Edmond Albius

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Portrait d'Edmond Albius devant des lianes de vanille paru en 1863 dans l'Album de l'île de la Réunion d'Antoine Roussin.

Edmond Albius est un Réunionnais né à Sainte-Suzanne en 1829 et mort dans la même commune le 8 août 1880[1].

Il est célèbre pour avoir découvert le procédé pratique de pollinisation de la vanille alors qu'il n'avait que 12 ans et était alors esclave[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

Esclave et orphelin de naissance, il est recueilli par Féréol Bellier Beaumont puis initié par lui à l'horticulture et à la botanique. S'il n'est pas à l'origine de la première fécondation artificielle de la vanille (effectuée par Charles Morren en 1836), c'est lui qui, en 1841 et alors qu'il n'a que douze ans, en découvre le procédé pratique de pollinisation, un procédé qui révolutionne la culture de cette épice[3] et permet à La Réunion de devenir pour un temps le premier producteur mondial et le berceau de la diffusion d'un nouveau savoir-faire.

En effet, sept ans après la découverte d'Albius, l'île exporte ses premières vanilles, une petite dizaine de kilos. Après l'adoption du procédé Loupy - de Floris, les expéditions vont s'envoler. Elles passent de 267 kilos en 1853 à plus de 3 tonnes en 1858. À la fin du XIXe siècle, elles rapportent autant que le sucre. En 1892, près de 4 200 hectares sont plantées en vanille. Les expéditions atteignent 200 tonnes en 1898 et la vanille de l'île rafle les Grands Prix des expositions universelles de 1867 et de 1900[4].

Parce qu'elle est celle d'un enfant, noir et esclave de surcroît, la paternité de la découverte est toutefois rapidement contestée par les envieux. À l'origine du développement de l'actuel Jardin de l'État de Saint-Denis, le botaniste Jean-Michel-Claude Richard prétend ainsi avoir enseigné la technique de fécondation à l'esclave trois ou quatre ans plus tôt. Le jeune Edmond est alors vigoureusement défendu par Ferréol Bellier Beaumont, le naturaliste Eugène Volcy Focard et un certain Mézières de Lépervenche.

Malgré ce soutien, la controverse persiste, même après la mort des différents protagonistes. Au début du XXe siècle, un titre de presse va jusqu'à affirmer à tort qu'Edmond Albius était blanc. Devenu homme libre avec l'abolition de l'esclavage en 1848, il ne tira aucun bénéfice d'une invention qui fit la fortune des planteurs. Il est mort dans la misère en 1880.

L'écrivain Michaël Ferrier consacre le dernier chapitre de son livre Sympathie pour le Fantôme à Edmond Albius : « Voici donc l’histoire d’un esclave, un esclave noir sur la terre de France. Il va modifier l’histoire de son pays et celle du monde entier d’un seul mouvement de ses mains. » (Sympathie pour le Fantôme, Gallimard, 2010).

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives nationales d'Outre-mer, Île de la Réunion, commune de Sainte Suzanne, acte de décès no 144, année 1880 (consulté le 12 octobre 2014)
  2. Le DB. Dictionnaire biographique de La Réunion, sous la direction de Michel Verguin et Mario Serviable, Édition Communication Loisir Information Presse / ARS Terres Créoles, tome 1, 1993.
  3. Cf. « Edmond Albius (1829-1880) », Journal de l'île de La Réunion,‎ 1er janvier 2005 (lire en ligne)
  4. Panneau explicatif de la Coopérative ProVanille à Bras-Panon

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