Aloe vera

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L'Aloe vera ou aloès des Barbades[1] est une espèce d'aloès (genre Aloe) d'origine incertaine mais cultivée de longue date en région méditerranéenne, Afrique du Nord, aux îles Canaries et au Cap-Vert. Connu depuis l'Antiquité mais surtout utilisé depuis le premier siècle, l' Aloe vera a été adopté dans les médecines traditionnelles de nombreuses régions chaudes du monde, d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord d'abord, puis d'Inde, de Chine et d'Asie essentiellement après le Xe siècle et d'Amérique après le XVIIe siècle. Actuellement, le gel d'aloès rentre principalement dans la composition de cosmétiques ou de boissons.

À La Réunion, Aloe vera est appelé aloès amer ou mazambron, aux Antilles françaises, alwè ou lalwè en créole[2].

Origine[modifier | modifier le code]

Aloe vera (Espagne)

L'origine des Aloe vera est obscure en raison de la longue histoire de sa culture remontant à l'Antiquité et de l'absence de population sauvage[3].

Pour les auteurs de Flora of China[3], Aloe vera est étroitement apparentée à l'espèce Aloe indica Royle, croissant au nord de l'Inde, au Népal et en Thailande. Elle en diffère essentiellement par la couleur des fleurs, jaune pâle chez A. vera et rouge chez A. indica. La couleur des fleurs étant variable chez les Aloe, les auteurs en concluent que A. vera et A. indica sont conspécifiques. Par contre pour Leonard Newton[4] « l'origine exacte de A. vera est incertaine, mais il est vraisemblable que ce soit la Péninsule Arabique, qui est aussi l'aire d'origine de l'espèce très proche et peut être conspécifique, Aloe officinalis Forssk. ».

Étymologie et histoire de la nomenclature[modifier | modifier le code]

Le nom générique Aloe vient du latin aloë et du grec αλόη[n 1]. La plante appelée aloe était connue des auteurs de l'Antiquité gréco-romaine comme Pline (H.N. 27, 14) et Dioscoride (M.M. 3, 22) et devait désigner l'espèce Aloe vera[5] dont le suc était utilisé en pharmacie. L'épithète spécifique vera dérive du latin vērus (fem. vera) « vrai, authentique ».

Linné indique que Aloe perfoliata var. vera a des feuilles épineuses et que son habitat se trouve en Inde[6]. Le botaniste néerlandais Burman, élève de Linné, complète la description de son maître qui n'avait pu observer la fleur (Flora Indica[7]). Classé par Linné et Burman parmi les Hexandria Monogyna (plantes à 6 étamines, 1 carpelle), l'espèce fut par la suite classée dans la famille des Liliaceae par Engler (1924), dans les Aloeaceae dans la classification de Cronquist (1981) et de Takhtajan et dans les Asphodelaceae par Thorne (1992) et Dahlgren (1997). La classification phylogénétique APG III (Angiosperm Phylogeny Group) l'établit dans la famille des Xanthorrhoéacées, ordre des Asparagales[8].

La séparation effectuée sur des bases morphologiques entre les Liliales et les Asparagales a été remise en cause par les études moléculaires. Les Asparagales furent redéfinies par l'inclusion de taxons provenant des Liliales et l'exclusion de quelques taxons[9]. La famille des Xanthorrhoéacées, crée en 1829 par le naturaliste belge Du Mortier, pour des plantes monocotylédones du genre Xanthorrhoea d'Australie, fut élargie par la classification APG III (2009) pour inclure des genres autrefois placés dans les familles Asphodelaceae et Hemerocallidaceae. C'est ainsi que Aloe vera passa au fil des études et de l'approfondissement des connaissances, des Liliacées, aux Aloeaceae, aux Asphodelacées puis aux Xanthorrhoéacées.

Synonymes[modifier | modifier le code]

Suivant Tropicos[10] :

  • Aloe barbadensis Mill.
  • Aloe barbadensis var. chinensis Haw.
  • Aloe chinensis (Haw.) Baker
  • Aloe perfoliata var. vera L.
  • Aloe vera var. chinensis (Haw.) A. Berger
  • Aloe vulgaris Lam.

Description[modifier | modifier le code]

Aloe vera, feuilles alternes et distiques
Racème de fleurs jaunes de l' Aloe vera

L' Aloe vera est une plante succulente, aux feuilles persistantes, aux racines peu profondes, poussant en touffes et même en colonies, en raison de son aptitude à produire des drageons. La tige à base ligneuse, est courte (au plus 50 cm de haut) et porte à l'extrémité des feuilles alternes, enchâssées les unes dans les autres, distiques (particulièrement pour les jeunes plants) puis en vieillissant en rosette[11].

La feuille succulente, sessile est érigée, vert pâle à glauque, de forme linéaire-lancéolée (parfois tachetée de blanc), se rétrécissant régulièrement de la base à l'apex, relativement longue (jusqu'à 10 x 70 cm, mais plus courte en Asie[3], 4-5(-7) x 15-35(-50) cm). La marge est dentée-épineuse, avec des épines souples pâles, écartées de 1-1,5 cm.

L'inflorescence terminale est un racème cylindrique, érigé, en général non ramifié, de 100-150 cm de haut. L'axe (ou rachis) porte des écailles parcourues par 3 veines pourpres proéminentes confluentes à l'extrémité[11]. La fleur est construite sur le plan trimère typique des Asparagales et Liliales (monocotylées pétaloïdes) :
- 6 tépales pétaloïdes, connées (soudées) de la base jusqu'à mi-longueur, aux lobes linéaires à oblongues-lancéolés, de couleur jaune pâle (parfois maculé de rouge), de 2,5 cm de long
- 6 étamines légèrement exsertes
- 1 style exserte.
La floraison a lieu en hiver et au printemps.

Le fruit est une capsule.

Distribution[modifier | modifier le code]

L'aire d'origine de Aloe vera est incertaine.

L'aloès est une plante xérophile. Les Aloe vera naturalisés croissent en région sèche sur des sols arides.

Aloe vera est cultivé depuis l'Antiquité et s'est naturalisé dans de nombreuses régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes.

Histoire de ses usages[modifier | modifier le code]

Représentation d' Aloe dans le manuscrit De materia medica de Dioscoride dit Codex Vindobonensis de 512

L' Aloe vera est une plante vivace connue depuis l'Antiquité en Mésopotamie, dans l'Égypte antique et dans la Grèce antique.

En Égypte, le plus ancien document médical, qui est connu sous le nom de papyrus Ebers (aux environs de 1 500 ans avant notre ère) cite l'aloès parmi les plantes médicinales. Cette plante entrait dans différentes formules recommandées contre les vers, les maux de tête, les douleurs à la poitrine, les brûlures, les ulcères et les maladies de peau[12],[13]. Un autre document écrit en grec aux environs IIIe siècle, à Thèbes (en Égypte), connu sous le nom de papyrus de Leyde, donne un autre emploi de l'aloès. Il mentionne parmi les nombreuses recettes de teintures, une liste de pharmaka stuptika c'est-à-dire de « drogues mordantes » à utiliser pour teindre les laines, comprenant l'urine avec aloès[14].

Les grecs de l'Antiquité connaissaient probablement l'aloès bien que les premières mentions dans les textes soient tardives. Suivant le géographe arabe du IIe siècle, Edressi, Aristote aurait incité son élève Alexandre le Grand a installer une colonie ionienne dans l'île de Socotra au large du Yemen, pour avoir accès à l'aloès socotrin très réputé[15]. Au premier siècle de notre ère, le médecin grec Dioscoride donne une description précise de l'aloe (De materia medica, 3, 22) et indique que « il croît en abondance en Inde d'où on apporte son jus. Il pousse aussi en Arabie, Asie et dans certaines régions maritimes et îles. Ce type ne convient pas pour l'extraction du jus mais convient pour fermer les plaies et les blessures en appliquant la plante broyée...». L'encyclopédiste Pline, contemporain de Dioscoride, donne dans son Histoire Naturelle (livre XXVII, V) une description de l'aloès concordante [16].

Les Hébreux connaissaient deux drogues désignées parfois par le même terme. Le terme grec αλωθ, traduit en général par aloès, désignant un bois aromatique[5] (Bois d'aloès, bois d'aigle, Aquillaria agallocha) est cité plusieurs fois dans la Bible[15] (Livre des Nombres, 26, 6 ; Cantique des Cantiques, 4, 12-13-14). Par contre, dans l'Évangile selon Jean (texte grec de la fin du Ie siècle), où il est dit qu'un mélange de myrrhe et l'aloès (σμύρνης καὶ ἀλόης) fut employé pour envelopper le corps du Christ[17], il est difficile de savoir il s'agissait[15], de l' Aloe ou de l' Aquillaria.

L'Aloe vera n'est pas une plante indigène d'Inde ni de Chine aussi n'est-elle pas mentionnée dans les plus anciennes pharmacopées de ces pays. Ce n'est qu'après le Xe siècle qu'elle devient une plante médicinale commune de la pharmacopée chinoise et le XIIe siècle qu'elle entre véritablement dans la pharmacopée ayurvédique.

En Inde, les traités fondamentaux de médecine ayurvédique (comme Caraka Saṃhitā चरक संहिता...) ne mentionnent pas l'aloès. L'Aloe vera n'est entré dans la médecine ayurvédique qu'au XIIe siècle (C.P. Khare[18], 2004). Depuis cette époque, l'aloès est connu dans la médecine ayurvédique sous les noms sanskrit de kumāri कुमारी, de grihkanyā, de kanyā etc. mais il faut savoir que le terme de kumari (vierge) s'applique à diverses autres plantes comme Clitoria ternata. Les propriétés médicinales de la plante sont mentionnées dans des textes[19] comme Sharngadhar samhita (XIIIe siècle) ou Bhava Prakasha, un classique mineur de l'ayurveda du XV-XVIe siècle. Suivant ce dernier texte, l'Aloe vera est une plante purgative, rafraîchissante et amère. Elle est prescrite dans les maladies du foie, de la rate, les tumeurs internes, la toux persistante, ainsi que les maladies de peau[18]. Le Raja Nighantu et les textes du XVIIe siècle incluent les concentrés secs de la plante dans les formulations abortives, emménagogues et anthelminthiques.

En Chine, contrairement à se qu'on trouve très souvent sur internet, dans les articles ou les thèses[20] de pharmacie, l’aloès n'est pas mentionné dans le Shennong bencao jing, le plus ancien ouvrage chinois de matière médicale[21] (aux alentours du début de notre ère). Ce n'est qu'au VIIIe siècle, que l'aloès aurait été importé par voie marine dans la province de Canton d'où il se serait dispersé ensuite dans la Chine[22]. Les premières mentions textuelles de l'aloès se trouvent dans le Yaoxinglun 药性论 et dans le Bencao Shiyi 本草拾遗 (Supplément aux Herbes médicinales, de Chen Cangqi 陈藏器 en 739), deux pharmacopées de la dynastie Tang (618-907). L'aloès, actuellement connu sous nom de 芦荟 lúhuì, a reçu de nombreuses autres dénominations[22] merveilleuses, du genre 百龙角 bailongjiao,« corne de dragon blanc », 象胆 xiangdan, « vésicule biliaire d'éléphant », etc (le suc d'aloès chauffé se présente comme une masse noirâtre, très amère). Par son origine mystérieuse, il était paré de propriétés mirifiques et considéré comme une panacée. La Matière médicale de l'époque Kaibao 开宝本草 (973) donne pour la première fois une étude détaillée de ses propriétés : « froid, amer, purge les boyaux, évacue le feu du foie » (dans les termes de la médecine chinoise traditionnelle). À partir de cette époque, l'aloès luhui devint une plante médicinale commune de la pharmacopée chinoise. Dans un ouvrage de référence de pharmacopée Chinoise (université MTC de Shanghai[23], 2003), l'aloès est indiqué pour « la constipation par excès de chaleur, du feu-coeur et du feu-foie, avec insomnie ; syndrome de prépondérance du feu du foie, avec constipation...; malnutrition ou accumulation de vers intestinaux...; eczéma chronique...».

Les Espagnols et les Hollandais[24] amenèrent l' Aloe vera aux Antilles et en Amérique aux XVI-XVIIe siècles. La culture de l' Aloe vera se répandit ensuite dans toutes les zones tropiclaes, subtropicales et tempérées chaudes.

Suc et gel d'aloès[modifier | modifier le code]

Sous la cuticule et le derme dans lequel circule la sève (donnant le suc) apparaît au centre la pulpe, parenchyme mucilagineux fournissant le gel d'aloès

Des extraits de feuilles d' Aloe vera sont utilisés comme drogue sous forme de suc ou entrent dans la composition de cosmétiques, de spécialités dermatologiques ou de produits alimentaires sous forme de gel.

Le suc d'aloès est contenu dans les cellules péricycliques et s'écoule spontanément lorsque la feuille est coupée[1]. Le gel d'aloès est constitué par le mucilage des cellules polyédriques de la région centrale de la feuille.

  • Le suc d'aloès. Traditionnellement, le suc (ou exsudat) était récueilli dans des pots en le laissant s'écouler spontanément des feuilles, après incision de celles-ci sur pied. Il était ensuite concentré par ébullition pendant quelques heures [25]. Cette forme séchée de la sève permet d'obtenir les formes galéniques usuelles, poudre et teinture, utilisées dans la préparation des spécialités pharmaceutiques destinées exclusivement aux indications digestives.
La drogue se présente sous forme d'une masse solide brun chocolat à presque noire.
  • Le gel d'aloès. La récolte artisanale du gel d'aloès se fait en coupant longitudinalement les feuilles et en raclant la pulpe centrale mucilagineuse. Pour éviter des effets laxatifs, le gel ne doit pas contenir de latex. Cette pulpe fraîche se dégrade rapidement du fait de son oxydation à l'air libre, ce qui limite son usage aux personnes ayant des feuilles d'aloès fraîches sous la main[20]. Cependant depuis les travaux d'un pharmacien texan nommé Bill Coats, dans les années 1960, on sait comment stabiliser la pulpe fraîche en effectuant un traitement qui neutralise l'action des enzymes à l'origine de l'oxydation et du rancissement. Le processus de stabilisation, protégé par un brevet, consiste à laisser incuber la pulpe dans des cuves, en y ajoutant de la vitamine C et E et du sorbitol. Cette technique a permis le développement de méthodes industrielles d'exploitation et de production d'aloès.
Le gel est d'aspect visqueux, transparent, sans odeur et légèrement amer.

Les principaux pays producteurs de gel sont le Mexique, la République dominicaine et le Venezuela. L'Asie (Chine, Thailande) et l'Australie fabriquent l'essentiel du reste des produits commercialisés dans le monde[25].

Composition chimique[modifier | modifier le code]

L' Aloe vera est une plante des milieux arides qui stocke l'eau dans ses feuilles. Aussi, l'eau est-elle le principal constituant de la feuille et représente de 98 à 99 % de son poids. La matière sèche qui ne représente donc que 1 à 2 %, est constituée à 60 % de polysaccharides[20],[26].

La feuille d'Aloe vera contient plus de 75 composés actifs (polysaccharides, composés phénoliques, acides organiques) ainsi que 20 minéraux, 20 acides aminés et 12 vitamines. Les principaux métabolites secondaires sont des composés phénoliques de type anthrone et chromone. Mais malgré les très nombreuses études, les activités thérapeutiques n'ont pas bien été bien corrélées avec les composés.

  1. la fraction glucidique est formée de monosaccharides (glucide, xylose,...), de polysaccharides de réserves (acémannane, aloéride, cellulose...) stockés dans le protoplasme des cellules[20]. L'acémannane, le principal glucide du gel, est un polymère à longue chaîne de glucomannanes[20], avec un ratio de 15 unités mannosyles pour une unité glucosyle. Il présente des acétylations des résidus mannose au niveau du carbone C2 ou C3.
  2. la fraction protéique est formée d'acides aminés, de glycoprotéines (alprogène, aloctine A et B, vérectine)
  3. la fraction lipidique (5 % de la du poids sec de la pulpe) est composée de stérols (cholestérol, campestérol, β-sitostérol, des phytostérols), des triterpènes (lupéol), des triglycérides et des phospholipides.
  4. les minéraux prépondérants sont le potassium, le calcium, le sodium, le magnésium et le phosphore.
  5. les vitamines principales sont la vitamine C et les vitamines B1, B2, B3 et B6.
  6. des acides organiques comme les acide malique, succinique, urique, isovalérique, d'acide-phénols comme l'acide cinnamique, vanillique, citrique, férulique[1].
  7. des anthraquinones (aloïne, isobarbaloïne, anthranol, aloe-émodine, émodine etc.). L'aloïne est situé dans la couche externe de la feuille et constitue près de 30 % de l'exsudat de la feuille[20].
  8. des chromones : aloésone, aloérésine.
  9. des saponines, esters de phtalate, hormones de croissance.

Le suc d'aloès contient de 15 à 40 % de dérivés hydroxy-anthracéniques[1]. L'aloïne est très largement majoritaire. En s'hydrolysant dans le tube digestif, elle libère l'aloe-émodine. L'aloïne a des propriétés laxatives et l'aloe-émodine est un stimulant irritant du tube digestif, avec des propriétés antifongiques, antibactériennes, hépatoprotectrices, antivirales et antitumorales[27]. Un métabolite de l‟isobarbaloïne, l'aloe-émodine-9-anthrone, est un puissant agent laxatif. Le suc contient aussi une fraction résineuse, à partir de laquelle ont été isolés de C-glucosides en C-8 : l'aloésine et l'aloérésine.

Le gel d'aloès est très riche en eau et ne semble pas renfermer de composés très spécifiques[1]. Contrairement au suc, il ne renferme pas de dérivés anthracéniques. Il contient des acides gras, des stérols, acide-phénols, alcools, acide organiques etc.

Utilisation par l'homme[modifier | modifier le code]

Aloe vera est largement cultivé comme plante ornementale et plante médicinale.

Utilisation textile[modifier | modifier le code]

L'Aloe vera donne par rouissage des fibres textiles utilisées au Maroc sous le nom de sabra ou soie végétale.

Utilisation ornementale[modifier | modifier le code]

Touffe d'Aloe vera ornementale (Fuerteventura, Canaries)

L'Aloe vera est une plante ornementale qui peut se cultiver dans toutes les régions chaudes du monde. Craignant le gel, on peut la cultiver en pleine terre dans le Midi de la France et en Corse où elle peut former de vastes massifs couverts de fleurs en hiver[28].

Sinon, on la plante dans des pots en terre cuite, favorisant l'évaporation de l'eau. L'hiver il faut la rentrer dans la maison (ou une serre) et la placer dans un endroit très lumineux. L'aloès est une plante des milieux arides qui n'aime pas les excès d'eau.

On la multiplie par bouturage, en détachant et replantant des jeunes plants munis de racines.

Utilisation cosmétique et dermatologique[modifier | modifier le code]

Culture d' Aloe vera à Lanzarote aux Canaries

L'Aloe vera est une plante utilisée en cosmétique depuis l'Antiquité par les tradipraticiens (guérisseurs). Traditionnellement, on pelait la feuille et on appliquait la pulpe directement sur la peau. On attribuait au gel des propriétés cicatrisantes confirmées très partiellement par l'expérimentation animale[1].

De nos jours, les industries cosmétiques mettent en avant les traitements possibles de l'épiderme avec cette plante :

  • Stimulation de la production de collagène, du moins chez les rats [29]
  • Traitement des brûlures grâce au gel frais de la plante[30].
  • Cicatrisation : plusieurs études ont montré que le gel frais obtenu à partir de la partie centrale de la feuille diminue le processus inflammatoire et accélère la cicatrisation[31],[30].
  • Lutte contre le vieillissement cutané.

Suivant l'ouvrage de référence en pharmacognosie de Jean Bruneton[1], « Quelques essais cliniques comparatifs, souvent de qualité méthodologique très faible, ont évalué l'efficacité de l'aloès dans différentes indications. Ces essais ne fournissent aucune preuve de l'efficacité du gel d'aloès pour prévenir et/ou atténuer les réactions cutanées induites par les radiations chez les patients traités par radiothérapie. Comparé à un placebo, ce gel n'exerce, à l'encontre des coups de soleil, ni action préventives, ni action curative. L'action du gel sur la cicatrisation reste à démontrer (données contradictoires et essais méthodologiques criticables). » (2009). Le gel semble posséder des propriétés contre le psoriasis et l'herpès génital[32], mais cela doit être confirmé[1],[33]. Le gel d'aloès en usage local ne semble pas induire d'effet indésirable sévère.

Le gel d'aloès forme à la surface de la peau une pellicule constituée à 99 % d'eau, avec un pH de 4,5, correspondant à celui de la peau. Il est utilisé comme agent hydratant dans de nombreuses formulations cosmétiques[20].

Selon le producteur US Farms, qui cultive plus de 250 000 plants d' A. vera au Canada, le marché américain des produits à l' A. vera représenterait 34 milliards de dollars[34].

Utilisation médicinale du suc[modifier | modifier le code]

Le suc d'aloès est indiqué pour le traitement symptomatique de la constipation[1]. L'aloïne entre dans la composition de nombreuses spécialités pharmaceutiques (dont les dragées Rex, Tonilax, ou Idéolaxyl) pour ses propriétés laxatives.

Utilisation culinaire[modifier | modifier le code]

Un verre contenant du gel d'Aloe Vera
Du gel d'Aloe vera à boire
Yaourt à l'Aloe vera

La pulpe de l'Aloe vera est comestible. Riche en protéines et en vitamines (vitamines A, B1, B2, B6, C, E, choline), elle peut être utilisée entre autres dans les yaourts, les desserts et les boissons.

La consommation excessive de la feuille complète d'Aloe peut causer des symptômes de toxicité dus à l'aloïne[35]. Une étude portant sur des rats, a montré que l'ingestion d'extrait de feuille complète d' Aloe vera avait un effet irritant sur l'intestin et carcinogène sur le gros intestin[36]. C'est pourquoi il faudrait s'assurer que l' Aloe vera consommé ne soit que le gel (pulpe et jus), avec une proportion très minime d'aloïne. Seul le gel mucilagineux (issu du cœur de la feuille) est véritablement bon à être consommé. Certaines sociétés fabriquent des produits, notamment des gels d' Aloe vera à boire, en y mettant la feuille entière alors que d'autres font ces mêmes genres de produits mais avec seulement le gel. Ces derniers sont donc meilleurs pour la santé.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour certains auteurs (Surjushe et als, Aloe vera: a short review, Ind. Jr of Derm, 2008, 53(4)) le terme aloe dériverait d'un mot arabe alloeh mais il faut savoir que l'origine de la langue arabe remonte au IIe siècle et l'écriture arabe au VIIe siècle (cf.histoire de l'alphabet arabe), soient des dates très postérieures aux textes gréco-romains. Par contre, la dérivation des mots latins et grec de langues sémitiques anciennes est possible, comme à partir de l'hébreux ahalim.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana editions, Cirad,‎ 2002
    Tome 1 : ISBN 2-87614-489-1 ; Tome 2 : ISBN 2-87614-492-1
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  4. (en) Tom Reynolds (ed.), Aloes: The Genus Aloe, Boca Raton, Fla, Taylor & Francis Ltd,‎ 2004-01-23 (ISBN 9780415306720)
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  9. Ole Seberg, Gitte Petersen, Jerrold I. Davis, J. Chris Pires, Dennis W. Stevenson, Mark W. Chase, Michael F. Fay, Dion S. Devey, Tina Jørgensen, Kenneth J. Sytsma and Yohan Pillon, « Phylogeny of the Asparagales based on three plastid and two mitochondrial genes », American Journal of Botany, vol. 99, no 5,‎ 2012, p. 875-889
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  11. a et b Référence Flora of North America : Aloe vera (Linnaeus) Burman f. (en)
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  13. toxipedia
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  19. Dutt, Bharvi, « A Study of Patenting Activity in Aloe vera », Journal of Intellectual Property Rights, vol. 7, no 4,‎ 2002
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    Traduit et augmenté par Dr You-wa Chen
  24. Catherine Ulbricht, « An evidence-based systematic review of Aloe vera by the natural standard research collaboration », Journal of Herbal Pharmacotherapy, vol. 7, no 3-4,‎ 2007, p. 279–323 (ISSN 1522-8940, PMID 18928148)
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Liens externes[modifier | modifier le code]

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