Karen Blixen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dinesen.

Karen Blixen

Description de cette image, également commentée ci-après

Karen Blixen (à droite) rencontrant Igor Stravinsky (à gauche) avec Jurij Moskvitin

Nom de naissance Karen Christenze Dinesen
Autres noms Osceola, Isak Dinesen, Pierre Andrezel
Activités Écrivain
Naissance
Rungstedlund Drapeau du Danemark Danemark
Décès (à 77 ans)
Rungstedlund Drapeau du Danemark Danemark
Langue d'écriture Danois, anglais

Œuvres principales

La baronne Karen von Blixen-Finecke, née Karen Christentze Dinesen, et connue sous son nom de plume d'Isak Dinesen ( à Rungstedlund à Rungstedlund) est une femme de lettres danoise, célèbre pour avoir écrit La Ferme africaine dont est tiré le film Out of Africa : Souvenirs d'Afrique et Anecdotes du destin dont une nouvelle sert de base au film Le Festin de Babette.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'Ingeborg Westenholz[1] et de l'écrivain et officier Wilhelm Dinesen qui, semble-t-il, aurait été atteint de syphilis, et en conséquence se suicide par pendaison alors que Karen n'a que neuf ans, en 1895.

Elle fait ses études à Copenhague, puis des études d'art à Paris et à Rome.

Riche, elle rejette le mode de vie bourgeois et se tourne vers la peinture et l'écriture. Elle disait : « Je n'ai jamais tant aimé en ce monde que la peinture et l'écriture. Mais si j'avais à choisir, je ne serais ni peintre ni écrivain mais fermière. »

Elle fait ses débuts d'écrivain en 1907 par la publication d'un conte, Les Reclus (Eneboerne). D'autres suivront jusqu'en 1909. Puis Karen Blixen cesse d'écrire devant leur peu de succès.

En 1909, elle éprouve une grande passion non partagée pour son cousin issu de germain, Hans von Blixen-Finecke, suivie d'une longue période de désespoir.

En décembre 1912, elle se fiance avec le baron Bror von Blixen-Finecke, frère jumeau de son ancien amour. L'année suivante, les fiancés projètent l'achat de la plantation de café M'Bagathi, dans l'actuel Kenya, qu'ils parviennent à réaliser grâce à un important investissement financier de la famille de Karen. Bror Blixen est nommé directeur des Cafés Karen, choix qui se révèlera malheureux en raison de ses faibles talents pour la gestion et l'agriculture. Le 14 janvier 1914, Karen Blixen débarque à Mombasa[2] et se marie le jour-même avec Bror. Peu après son mariage, elle apprend que son mari lui a transmis la syphilis.

En raison de la difficulté d'un traitement sur place, Karen Blixen viendra se faire soigner au Danemark en 1915. Son frère et confident, Thomas Dinesen, vient la rejoindre pour l'aider à la plantation de 1918 à 1923. Les deux époux s'éloignent de plus en plus, notamment en raison de la gestion calamiteuse de Bror et de ses infidélités (d'ailleurs tolérées[3]). Ils divorcent en 1925, mais restent en bons termes.

Les monts Ngong, où chassaient Denys Finch Hatton et Karen Blixen.

En 1918, elle rencontre Denys Finch Hatton, pilote de l'armée de l'air britannique. Il devient son grand amour africain, même si leurs relations sont parfois orageuses. Il meurt dans un accident d'avion le 14 mai 1931, à l'âge de 44 ans. Grâce à Denys, Karen Blixen accueille le 9 novembre 1928 dans sa ferme le prince de Galles, futur Édouard VIII, héritier du trône d'Angleterre[4].

La situation financière de l'exploitation se dégrade d'année en année. La ferme est finalement vendue, et Karen Blixen doit quitter définitivement l'Afrique en juillet 1931. Elle accoste à Marseille le 19 août, puis rejoint le domaine familial de Rungstedlund le 31 août. Elle est alors financièrement ruinée, sentimentalement désespérée, et sans perspective d'avenir ; après avoir dû quitter sa ferme et l'Afrique, elle voit son échec comme total. Pour combler le vide de sa vie, elle se met à écrire, alors qu'elle approche la cinquantaine. « Personne n'a payé plus cher son entrée en littérature », dira-t-elle plus tard.

Après de nombreux refus, ses Sept contes gothiques sont enfin acceptés par un éditeur américain, Robert Haas, en 1934. Karen Blixen décide de les publier sous le pseudonyme d'« Isak Dinesen ». L'accueil du public américain est enthousiaste. La Ferme africaine (Den afrikanske Farm, titre en danois ; Out of Africa en anglais) sort en 1937. Confinée au Danemark occupé pendant la guerre, elle publie Les contes d'Hiver (Winter's Tales) en 1942.

Après la Seconde Guerre mondiale, son domaine de Rungstedlund devient un petit cercle littéraire, où Karen Blixen reçoit de nombreux jeunes écrivains et intellectuels danois, principalement issus de la revue littéraire Heretica. Elle engage Clara Selborn qui devient sa secrétaire, ainsi que sa conseillère artistique et économique.

Elle s'affirme peu à peu comme une figure de premier plan de la vie artistique danoise, notamment par le biais de nombreuses causeries radiophoniques.

En 1958, Karen Blixen prend l'initiative de créer une fondation pour la pérennité de son domaine de Runstedlund, avec la création d'une réserve pour les oiseaux dans le parc. Elle publie la même année Les Derniers Contes, comprenant notamment Le Festin de Babette.

Affaiblie et malade, elle entreprend un voyage de quelques mois aux États-Unis en 1959, où l'accueil de son public est triomphal. Elle réalise un rêve, dîner avec Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller.

Elle voyage encore à Paris en 1961, puis meurt dans sa maison de Rungstedlund, le 7 septembre 1962. Elle est enterrée dans le parc de sa demeure devant environ trois cents personnes.

Origines de La Ferme africaine[5][modifier | modifier le code]

Musée Karen Blixen à Karen, près de Nairobi dans sa ferme du Kenya

Durant l'année 1913, Karen et Bror, alors fiancés, cherchent à créer une plantation de café dans l'Afrique Orientale anglaise. Bror parvient à acheter la plantation de café M'Bagathi, grâce à un important investissement financier de la famille de Karen Blixen. L'entreprise prend pour nom la Karen Coffee Co. Bror Blixen est nommé directeur, mais montrera vite qu'il n'a pas l'étoffe d'un patron.

Dès 1917, le conflit éclate entre les époux sur la destinée de l'entreprise. En 1920, Aage Westenholz, oncle de Karen et président de la Karen Coffee Co., vient sur place pour statuer sur l'avenir de la ferme. Il choisit de relever Bror Blixen de ses fonctions de directeur au profit de Karen, l'intimant de ne plus prendre aucune fonction dans la plantation. Elle pense pouvoir redresser la situation, mais dès 1923, le propre frère de Karen Blixen est convaincu que la ferme n'est pas économiquement viable. Au cours des années suivantes, Karen ne cesse de demander de l'argent à sa famille pour faire survivre l'entreprise. Pour sa famille danoise, il semble que les fonds envoyés sont plus perçus comme une œuvre caritative et d'évangélisation religieuse qu'un investissement financier.

La situation ne cesse de se dégrader. Finalement en 1931, la société anonyme est contrainte de se placer en liquidation et de vendre la ferme. Karen Blixen passe les derniers mois à écouler la dernière récolte et tenter d'assurer la situation de ses employés.

Maladie[modifier | modifier le code]

La tombe de Karen Blixen à Rungstedlund

Son mari volage lui transmet la syphilis après leur mariage (ils se séparent en 1921 et divorcent en 1925, mais restent en bons termes[6]).

Soignée par un traitement au mercure, sa syphilis semble avoir été guérie de son vivant : des tests approfondis, après 1925, sont incapables de trouver la présence du tréponème pâle dans son organisme. Il est peu vraisemblable qu'elle ait souffert de neurosyphilis. La plupart des symptômes semblent dus au traitement, plutôt qu'à la syphilis elle-même. Les troubles neurologiques attribués à un tabès étaient probablement la conséquence tardive de ses traitements : mercure, arsenic et bismuth[7].

En 1955, à l'âge de 70 ans elle doit subir une intervention chirurgicale sur la moelle épinière ainsi qu'une gastrectomie pour un ulcère de l'estomac. Son alimentation en sera définitivement perturbée, provoquant une malnutrition qui sera à l'origine de son décès à l'âge de 77 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

C'est l'une des principales héritières du style gothique anglo-saxon, qu'elle prolonge par un fantastique personnel. Karen Blixen reçoit le prix Tagea Brandt Rejselegat en 1939. Sous son nom ou sous les pseudonymes de Osceola, Isak Dinesen et Pierre Andrézel, on lui doit :

  • 1942 : Contes d'hiver (ISBN 2070374114)
    • Histoire du petit mousse
    • Le jeune homme à l'œillet
    • Les perles
    • Les irréductibles propriétaires d'esclaves
    • L'héroïne
    • L'enfant rêveur
    • Alcmène
    • Le poisson
    • Peter et Rosa
    • Le champ de la douleur
    • Une histoire consolante
  • 1957 : Les Derniers Contes (Last Tales), aussi publiés sous le titre Nouveaux Contes d'Hiver (ISBN 2070378217), recueil rassemblant plusieurs séries de contes :
    • Contes tirés du roman "Albondocani"
      • Le premier conte du cardinal
      • Le Manteau
      • Promenade de nuit
      • Sur les pensées cachées et sur le Ciel
      • Les contes des deux vieux messieurs
      • Le troisième conte du cardinal
      • La page blanche
    • Nouveaux contes gothiques
      • Les Caryatides, histoire inachevée
      • Échos
    • Nouveaux contes d'hiver
      • Une histoire campagnarde
      • Saison à Copenhague
      • Conversation nocturne à Copenhague

Ensemble de textes sur des sujets variés.

    • Mariage moderne et autres considérations
    • Noirs et blancs en Afrique
    • Lettres d'un pays en guerre
    • L'Angleterre retrouvée
    • Sur quatre fusains
    • Daguerréotypes
    • Un discours de clôture avec quatorze ans de retard
    • De profane à profane
    • Rungstedlund, allocution radiophonique
    • Les devises de ma vie
  • 1975 : parution posthume de Les fils de rois (ISBN 2070712486)
    • Les deux solitaires
    • Le Laboureur
    • En attendant les mariés
    • La Famille de Cats
    • Oncle Théodore
    • Carnaval
    • Le dernier jour
    • Les Fils de rois
    • Oncle Sénèque
    • Anna
    • L'Orgueilleuse
    • L'Ours et le baiser
  • Lettres d'Afrique 1914-1931 : recueil de lettres que Karen Blixen écrit à sa famille pendant son séjour au Kénya (ISBN 2070385337)

Il faut noter que l'édition française est amputée d'un bon nombre de lettres ou de parties de lettres par rapport à la version anglaise. Les extraits manquants concernent surtout le travail et les finances de la ferme.

  • Lettres du Danemark 1931-1962 : recueil de lettres que Karen Blixen écrit après son départ définitif du Kénya et pendant les 30 dernières années de sa vie (ISBN 2070750418)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Issue d'une famille puissante et cultivée, propriétaire du manoir de Mattrup dans le Jutland
  2. Ou Mombassa selon l'ancienne orthographe
  3. in Judith Thurman, op.cité pp 174-175
  4. Bror Blixen et sa nouvelle compagne Cockie sont aussi invités.
  5. Karen Blixen, Lettres d'Afrique 1914-1931, Folio, Gallimard 1985
  6. in Judith Thurman, op.cité p.175
  7. René Krémer, « La maladie de Karen Blixen (1885-1962) », Ama Contacts, n°55

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Judith Thurman, Karen Blixen, Paris, Seghers, 1986, traduit de l'anglais