Tracteur agricole

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Tracteur John Deere 6320
Un modèle réduit de tracteur Renault D22 de 1957

Un tracteur agricole (du latin trahere) est un véhicule automoteur, équipé de roues ou de chenilles, et qui remplit trois fonctions dans les travaux agricoles, ruraux ou forestiers :

  • la traction, soit de remorques destinées au transport, soit de machines agricoles telles que charrues, déchaumeuses, épandeurs à fumier et pulvérisateurs, grâce à des barres d'attelage ou le plus souvent un attelage trois-points ;
  • le support d'accessoires ou de machines installés, soit à l'avant (fourches, pelles hydrauliques, rouleaux émotteurs, etc.), soit, le plus souvent, à l'arrière (charrues, faneuses, herses rotatives, broyeurs, souffleuses, etc.), grâce à des bras de relevage ;
  • l'animation de machines agricoles comportant des pièces rotatives ou des vérins, grâce à une prise de force généralement située à l'arrière, ou à un système hydraulique ou pneumatique.

Invention[modifier | modifier le code]

Le tracteur à vapeur et à chenille a été inventé par le Russe Fiodor Blinov en 1881[1].

Tracteur à chenilles Henry Bauchet Rethel (Ardennes, France)

En 1907, Henry Bauchet alors constructeur automobile ardennais suite au départ de son associé Charles Schmidt chez Packard[2] (ou il allait créer[3] la première Packard modèle G[4]) et son litige avec Renault sur la priorité de la prise directe, cessa de construire des automobiles. La mode était alors aux voitures à chaînes et, ne pouvant se plier à une technique qui ne répondait pas à ses conceptions, l'ingénieur ardennais préféra s'attaquer à la fabrications de moteurs fixes. Cette production trouvant des applications surtout dans le domaine de l'agriculture, il construisit, deux ans plus tard, en 1909, le premier tracteur à roues. À la déclaration de guerre, en 1914, il achevait le premier tracteur à chenilles.

Tracteur à chenilles Vigneron ARD24 Bauchet-Tracteurs Rethel (Ardennes)

Ses modèles étaient dotés de « transdirection », invention brevetée Bauchet, leur permettant une importante souplesse car un équilibre automatique et une taille étroite permettant de passer dans les vignes, modèle commercialisé sous le nom de « vitichenille ». Comme il le disait lui-même, « la conduite en était si facile qu'un enfant pouvait le faire ! », arguments repris lors de la photo réalisée pour une publicité ou publication de ses tracteurs agricoles.

Le tracteur s'est développé en France avec la motorisation de l'agriculture après la Première Guerre mondiale, Peugeot, Renault et Citroën y voyant un débouché pour maintenir l'activité de leurs usines d'armement et éviter le chômage. Il prend son essor dans les années 1950. Les fermiers ayant vu leurs animaux de trait réquisitionnés par l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale, ils n'avaient plus de chevaux ou de bœufs pour tracter leurs charrettes, si bien que les grandes exploitations agricoles du Bassin parisien se sont tournées vers le tracteur qu'on leur proposait grâce au développement de prêts sous forme de crédit. Le tracteur ne s'est véritablement imposé dans toutes les exploitations qu'à partir des années 1960[5].

Apparence[modifier | modifier le code]

Tracteur Fiat 90-90 DT, 4 roues motrices, 2 roues directrices
Tracteur fruitier Renault Fructus 120 de 2003

Le tracteur agricole dans sa forme la plus classique possède quatre roues, les roues arrière sont motrices et de plus grand diamètre que les roues avant directrices. Les tracteurs à deux roues motrices sont de plus en plus rares. En effet, les agriculteurs utilisent des tracteurs de plus en plus puissants, demandant plus d'adhérence[6]. Le poste de conduite du tracteur peut être ouvert ou constitué d'une cabine dans laquelle le conducteur prend place sur un siège unique situé au centre. Les tracteurs modernes sont plus confortables (cabine suspendue, climatisée, siège pneumatique).

Depuis la fin des années 1980, l'apparition de l'électronique embarquée a permis de développer des « aides à la conduite ». Ainsi, un certain nombre d'opérations récurrentes se déclenchant lors des demi-tours au bout des champs par exemple peuvent être programmées par l'utilisateur. La plupart des tracteurs neufs sont vendus avec un ordinateur de bord permettant de surveiller tous les paramètres du tracteur et détecter un éventuel problème.

Il compte en général quatre pédales : à gauche, l'embrayage et à droite du poste de conduite les freins droit et gauche ainsi que l'accélérateur. La pédale d'accélérateur est très souvent reliée à un levier actionné manuellement par le conducteur permettant de stabiliser le régime moteur, utile lors de la réalisation de certains travaux des champs (nécessitant l'utilisation de la prise de force du tracteur), on parle alors d'accélérateur à main.

Certains modèles sont spécialisés (ex. : tracteurs étroits (vergers, orangeraies), tracteurs enjambeurs pour la viticulture).

Autrefois, la plupart des tracteurs recouraient à une transmission mécanique. Depuis les années 1980, les transmissions semi-powershift et powershift (passage des vitesses sous charge) ont été majoritairement adoptées par les agriculteurs. On note depuis les années 2000 la percée des transmissions à variation continue (Fendt en est le précurseur avec sa fameuse « boîte Vario »). Tous les constructeurs proposent désormais cette technologie (New Holland, Case, Deutz-Farh, Massey Ferguson, etc.).

Engin polyvalent, le tracteur est parfois concurrencé par le développement de machines automotrices conçues pour réaliser un travail spécifique (moissonneuses batteuses, automoteurs de traitements, etc.).

Utilisation des tracteurs agricoles dans le monde[modifier | modifier le code]

Le nombre total de tracteurs agricoles, tous types, en exploitation dans le monde s'élève à 26,7 millions[7].

Selon les pays, le type de tracteur agricole utilisé peut varier fortement. Ainsi par rapport aux Européens de l'Ouest, les Japonais se servent de tracteurs de puissance plus faible, tandis que les Américains utilisent des engins bien plus puissants (tracteurs articulés) (jusqu'à environ 600 ch). Les pays en voie de développement (Inde par exemple) produisent quant à eux des tracteurs sous licence utilisés par les Européens dans les années 1970.

Tracteur Massey Ferguson 35

Les 12 principaux pays utilisateurs représentent près de 70 % du total :

  1. États-Unis : 4 800 000
  2. Japon : 2 028 000
  3. Ex URSS : 1 749 560
  4. Italie : 1 660 000
  5. Inde : 1 525 000
  6. Pologne : 1 364 579
  7. France : 1 264 000
  8. Turquie : 970 083
  9. Espagne : 946 053
  10. Allemagne : 944 000
  11. Chine : 926 031
  12. Brésil : 806 000

Législation[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En France, un tracteur agricole, aussi appelé automobile des champs, peut être conduit à partir de 16 ans sans permis, si l'ensemble du tracteur et du matériel attelé ou remorqué est un bien familial et si le tracteur est rattaché à une exploitation ou une entreprise agricole. Pour un autre usage (non familial), jusqu'à 3 500 kg de poids total autorisé en charge (PTAC) pour le tracteur, il faut être titulaire du permis B. Si la remorque ne dépasse pas les 750 kg, il faut le permis E(B). Au-delà de ce poids, le conducteur doit être titulaire du permis C. Si la somme du PTAC (tracteur + remorque) dépasse les 3 500 kg, le permis E (C) est obligatoire. À l'age de 18 ans, un tracteur avec l'ensemble de son matériel peut être conduit sans aucun permis ni même formation.

Par construction, la vitesse est limitée à 40 km/h et 25 km/h attelé à une remorque (sauf si la remorque est homologuée à 40 km/h) (art. R138 du code de la route).

Au Québec[modifier | modifier le code]

L'âge minimal pour conduire un tracteur est de 16 ans.

Constructeurs actuels[modifier | modifier le code]

Tracteur New Holland
Tracteur IMT (Serbie)


Anciens constructeurs[modifier | modifier le code]

Ford a disparu (fusion Fiat-Ford) et se retrouve englobé dans le groupe CNH (Case New Holland). Mercedes-Benz a cessé la construction du MB-Trac mais construit toujours l'Unimog.

JCB a plusieurs domaines d'activités (TP, manutention, agriculture). JCB commercialisait jusqu'en 2011 des tracteurs à roues égales. Depuis juillet 2011, le constructeur britannique propose deux modèles de forte puissance à roues inégales : les JCB Fastrac 8280 et 8310.

Volvo a arrêté la production de tracteurs agricoles en 1986, quand la division de construction tracteurs agricoles a été vendue à la société finlandaise Valmet qui deviendra Valtra par la suite.

Renault Agriculture n'existe plus sous cette marque, sauf pour les tracteurs destinés aux collectivités (Ergos). Claas a racheté 100 % des parts de Renault Agriculture en 2008. La production de tracteurs Claas se fait toujours dans l'usine historique de Renault Agriculture au Mans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Current Digest of the Soviet Press, Joint Committee on Slavic Studies,‎ 1953, p. 25
  2. (en) Packard modèle G
  3. (en) Arthur W. Einstein, Jr., Ask the Man Who Owns One - An Illustrated History of Packard Advertising , McFarland, 2010, 282 p.
  4. (en) 1903 Packard Model K-S Gray Wolf, sur conceptcarz.com
  5. Roland Jussiau, Louis Montméas, Jean-Claude Parot, L'élevage en France : 10 000 ans d'histoire, Educagri Editions,‎ 1999, p. 274
  6. La puissance n'a aucun lien avec le nombre de roues motrices : le fait d'utiliser quatre roues motrices permet d'améliorer la capacité de traction du tracteur mais consomme également plus de puissance, les tracteurs les plus puissants sont vendus seulement avec quatre roues motrices, avec possibilité d'ajouter des roues jumelées.
  7. Source statistique FAO, année 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ancien tracteur John Deere