Staff (matériau)

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La façade en staff d'une salle d'exposition de l'Exposition universelle de 1904.

Le staff est un matériau de construction préfabriqué à base de plâtre armé de fibres.

Historique[modifier | modifier le code]

Pour restaurer les appartements détruits pendant la Révolution française, les décorateurs se tournent vers des matériaux moins coûteux que le stuc et la plâtrerie. C'est à cette époque qu'apparaît la première corniche préfabriquée en plâtre armé d'une toile de jute. Ce matériau appelé staff, est inventé[1] par Eugène-Denis Arondelle qui dépose un brevet en 1856 et Alexandre Desachy qui en dépose un brevet le 2 décembre 1861 et réalise de nombreux décors en staff pour les résidences de l'empereur Napoléon III[2]. L'emploi du staff se développe alors rapidement jusqu'à atteindre son apogée à la Belle Époque (fin XIXe siècle et début XXe siècle)

Le mot staff dériverait de l'allemand staffieren (« garnir », « orner ») ou du français ancien estofer (« étoffe »).

La profession de staffeur fait partie des métiers d'art.

Utilisation[modifier | modifier le code]

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Exemple de fronton brisé à volute réalisé en staff. Ce demi fronton est exposé au musée du plâtre de Cormeilles-en-Parisis.
Maquette du château d'eau de Saclay à l'échelle 3 cm pour 1 mètre (0,03 pm).

Le staff est notamment utilisé dans la fabrication et la pose :

  • d'éléments d'architecture, par exemple au musée du plâtre à Cormeilles-en-Parisis où est exposé, échelle grandeur, un demi fronton brisé à volute.
  • de surfaces planes
  • dans la restauration
  • dans le moulage statuaire, comme dans les ateliers de moulage du musée du Louvre à Saint-Denis
  • dans la reproduction d'œuvres originales
  • dans la réalisation de prototype industriels
  • dans la maquette par exemple:

Il est utilisé également dans les décors de théâtre, de films et dans les luxueux paquebots de croisière (le Queen Mary 2)[réf. souhaitée].

Fabrication[modifier | modifier le code]

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Le staff est un matériau rigide, composé de plâtre à modeler armé de filasse de sisal, de jute ou de silionne (fibre de verre coupé). La toile maillée de filasse de jute est moins employée. Le chanvre est utilisé pour les maquettes.

Le staff est préfabriqué dans des ateliers spécialisés équipé de dalle en marbre de comblanchien, en granite et plus rarement en verre. Bien qu'ayant l'avantage considérable d'être auto démoulant, le verre est peu utilisé en raisons de sa fragilité dans les ateliers d'architecture. Néanmoins, il sert de moule pour la fabrication des plaques.

Le panneau de stratifié est utilisé occasionnellement en chantier, comme dalle portative.

La mise en œuvre des moulures simples, droites et circulaires, sont réalisées à l'aide d'un calibre sur une dalle servant de table de travail. L'exécution consiste à passer plusieurs fois le calibre pendant la prise du plâtre dans le même sens. Un staffeur expérimenté exécute un moule de corniche, de 3 m de long, en un plâtre de finition sur noyau. Cette préforme, appelé noyau, réalisée avant la surface de parement est exécutée en matériau économique et surtout dans le but de réduire la dilatation du plâtre de finition. La forte dilatation du plâtre rend le traînage irréalisable. Le plâtre de finition sur le noyau est réduit à environ 4 mm d'épaisseur (voir le schéma d'un calibre).

Calibre d'un traînage droit.

Le calibre est mobile pour les traînages droits, curvilignes et en balançoire. Il est fixe pour les traînages au tour horizontal et au tour de potier. Il permet d'effectuer l'épreuve traînée, le modèle ou directement le moule.

Selon la dépouille, le moule traîné comme le moule fait sur modèle peuvent comporter une ou plusieurs pièces (voir le schéma d'un moule en dépouille et en contre-dépouille).

Moule en dépouille et en contre-dépouille.

Un calibre est composé d'une ou plusieurs filières à profilé (gabarits) qui permettent d'extruder le plâtre. La filière est réalisée en zinc de 6/10 d'épaisseur. Le duralumin est utilisé dans les filières de grandes dimensions en raison de sa rigidité, le clinquant de cuivre (fine plaque de cuivre) par l'architecturier pour sa faible épaisseur, le plâtre d'enchâssement pour sa rapidité de façonnage de la filière du noyau de dégrossissage.

L'épreuve est moulée dans des moules en plâtre avec ou sans pièce ou dans des moules souples, à l'intérieur desquels on projette une première gâchée de plâtre, on dépose un matelas léger et aéré de filasse puis une deuxième couche plus fluide de plâtre est projeté. L'ensemble de 15 mm d'épaisseur suit les sinuosités du moule. Éventuellement, à l'aide d'un gabarit en contreplaqué, l'épreuve est contre-calibrée pour régulariser l'épaisseur.

Dans un moule en plâtre, un démoulant est impératif (savon noir comme bouche pores ou vernis gomme laque et une barbotine isolante à base de savon noir et d'huile végétale).

L'atelier doit être aéré en permanence pour éviter le désagrégement de la barbotine et le farinage. (altération du parement de l'épreuve).

Les épreuves armées de silionne (fibre de verre coupé) sont réalisées en une seule gâchée, la fibre de verre étant répartie dans toute l'épaisseur de l'épreuve.

Le démoulage se fait après la prise complète du plâtre (maxi une heure).

Les épreuves sont soigneusement stockées pendant et après le séchage pour éviter toute déformation.

Voir le tableau synoptique de fabrication.

Tableau synoptique de fabrication du staff

Pose[modifier | modifier le code]

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Le staff se pose sec dans des lieux abrités des intempéries.

En chantier, les plaques de staff (standard de 80 × 120 cm de 15 mm d'épaisseur pour un poids de 15 kg) et les éléments d'architecture sont positionnés sur un jeu de règles qui les maintiennent pendant le scellement. Ils sont scellés entre eux avec du plâtre à modeler armé de filasse, puis fixés au gros œuvre par l'intermédiaire de suspentes. Dans certaines situations, le staff peut être collé directement sur le mur et le plafond, comme les corniches et les ornements.

Les scellements terminés, les joints sont bouchés et lissés avec du plâtre à modeler. L'ensemble apparaît d'un seul tenant.

Formation professionnelle des staffeurs[modifier | modifier le code]

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La formation des staffeurs commence par un CAP. La formation comporte de la recherche technologique, des travaux d'atelier et de pose, du dessin d'art et art appliqué, du dessin technique, de la lecture de plan, du calcul, du français, et de l'histoire de l'art. Le staffeur doit savoir dessiner et connaître les noms des éléments d'architectures avec leurs ornements[3][réf. insuffisante].

Les spécialisations des staffeurs sont nombreuses[réf. nécessaire] :

  • le staffeur ornemaniste fabrique et pose les éléments de staff. Certains ouvriers se spécialisent en pose ou en atelier selon leur capacité à gravir les qualifications et leur préférence. Quelques-uns s'orientent vers le stuc.
  • le staffeur ornemaniste sculpteur fabrique et pose les éléments de staff et réalise des ornements par modelage, de la terre, de la plastiline, de la cire, du plâtre pendant la prise ou taille le plâtre dans la masse.
  • le staffeur ornemaniste architecturier est apte à fabriquer et poser les ouvrages les plus complexes.
  • le staffeur ornemaniste architecturier sculpteur s'occupe de la fabrication et de la pose des ouvrages les plus complexes. Il sculpte en respectant rigoureusement les caractéristiques des styles. Certain travaux s'apparentent à des œuvres d'art. Les staffeurs architecturiers sont peu nombreux. En France, faute de candidats, le concours pour le titre Meilleur ouvrier de France Architecturier (diplôme niveau III Brevet de technicien supérieur) a été supprimé en 2004[réf. souhaitée].

Évolution[modifier | modifier le code]

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  • Les élastomères ont remplacé la gélatine à partir des années 1970. Les élastomères sont auto démoulant et permettent des centaines d'épreuves. Leur bonne élasticité accepte la contre dépouille. (Voir le schéma d'un moule en dépouille et en contre-dépouille)
  • La silionne (fibre de verre coupée) s'est imposée dans la fabrication des plaques d'une seule gachée et les moulages en plâtre adjuvanté (staff ultra léger).
  • Le plâtre adjuvanté après des début très artisanaux à la belle époque, est devenu industriel à partir de la fin des années 1980. Il est particulièrement résistant et dur.

Les premiers plâtres adjuvantés ont été produits par les stucateurs pour durcir le stuc marbre et le stuc pierre.

Les maquettistes (architecturier) à fin des années 1960 faisaient eux-mêmes le plâtre adjuvanté. À cette époque, on l'utilisait pour le moulage et la fabrication des pièces circulaires ou droites en épreuves traînées et contre-calibrées, les deux faces de parement étant parfaitement lisses et de faibles épaisseur, de l'ordre de 1 à 3 mm. Les épreuves obtenues étaient d'une grande solitdité et acceptaient le perçage, le taraudage, le collage...[réf. nécessaire]

  • Le staff ultra léger (3 à 5 mm d'épaisseur au lieu de 15 au minimum) est composé d'un plâtre adjuvanté armé d'un mât ou tissu de verre. Il est apparu à l'échelle industrielle, dans les années 1980.

Il a été mis au point pour un usage professionnel par les anglais[réf. nécessaire].

Il peut se fabriquer au pistolet. Il est plus solide et léger, mais il perd les qualités phoniques, thermiques et coupe-feu du staff traditionnel. Les fabricants de plâtres ont une gamme de plâtres extrêmement complète comportant entre autres le plâtre adjuvanté spécial moulage faible épaisseur[4][réf. insuffisante].

  • Les machines numériques interviennent de plus en plus dans les entreprises. Elles sont indispensables dans certains travaux, comme les gabarits curvilignes.[réf. nécessaire]

Les entreprises spécialisées dans la fabrication en série d'ornements, de colonnes, de chapiteaux, de balustres, etc., ont modernisé leurs méthodes de moulage afin d'améliorer la qualité de leurs produits. Ceci à donner lieu à plusieurs dépôts de brevets.(INPI: FR 2469258-1979 - 2518448 A2 1981 - 98.11034)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Valérie Nègre, L'ornement en série: architecture, terre cuite et carton-pierre , p; 114, éd. Mardaga, 2006, ISBN 2870099134
  2. Catherine Granger, L'empereur et les arts: la liste civile de Napoléon III, p. 244, éd.Librairie Droz, 2005, ISBN 2900791715
  3. Lycée Gué à Tresmes - CAP de staffeur ornemaniste - BMA Brevet des métiers d'art. ou CFA Brétigny-sur-Orge - CAP de staffeur ornemaniste.
  4. Réf: Plâtre Lafarge pour staff Réf: Plâtre-Produit du jour-SCF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Nolhier, Construire en plâtre: Le Staff, p. 133-136, éd. L'Harmattan, 1981, (ISBN 2296387608)
  • Gérard Rondeau, Stéphane Rondeau, Maurice Pons, Techniques et pratique du staff, éd. Rondeau, 2004, (ISBN 2212115466)
  • Gérard Rondeau, La pratique du staff et ses applications, éd. Rondeau, 1981
  • A. Builder, Travail du plâtre. Composition et propriétés. Gâchage et moulage. Carveaux et enduits de plâtre. Stuc et Staff, éd.Firmin-Didot et Cie, 1929
  • La plâtrerie, le staff et le stuc, Paris, les Compagnons du devoir, coll. « Encyclopédie des métiers », 2000-2003, (ISBN 2-901362-17-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]