Boers

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Boers

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Une famille de fermiers boers en 1886

Populations significatives par région
Autres
3 générations de Boers en 1899 durant la guerre des Boers

Les Boers (du néerlandais « boer », se prononçant [bu:r], signifiant « paysan », pluriel « Boeren », ou « Boere » en afrikaans) est le nom donné aux pionniers blancs d'Afrique du Sud, essentiellement originaires des régions néerlandophones d'Europe, tant des provinces indépendantes du nord alors appelées Provinces-Unies (actuels Pays-Bas) que des provinces du sud sous domination espagnole dénommées Pays-Bas espagnols, mais venant aussi d'Allemagne et de France.
Au XIXe siècle eut également lieu, à moindre échelle, une émigration des Pays-Bas vers la colonie de Guyane néerlandaise (actuel Suriname). Les descendants de ces colons sont encore aujourd'hui appelés Boeroe's (se prononce [bu:ru:]).

Au XXe siècle, le terme de Boers, désignant souvent les habitants des zones rurales de langue afrikaans, a été supplanté par celui d'Afrikaners, englobant tous les Sud-Africains blancs, urbains ou ruraux, de langue maternelle néerlandaise ou afrikaans.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine des Boers[modifier | modifier le code]

L'arrivée au Cap de Jan van Riebeeck en 1652

Les Boers sont les descendants des colons d'origine hollandaise, allemande et française qui, à partir du XVIIe siècle, vont progressivement occuper la région du cap de Bonne-Espérance.

Le 6 avril 1652, au commandement de cinq navires de la compagnie néerlandaise des Indes orientales (nommés Reijer, Oliphant, Goede Hoop, Walvisch, Dromedaris), le capitaine Jan van Riebeeck débarque dans la baie de la Table près de la péninsule du Cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud-ouest de l'Afrique. C'est avec quatre-vingt-dix pionniers dont seulement huit femmes qu'il fonde Le Cap, la cité-mère de la future République d'Afrique du Sud, alors simple comptoir commercial sur la route des Indes.

Un Boer dans le veld sud-africain (1806)

Jan van Riebeeck ne devait pas établir une colonie mais un établissement relais pour les navires en route vers les Indes orientales. Néanmoins, pour augmenter la production agricole de la colonie afin de nourrir la population et assurer le ravitaillement des navires, il recommanda que des colons soient libérés de leurs obligations vis-à-vis de la compagnie et autorisés à s'installer comme fermiers au Cap et à commercer. C'est en février 1657 que la compagnie délivra ainsi ses premières autorisations à neuf (ex-)employés pour s'établir librement le long de la rivière Liesbeek. Ceux-ci allaient créer une classe de propriétaires néerlandais de fermiers libres (vrijburgher ou « francs-bourgeois ») appelés simplement burghers puis plus tard Boers.

Développement et autonomie des Boers[modifier | modifier le code]

Une Hartebeesthut, maison de boue séchée, habitation des Trekboers dans le Karro

La société des Boers se développe d'abord dans le cadre d'une économie agricole, fondée sur la culture de la vigne et du blé et l'esclavage. En 1688, 238 huguenots chassés de France par la révocation de l'Édit de Nantes, rejoignent les 800 habitants néerlandais de la colonie du Cap et développent la viticulture sur des terres riches en alluvions, dans la vallée d'Olifantshoek.

En 1706, les colons néerlandais expriment pour la première fois leur défiance envers le gouvernement colonial. Le jeune Hendrik Bibault refuse notamment d'obéir aux injonctions d'un juge arguant du fait qu'il n'était plus Néerlandais mais Africain (Afrikaner). La Compagnie décide alors de stopper l'immigration néerlandaise dans la colonie et d'imposer une administration civile, commerciale et fiscale de plus en plus procédurière afin de planifier l'économie locale. Cette politique restrictive encourage malgré elle l'esprit libertarien des colons libres et des paysans néerlandais natifs de la colonie, dorénavant appelés Boers. Ces derniers cherchent alors à échapper au contrôle de la Compagnie et franchissent ses frontières pour s'établir hors de sa juridiction. Ils refoulent les Hottentots et développent sur les étendues du Karoo une culture originale, fortement imprégnée de calvinisme et isolée des grands courants de pensée qui traversent l’Europe du XVIIIe siècle.

Les Boers finissent par rompre définitivement avec leurs racines européennes prônant entre eux un égalitarisme total et, au nom de leurs valeurs chrétiennes et protestantes, affirment leur supériorité sur les Noirs.[réf. nécessaire]

Des Trekboers traversant le désert du Karoo
Carte indiquant par des flèches vertes les migrations des Afrikaners entre le XVIIe et le XIXe siècle et en vert les frontières successives de la colonie du Cap

Ralentissement de l'expansion des Boers[modifier | modifier le code]

À partir de 1779, l'expansion des Boers est ralentie par les conflits qui se développent sur la frontière orientale avec les populations de langue bantou, les Xhosa, obligeant les autorités de la Colonie du Cap à intervenir en annexant de nouveaux districts et en imposant aux Boers de nouvelles frontières.

En 1795, une révolte boer à Graaff-Reinet contre les autorités coloniales tourne court et en 1806, les Britanniques succèdent aux Néerlandais au gouvernement de la colonie du Cap. Celle-ci s'étend alors sur 194 000 kilomètres carrés et compte un peu plus de 60 000 habitants dont quelque 25 000 Blancs, majoritairement des Boers d'origine franco-germano-néerlandaise, 15 000 Khoisans, 25 000 esclaves et un millier d'hommes libres (anciens esclaves libérés de leur servitude). Une étude portant sur les origines de la population afrikaner en 1807 répartissait celle-ci à l'époque en néerlandais (36,8 %), États de langue allemande (35 %), français (14,6 %), non blancs (7,2 %), autres (2,6 %), indéterminés (3,5 %) et britanniques (0,3 %).

Au début du XIXe siècle, se cristallise, dans la mentalité des Boers, la prise de conscience d'un destin commun, favorisée par l'isolement géographique par rapport au pouvoir de la Colonie du Cap. Une culture spécifique émerge, fondée sur un dialecte, issu du néerlandais : l’afrikaans, une religion : le calvinisme, un territoire : les vastes espaces du Karoo, et surtout l’intime conviction d’appartenir à un groupe privilégié comparable à celui des Hébreux de la Bible, dans le cadre d’une société encore esclavagiste.

Une famille de Voortrekkers durant le Grand Trek - Gravure de Charles Edwin Fripp (1854-1906)
La traversée des montagnes du Drakeinstein
Relief représentant le massacre de familles de voortrekkers par les Zoulous à Blaauwkrans en 1838

La communauté afrikaner est néanmoins partagée entre un groupe urbanisé, sensible au prestige culturel des conquérants anglais, et un groupe rural, jaloux de son indépendance et de ses privilèges, hostile à la nouvelle administration britannique.

Sous l’influence des missions protestantes, les autorités britanniques prennent d'abord des mesures pour protéger les Métis et les Hottentots, notamment en imposant des contrats de travail ou en facilitant les recours judiciaires des salariés contre leurs employeurs. Un épisode va longtemps marquer les esprits de la communauté afrikaner et alimenter leur acrimonie envers les Britanniques. En 1815, un jeune boer de l'intérieur, Frederic Bezuidenhout, est tué par un policier hottentot après avoir refusé d'obtempérer à une convocation judiciaire et résisté à son arrestation. Son frère parvint à soulever une soixantaine de fermiers, décidés à venger Frederic Bezuidenhout. Perçus comme des rebelles, ils sont pourchassés et acculés à la reddition. Jugés, cinq d'entre eux sont condamnés à mort et pendus à Slachters Neck, le 9 mars 1816. Quatre le sont d'ailleurs deux fois, la corde ayant rompu sous leur poids.

En 1822, les autorités impériales retirent au néerlandais son statut de langue officielle dans les tribunaux et les services gouvernementaux. Un processus d'anglicisation est en marche alors que le patois néerlandais, l'afrikaans, est dénigré. En 1828, l'anglais devient la seule langue officielle des affaires administratives et religieuses.

Exode des Boers[modifier | modifier le code]

En 1833, après avoir reconnu l'égalité des droits entre Hottentots et blancs, les Anglais abolissent l’esclavage, provoquant ainsi l’exode d’une partie des éleveurs Afrikaners de la frontière. L'un de leurs chefs, Piet Retief, rédige un manifeste par lequel il énonce ses griefs contre l'autorité britannique, incapable de fournir la moindre protection aux fermiers dans les zones frontalières, injuste pour avoir émancipé les esclaves sans indemnisations équitables des propriétaires. Il termine en évoquant une terre promise où les boers seraient enfin libres.


À partir de 1835, les Trekboers franchissent le fleuve Orange et la chaîne du Drakensberg, et fondent au cœur du pays zoulou la république de Natalia. Le massacre de Retief, de son fils et de ses compagnons par le roi zoulou Dingane est suivi du massacre de plusieurs centaines de familles boers à Blaauwkrans et Boesmanspruit. Le 16 décembre 1838, après avoir prêté un serment envers Dieu, quelques centaines de Boers remportent une victoire décisive sur les impies (régiments) zoulous du roi Dingane : c’est la bataille de Blood-River, fondement historique de la nation Afrikaner.

Les républiques boers du XIXe siècle

En 1843, chassés du Natal (république de Natalia) par les Britanniques, les Voortrekkers traversent de nouveau le Drakensberg, s’installent sur les plateaux austères du Veld, écrasent les Ndebele du chef Mzilikazi et asservissent les Sotho. Ainsi se constituent les républiques boers de l’État libre d’Orange et du Transvaal, dont les Anglais reconnaissent l’indépendance dans les années 1850. Ces républiques vont rester rurales et arriérées jusqu’aux découvertes minières (diamants en 1867, or en 1886) au cœur du Transvaal, où va s’élever la métropole de Johannesburg.

En 1875, un groupe d'enseignants et de pasteurs de l'église réformée hollandaise forment à Paarl dans la colonie du Cap un mouvement de revendication culturel, Die Genootskap van Regte Afrikaners (l'« Association des vrais Afrikaners »), dont l'objectif est de défendre et d'imposer l'afrikaans au côté de l'anglais comme langue officielle de la colonie. Il s'agit pour eux de donner à la langue parlée par les Boers ses lettres de noblesse et d'en faire un véritable outil de communication écrite[1].

En 1876, c'est à cette fin que le mouvement dirigé par Du Toit lance une revue en afrikaans, Die Afrikaanse Patriot, afin d'éveiller la conscience nationale des Boers et des locuteurs de langue afrikaans et les libérer de leur complexe d'infériorité culturelle face aux Anglais. Dès lors, la défense de la langue se confond avec celle de l'identité afrikaans[2].

En 1877, SJ Du Toit publie le premier livre d'histoire des Boers-Afrikaners écrit qui plus est en afrikaans, Die Geskiedenis van ons Land in die Taal van ons Volk (L'histoire de notre pays dans la langue de son peuple) qui s'apparente à un manifeste politique des Afrikaners empreint de mysticisme. Il relate la lutte d'un petit peuple élu pour rester fidèle au dessein de Dieu, de la révolte de 1795 aux exécutions de Slagter's Neck en 1815, du Grand Trek de 1836 identifié à l'exode d'Égypte au meurtre de Piet Retief et au triomphe de Blood River[3].

Le 26 juillet 1882 est créée la petite et éphémère république du Stellaland.

Transformation économique des territoires Boers[modifier | modifier le code]

Cadavres anglais sur le champ de bataille de Spion Kop le 24 janvier 1900

À la fin des années 1880, le Transvaal entre brutalement dans l'ère du capitalisme industriel à la suite de la découverte de gigantesques gisements d'or dans le Witwatersrand. Des dizaines de milliers d'aventuriers et de prospecteurs, venant en majorité de Grande-Bretagne, affluèrent vers la région au grand dam des paysans boers et du président du Transvaal, Paul Kruger. Ces uitlanders (étrangers) dépassèrent rapidement en nombre les Boers sur le gisement central du Witwatersrand, tout en restant minoritaires sur l'ensemble du territoire de la république du Transvaal. Le gouvernement de Paul Kruger, agacé par leur présence, leur refusa le droit de vote et taxa lourdement l'industrie aurifère. Désireuses d'accaparer les gisements d'or autant que d'unifier toute l'Afrique du Sud sous l'Union Jack, les autorités Britanniques du Cap sous l'égide de Cecil Rhodes provoquèrent une série d'incidents qui aboutirent en 1899 au déclenchement de la guerre anglo-boer.


Lizzie van Zyl, enfant boer internée et décédée dans le camp de concentration britannique de Bloemfontein durant la guerre des Boers
Femmes boers en costume traditionnel durant les cérémonies du centenaire du Grand Trek en 1938

Après des combats acharnés, le conflit se solde par la victoire du Royaume-Uni, par l'internement de 120 000 civils boers (femmes, enfants et vieillards boers et zoulous entassés dans des camps où les conditions sanitaires et de détention étaient inhumaines, conduisant à un taux de mortalité élevé) et la mort de plus de 27 927 d'entre eux (dont 22 074 enfants de moins de 16 ans) dans 45 camps de concentration construits par les troupes britanniques et cogérés par les britanniques et les canadiens. Cette importante mortalité touchant 10 % de l'ensemble de la population afrikaner était la conséquence non seulement de maladies contagieuses telles la rougeole, la fièvre typhoïde et la dysenterie mais aussi d'un manque en matériel et fournitures médicales[4],[5].

Adaptation des Boers au sein de l'Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Cet épisode de l'histoire afrikaner qui marque la dissolution des républiques boers, solidifie le ressentiment anti-britannique, le républicanisme et renforce le mouvement identitaire des Afrikaners qu'il marque tout au long du XXe siècle. Vaincus militairement, les Afrikaners vont devoir s'adapter pour survivre en tant qu'entité distincte au sein d'un état moderne, industriel et urbanisé. Si certains renoncent à leur identité culturelle donnant naissance aux anglo-afrikaners, d'autres vont chercher à préserver leur spécificité culturelle sur fonds d'esprit de réconciliation entre les ennemis d'hier[6]. Ils vont dès lors entamer une lente reconquête du pouvoir politique afin de garantir la pérennité de leurs droits historiques, linguistiques et culturels sur l'Afrique du Sud.

En 1910, l’Union sud-africaine est proclamée et devient dominion de la Couronne. Louis Botha, un ancien général boer, est le premier chef de gouvernement sud-africain.

Boer au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle le terme de « Boer » (paysan) est tombé en désuétude au profit de celui d'« Afrikaner » englobant à la fois une population rurale et urbanisée de langue afrikaans et établie dans les 4 provinces sud-africaines.

Le terme de Boer a pu continuer à désigner les fermiers en zone rurale. Lors de la période d'apartheid, le slogan « un boer, une balle » (one boer, one bullet) fut particulièrement populaire parmi les militants radicaux des mouvements noirs de libération.

Dans les années 1980, c'est dans ce climat particulier qu'une vingtaine de fermiers du nord du Transvaal furent assassinés. Depuis 1994 et l'avènement d'une Afrique du Sud non raciale, plus d'un millier ont encore été assassinés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pour les références spécifiquement liées à la Guerre des Boers, voir l'article concerné.

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • (fr) Poultney Bigelow, Au Pays des Boers, F. Juven, Paris, 1900, 316 p.
  • (fr) Henri Dehérain, L'Expansion des Boers au XIXe siècle, Hachette, Paris, 1905, 433 p.
  • (fr) Auguste Geoffroy, La fille des Boers : roman d'actualité, impr. Renvé-Lallemant, Verdun, 1900
  • (fr) Henry de Goesbriand, Les boers au Congo un essai sur l'art de coloniser, Impr. J. Desmoulins, Landerneau, 1900
  • (fr) Jules Joseph Leclercq, À travers l'Afrique australe: voyage au pays des Boers, E. Plon, Paris, 1900 (3e éd.), 334 p.
  • (fr) Pierre Mille, Les Boers : essai de psychologie sociale, Service de Documentation Bibliographique, Bruxelles, 1900
  • (fr) Emmanuel Pétavel-Oliff, Appel aux chrétiens boers, par un membre de l'Alliance évangélique, C.-E. Alioth, Genève, 1901, 14 p.
  • (fr) Mayne Reid, Les vacances des jeunes Boërs, L. Hachette, Paris, 1868 (3e éd.), 356 p. (réédité ultérieurement dans la Bibliothèque rose illustrée)
  • (fr) Mayne Reid, Les exploits des jeunes Boërs : les chasseurs de girafes, J. Hetzel, Paris, 1882, 372 p.
  • (fr) Eugène H. G. Standaert, Une mission belge au pays des Boers, Bloud & Gay, Paris, 1916, 383 p.
  • (fr) Eugène Verrier, Les races primitives de l'Afrique australe et les Boers, Daix frères, Clermont, 1900, 15 pages

Écrits contemporains[modifier | modifier le code]

  • (en) Brian Murray Du Toit, The Boers in East Africa : ethnicity and identity, Bergin & Garvey, Westport Conn., 1998, 212 p. (ISBN 0-89789-611-4)
  • (en) Martin Meredith, Diamonds, Gold, and War: The British, the Boers, and the Making of South Africa, PublicAffairs, New York, 2007, 570 p. (ISBN 978-1-58648-473-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F.-X. Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, p 296-297, 2006, Seuil
  2. Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 72
  3. Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 81-82
  4. Pour répondre à la guerre de guérilla des Boers, les Britanniques ouvrirent des « camps de concentration » (un terme alors utilisé pour la première fois) où ils enfermèrent les femmes et les enfants boers dans des conditions très pénibles [1]
  5. Beginning in 1901, the British began a strategy of systematically searching out and destroying these guerilla units, while herding the families of the Boer soldiers into concentration camps [2]
  6. P. Coquerel, p 64 et s.
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