernard Lavallé[22]. De nombreuses maisons coloniales existent encore, aux toits de tuiles, sur lesquelles furent relevés aussi les noms d'entreprises françaises, appartenant à des Français, tous originaires de Marseille et passés par Saint-Domingue ou venus directement[23] selon Geneviève Ruffier Lanche. En 1798, Vicente Perroussel, considéré comme le « consul de France » dans la ville est menacé de lynchage en raison de l'arrivée de « nègres libres », qui génèrent toutes les suspicions, après l'armistice du 30 mars 1798.

Au total, près de 7 000 Blancs de Saint-Domingue ont fui à Cuba[24], certains menés par le vicomte Louis Marc Antoine de Noailles après l'échec de l'expédition de Saint-Domingue, qui meurt de ses blessures en arrivant à Cuba avec six navires et avait déjà tenté en 1798 de fonder une colonie en Alabama.

Certains étaient familiarisés avec l'espagnol depuis la modification des frontières du 3 juin 1776 à Saint-Domingue[25]. Mais d'autres rêvent de conquêtes en Amérique. De Cuba, ils alimentent en esclaves, en contrebande, les côtes de la Louisiane, via la Barataria de Jean Lafitte.

En 1808, Napoléon Bonaparte installe son frère Joseph sur le trône d'Espagne, provoquant de violentes réactions anti-françaises dans l'empire espagnol. Des émeutes éclatent dans La Havane en mars 1809[24]. Le 11 avril 1809, les autorités espagnoles à Cuba expulsent les Français, en particulier les pirates et négriers français, car l'Espagne a aboli l'esclavage[26]. Entre le 10 mai 1809 et le 17 août 1809, pas moins de 55 bateaux, appartenant pour la plupart à des pirates français, quittent Cuba pour se rendre à La Nouvelle-Orléans, chargés de réfugiés français de Saint-Domingue. Sur ces 55 bateaux, 48 viennent de Santiago de Cuba, dans la partie orientale de l'île, la plus dense en peuplement français, six de Baracoa et un de La Havane[26].

En 1805, La Nouvelle-Orléans comptait 8 475 habitants. Elle reçoit sur l'année 1809 un total de 9 059 réfugiés français de Saint-Domingue, parmi lesquels 2 731 blancs, 3 102 noirs libres et 3 326 esclaves, ce qui double sa population[26]. En 1810, la ville compte 24 552 habitants dont seulement 3 200 anglophones[27].

De Saint-Domingue à Porto Rico[modifier | modifier le code]

Des problèmes similaires se posent à Porto Rico, où émigrent quelque 2 300 Français au tout début du XIXe siècle, dont 40 % viennent des Antilles, qui vont s'adonner à la culture du café et du sucre. Parmi eux, on compte aussi de nombreux corses, chassés par les conséquences sociales et culturelles du passage de leur île sous contrôle français en 1768, en majorité des jeunes célibataires, qui étaient d'abord partis pour Saint-Domingue et viennent profiter de ce nouvel Eldorado[28]. À partir de 1835, l'île espagnole compte 50 000 esclaves, dont une bonne partie ont été achetés à des planteurs de Guadeloupe et de Martinique, où les planteurs savent que l'abolition de l'esclavage est imminente. L'un des plus riches habitants de l'île de Porto Rico est d'origine corse, il s'agit d'Augustin Santini.

De Saint-Domingue à la Géorgie[modifier | modifier le code]

Les réfugiés de Saint-Domingue sont à l'origine du développement vers 1790 de la culture du coton sur l'île de Sapelo puis à Savannah, où l'aristocratie de Saint-Domingue, réunie par l'amiral Charles Henri d'Estaing avait prêté main-forte à George Washington, lors du siège de Savannah en 1779, pendant la guerre d'indépendance américaine. En Géorgie, les réfugiés sont menés par Denis Nicolas Cottineau de Kerloguen, officier de marine français, héros du siège de Savannah, puis planteur de café et député de Saint-Domingue à Paris lors de la Révolution française, qui fit un passage par Philadelphie[29].

De Savannah, les planteurs remontent le Savannah (fleuve) vers l'intérieur d'une Géorgie alors peu peuplée, où l'esclavage n'a été autorisé qu'en 1751, un référendum l'ayant interdit en 1735 dans la ville écossaise de Darién, en face de l'île de Sapelo. Parmi les précurseurs, Pierre-Jacques Meslé de Grandclos, premier négrier de Saint-Malo, écrit en juin 1790 à Villecollet, gérant de l'habitation Lefèvre à Saint-Domingue, pour lui indiquer que "« La Révolution avance vers le bien, pour le contentement du plus grand nombre, (mais) elle engourdit mes vues d'acquêt à Saint-Domingue, parce que je crains que la liberté des noirs ne s'en suive ».

Le 5 octobre 1790, il signe un contrat pour le partage de l'île de Sapelo et Blackbeard entre Charles Pierre César Picot de Boisfeuillet, Julien-Joseph Hyacinthe de Chappedelaine, François-Marie Louis Dumoussay de la Vauve, Nicolas Magon de la Villehuchet et un jeune retraité de la Compagnie des Indes, Christophe Poulain Dubignon. Le capital de 240 000 livres vise à cultiver au départ 4 000 hectares. Très vite, la colonie englobe une autre île, Jekyll Island. Christophe Poulain Dubignon y restera planteur de coton jusqu'à sa mort à 86 ans, en 1825[30].

D'autres réfugiés s'installent sur l'île de Sapelo. Le planteur de sucre, Jean Bérard de Moquet, marquis de Montalet, propriétaire de l'habitation Montalet, à Bellevue, Port-de-Paix, arrive en 1798 après avoir servi pendant 4 ans dans les milices anglaises[31] qui s'étaient emparé de Saint-Domingue lors du Traité de Whitehall de 1794. Il épouse Servanne de Boisfeuillet, fille de Charles Pierre César Picot de Boisfeuillet. Leur beau-frère, l'officier et député Denis Nicolas Cottineau de Kerloguen mourut à Savannah 1808.

Les réfugiés pensaient regagner leur foyer quand l'ordre serait rétabli. André Drouillard[12], arrivé dès 1798, s'acheta une petite plantation juste au sud de Savannah. Peter Reigné devint commerçant et jardinier, Pierre Mirault boulanger, et Louis-Nicolas Allard, après six ans à Savannah, était sans travail. Le Congrès américain envoya en Géorgie 500 dollars en 1794 pour subvenir aux besoins des familles de Saint-Domingue. Dix ans après, les citoyens de Savannah assistèrent à un concert au bénéfice des réfugiés. En 1795, le conseil municipal interdit la ville aux personnes de couleur. L'année suivante, l'assemblée de Géorgie interdisait le débarquement à tout noir ou mulâtre, esclave ou libre, d'origine d'antillaise. François Didier Petit de Villers, notaire à Saint-Domingue, arriva en 1803 à Savannah et fit de bonnes affaires comme marchand de coton[12].

Au nord de la côte géorgienne, l'archipel de Beaufort, sur le territoire de la Caroline du Sud voit arriver aussi des réfugiés ou des esclaves venus de Saint-Domingue, dont Denmark Vesey qui organise une révolte noire sanglante en 1822. En 1801, la Géorgie produit 21 000 balles de coton sur 65 000 acres de terre. En 1794, dans le comté de Chatham, celui de Savannah, Éli Whitney invente une égreneuse coton révolutionnaire, sur la plantation de Catherine Littlefield Greene.

De Saint-Domingue à l'Alabama[modifier | modifier le code]

Par leur présence, les Français ont facilité l'Alabama fever, qui vit décupler la population du territoire de l'Alabama, créé en mars 1817 après la victoire contre les Anglais et les indiens Creek, passant de 9 046 habitants en 1810 à 127 901 personnes en 1820.

C'est des émigrés de Philadelphie que naît aussi en 1816 le projet de la Vine and Olive Colony, appelé à l'origine Société coloniale, qui consistait à donner 370 kilomètres carrés de terres à l'ensemble des réfugiés français menés par des généraux napoléoniens. La plupart des colons seront en fait des réfugiés de Saint-Domingue. Le long de la rivière Tombigbee, dans le futur État de l'Alabama, créé en 1817, cette colonie a contribué à une accélération de l'histoire de la culture du coton. Elle joue un rôle majeur dans l'Alabama fever qui démarre pendant la Guerre de 1812 contre les Anglais, menée aussi contre les Amérindiens Creek, dans un vaste mouvement de spéculation immobilière.

Les planteurs de la Vine and Olive Colony, comme André Curcier ou Frederick Ravesies, apportent leurs capitaux, leur connaissance de l'économie de plantation. Ils passent facilement à la culture du coton, qui profite d'une très forte demande en raison des succès des premiers entrepreneurs du coton britannique. Les maisons qu'ils ont construites sont toujours visibles à Demopolis, ou Aigleville.

De Saint-Domingue au Texas, nouvelle étape des pirates de Louisiane et de Cuba[modifier | modifier le code]

Les colons, arrivés de la communauté de réfugiés de Philadelphie étaient menés par le général français Charles Lallemand, qui réussit à soustraire à la Vine and Olive Colony de l’argent et 120 de ses membres, tout en vendant ses parts après avoir spéculé sur la valeur des terres. Cet argent lui permit de financer avec des mercenaires français et étrangers la fondation d'une nouvelle colonie plus à l'ouest et plus au sud, celle du Champ d’asile, au Texas, sur la Trinity River, près de Moss Bluff et d’Atascosito, non loin de la ville de Galveston.

Lors de cette même année 1817, les pirates français Jean Laffite et son frère Pierre Laffite s'installent sur l'île de Galveston au Texas, que l'empire espagnol maîtrise mal. Jusqu'en 1821, ils peuvent y continuer leurs trafics d'esclaves, commencés dès 1803 à Barataria près de la Louisiane, vendue par Napoléon aux Américains en novembre 1803. En 1819, le site est peuplée par 1 000 à 2 000 personnes et Jean Lafitte est nommé gouverneur de l'île par James Long, gouverneur sauvage d'un Texas qui n'a aucune existence juridique. L'île compte 1 520 esclaves dès 1850 et exporte en 1860 les deux tiers du coton texan.

Le corsaire français Louis-Michel Aury, prédécesseur de Jean Laffite sur l'île de Galveston en 1815, était au service d'un groupe d'associés de La Nouvelle-Orléans qui projetaient une attaque des rebelle mexicains contre les ports royalistes mexicains, dans le cadre de la révolte mexicaine contre l'empire espagnol.

Les pirates français venaient de Barataria où un millier d'entre eux avaient fondé en 1803 une économie parallèle basée sur la livraison interdite d'esclaves et d'autres marchandises de contrebande aux planteurs de Louisiane, dont Hippolyte Chrétien. L'importation d'esclaves fut ainsi massive quoique interdite par les gouverneurs espagnols jusqu'en 1803, qui craignent d'importer des pulsions révolutionnaires de Saint-Domingue, tout comme les gouverneurs américains après l'achat de la Louisiane, dénigrés par les anti-esclavagistes de Nouvelle-Angleterre. En 1808, l'Angleterre a interdit la traite négrière, mais sans parvenir à empêcher le trafic clandestin. La plupart des esclaves amenés en Louisiane ou au Texas viennent cependant d'Amérique.

De Saint-Domingue à la Louisiane, le droit de l'esclavage débattu[modifier | modifier le code]

Dès 1786, le gouverneur espagnol la Louisiane, Esteban Rodríguez Miró interdit l'importation d'esclaves de la Caraïbe, la limitant à ceux d'Afrique. En 1790, il interdit d'en importer des îles françaises. Dans un mémoire, Pierre-Louis Berquin-Duvallon explique que ceux nés aux Antilles sont « plus vicieux et débauchés »[32]. En 1796, le gouverneur espagnol suivant, Francisco Luis Hector de Carondelet, interdit toute importation d'esclaves. Les planteurs lancent une pétition contre lui en 1800. Bonaparte achète alors secrètement la Louisiane et rétablit la liberté d'importer des esclaves.

Le premier gouverneur américain, Isaac Brigg, s'installe en 1803 et constate que le nombre d'esclaves est déjà grand et que les habitants ont pris l'habitude de l'augmenter par de larges importations. Trois bateaux français viennent d'en amener 500. Au cours du seul mois d'août 1804, quatre bateaux en livrent 540, trafic organisé par le pirate français Jean Laffite installé à Barataria en 1803. En tout, 18 000 esclaves sont directement importés en basse-Louisiane entre 1790 et 1810[33]. Selon l'historien Adam Rothman, la plupart des 40 000 esclaves importés à Charleston entre 1804 et 1807 vont directement à La Nouvelle-Orléans. Isaac Brigg, interdit la traite négrière en 1804. Le congrès des États-Unis lui emboîte le pas en 1806, dans une étape importante de l'histoire de l'anti-esclavagisme. En 1805, son frère Samuel Brigg vend son premier bateau à vapeur. Le trafic sur le Mississippi augmente de 115 % en 4 ans pour dépasser 1 600 navires par an.

L'homme d'affaires New-Yorkais Edward Livingston, futur ambassadeur en France d'Andrew Jackson, épouse Louise Moreau de Lassy, fille d'un grand planteur de Saint-Domingue et fonde une plantation de riz. Il combat Isaac Brigg, son successeur William C. C. Claiborne, et l'interdiction de la traite négrière de 1806. Parmi ses alliés Francis O'Duhigg planteur de riz dans la Paroisse Plaquemine, dans le delta du Mississippi[34]. Ex-procureur de New York, bon connaisseur des litiges maritimes consécutifs à la guerre d'indépendance, Edward Livingston œuvre à la guerre de 1812, qui éloigne vers le nord les troupes fédérales et permet à Andrew Jackson de lever une milice pour la guerre contre les Creek avant d'annexer leur terres lors de l'Alabama fever. Il le seconde[35] lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans, après avoir assuré l'amnistie du négrier Jean Lafitte.

Dans le Nachez District, à 500 kilomètres au nord de La Nouvelle-Orléans, des collines protègent des crues du Mississippi, la culture du coton, dopée par l'invention en 1794 par Éli Whitney d'une égreneuse, diffusée en 1796 par le marchand de coton Daniel Clark, qui 1798 obtient la suppression de la taxe de 21 % sur les biens exportés à la zone franche de La Nouvelle-Orléans[36]. Entre 1798 et 1800, la population du Nachez District augmente de 50 %. Les planteurs français s'y font une place au nord et à l'ouest, après l'émoi causé en 1802 par la suspension de liberté de naviguer sur le Mississippi, qui précipite la vente de la Louisiane dans son entier en 1803.

La population de toute la Louisiane augmente de 40 % entre 1806 et 1810, pour dépasser 40 000 habitants[37]. La croissance est la plus forte à Iberville, Bâton-Rouge et La Nouvelle-Orléans. Les réfugiés passés par Cuba arrivent en 1809, chassés par l'Espagne, que Bonaparte a voulu vassaliser. Ils révolutionnent la culture du coton et du sucre en Louisiane, parfois pour le compte de planteurs comme Hippolyte Chrétien, client et ami de Jean Lafitte.

« Les malheurs de Saint-Domingue ont fait venir en Louisiane beaucoup de réfugiés », qui « ont apporté avec eux l'industrie qui manquait à la Louisiane pour ce genre de culture », raconte, en parlant du coton, dans son Voyage a la Louisiane et sur le continent de l’Amérique septentrionale, fait dans les années 1794 à 1798[38], Louis-Narcisse Baudry Des Lozières, qui fut conseiller à Port-au-Prince en 1789 et quitta Saint-Domingue lors de la Révolution française[39]. Dans Voyage à la Louisiane en 1802, il décrit l'installation des réfugiés français tout autour de La Nouvelle-Orléans, dans les bayous, aux côtés des Acadiens francophones arrivés en 1765, ou invités par les Espagnols en 1785.

Les réfugiés importent aussi une nouvelle variété de canne à sucre, la Otaheite, déjà introduite aux îles Maurice et Réunion par le capitaine Bougainville, adaptée à un climat moins chaud qu'à Saint-Domingue : « la Louisiane doit son avantage aux calamités de Saint-Domingue qui ont stimulé la demande de sucre de Louisiane et amené nombre de planteurs malheureux à s'installer le long du Mississippi », écrit dans ses mémoires Pierre-Louis Berquin-Duvallon, l'un des réfugiés. La Basse-Louisiane compte 75 grandes plantations de sucre dès 1806, produisant cinq millions de tonnes.

Grâce aux riches archives de l'histoire de la presse francophone en Louisiane, les historiens ont enquêté sur l'histoire sociale et culturelle de La Nouvelle-Orléans : les Français y jouent un grand rôle jusqu'en 1850. Le gouverneur William C. C. Claiborne écrit qu'une vingtaine d'aventuriers bonapartistes se retrouvent au "Café des exilés"[40]. Parmi eux, le chevalier Anne-Louis de Tousac[41], ex-lieutenant colonel de Saint-Domingue.

Le Moniteur de la Louisiane, premier journal publié en Louisiane en 1794 par Louis Duclot est suivi de dizaines d'autres dont L'Abeille de La Nouvelle-Orléans, fondée le 1er septembre 1827 par François Delaup, un proche de Jean-Simon Chaudron, autre planteur de sucre de Saint-Domingue qui avait fondé en 1815 L'Abeille américaine à Philadelphie, avec l'aide du financier Stephen Girard.

D'autres publications francophones ont émergé aussi dans des villes secondaires de la Louisiane, telles que La Gazette de Bâton Rouge en 1819, dans une ville où se développe un marché international des esclaves, et qui devient en 1849 la capitale du nouvel État de Louisiane, ou bien en 1824 le Courrier de Natchitoches et la Gazette des Attakapas à Saint-Martinville[42], où se situe la "maison Olivier"[43], bâtie en 1815 par Pierre Olivier Duclosel de Vesin (1783-). Parmi les réfugiés, Honoré Doussan[44], médecin militaire français installé vers 1820, Louis Gustave Bezou et Emilie de Montagnac.

De Saint-Domingue au Missouri[modifier | modifier le code]

L'un des plus célèbres avocats de la capitale du Missouri, Saint-Louis, le procureur et militant démocrate Alexander J. P. Garesche est né dans la province de Matanzas à Cuba où ses parents avaient vécu au début du XIXe siècle dans la famille de Pierre-Isaac Garesche, député aux états-généraux, qui développa une sucrerie à Matanzas, avant de s'installer à Wilmington, dans le Delaware, où les familles Bretton de Chapelle, Garesche du Rocher et de Bauduy de Bellevue s'étaient retrouvées après leur fuite l'île en 1791[45], puis en 1838 à Saint-Louis[46]. Son oncle John P. Garesche fut le consul d'Amérique à Matanzas, le grand port sucrier de Cuba[47].

De Saint-Domingue au territoire du Kansas[modifier | modifier le code]

Ces grandes familles créoles ont joué ensuite un rôle moteur dans la conquête de l'Ouest par la terre. Aristide Rodrigue, fils de Jacques-André Rodrigue et Marie Jeanne d’Orlic, sœur d'un autre grand planteur réfugié aux États-Unis, a ainsi créé le comté de Cambria en 1839-1840 puis le territoire du Kansas, en compagnie du colonel Albert Boone, petit-fils de Daniel Boone, le fondateur du territoire du Kentucky. Tous deux créent en 1854, la ville de Lecompton (appelée à ses débuts Bald Eagle, ou Aigle chauve) épicentre de la bataille autour du mouvement pro-esclavagisme qui enclenche en 1860 la guerre de Sécession.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://agents.cirad.fr/pjjimg/michel.fok@cirad.fr/These_fok_P2_1.pdf
  2. http://marine-imperiale.pagesperso-orange.fr/chronologie/1802/domingue.htm
  3. Center for Louisiana Studies
  4. http://garesche.com/rick/ps01/ps01_258.html
  5. THE GARESCHE, DE BAUDUY, ANO DES CHAPELLES FAMILIES: HISTORY ANO GENEALOGY, page 22
  6. Amerindios, africanos, americanos Par Association of Caribbean Historians. Conference,Gérard Lafleur,University of the West Indies (Mona, Jamaica). Dept. of History,Susan Branson,Grace Turner, page 132
  7. Toussaint's clause: the founding fathers and the Haitian revolution Par Gordon S. Brown, page 80
  8. http://books.google.fr/books?id=kbI01p9l3U8C&pg=PA312&dq=Donald+R.+Hickey,+%C2%ABTimothy+Pickering+and+the+Haitian%22&hl=fr&ei=imJPTOanFcjd4Abu3JTjBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CDYQ6AEwAzgU#v=onepage&q=Donald%20R.%20Hickey%2C%20%C2%ABTimothy%20Pickering%20and%20the%20Haitian%22&f=false
  9. http://books.google.fr/books?id=XRfZ3Kf4hAYC&pg=PA135&dq=%22Courrier+de+la+France+et+des+Colonies%22&lr=lang_fr&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=CsSMSbWWAoeyyQTe79S6BQ#PPA137,M1
  10. a et b Amerindios, africanos, americanos Par Association of Caribbean Historians. Conference,Gérard Lafleur,University of the West Indies (Mona, Jamaica). Dept. of History,Susan Branson,Grace Turner, page 137
  11. http://books.google.fr/books?id=XRfZ3Kf4hAYC&pg=PA137&dq=Soci%C3%A9t%C3%A9+d'%C3%A9mancipation+de+Pennsylvanie&hl=fr&ei=y0ZTTOCdM4WeOO6vjJ8O&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CDoQ6AEwAw#v=onepage&q=Soci%C3%A9t%C3%A9%20d'%C3%A9mancipation%20de%20Pennsylvanie&f=false
  12. a, b et c http://www.sejoursavannah.com/home.cfm/page/searching_for_savannah.html
  13. http://www.lesliecameron.com/ExLib/Savannah.html
  14. Le monde caraïbe : Défis et dynamique. Tome II. Géopolitique, intégration, par Christian Lerat, page 112 (contribution de Maria-Elena Orozco-Melgar, professeur à l'université de Bordeaux))
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  16. Le monde caraïbe : Défis et dynamique. Tome II. Géopolitique, intégration ... Par Christian Lerat page 101
  17. Le monde caraïbe : défis et dynamiques. Géopolitique, intégration régionale, enjeux économiques, Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, 2005, 374 p., [lire en ligne], p. 97
  18. Réformisme et esclavage à Cuba, par Karim Ghorbal, page 265
  19. http://books.google.fr/books?id=eqTCWe1rFBIC&pg=PA265&dq=Matanzas++fran%C3%A7ais&hl=fr&ei=DttTTJnXA9yH4gbQi-SmBQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=6&ved=0CEcQ6AEwBQ#v=onepage&q=Matanzas%20%20fran%C3%A7ais&f=false
  20. a et b http://books.google.fr/books?id=q_M60o4JBncC&pg=RA2-PA12-IA32&dq=saint-domingue+caf%C3%A9++paul+butel&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES
  21. Réformisme et esclavage à Cuba Par Karim Ghorbal, page 191
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  29. http://georgiainfo.galileo.usg.edu/gahistmarkers/captcottineauhistmarker.htm
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  31. http://books.google.fr/books?id=CWAq-9Zj3U4C&pg=RA1-PA236&lpg=RA1-PA236&dq=l'habitation+Montalet&source=bl&ots=bGAJvzkpBP&sig=ZaCQ_vcOR1710j4O-a-sa8qgsOs&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result
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  36. Notorious Woman: The Celebrated Case of Myra Clark Gaines Par Elizabeth Urban Alexander, page 73
  37. http://books.google.fr/books?id=opK0j16bb4EC&pg=PA219&dq=Slavery+nation:+american+expansion+and+deep+south&ei=P8yISeClE5X8ygSKz5m6Aw#PPA77,M1
  38. http://books.google.fr/books?id=E5wOAAAAQAAJ&pg=RA2-PT24&dq=%22planteur+fran%C3%A7ais+de+louisiane%22&lr=&num=100&as_brr=0&as_pt=ALLTYPES&ei=9-GySdP2NoeyyQTr4OjqCg#PPA78,M1
  39. http://www.ilab.org/db/book401_LBW00213.html
  40. "Napoleon's Soldiers in America", par Simone de La Souchere Delery, page 21
  41. http://books.google.fr/books?id=OlaM5cVnW84C&pg=PA31&dq=%22Anne-Louis+de+Tousac%22&hl=fr&ei=SeDFTZjQNMaq8APIwrH2Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CC0Q6AEwAA#v=onepage&q=%22Anne-Louis%20de%20Tousac%22&f=false
  42. http://enlou.com/media/newspapers.htm
  43. http://books.google.fr/books?id=xaySg2GC4EsC&pg=PT16&dq=1815,+la+%22maison+Olivier%22.&hl=fr&ei=Z8_FTavnFo_D8QOC88T2Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CDgQ6AEwAQ#v=onepage&q=1815%2C%20la%20%22maison%20Olivier%22.&f=false
  44. http://books.google.fr/books?id=x90IF5M0-U0C&pg=PA66&dq="Honoré+Doussan",+médecin&hl=fr&ei=utfFTd-HG4iZ8QPGl-z2Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CC8Q6AEwAQ#v=onepage&
  45. http://www.latinamericanstudies.org/book/Garesche-Bauduy.pdf
  46. http://lincoln.lib.niu.edu/cgi-bin/philologic/getobject.pl?c.4392:11:91.lincoln
  47. http://politicalgraveyard.com/geo/ZZ/CU.html#CONSUL

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrew Rothman, Slavery Nation: American Expansion and the Origins of the Deep South
  • Ira Berlin, Many Thousand Have Gone
  • James Wilkinson, Memoirs of My Own Times
  • Gabriel Debien et René Le Gardeur The Saint-Domingue Refugees in Cuba, 1793-1815, traduit par David Cheramie.
  • Gabriel Debien et René Le Gardeur The Saint-Domingue Refugees in Louisiana, 1792-1804, traduit par David Cheramie.
  • Paul Lachance, The 1809 Immigration of Saint-Domingue Refugees to New Orleans: Reception, Integration, and Impact
  • Jacques de Cauna, La Diaspora des colons de Saint-Domingue et le Monde Créole : le Cas de la Jamaïque
  • Alain Yacou, L'émigration à Cuba des colons français de Saint-Domingue au cours de la révolution. Thèse de doctorat, 3e cycle, Université Michel de Montaigne, Bordeaux III. Déposée en un seul exemplaire.
  • Christian Lerat, Le monde caraïbe : Défis et dynamique. Tome II. Géopolitique, intégration

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]