Aire de répartition

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L’aire de répartition, appelée aussi aire de distribution ou simplement distribution, est la zone délimitant la répartition géographique d'une espèce vivante ou de toute autre unité taxonomique qui inclut la totalité de ses populations.

L'aire d'une espèce peut être continue ou au contraire disjointe (répartition en métapopulations).

L'étude descriptive de la répartition géographique des espèces vivantes est la géonémie et celle explicative de ses causes est la chorologie.

Différence entre « aire de répartition » et « répartition spatiale d'une population »[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition géographique ne doit pas être confondue avec la répartition spatiale d'une population qui est la modalité de répartition à l'intérieur d'un biotope des individus constituant une population d'une espèce déterminée.

Notion relative[modifier | modifier le code]

Les aires de répartition grandissent et se réduisent au fur et à mesure de l'évolution et de la disparition de certaines populations.

  • Pour des espèces existant depuis longtemps, elles ont aussi évolué avec la dérive des continents et selon les grands changements climatiques (cycles glaciaire et interglaciaire, etc.)
  • Plus récemment, des changements chorologiques dus à l'homme sont observés, avec la modfification des ressources halieutiques (surpêche), le réchauffement climatique[1] et peut être des phénomènes plus locaux (microclimats) qui ne permettent plus la survie de certaines espèces ou qui dégradent leurs corridors biologiques [2]


Proposition de classification des aires de répartition en Europe[modifier | modifier le code]

Distribution subcosmopolite

Espèces présentes sur plusieurs continents dans certaines conditions écologiques. Exemple : Fougère aigle (Pteridium aquilinum)

Distribution circumboréale

Aire comprenant à la fois les régions tempérées ou froides de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord. Exemple : Oxalis petite oseille (Oxalis acetosella)

Distribution eurosibérienne
  • a. Espèces boréales

Aire principale occupant la zone des conifères de l’Eurosibérie.

1. Espèces boréomontagnardes En Europe tempérée, dans les territoires montagneux. Exemple : Epicéa commun (Picea abies)

2. Espèces subboréales Plus largement répandues en Europe tempérée, dans les régions à étés frais. Exemple : Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), Myrtille (Vaccinium myrtillus)

  • b. Espèces eurasiatiques

En Europe tempérée, et se retrouvant au-delà de l’Oural. Exemple : Petit orme (Ulmus minor), Saule blanc (Salix alba)

  • c. Espèces atlantiques

Espèces confinées dans l’ouest de l’Europe tempérée, là où les hivers sont en moyenne doux à modérés.

1. Espèces eu-atlantiques Dont l’aire est rapidement limitée vers l’est. Exemple : Jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta)

2. Espèces subatlantiques Dont l’aire va plus loin vers l’est. Exemple : Petit ajonc (Ulex minor), Bruyère à quatre angles (Erica tetralix)

  • d. Espèces supraméditerranéennes

Montagnes ceinturant le bassin méditerranéen, remontant parfois assez loin vers le nord. Exemple : Hippocrepis emerus, Erable à feuilles d'obier (Acer opalus)

  • e. Espèces balkano-pontiques

Espèces orientales pénétrant dans la région du Danube, le sud des Alpes, le fossé rhénan et le sud de la France. Exemple : Chêne chevelu (Quercus cerris)

  • f. Espèces européennes ou médioeuropéennes

Entre taïga, steppes orientales et zone méditerranéenne. Exemple : Chêne pédonculé (Quercus robur), Muguet (Convallaria majalis)

1. Espèces subocéaniques. Exemple : Hêtre (Fagus sylvatica)

2. Espèces subcontinentales. Exemple : Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata), Charme (Carpinus betulus)

3. Espèces méridionales. Exemple : Alouchier (Sorbus aria), Tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos)

4. Espèces montagnardes, périalpines. Exemple : Sapin pectiné (Abies alba), Sceau de Salomon verticillé (Polygonatum verticillatum)

Distribution méditerranéenne

1. Espèces euméditerranéennes. Exemple : Olivier (Olea europea)

2. Espèces méditerranéennes plus larges. Exemple : Chêne vert (Quercus ilex)

Distribution méditerranéo-atlantique

Bassin méditerranéen avec extensions dans le sud-ouest et l’ouest de l’Europe. Exemple : Chêne liège (Quercus suber), Pin maritime (Pinus pinaster), Bruyère à balais (Erica scoparia)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parmesan, C., N. Ryrholm, C. Stefanescu, J.K. Hill, C.D. Thomas, H. Descimon, B. Huntley, L. Kaila, J. Kullberg, T. Tammaru, W.J. Tennent, J.A. Thomas et M. Warren, 1999, Poleward shifts in geographical ranges of butterfly species associated with regional warming, Nature 399, 579-583
  2. Mimet, A., V. Pellissier, V. Quenol, F. Roze, V. Dubreuil et R. Aguejdad, 2009, Urbanisation induces early flowering : evidences from Platanus acerifolia and Prunus cerrasus. International Journal of Biometeorology. vol. 53, 3, 187-198

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]