Autant en emporte le vent

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Autant en emporte le vent
Auteur Margaret Mitchell
Genre Roman historique
Version originale
Titre original Gone with the Wind
Éditeur original Macmillan Publishers
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution originale 1936
Version française

Autant en emporte le vent (titre original en anglais Gone with the Wind) est un roman écrit par Margaret Mitchell au début du XXe siècle. Il est paru en 1936 et a reçu le prix Pulitzer en 1937.

L’auteur[modifier | modifier le code]

Durant son enfance, Margaret Mitchell a été bercée par des récits sur la Guerre de Sécession et sur les héros du Sud qui se sont battus jusqu'aux bouts de leurs forces. Elle a vécu les conséquences de la guerre et a voulu transmettre au monde entier ce que la Géorgie avait affronté.

Malgré toutes les horreurs que peut représenter l'esclavage, on ne peut s'empêcher de s'attacher à tous les personnages de cette histoire. Ils sont tous aussi différents les uns des autres, mais tous autant Sudistes du fond du cœur. Le livre traduit pourtant l'état d'esprit de l'auteur et de bon nombre de ses compatriotes sudistes : les noirs sont présentés comme des êtres inférieurs, souvent gentils et bêtas, voire violents. En effet, lors de la scène de l'agression de Scarlett près de sa scierie, ce sont des noirs qui l'agressent. Son mari et ses compagnons organisent une expédition punitive et l'allusion aux « bienfaits » du Ku Klux Klan est claire. D'ailleurs, lors du tournage du film, la production choisit, afin d'éviter d'éventuelles émeutes, de ne pas donner les rôles des agresseurs à des comédiens noirs.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Au printemps de l'année 1861, la vie s'écoule paisiblement en Géorgie. Des rumeurs de guerre circulent, car l'État de Géorgie a quitté l'Union pour devenir un État confédéré. Les Sudistes veulent garder leurs esclaves et ils sont sûrs d'être dans leur droit. Fiers et vaillants, ils ne se préoccupent de la guerre que pour alimenter leurs conversations. Ils sont persuadés que même si un conflit éclate, ils battront les Yankees en quelques mois. Malheureusement pour eux, la victoire n'aura existé que dans leurs rêves. Et la réalité, autant désastreuse pour les hommes sur le champ de bataille que pour les femmes, les enfants et les vieillards restés chez eux, ne tarde pas à se faire connaître.

À travers ce roman, nous partageons toute la désillusion de Scarlett O'Hara, jeune fille issue d'une riche famille de planteurs de coton.

Elle a 16 ans, elle est pleine de vie et de gaieté, et elle a plus de charme qu'aucune jeune fille du comté. Elle a toujours eu ce qu'elle voulait et les jeunes hommes qu'elle fréquente sont tous fous d'elle. Mais elle aime en secret Ashley Wilkes, le rêveur invétéré, passionné de littérature, de poésie et de musique. Lorsqu'elle apprend qu'il va épouser Mélanie Hamilton, elle est bouleversée et connaît son premier chagrin.

Telle une enfant gâtée, Scarlett va essayer de récupérer Ashley coûte que coûte, et elle prend en horreur Mélanie, la gentille Mélanie qui ne peut voir que ce qu'il y a de bien chez les gens. Le jour où elle apprend qu'Ashley va se marier, elle fait une rencontre peu commune. Dans ce monde où tout le monde respecte si bien les conventions, la voici face à face avec le ténébreux capitaine Rhett Butler : un homme qui se vante de ne pas être un gentleman, un homme que plus personne ne reçoit. Par dépit, ce même jour, elle accepte d'épouser Charles, frère de Mélanie.

Le mariage est de courte durée, son mari mourant de maladie, laissant Scarlett enceinte. Elle accouche d'un garçon (Wade) pour lequel elle n'éprouve guère de sentiments maternels. Écœurée de savoir sa vie de jeune femme joyeuse finie, elle est désespérée. Sa mère lui propose alors de rejoindre sa belle-sœur Mélanie à Atlanta. Elle accepte car c'est en vivant auprès de Mélanie qu'elle a le plus de chance de revoir Ashley, qu'elle espère toujours conquérir. Elle découvre là-bas les privations et doit participer aux soins aux blessés, ce qu'elle a en horreur. Ashley vient passer quelques jours de permission, et lorsqu'elle arrive enfin à passer un instant seule avec lui et espère qu'enfin il l'embrassera et se déclarera, celui-ci lui demande une faveur : prendre soin de Mélanie pendant son absence. En raison de la promesse qu'elle lui a faite ce jour-là, elle ne peut fuir lors du siège de la ville d'Atlanta car Mélanie est enceinte. L'accouchant dans des conditions pénibles, elle sollicite Rhett (qui en profite pour lui demander d'être sa maîtresse) pour l'aider à fuir la ville et regagner Tara. Elle a appris que sa mère était gravement malade et n'en peut plus d'être éloignée d'elle.

Scarlett revient chez elle pour découvrir sa mère morte et son père sombrant dans une folie douce. Le domaine a été ravagé et la famine guette. Scarlett se promet de sortir sa famille de cet état et devient déterminée, froide, calculatrice. Elle se bat pour sa survie et celle de sa famille. Sa plus fidèle alliée est Mélanie et Scarlett est impressionnée par son courage.

Pour être en mesure de payer les impôt démesurés qu'on lui demande pour Tara, elle retourne à Atlanta et sollicite en vain Rhett pour l'aider financièrement. Elle rencontre alors le fiancé de sa sœur Suellen, et découvrant qu'il a un peu d'argent de côté, lui ment en disant que sa sœur ne veut plus de lui et l'épouse. Ainsi elle sauve Tara sans se soucier des sentiments de sa sœur. Elle gère d'une main de fer les affaires de son mari tout en mettant au monde une petite fille (Ella) à laquelle elle n'accorde pas plus d'importance qu'à son frère. Bien qu'elle tente de le nier, elle éprouve de plus en plus de respect pour sa rivale Mélanie qui a partagé sa détresse à Tara. Parce qu'elle a été agressée physiquement, le mari de Scarlett, appartenant au Ku Klux Klan, organise une expédition punitive dans laquelle il perd la vie.

Bien que n'éprouvant aucun chagrin de ce nouveau veuvage, Scarlett a tendance à consommer de plus en plus d'alcool. Rhett la demande en mariage, et la perspective d'une vie à l'abri du besoin, et les plaisirs que pourront lui apporter la richesse la décident à dire oui. Elle met au monde Bonnie, pour laquelle elle éprouve plus de sentiments maternels que pour ses autres enfants et que Rhett adore. Cependant Ashley occupe encore trop souvent ses pensées, et elle fait comprendre à Rhett qu'elle ne veut plus de relations conjugales. Offensé, Rhett est contraint d'accepter. Scarlett, par avidité, accepte de commercer avec les profiteurs de guerre en anglais : les « carpetbaggers » et se met la bonne société d'Atlanta à dos. Lors d'évocations de moments du passé avec Ashley, celui-ci prend innocemment Scarlett dans ses bras, mais deux commères présentes répandent la rumeur de l'adultère. Le soir même, Rhett force Scarlett à se rendre chez Ashley et Mélanie pour une fête, dans l'intention de la voir affronter toute la société d'Atlanta qui la déteste déjà. Mélanie, candide et toujours prête à défendre Scarlett, quoi qu'il lui en coûte, se refuse à rien croire de tout ce qui lui a été rapporté et se pose comme un rempart entre Scarlett et la bonne société.

Scarlett rentre pour trouver son mari ivre qui l'entraîne dans la chambre conjugale. Scarlett se réveille métamorphosée et décidée à mener une vie familiale sereine (il faut lire entre les lignes de l'ouvrage écrit à une époque pudibonde : il est manifeste que Scarlett n'avait jamais éprouvé avant cette nuit de plaisir physique). Mais Rhett n'est pas du même avis et reproche à Scarlett d'être une mauvaise mère : il part plusieurs mois en voyage avec leur fille. La petite réclame malgré tout sa mère et quand il rentre, il trouve Scarlett enceinte. Goujat, il dit à Scarlett, furieuse de cette nouvelle grossesse, que des accidents arrivent, et qu'elle perdra peut-être l'enfant. Outrée, Scarlett veut le frapper mais elle tombe dans l’escalier. Elle fait une fausse couche et dans un délire plus ou moins conscient, réclame l'affection de Rhett. N'étant pas à ses côtés, il n'en sait rien. Lors de sa convalescence, Rhett effrayé d'avoir failli perdre Scarlett lui propose de reprendre le cours de leur vie conjugale : Scarlett accepte mais au même moment leur fille Bonnie fait une chute mortelle à cheval.

Rhett est anéanti et Scarlett l'accuse d'être responsable de la mort de Bonnie. Dès lors, aucune réconciliation n'est plus possible. Mélanie, enceinte, tombe gravement malade suite à une fausse couche et agonise. Elle réclame la présence de Scarlett et lui recommande sur son lit de mort de prendre bien soin de Rhett, qui l'aime tant. C'est une révélation pour Scarlett : elle découvre enfin les sentiments qu'elle éprouve pour Mélanie sa rivale ainsi que son amour pour Rhett. Elle s’aperçoit aussi que ses sentiments pour Ashley ont disparu depuis longtemps. Comprenant qu'elle aime Rhett, elle se met à sa recherche, mais il a quitté la demeure des Wilkes car le spectacle de Mélanie, agonisante, lui est insupportable : Mélanie est la seule grande dame qu'il ait jamais connue, et il a beaucoup d'admiration et d'affection pour elle. Le retrouvant chez eux, Scarlett lui déclare enfin son amour mais il est trop tard. Rhett la quitte, lui signifiant clairement qu'il ne veut plus avoir affaire à elle. Conforme à son caractère, Scarlett n'accepte pas ce sort, et poussée par son nouvel amour, se promet de le reconquérir.

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec la guerre, les privations, le siège d'Atlanta, les Yankees, les bombardements, des liens étroits se tissent entre tous ces personnages. Autour d'eux vivent les planteurs de coton, la société d'Atlanta qui ne veut rien changer à son mode de vie malgré tous ces bouleversements. Qu'ils soient de la ville ou de la campagne, ces gens voient leur ancienne vie s'écrouler, leur civilisation se faire emporter. Ils sont ruinés financièrement et politiquement, et à la fin de la guerre ils voient les Yankees et les Noirs prendre le pouvoir en Géorgie, leur État si chèrement défendu. Et ce cauchemar qui suit la guerre est finalement pire que tout. La misère, la famine et la peur rôdent à la porte de tous les Confédérés. Les Yankees veulent écraser le Sud, en particulier la Géorgie qui passe pour un état rebelle et tous les moyens sont bons: fraude politique, spéculation financière, répression… La vie ne peut reprendre son cours car on voit des hommes pendus ou emprisonnés pour rien, des femmes agressées et violées sans que personne ne cherche à punir le coupable.

Dans ce chaos, les Sudistes ne se laissent pas faire. Et petit à petit, ils remontent tous la pente. Mais certains ne prendront pas la même route que les autres… Si certains, comme Ashley et les vieilles familles de Géorgie regardent en arrière, las après la guerre et les pertes humaines, Scarlett reste interdite devant un tel apitoiement qu'elle méprise. Elle fera tout pour remonter la pente, même s'il lui faut travailler de ses mains à Tara puis diriger une entreprise comme un homme et sympathiser avec les Carpetbaggers. Rien ne lui fait peur, ni les commérages ni l'abandon de ses amis, tant que la faim menacera ses proches elle travaillera, reniant les principes inculqués par sa mère. Scarlett regrette cette perte à la fin du livre, lorsque Rhett lui en fait la remarque et finalement la quitte alors même qu'elle perd la seule amie qu'elle ait jamais eue, Mélanie.

Les descriptions – que certains pourront trouver trop longues – nous permettent de plonger dans les réalités de la Géorgie du XIXe siècle et dans la vie de tous ces personnages.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Gérald O'Hara : père de Scarlett. Irlandais arriviste, il parvint à épouser Ellen Robillard. Sa fille préférée est sans aucun doute Scarlett qui lui ressemble le plus par son caractère. Personnage colérique mais qui a en fait bon cœur, il se plaît à croire qu'il mène tout à la baguette. Il meurt suite à une longue folie après la mort de sa femme, se brisant le cou en sautant à cheval par dessus une clôture (sa petite fille, Bonnie, mourra de la même façon).
  • Ellen O'Hara : mère de Scarlett. C'est une femme douce et une grande dame, qui n'hésite pas à venir en aide à ses voisins et aux Noirs malades. Elle a vécu un grand chagrin d'amour lorsque son cousin Philippe Robillard, qu'elle aimait, est forcé de quitter le pays. Par dépit, elle épouse à la surprise de tous Gerald O'Hara.
  • Mélanie Hamilton : épouse et cousine d'Ashley. Elle est incapable de voir le mal en quelqu'un et est toujours prête à aider son prochain. Toute la bonne société d'Atlanta s'arrache son amitié. Elle aime sincèrement Scarlett et l'a toujours soutenue malgré les rumeurs.
  • Ashley Wilkes : amour secret de Scarlett et mari de Mélanie, il vit dans un monde "imaginaire" et n'arrive pas à accepter la mort du Sud. C'est un grand rêveur. Il repousse Scarlett car celle-ci est trop réelle. À la mort de Mélanie, il s'aperçoit que c'est celle-ci qu'il a toujours aimée et que Scarlett n'était qu'un désir charnel. Par cette révélation, Scarlett s'aperçoit à son tour qu'elle ne l'a jamais aimé.
  • Charles Hamilton : Frère de Mélanie Hamilton et premier mari de Scarlett. C'est un homme affectueux et assez gauche avec les femmes. Il meurt dans un camp d'entraînement de pneumonie, sans connaître son fils et sans vraiment connaître sa femme.
  • Frank Kennedy : 2e mari de Scarlett, ancien fiancé de Suellen. Croyant que celle-ci était déjà mariée, et devant la douceur de Scarlett, il épouse celle-ci et sera toujours déconcerté par le sens des affaires de Scarlett qu'il trouve mauvais pour une femme. Présenté comme nerveux et toujours malade, nous découvrons en même temps que Scarlett qu'il est apparenté au Ku Klux Klan. C'est au cours d'un descente du Klan pour défendre l'honneur de Scarlett que Frank sera tué d'une balle dans la tête.
  • Suellen O'Hara : sœur cadette de Scarlett, elle est jalouse d'elle et finit par la détester définitivement lorsque celle-ci se marie avec son fiancé, Frank Kennedy, usant pour ceci d'un mensonge. Elle se marie avec Will Benteen, un homme issu d'une famille pauvre mais qui a aidé Scarlett à relever Tara. Ils sont ensuite les propriétaires de la plantation.
  • Carreen O'Hara : plus jeune soeur de Scarlett, elle est d'un tempérament docile et très doux, contrairement à Suellen. Après la mort de son soupirant lors de la guerre, elle se réfugie dans un couvent à Charleston, incapable de revenir au monde réel. Elle est très croyante et c'est sûrement ce qui la sauvera avec son entrée au couvent.

La famille Butler[modifier | modifier le code]

  • Scarlett O'Hara : jeune fille populaire, gâtée et volontaire. Scarlett fera tout pour garder sa terre et obtenir ce qu'elle veut. Elle épousera successivement Charles Hamilton, Frank Kennedy et Rhett Butler. Ce n'est qu'à la fin du roman qu'elle prendra conscience que son inclination pour Ashley n'est qu'une chimère et que son véritable amour est Rhett.
  • Rhett Butler : éternel amoureux de Scarlett, il deviendra son troisième mari. Il est souvent critiqué pour son comportement malséant en société, mais son charme fait oublier cela. C'est un homme très rusé en matière de finances. Pendant longtemps, il aime tendrement Scarlett.
  • Wade Hampton Hamilton : le timide fils de Scarlett et Charles.
  • Ella Lorena Kennedy : la fille frivole et sans charme de Scarlett et Frank Kennedy.
  • Eugenie Victoria "Bonnie Blue" Butler : la fille de Scarlett et Rhett ; celui-ci l'adule. Comme sa mère, elle est très gâtée par son père qui comble le manque affectif entre lui et Scarlett avec elle. Elle meurt tragiquement d'une chute de poney, en sautant une haie trop haute, de la même façon que son grand-père à qui elle ressemble beaucoup du reste. Ceci plonge ses parents dans un immense chaos affectif.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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