Essence forestière

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Dans le jargon des forestiers, une essence forestière désigne généralement une espèce d'arbre, mais ce peut être parfois une sous-espèce ou variété qui présente un intérêt en sylviculture et qui a des exigences biologiques ou des emplois particuliers.

Typologie des essences[modifier | modifier le code]

Les forestiers distinguent ainsi :

  • selon la classification botanique, les feuillus, espèces généralement à feuillage caduc, qui sont des angiospermes, et les résineux (à feuillage persistant, à l'exception des mélèzes), qui sont des gymnospermes ;
  • selon leur origine, les essences indigènes ou spontanées, par opposition aux essences introduites ou exotiques ;
  • selon la morphologie de leur système racinaire : les essences à enracinement pivotant (qui réclament des sols profonds) de celles à enracinement superficiel ou traçant ;
  • selon leur biologie :
    • les essences rustiques ou non rustiques, selon leur degré de résistance aux gelées hivernales et printanières ;
    • les essences d'ombre ou de lumière, selon leur capacité à croître sous le couvert ou non (avec des coupes dites sombres, claires ou à blanc ou dans le cas de la méthode prosilva pied à pied ou en bouquet qui favoriseront plus ou moins les essences d'ombres ou de lumière[1]) ;
    • les essences calcifuges ou calcicoles, acidiphiles ou neutrophiles, selon leurs exigences par rapport à la nature du sol ;
    • les essences hygrophiles ou xérophiles, selon leur exigence en humidité ou leur adaptation à la sécheresse;
  • selon leur durée de vie utile, les essences longévives (250 à 300 ans) ou peu longévives ;
  • selon leur comportement en association : les essences dominantes, appelées aussi essences sociales car elles sont capables de former des peuplements importants, et les essences subordonnées, souvent rencontrées en peuplement disséminés.

Enjeux[modifier | modifier le code]

La diversité biologique (spécifique, génétique et écopaysagère...) des essences et leur caractère autochtone sont des éléments importants de la biodiversité et de la naturalité qui sont considérés comme des facteurs importants d'adaptation et de résilience écologique des forêts naturelles ou semi-naturelles.

Dans la perspective d'une gestion sylvicole et de l'arbre agricole dite raisonnée et durable, une meilleure connaissance de l'autécologie des essences issues de la régénération naturelle ou de la régénération artificielle peut aider le forestier et l'agrosylviculteur (ou un pépiniériste) à mieux « installer chaque essence à sa place »[2], dont en fonction des besoins de chaque arbre et des capacités d'enracinement de l'essence à laquelle il appartient[3], tout en limitant les risques de générer des phénomènes d'invasivité végétale par introduction d'une essence étrangère à un milieu[4].

Article détaillé : Autécologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roussel L (1972) Une technique nouvelle au service de la sylviculture, la photologie forestière. Masson. (PDF)
  2. Masson G (2005) Autécologie des essences forestières: comment installer chaque essence à sa place. Ed. Tec & Doc
  3. Lebourgeois F & Jabiol B (2002) Enracinements comparés des chênes (sessile et pédonculé) et du hêtre sur différents matériaux. Réflexions sur l’autécologie des essences. Rev. For. Fr, 54, 17-42.
  4. Tassin J & Balent G (2004) Le diagnostic d'invasion d'une essence forestière en milieu rural: Exemple d'Acacia mearnsii à La Réunion. Revue forestière française, 56(2), 132-142.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ranger, J., Andreux, F., Bienaimé, S., Berthelin, J., Bonnaud, P., Boudot, J. P., ... & Zeller, B. (2001) Effet des substitutions d’essence sur le fonctionnement organo-minéral de l’écosystème forestier, sur les communautés microbiennes et sur la diversité des communautés fongiques mycorhiziennes et saprophytes (cas du dispositif expérimental de Breuil-Morvan). Rapport final du contrat INRA-GIP Ecofor, 24, 1-202.
  • Roussel L (1972) Photologie forestière. Masson.