Vice-royauté du Pérou

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Vice-royauté du Pérou
Virreinato del Perú es

15421821

Drapeau
Croix de Bourgogne qui fut utilisée par plusieurs armées de l'Empire Espagnol.
Description de cette image, également commentée ci-après

La Vice-royauté du Pérou en 1796 (territoires conquis en vert foncé et territoires revendiqués par la Capitainerie générale du Chili en vert clair)

Informations générales
Statut Vice-royauté de l'Empire colonial espagnol
Capitale Ville des Rois
Langue Espagnol (officielle)
Quechua, aymara, et autres
Religion Catholique
Histoire et événements
20 novembre 1542 Création à travers Real Cédula à Barcelone
Mai 1572 Chute des Incas de Vilcabamba
27 mai 1717 Nouvelle Grenade
1er août 1776 Río de la Plata
28 juillet 1821 Déclaration de l'Indépendance du Pérou
9 décembre 1824 Bataille d'Ayacucho

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La vice-royauté du Pérou était l'un des deux principaux districts administratifs créé par la couronne de Castille dans ses possessions d'outre-mer, avec la Nouvelle-Espagne centrée sur le Mexique. Pendant les deux premiers siècles de son existence, il comprenait la plus grande partie de l'Amérique du Sud.

Histoire[modifier | modifier le code]

La vice-royauté du Pérou fut créée le 20 novembre 1542 par Charles Quint par la signature de la Cédule royale à Barcelone, afin d'administrer la quasi-totalité de l'Amérique du Sud.

Le Pérou subissait alors une guerre civile entre les principaux conquistadores, Francisco Pizarro et Diego de Almagro pour la domination du Pérou.

Le roi envoya le premier vice-roi Blasco Núñez Vela en 1543, mais la guerre civile l'empêcha d'exercer l'autorité royale et il fut assassiné en 1546 par Gonzalo Pizarro, le frère de Francisco. C'est finalement Pedro de la Gasca, nommé président de la audiencia de Lima puis successeur de Vela qui parvint à restaurer l'ordre et l'autorité royale, et à mettre fin à la rébellion de Pizarro en 1548. La capitale s'établit dans la Ville des Rois fondée par Pizarro le 18 janvier 1535.

39 vice-rois ont succédé à Blasco Núñez Vela et ont gouverné la vice-royauté entre 1544 et 1824. Francisco de Toledo (1569-1581) fut celui qui organisa l'État colonial et fonda les « réductions » ou villages d'Indiens où ils furent concentrés. Au XVIIIe siècle, devant la difficulté de l'administration d'un territoire immense, se réaliseront les réformes bourboniennes, avec la création de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade au nord, créée en 1717 et confirmée en 1739, et de celle du Río de la Plata au sud, créée en 1776.

Au XIXe siècle, alors que différents territoires de la vice-royauté devenaient indépendants, cette dernière entra en décadence et son histoire prit fin avec la reddition du vice-roi José de la Serna e Hinojosa devant les forces grancolombiennes de Simón Bolívar après la bataille d'Ayacucho le 9 décembre 1824.

Territoire[modifier | modifier le code]

Les territoires de la Vice-royauté du Pérou

La vice-royauté péruvienne dépassa les limites de l'empire inca et s'étendit initialement depuis l'isthme de Panama jusqu'à la Patagonie et de l'océan Pacifique jusqu'à la forêt amazonienne et l'océan Atlantique. Les seules parties de l'Amérique du Sud qui n'en faisaient pas partie étaient l'est du Brésil, dominé par les Portugais, et l'actuel Venezuela qui dépendait de la Vice-royauté de la Nouvelle-Espagne.

Elle fut divisée en 9 divisions administratives appelées audiencias, lesquelles furent gouvernées par un gouverneur régional subalterne au vice-roi du Pérou résidant à Lima. Chaque audiencia à son tour était subdivisée en unités administratives mineures appelées corregimientos, tant Espagnols qu'Indiens.

Lors de la création de la Vice-royauté de Nouvelle-Grenade, la vice-royauté du Pérou perdit les Audiencias du Panama, de Santa Fe de Bogotá, et de Quito ; avec l'établissement de celle du Rio de la Plata, (aujourd'hui l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay), elle perdit l’Audiencia de Buenos Aires (ce port commença à se développer à partir de cette date). Sauf pendant une brève période entre 1798 et 1814, l’Audiencia et Capitainerie du Chili continua à appartenir à la vice-royauté péruvienne jusqu'en 1818.

Dans la réorganisation de 1783, on créa les intendances d'Arequipa (1784), Puno (1783), Cuzco (1784), Huamanga (1784), Huancavelica (1784), Lima (1783), Tarma (1784), Trujillo (1784) au Pérou et Santiago (1786) et Concepción (1786) au Chili.

Au niveau militaire la Vice-royauté du Pérou finança, au moyen du real situado, les campagnes militaires contre les mapuches dans la Guerre d'Arauco qui dura tout au long de la période coloniale.

De même, on envoya depuis Lima de puissantes armées vers le Chili, le Haut Pérou (la Bolivie actuelle), et Quito contre les premiers insurgés séparatistes. La fortification du port du Callao fut la dernière place militaire dans l'Amérique espagnole à se rendre devant les séparatistes.

L'organisation politique[modifier | modifier le code]

Grâce aux Nouvelles Lois, l'empire espagnol changea la politique sur les affaires des colonies américaines en 1542. Le système des encomiendas et des capitulations fut changé pour un système étatique bureaucratique. Cette nouvelle organisation fut appliquée sous le règne du Roi Philippe II, et au Pérou elle fut consolidée sous le gouvernement du vice-roi Francisco de Toledo entre 1569 et 1580.

Le Vice-roi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vice-roi.

La Vice-royauté du Pérou fut gouvernée par quarante vice-rois, depuis 1542 jusqu'en 1821. Le premier vice-roi fut don Blasco Núñez Vela, et le dernier, don José de la Serna.

L'un des vice-rois les plus fameux est Francisco de Toledo, qui établit les fondements économiques et sociaux de la vice-royauté. D'autres vice-rois principaux sont Pedro Fernández et Melchor de Navarra.

Les Audiencias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : audiencia.

Huit grandes Reales Audiencias furent établies en Vice-royauté du Pérou, lesquelles furent les tribunaux suprêmes de justice. Elles furent les suivantes par date de création:

À Lima, l'audiencia était présidée par le vice-roi, et composée par les oidors (jusqu'à douze membres), deux fiscaux, un seul gendarme majeur, un seul lieutenant du Grand Chancelier et un personnel subalterne nombreux.

Les corregimientos[modifier | modifier le code]

Article détaillé : corregimiento.

Les audiencias étaient divisées en corregimientos des Espagnols, desquels les corregimientos des Indiens dépendaient. En 1620, les corregimientos suivants existaient[1]:

Audiencia Corregimiento des Espagnols Corregimientos des Indiens
Audiencia de Lima
Corregimiento de Lima Cercado de Lima, Guaracherí, Jauja, Ica, Cañete, Guaylas, Yauyos, Cajatambo, Canta, Chancay
Corregimiento de Chachapoyas Cajamarquilla, Luja et Chilvos, Cheliquen
Corregimiento du Cusco Andahuaylas, Abancay, Los Andes, Asillo et Sángaro, Canas et Canches Quispicanche, Chilques et Masques, Yucay, Chumbivilcas, Aimaraes, Vilcabamba, Cotabambas, Omasuyos, Cavana et Cavanilla, Parinacocha, Carabaya
Corregimiento de Trujillo Cajamarca, Villa de Saña, Villa de Fanta, Valle de Chicama
Corregimiento de Huánuco Tarama et Chinchacocha, Conchucos, Guamalíes
Corregimiento d'Arequipa Collaguas, Condesuyo, Ubiñas, Camaná, Arica, Vitor
Corregimiento de Huamanga Lucanas, Chocordos, Sángaro, Vilcas
Audiencia de Charcas
Corregimiento de Charcas Paria, Carangas, Cochabamba, Porco, Amparaes, Misque, Pocona, Chinchas et Tarija, Chayanta, Atacama, Los Lipes
Corregimiento de La Paz Caracoleo, Larecaja, Pauparcollo, Pacajes, Omasuyo, Governement de Chucuito
Audiencia de Quito Corregimiento de Quito Riobamba, Otavalo, Chymbo et La Facunda, Payta, Guayaquil et Aguasongo, Jaén, Cuenca, Loja, Zamora

Ces corregimientos étaient de disposition royale ; c'est-à-dire, leurs corregidors étaient nommés directement par le Roi[2].

Au temps de la création des intendencias en 1784, la juridiction de l'Audiencia de Lima comprenait les corregimientos suivants[3],[4] :

  • Archevêché de Lima : Cercado de Lima, Ica, Cañete, Chancay, Santa, Huarochirí, Canta, Yauyos, Huánuco, Tarma, Jauja, Huaylas, Cajatambo, Conchucos, Huamalíes.
  • Évêché de Trujillo : Trujillo, Piura, Cajamarca, Chachapoyas, Saña ou Lambayeque, Cajamarquilla ou Pataz, Huamachuco (créé en 1759).
  • Évêché d'Arequipa : Arequipa, Arica, Moquegua, Camaná, Collaguas ou Cailloma, Condesuyos de Arequipa, Tarapacá, Chiloé.
  • Évêché d'Huamanga : Huamanga, Huancavelica, Angaraes, Huanta, Andahuaylas, Lucanas, Parinacochas, Castrovirreina, Vilcashuamán ou Cangallo.
  • Évêché de Cusco : Cusco, Abancay, Aymaraes, Calca et Lares, Chilques et Masques ou Paruro, Chumbivilcas, Cotabamba, Paucartambo, Quispicanchis, Canas et Canchis ou Tinta, Vilcabamba, Urubamba.

Les corregimientos de Lampa, Azángaro et Carabaya devinrent partie de la Vice-royauté du Río de la Plata.

Les Intendencias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : intendencia.

Les corregimientos furent abrogés par le roi Charles III en 1784 en raison de la révolution de Tupac Amaru II, et donc ils furent changés pour les intendencias.

Les intendencias furent créées grâce aux Réformes Bourboniennes. Dans la Vice-royauté du Pérou, celles-ci furent :

En 1796 l'Intendencia de Puno fut ajoutée. Il y avait aussi des gouvernements militaires de Maynas, Quijos, Huarochirí et Callao.

Les partidos[modifier | modifier le code]

Article détaillé : partido (période coloniale).

Les intendencias furent divisées en partidos :

« Les sept Intendencias furent divisées en 55 partidos, qui comprirent aussi 483 parroquias et 977 anexos. Lima en avait neuf ; Trujillo, sept; Arequipa, huit; Tarma, neuf; Huancavelica, quatre ; Huamanga, sept, et Cusco, onze. Les Gouverneurs Intendents étaient l'autorité des Intendencias en remplaçant les Corregidors, et les Subdélégués exerçaient son autorité dans les Partidos, au lieu des Gouverneurs des villes de l'ancienne politique de la Vice-royauté. »

— KUONG CABELLO, Luis. Retazos de la Historia de Moquegua, Édition de 1982. Page 67.

À partir de l'ascension des subdélégués en 1785, les partidos étaient :

  • Dans l'Intendencia de Lima : Cercado de Lima, Ica, Cañete, Chancay, Santa, Canta, Yauyos, Gouvernement de Huarochirí, Gouvernement de Chiloé (qui fut intendencia dès 1784 jusqu'en 1789), Gouvernement de Guayaquil (dès 1803), Gouvernement de Maynas (dès 1802), Gouvernement de Quijos (dès 1802), Gouvernement du Callao, Gouvernement de Osorno (entre le 1er juin 1798 et le 28 octobre 1802, quand il devint partie de Chili)
  • Dans l'Intendencia du Cusco : Cercado del Cusco, Abancay, Aymaraes, Calca et Lares (dès 1809 jusqu'en 1818 ; depuis cela il fut appelé seulement Calca), Cotabambas, Chumbivilcas, Paucartambo, Quispicanchis, Tinta, Urubamba et Vilcabamba, Chilques et Márquez (dès 1809 jusqu'en 1817), Paruro (dès 1819 jusqu'en 1821).
  • Dans l'Intendencia d'Arequipa : Cercado de Arequipa, Arica, Moquegua, Camaná, Collaguas ou Caylloma, Condesuyos d'Arequipa, Tarapacá et Iquique-Pisagua.
  • Dans l'Intendencia de Huamanga : Cercado de Huamanga, Huanta, Andahuaylas, Lucanas, Parinacochas, Anco, Vilcashuaman et Cangallo.
  • Dans l'Intendecia de Huancavelica : Cercado de Huancavelica, Castrovirreyna, Angaraes, Tayacaja.
  • Dans l'Intendencia de Trujillo : Cercado de Trujillo, Piura, Cajamarca, Chachapoyas, Saña (il était appelé Lambayeque dès 1809 jusqu'en 1818), Cajamarquilla ou Pataz, Huamachuco, Gambos ou Chota (créé en 1787).
  • Dans l'Intendencia de Tarma : Tarma, Huánuco, Huaylas, Jauja, Cajatambo, Conchucos, Huamalíes, Panataguas (créé 1793), Chavín de Pariaca (dès 1809 jusqu'en 1821).
  • Dans l'Intendecia de Puno (incorporée en 1796 dans la vice-royauté) : Huancané, Chucuito, Lampa, Azángaro, Carabaya.

Les Cabildos[modifier | modifier le code]

Article détaillé : cabildo.

Leur responsabilité était administrer les villes. Il en y avait deux classes : ceux des Espagnols et ceux des naturels. Les cabildos des Espagnols étaient composés par un seul maire et plusieurs conseillers municipaux ; leurs devoirs furent : distribuer les terres entre les voisins, organiser la police, donner des permis de construire, entretenir les prisons, inspecter les hôpitaux, et contrôler les prix.

Les autorités indigènes[modifier | modifier le code]

Pour que la conquête des Incas soit plus rapide, les autorités espagnoles maintinrent les responsabilités anciennes des chefs des indigènes. L'une de ces responsabilités fut le curacazgo : le curaca était le chef d'un seul ayllu ou communauté. Il devait informer lui-même le corregidor sur les affaires de l'ayllu.

Une autre institution utilisée dans la vice-royauté fut le varayoc. Il était l'autorité civile responsable de gouverner la ville, ressemblant aux maires.

L'organisation sociale[modifier | modifier le code]

Graphique qui montre les classes sociales
« Images des Castas » de l'époque coloniale qui montre le métis : De l'espagnol et l'indienne, métis.
« Images des Castas » de l'époque coloniale qui montre le mulâtre : Du noir et l'espagnole, mulâtre.
« Images des Castas » de l'époque coloniale qui montre le zambo : Du noir et l'indienne, zambo.

La société coloniale était pleine d'inégalités parmi ses membres. Les Espagnols qui étaient nés à la péninsule Ibérique avaient tous les privilèges, et les Péruviens — les Espagnols nés au Pérou et les indigènes — avaient été presque exclus.

Le nombre de la population indigène diminua très rapidement : pendant 300 ans, il baissa de dix ou douze millions à seulement un million. D'autre part, des nouvelles classes sociales sont apparues ; V.G., le métis (fils d'un Espagnol et d'une femme indigène), le zambo (fils d'un homme noir et d'une femme indigène), le mulâtre (fils d'un homme noir et d'une femme blanche). À la fin de son existence, la vice-royauté comptait environ 1 115 207 habitants, dont 58 % d'indigènes se concentrant sur les montagnes, 21 % de métis, 8 % de noirs et 12 % de blancs, pour la plupart habitant sur la côte et dans la ville de Lima (celle-ci était alors la ville la plus peuplée d'Amérique du Sud puisqu'elle compta jusqu'à 64 000 habitants).

Classes sociales[modifier | modifier le code]

Dans la vice-royauté, il y a eu les classes sociales suivantes :

  • La noblesse ou haute classe, constituée par la noblesse originaire d'Espagne, et les descendants des conquistadors. Ils étaient l'élite de la vice-royauté, et eux seuls pouvaient accéder à une charge publique, par exemple : oidors, commerçants du Tribunal et consuls. La noblesse se chargea aussi du système des encomiendas jusqu'en 1542.
  • La classe moyenne, constituée par des commerçants moyens et professionnels n'ayant pas eu de titres nobiliaires, mais qui avaient des richesse acquises au Pérou. Les indigènes nobles et les curacas — qui pouvaient utiliser leurs titres nobiliaires jusqu'en 1781 —, et les corrégidors appartenaient à cette classe.
  • Le peuple, fait par des Espagnols, des créoles et des métis pauvres. Ceux-ci s'occupaient de la manufacture et du commerce. La population indigène — dits indiens — était aussi dans cette classe. Le peuple indigène travailla dans plusieurs métiers, et il fut élevé dans les réductions ; quelques-uns furent traités en tant qu'esclaves dans les encomiendas (jusqu'en 1542), les obrajes et la mita.
  • Les esclaves, dont la couleur de peau était noire, ils avaient été amenés d'Afrique. Ils travaillèrent dans les fermes et les maisons, et ils étaient achetés et vendus comme marchandise. Ils pouvaient acheter leur liberté, et après travailler dans d'autres métiers.

Le système des Républiques[modifier | modifier le code]

Quand l'autorité royale a été confirmée, la Couronne Espagnole — protectrice de l'idée de la pureté raciale — a établi une société divisée et exclusive pour ses colonies. En raison de cela, deux républiques furent créées : l'une pour les Espagnols et l'autre pour les Indiens. Chaque classe devait agir indépendamment, avec des lois différentes et ses propres autorités, et sans se mélanger mutuellement.

Bien que ceci se soit accompli seulement en théorie, néanmoins les unions parmi toutes les deux républiques — qui étaient illégales — se sont produites. Les métis (surtout les fils des Espagnols) n'ont pas appartenu à aucune république, et la loi ne les protégea pas. Cette situation est devenue un problème quand la population métisse commença à réclamer ses droits sur ses possessions.

La République des Espagnols[modifier | modifier le code]

La République des Espagnols fut constituée par des hommes et femmes blancs nés en Espagne (péninsulaires) ou en Amérique (créoles). Dans le cadre légal, ils étaient vassaux majeurs du Roi, et donc ils devaient payer du tribut.

Bien qu'ils aient eu des mêmes droits devant la loi, tous n'eurent pas les mêmes privilèges : les hautes places étaient seulement pour les péninsulaires — mais les créoles s'incorporèrent aux audiencias au XVIIe siècle — ; et les Espagnols pauvres se dédièrent au commerce ou aux métiers mineurs[Quoi ?].

La République des Indiens[modifier | modifier le code]

Le peuple indien était dans cette classe, sauf les curacas et les parents de l'Inca, qui composèrent la noblesse indigène.

Depuis 1570, les Indiens furent amenés à habiter aux réductions. Celles-ci étaient des villages faits pour les Indiens selon le modèle des villes espagnoles. Elles avaient des autorités indigènes (V.G. : le curaca, le varayoc) et aussi espagnoles (V.G. : le corregidor — lien entre les Indiens et l'État espagnol —, le prêtre).

Les Indiens étaient vassaux mineurs du Roi devant la loi, et par conséquent ils devaient payer du tribut à travers la mita. Le type d'elle dépendaient sur la proximité aux mines, obrajes ou des autres institutions.[Quoi ?] [Ce passage est incompréhensible.]

Les Indiens communs étaient enregistrés et inscrits dans un registre d'après son nombre[Quoi ?]. La vie dans les villages était inconnue par les Indiens à l'époque préhispanique ; en raison de cela, plusieurs ayllus furent emmenés à une seule réduction, sans importer s'ils étaient des ennemis.

Dès le XVIIe siècle, beaucoup d'Indiens ayant tenté d'éviter la mita, le tribut et les injustices échappèrent aux villes ou autres villages, et ils y furent appelés étrangers. Les autres se placèrent sous la protection d'un Espagnol, ce qui créa le système du yanaconaje.

La noblesse indigène[modifier | modifier le code]

Indien noble mélangeant des vêtements espagnols et incas

Faite par des Indiens nobles — des Incas et ceux des autres communautés — qui trouvèrent une façon de s'adapter dans le changement de quelques institutions de l'époque des Incas, par exemple, la mita, le curacazgo, etc.

Les Indiens nobles devaient démontrer leurs titres nobiliaires. En raison de cela, ils utilisèrent les probanzas et ils les présentèrent aux tribunaux, même si plusieurs étaient fausses. Les Indiens ont établi aussi des alliances matrimoniales avec des Espagnols pour confirmer une meilleure situation.

Le peuple noir[modifier | modifier le code]

Contrat à vendre un esclave

Le peuple et la culture d'Afrique Noire arrivèrent au Pérou avec les Espagnols. Capturés par les Européens, avec l'aide d'autres tribus africaines, ces hommes ont été amenés en Amérique en tant qu'esclaves, dans des conditions très dures. Les premiers esclaves noirs arrivèrent en Vice-royauté du Pérou pour la première fois au XVIe siècle, en raison de la chute démographique de la population indigène due aux épidémies, mauvais traitements et au travail dans les mines.

Esclaves, les hommes noirs n'étaient ainsi pas considérés des êtres humains, mais comme des marchandises : ils pouvaient donc être vendus et achetés au marché.

Leur vie était très difficile, surtout dans les fermes où ils étaient exposés aux mauvais traitements des caporaux (chefs des fermes). Néanmoins ils purent progresser socialement dans les villes. Ils y travaillaient et y recevaient un salaire. Cela était facilité par le fait que les Espagnols des plus hautes classes sociales dédaignaient le travail, vu comme quelque chose propre aux gens de bas statut. Le salaire reçu était divisé entre le maître et l'esclave, et ainsi le second pouvait épargner pour acheter sa liberté, laquelle s'obtenait à travers les lettres d'affranchissement (espagnol : cartas de manumisión).

Par ailleurs, les esclaves ne restaient pas sans réagir : les marrons causèrent beaucoup de rébellions et de soulèvements, et ils créèrent même des états des esclaves fugitifs, qui étaient appelés palenques. Mais ces palenques ne furent pas nombreux dans la vice-royauté en raison du manque d'endroits inaccessibles sur la côte péruvienne ; ce type de lieu se trouvait seulement dans les districts forestiers de Miraflores, Magdalena del Mar et San Miguel.

L'organisation économique[modifier | modifier le code]

L'économie espagnole dans la colonie se fondait sur l'extraction des mineraux américains et le commerce. L'Espagne institua un monopole commercial à ramasser la quantité la plus grande possible de l'or et de l'argent ; en outre, le commerce avec l'Amérique fut la principale activité économique.

Le monopole commercial espagnol[modifier | modifier le code]

L'Empire Espagnol établit un monopole commercial à s'assurer de la possession de tous les benefices économiques pour lui-même, sans permettre le commerce entre les colonies et les autres pays.

L'institution coloniale responsable de la direction du commerce entre l'Espagne et ses colonies fut la Casa de Contratación de Sevilla, qui réglait aussi l'entrée et la sortie des immigrants.

À cette époque-là, il y avait trois ports autorisés à commercer: Séville (en Espagne), Veracruz (en Vice-royauté de Nouvelle-Espagne) et Callao (en Vice-royauté du Pérou). Chaque année, plusieurs navires appelés galions sortaient de Séville vers la Vice-royauté du Pérou. Les galions eurent l'habitude de faire deux escales, la première étant Carthagène des Indes et la seconde Portobelo, où des foires furent organisées pour distribuer les produits amenés de l'Espagne tout au long de la vice-royauté.

En 1593, le Tribunal du Consulat de Lima — où les commerçants les plus grands se réunissaient — fut créé, dont la principale responsabilité était organiser la Marine Militaire de la Mer du Sud.

Le monopole fut affaibli par la contrebande, laquelle fut causée par le très mauvais développement industriel, les très hauts impôts aux marchandises, la rivalité des autres pays européens et la corruption. Il y eut aussi des pirates et des corsaires, qui attaquèrent les navires et les ports espagnols.

La Hacienda Pública[modifier | modifier le code]

La Hacienda Pública (espagnol : Trésor Public) fut une institution coloniale dont le principal devoir était gérer les possessions et les richesses du Roi d'Espagne, lesquelles furent appelées Real Hacienda. Elle fut composée par des comptables et dirigée par le viceroi jusque le XVIIe siècle, qui travaillait ensemble avec le Roi et le Conseil des Indes.

Les Caisses Royales[modifier | modifier le code]

L'administration de fonds des impôts fut faite à travers les Caisses Royales (en espagnol : Cajas Reales), lesquelles furent distribuées partout dans la vice-royauté. La Caisse de Lima fut la principale, et les autres furent ses subsidiaires. Elles ramassaient les impôts et après toucher les salaires, elles envoyaient le reste vers Lima.

Il y avait trois fonctionnaires royaux chargés de ces caisses-ci : le comptable, le commissionnaire et le trésorier. Chacun avait l'une des trois clés des boîtes où les revenus étaient gardés. On donc ouvrait la boîte seulement à travers la concordance des trois fonctionnaires ; après ils pouvaient faire n'importe quelle opération.

La Caisse de Lima devait couvrir les dépenses de l'administration coloniale et envoyer le reste en Espagne à travers les galions. Ce reste fut souvent réduit en raison des dépenses militaires ; V.G.[Quoi ?], la défense de la même vice-royauté.

Le Tribunal des Comptes[modifier | modifier le code]

Le Tribunal des Comptes (en espagnol : Tribunal de Cuentas) fut créé en 1607. Il fut la principale organisation en affaires fiscales à l'époque coloniale. Il fut établi au lieu des vicerois pour l'administration de la Hacienda Pública. Ses devoirs furent :

  • Intervenir dans les affaires des caisses royales.
  • Promulguer des décrets sur la Hacienda Pública.
  • Déléguer des fonctionnaires temporels et examiner aussi le travail des officiers.
  • Demander des donnes extraordinaires.
  • Louer les Monopoles Royaux et administrer les envois d'argent vers la métropole.

Les décisions sur les affaires de la Hacienda Pública était faites par les Conseils de Hacienda (en espagnol : Juntas de Hacienda). Elle fut composée par le viceroi, des comptables du Tribunal, un oidor et un fonctionnaire de l'Audiencia.

L'industrie minière[modifier | modifier le code]

Image de Potosí à l'époque coloniale

L'industrie minière fut l'activité économique la plus importante dans la Vice-royauté aux XVIe et XVIIe siècles, et elle commença à succomber au XVIIIe siècle. Les Espagnols — contrairement aux Indiens d'Amérique — extrayaient des métaux précieux à les utiliser en tant que monnaie. L'accumulation de métaux précieux signifiait richesse selon l'idéal du mercantilisme. Dans la Vice-royauté du Pérou, l'industrie minière fut argentifère, c'est-à-dire que l'argent fut le principal minéral extrait. L'argent fut premièrement extrait des mines connues dès l'époque inca, V. G.[Quoi ?] Porco (en Bolivia). Néanmoins, les mines principales en raison de la quantité des minéraux extraits furent plus récentes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voyez ce lien (en espagnol)
  2. Geocities
  3. [1]
  4. (es) LUQUE TALAVÁN, Miguel, Revista Complutense de Historia de América,‎ 1999. Voyez le lien suivant.

Articles connexes[modifier | modifier le code]