Esclavage des Amérindiens

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Illustration de la rébellion Demerara de 1823

L'esclavage des Amérindiens a pris de nombreuses formes dans le nord et le sud de l'Amérique. Certaines formes d'esclavage existaient chez différents peuples indigènes précolombiens, particulièrement en Mésoamérique ; après la prise de pouvoir des conquistadors européens, l'esclavage a été étendu, sous des formes variées (comme l'encomienda dans l'Empire espagnol) proches du servage et de la définition de l'esclavage contemporain, à un nombre beaucoup plus important d'Amérindiens. L'esclavage des indigènes est avéré à partir de la fin du XVe siècle[réf. nécessaire] puis s'est développé massivement à l'époque coloniale, et au moins jusqu'au XIXe siècle. Bien que l'esclavage soit devenu illégal à travers l'Amérique, aujourd'hui encore des centaines de milliers d'autochtones subissent des traitements caractéristiques de l'esclavagisme contemporain, notamment de la part de réseaux de commerce sexuel en Amérique latine et dans les Caraïbes[1].

Époque précolombienne[modifier | modifier le code]

En Mésoamérique les formes les plus courantes de l'esclavage étaient celles des prisonniers de guerre et les débiteurs. Ceux qui étaient incapables de rembourser une dette pouvaient être condamnés à travailler comme esclave pour la personne envers laquelle ils étaient redevables. L'esclavage n'était pas héréditaire ; les enfants des esclaves naissaient libres.

La plupart des victimes de sacrifices humains étaient des prisonniers de guerre ou des esclaves[2].

Les Premières Nations du Canada capturaient régulièrement des esclaves des tribus voisines. Les tribus esclavagistes étaient les Creeks de la Géorgie, les Pawnees des Caraïbes, les Klamath de la Dominique, les Tupinamba au Brésil, et certaines sociétés de pêche, comme les Yurok, qui vivaient le long de la côte de ce qui est maintenant l'Alaska à la Californie. L'esclavage était héréditaire, avec de nouveaux esclaves étant généralement des prisonniers de guerre ou capturés pour les besoins du commerce et de l'État. Parmi certaines tribus du Nord-Ouest du Pacifique, environ un quart de la population étaient des esclaves[3],[4],[5].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens à prendre le pouvoir sur des peuples amérindiens furent des Espagnols. En 1503, la couronne espagnole étendit le système de l'encomienda à l'ensemble des populations indigènes sous son empire (hormis quelques élites qui en bénéficiaient) ; cette pratique avait été instaurée dès 1499 par Christophe Colomb sur l'île d'Hispaniola sous le nom de repartimiento[6]. L'encomienda différait de l'esclavage, de manière théorique, sous certains aspects, mais n'en demeurait pas moins, dans la pratique, très proche de l'esclavage, surtout au sens contemporain du terme[7],[6].

Après l'arrivée des Portugais, les Indiens d'Amérique ont commencé à échanger contre des biens leurs prisonniers, au lieu de les utiliser comme esclaves ou de les sacrifier.

Pendant la conquête de l'Amérique, l'esclavage des Européens par des Amérindiens n'est, pour sa part, attesté que de façon exceptionnelle, comme dans le cas d'Hans Staden qui, après avoir été mis en liberté, a écrit un livre sur les habitudes des Indiens d'Amérique.

L'esclavage des Amérindiens a également été pratiqué par les Anglais dans les 2 Carolines qui ont vendu des captifs amérindiens en esclavage sur place et sur les plantations anglaises aux Caraïbes[8]. Une des premières tribus à se spécialiser dans le commerce d'esclaves avec la Caroline fut celle des Westo, suivis par beaucoup d'autres, y compris les Yamasee, Chicachas, et les Creeks. L'historien Alan Gallay estime le nombre d'Amérindiens en Amérique du sud vendus dans le commerce des esclaves britanniques dans les années 1670-1715 entre 24.000 et 51.000[9].

Trudel a également noté que 31 mariages avaient eu lieu entre les colons français et les esclaves autochtones[3].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Après l'invasion américaine de 1848, les Californiens indigènes ont été réduits en esclavage dans la ville même qui eut le statut d'État de 1850 à 1867[10]. L'esclavage nécessite le dépôt d'une caution par le propriétaire d'esclaves et de l'esclavage lui-même grâce à des raids et une servitude de quatre mois imposé comme une punition pour le « vagabondage » américain[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Francis T. Maki, Grace Park, Trafficking in Women and Children: The U.S. and International Response, Congressional Research Service Report 98-649C, 10 mai 2000. (tel que commenté par le site Libertad Latina.org dans Sexual Slavery Within Latin America et Trafficking in Persons: USAID's Reponse).
  2. "Human sacrifice", Britannica Concise Encyclopedia
  3. a et b Cooper, Afua. The Untold Story of Canadian Slavery and the Burning of Old Montreal,(Toronto:HarperPerennial, 2006)
  4. Digital History African American Voices
  5. Haida Warfare
  6. a et b Lynne Guitar, « Encomienda system », p.250-252 de The Historical Encyclopedia of World Slavery, ABC-CLIO, 1997.
  7. (en) Mark G. Jaede, « Enriquillo », p.184 de The Historical Encyclopedia of World Slavery, ABC-CLIO, 1997 : « In practice, [...] the distinction between encomienda and slavery could be minimal ».
  8. Encyclopædia Britannica: Slavery
  9. Gallay, Alan (2002). The Indian Slave Trade: The Rise of the English Empire in the American South 1670-1717. Yale University Press. pp. 298–301
  10. Castillo, Edward D. (1998). Short Overview of California Indian History"
  11. Beasley, Delilah L. (1918). "Slavery in California," The Journal of Negro History, Vol. 3, No. 1. (Jan.), pp. 33-44.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Générale[modifier | modifier le code]

  • (en) Alan Gallay, « Indian slavery in the Americas », The Gilder Lehrman Institute of American history,‎ 2009-2013 (lire en ligne).
  • (en) Patricia A. Kilroe, « American slavery, general », dans The Historical Encyclopedia of World Slavery (lire en ligne).
  • (en) « Part V : Slavery in the Americas », dans Cambridge World History of Slavery, vol. 3, AD 1420-AD 1804, p. 323.
  • (en) Joseph Calder Miller, Slavery and Slaving in World History, vol. 1: 1900-1991, M.E. Sharpe, coll. « World History: A Bibliography »,‎ 1999, 584 p. (ISBN 0765602792).

Sur l'esclavage aux Etats-Unis[modifier | modifier le code]

Sur l'esclavage en Mésoamérique[modifier | modifier le code]

  • (es) Ana Luisa Izquierdo, « La esclavitud en Mesoamérica: concepto y realidad », dans Memoria del III Congreso de historia del derecho mexicano, UNAM,‎ 1983 (lire en ligne).
  • (es) Pedro Carrasco Pizana, Estratificación social en la Mesoamérica prehispánica, Centro de Investigaciones Superiores, Instituto Nacional de Antropología e Historia,‎ 1982.