Michelin

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Michelin

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Logotype de Michelin

Création 1889
Fondateurs André et Édouard Michelin
Forme juridique Société en commandite par actions
Action Euronext : ML
Slogan "Une meilleure façon d'avancer"
Siège social Drapeau de France Clermont-Ferrand (France)
Direction Jean-Dominique Senard
Actionnaires Investisseurs institutionnels non-résidents : 61 %
Investisseurs institutionnels français : 26,2 %
Actionnaires Individuels : 11,2 %
Personnel - Plan d’Épargne Groupe : 1,6 %
()[2]
Activité Conception et fabrication de pneumatiques
Produits Pneumatiques pour tous les types de véhicules et d'aéronefs
Société mère Compagnie générale des établissements Michelin
Effectif 113 482 employés ()[1]
Site web www.michelin.com
Capitalisation 13,069 milliards d'€ ()[2]
Résultat net en diminution 1,127 milliard d'€ (2013)

Michelin est un fabricant de pneumatiques français dont le siège social est à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), en France. Ses produits sont destinés à tous types de véhicules; automobiles, camions, deux roues, avions, engins de génie civil et agricoles. C'est une entreprise multinationale cotée au CAC 40[3],[4], qui, avec 14 % du marché en 2012[5], est un leader mondial du pneumatique[6]. Sa part de marché 2012 s'élève à 26 222 millions de dollars pour un marché total de 187 250 millions de dollars.

Ses ventes nettes se sont élevées à 21,474 milliards d'euros en 2012[7], ce qui la place à la deuxième place derrière Bridgestone (3039 milliards de yens en 2012)[8] soit environ 24,043 milliards d'euros), et devant Goodyear (21 milliards de dollars) en 2012[9] soit environ 15,724 milliards d'euros. Implantée industriellement dans 18 pays et une présence commerciale dans plus de 170 pays, elle emploie 113 400 personnes, dont plus de 20 000 en France.

La société mère, la Compagnie générale des établissements Michelin[10], est une SCA. La Compagnie financière Michelin, "Sénard et Cie", une société holding, opère comme financeur des activités industrielles de Michelin, c'est un élément important dans l'organisation du groupe puisqu'elle détient directement ou indirectement toutes les sociétés industrielles, commerciales et de recherche situées hors de France et 60 % du capital de la Manufacture française des pneumatiques Michelin[11]. Elle est domiciliée à Granges-Paccot dans le canton de Fribourg en Suisse.

Parmi ses nombreuses inventions, on peut citer le pneu démontable, le pneu ferroviaire (« pneurail »), la carcasse radiale qui équipe tous les pneus contemporains, le pneu permettant le roulage a plat et le pneu dit « vert » qui réduit la consommation de carburant par moindre résistance à l'avancement des véhicules.

Michelin propose également des services numériques d'aide à la mobilité (Viamichelin.com) et édite des guides touristiques (le Guide Vert), des guides hôtellerie et restauration (le fameux guide Michelin, vendu dans le monde entier), des cartes routières et des atlas. En 2009, la manufacture fête la centième édition de son guide Michelin[12].

Activités[modifier | modifier le code]

Pays dans lesquels Michelin possède des sites de production

En 2005, le groupe est présent sur les marchés (essentiellement en pneu radial) :

Pneumatiques et autres activités[modifier | modifier le code]

L'activité mondiale, en 2012[5] (% en ventes nettes) est de :

  • Vente et distribution de pneumatiques (83 %) avec :
    • Pneus de voitures de tourisme, de sport et camionnettes (52 %).
    • Pneus poids-lourds (31 %).
  • Autres pneumatiques et l'activité de Michelin Travel Partner : guide gastronomique,cartes géographiques (ViaMichelin),...(17 %)
    • Pneus pour deux roues (vélos, mobylettes, scooters, motos).
    • Pneus pour matériels de génie civil, engins agricoles, avions, engins spatiaux.
    • Réédition de pneus neufs pour voitures de collection[13].
    • Produits et services d'aide à la mobilité[14].

Distribution de pneumatiques : Euromaster en Europe et TCI aux États-Unis.

Record : le pneumatique le plus gros du monde est le Michelin 59/80R63. Il équipe les tombereaux géants Caterpillar 797B d'excavation minière en Australie. Pesant cinq tonnes et mesurant quatre mètres de diamètre pour 1,48 m de largeur, son coût est de 30 000 euros l'unité. Ils sont gonflés à 6,5 bars de pression.

BFGoodrich, filiale de Michelin, est présent sur les marchés de seconde monte, et même de première monte pour les SUV et autres 4×4. Les pneus sont classés dans les produits de seconde ligne, c'est-à-dire juste en dessous des produits des six grandes marques en termes de prix. BFGoodrich est par ailleurs troisième du marché du pneu aux États-Unis et quatrième du marché du pneu 4×4 en Europe, le pneu 4×4 étant considéré comme la spécialité de cette marque.

À fin 2012, le groupe dispose de 69 sites de production dans 18 pays du monde.

En 2012, Michelin a produit 166 millions de pneus et édité près de 10 millions de cartes et guides.

La répartition géographique du chiffre d'affaires est la suivante : Europe (39,6 %), Amérique du Nord (36,1 %) et autres (24,9 %).

Activités abandonnées[modifier | modifier le code]

Plaque Michelin dans les Deux-Sèvres (France)
Plaque Michelin au bord de la D904 en Aveyron (France) indiquant aux touristes la direction à prendre à pied pour aller voir le tindoul (= trou) de la Vayssière sur le causse

Au milieu du XIXe siècle, apparaît la maîtrise du caoutchouc, notamment par la vulcanisation.

Au cours des années 1930, dans le domaine ferroviaire, Michelin a produit des autorails sur pneumatiques, connus sous le nom de micheline. Depuis ce terme a été repris pour la plupart des autorails qui circulent en France.

Au bord des routes françaises, on trouve encore les panneaux Michelin en lave émaillée sur un support en béton armé, produits entre 1920 et 1971[15].

Poster de 1898
Reclame de 1940

Histoire[modifier | modifier le code]

Développement et économie[modifier | modifier le code]

En 1889, André Michelin (Centralien, promotion 1877) et son frère Édouard Michelin fondent Michelin et Cie, près de la place des Carmes, à Clermont-Ferrand, sur un terrain de 12 hectares. Cinquante deux personnes travaillent dans l'entreprise. Depuis, le siège social est toujours installé au même emplacement.

En 1891, après avoir aidé un cycliste anglais, venu à l'usine, dont le pneu (mis au point par un certain Dunlop) avait crevé[16], les frères Michelin mettent au point le pneu démontable pour bicyclette. Le brevet est déposé le 18 juin. Charles Terront gagne la course cycliste Paris-Brest sur un vélo équipé de pneus Michelin la même année.

En 1892, les pneus Michelin sont pour la première fois distribués à l'étranger, en l'occurrence par l'accessoiriste Boyriven, et rencontrent un succès commercial[17].

En 1895, les frères Michelin améliorent la résilience en température de leur gomme par l'adjonction d'un caoutchouc naturel à base d'helix pomatia. Le pneu obtenu peut être qualifié de premier pneumatique pluie non synthétique[18]. Les frères Michelin pilotent l'Eclair lors de la course Paris-Bordeaux, première automobile équipée de pneus[19].

En 1898, création du bonhomme Michelin par le dessinateur O’Galop. Le personnage est surmonté par la maxime « Nunc est bibendum » (C'est maintenant qu'il faut boire), transformé par l'auteur en slogan publicitaire : « Le pneu Michelin boit l'obstacle ».

En 1899, l'automobile électrique la Jamais Contente, équipée de pneus Michelin, dépasse 100 km/h.

En 1900, le premier guide rouge aide les voyageurs dans leurs déplacements (renseignements pratiques, hôtels, restaurants).

En 1901, la première affiche avec le personnage Bibendum, ressemblant peu à sa version actuelle. Le personnage sera rendu plus expressif au fil du temps.

En 1906, Michelin installe sa première usine hors de France à Turin[20].

En 1907, Michelin installe sa première usine aux USA à Milltown.

En 1908, Michelin produit le premier pneu « jumelé » pour poids lourds. Le 6 mars 1908, création du prix spécial Michelin et des coupes Michelin d’aviation.

En 1910, BIBENDUM - Revue mensuelle no 1, le 15 avril 1910, signée Bibendum (Curnonsky ?[pas clair]). Et début de l'intervention de Michelin dans la signalisation routière : apparition des plaques « Merci » à deux faces sur lesquelles étaient indiqués le nom des localités, la désignation et le numéro des routes, et des inscriptions de sécurité telles que « Veuillez ralentir » placées à l’entrée de l’agglomération et un « Merci » à la sortie.

Morceau de la piste de 1916, exposé devant l'Aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne.

Le , André et Édouard Michelin créent les prix de l’aéro-cible Michelin[21].

En 1911, création de l'ASM Clermont Auvergne par Marcel Michelin.

En 1916, la première piste cimentée pour l'aviation est construite à Clermont-Ferrand ; elle permet le décollage par tous les temps des avions Breguet-Michelin produits pour la guerre dans les usines Michelin. La production sera de 57 avions en 1915, 141 en 1916, 264 en 1917 et 1422 en 1918. Les 100 premiers exemplaires produits furent offerts et les suivants vendus à prix coûtant.

En 1918, premier prototype de borne d'angle (borne Michelin), élément de signalisation routière à quatre faces.

En 1919, création de l'usine de Cataroux.

En 1926, publication du guide régional touristique (futur « guide vert ») sur la Bretagne. C'est une période de très forte croissance pour tout le secteur automobile, qui bénéficie de l'engouement pour la voiture des "années folles": Michelin emploie 10 000 personnes à Clermont-Ferrand dès 1927. En 1928, la borne d'angle Michelin prend sa forme définitive.

En 1929, mise au point de la micheline, autorail léger dont les roues sont équipées de pneus spéciaux inventés par André Michelin.

En 1931, l'emploi des appareils de signalisation routière Michelin est officiellement approuvé. Il s'agit des bornes Michelin, mais aussi des « murs », « plaques » et « poteaux », réalisés en lave émaillée sur béton armé.

En 1933, Pierre Michelin (1903-1937) est nommé cogérant et en 1935, Michelin devient l'actionnaire principal de Citroën et Pierre Michelin en est nommé PDG.

En 1937, Pierre Michelin décède à la suite d'un accident. En 1938, Édouard Michelin appelle à ses côtés son gendre Robert Puiseux (1892-1991) et Pierre Boulanger (1885-1950) comme cogérants. En 1940, décès de Édouard Michelin, Robert Puiseux devient gérant.

En 1944, l’état-major allié craint que la progression des troupes après le débarquement en Normandie ne soit ralentie sur les routes et surtout dans les villes françaises, car toute signalisation y a été détruite ou démontée par l’occupant allemand. Avec l’accord secret de la direction de Michelin à Paris, il choisit de faire imprimer à Washington et distribuer à chaque officier une reproduction de la dernière édition du Guide, celle de 1939, comportant des centaines de plans de villes, détaillés et actualisés.[réf. souhaitée]

En 1946, Michelin dépose le brevet du pneu radial, commercialisé en 1949 sous l'appellation Michelin X. Le succès commercial du pneu radial entraînera une forte expansion du groupe et placera l'entreprise au premier plan.

En 1951, fondation de la Compagnie Générale des Établissements Michelin (CGEM) et de la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin (dont Émile Durin (1896-1981) devient cogérant avec Robert Puiseux). Création de la première usine française en dehors de Clermont-Ferrand à Orléans[20].

En 1955, François Michelin, petit fils d'Edouard Michelin accède au poste de gérant. Il gérera la croissance liée au succès commercial du pneu radial et ouvrira environ trente usines dans le monde pendant les décennies 1960 et 1970.

En 1971, ouverture de la première usine de production de pneus X en Amérique du Nord à Bridgewater (Nouvelle-Écosse, Canada) [20]. En juin, arrêt de la production de panneaux de signalisation routière en lave émaillée sur béton armé.

En 1975, ouverture de la première usine de production de pneus X aux États-Unis à Greenville (Caroline du Sud)[20].

En 1978, la firme s'associe à Ferrari, et remporte son premier Grand Prix de F1 au Brésil. L'année suivante la firme de Clermont-Ferrand est associée aux deux titres mondiaux (pilote et constructeur) que Ferrari remporte en Formule 1.

Le logo Uniroyal

En 1981, Michelin absorbe les usines pneumatiques Kleber.

En 1989, le groupe, pour augmenter sa présence aux États-Unis, achète Uniroyal-Goodrich Tire.

En 1992, présentation du premier pneu Energy

En 1996, Michelin invente le PAX System, le pneu indéjantable qui permet de rouler même en cas de crevaison.

En 1998, le centenaire de Bibendum voit, entre autres célébrations, la création d'un Challenge Bibendum Michelin, organisé chaque année depuis (sauf 1999). D'audience internationale, il est organisée dans différentes villes du Monde,

En 1999, François Michelin quitte son poste de gérant. Son fils Édouard, centralien âgé de 36 ans et cogérant depuis 1991, lui succède.

En 2001, création de ViaMichelin

En 2004, présentation du Tweel, concept révolutionnaire de roue sans air.

En 2005, associé à Renault, alors champion de Formule 1, mais annonce son retrait de cette compétition à la fin de la saison 2006, en raison de désaccords avec la FIA.

Le 26 mai 2006, décès accidentel de Édouard Michelin. Michel Rollier, cogérant avec Édouard Michelin, exerce dès lors la direction du groupe. Le 3 octobre 2006, Michelin décide d'installer une nouvelle plateforme de stockage de 70 000 m2 à Valenciennes. Le 26 janvier 2007, un contrat d'une valeur de 1,7 milliard de dollars est signé entre Michelin et le Pentagone.

« L'Aventure Michelin » retrace toute l'histoire du groupe Michelin, de ses hommes et de ses innovations. Inauguré le 23 janvier 2009 par Michel Rollier, cogérant de la société, les visiteurs peuvent découvrir sur le site de Cataroux (Clermont-Ferrand) les 2 000 m2 consacrés au patrimoine de la marque.

Jean-Dominique Senard prend la gérance de l'entreprise en 2012.

Histoire sociale[modifier | modifier le code]

« Ainsi, si le paternalisme Michelin visait à introduire chez les salariés en métropole le sentiment d'un intérêt commun entre personnel et patrons, il échoua totalement à essayer d'effacer l'infranchissable barrière séparant colons et colonisés. »[22]

  • En 1936, l'entreprise est touchée à trois reprises par des grèves ouvrières dont deux avec occupation. La C.G.T. passe de 100 à plus de 6 000 syndiqués. Elle dépassera les 7 000 en 1937. Les ouvriers obtiennent près de 25 % d'augmentation de salaire en juin 1936[23].
  • En 1999, au mois de septembre, annonce simultanée de bénéfices semestriels en hausse et d'un plan de restructuration entraînant 7500 suppressions d'emplois qui ouvrira une polémique en France sur les licenciements boursiers.
  • En 2013, la direction de l'entreprise Michelin annonce un plan de restructuration entraînant la perte de 730 emplois dans le site de Joué-lès-Tours au premier semestre 2015. Ce site, spécialisé dans la fabrication de pneumatiques pour poids-lourds sera spécialisé dans la production de produits semi-finis, avec le maintien de 200 personnes environ. Parallèlement à ces suppressions de postes, Michelin annonce un plan d'investissement de 800 millions d'euros en France entre 2013 et 2019, et la création de 170 postes pour le site de La Roche-sur-Yon, spécialisé également dans les pneumatiques pour poids-lourds, afin de porter la capacité de production de 800 000 à 1,6 millions d'unités par an[24],[25].

Bibendum[modifier | modifier le code]

Bibendum, la mascotte de Michelin

L'idée naquit d'Édouard Michelin, un jour de 1894 où il vit un empilement de pneu formant un bonhomme. Il reprit l'idée de ce personnage dans les premières publicités avec le slogan Nunc est Bibendum, littéralement « maintenant, il faut boire » équivalent latin d'« à votre santé ». Bibendum est devenu une illustration intrinsèque de l'image de Michelin avec le slogan « Le pneu Michelin boit l'obstacle ».

L'emblème de l'entreprise, Bibendum, né en 1898, est l'un des plus anciens logos connus. Elle a d'ailleurs été nommée Logo du siècle en 2000[26].

Innovation[modifier | modifier le code]

Les trois axes de la stratégie d'innovation de Michelin sont: l'accélération du développement de nouvelles gammes, le progrès continu sur les gammes de pneumatiques existantes (innovation incrémentale) et la recherche de solutions radicalement nouvelles (innovations de rupture). Le secteur recherche et développement de Michelin dispose de 3,5 % du chiffre d'affaires du groupe et emploie 6 000 personnes dans le monde. Le budget R&D est de 622 millions d'euros[27]. Par exemple, en décembre 2013, Michelin s'associe avec le sucrier Tereos pour développer des pneumatiques issus de végétaux[28]. Les centres situés en France, Espagne, Caroline du Sud (États-Unis), Japon et Chine étudient des problèmes fondamentaux (phénomènes physique, chimique et mécanique qui influencent le comportement du pneu) et sont chargés de la conception des prototypes. Michelin entretient des partenariats importants avec le monde académique notamment à travers les chaires industrielles Mécanique numérique avec l'Université Laval[29], Architecture des systèmes d'information avec l'École centrale Paris et Sciences des matériaux avec l'ESPCI ParisTech[30].

Michelin dispose aussi, depuis 1924, de son propre établissement de formation : l'école d'enseignement technique Michelin, basée à Clermont-Ferrand[31].

Challenge Bibendum[modifier | modifier le code]

Le Michelin Challenge Bibendum est un évènement itinérant depuis 1998[32]. Il réunit les parties prenantes du transport : constructeurs automobiles et poids lourds, universitaires, équipementiers, politiques, ONG et acteurs de l’énergie etc[33]. Le but est de comprendre les enjeux du transport (climat, géographie, population, urbanisation etc.) et de réfléchir aux possibilités, notamment en termes d’innovation pour une mobilité durable[34] (consommation d’énergie, véhicules électriques, sécurité routière)[35]. Les discussions portent en même temps sur le transport des personnes mais également sur le transport de fret[36]. Cette initiative se place dans la lignée de la mission qui anime Michelin: contribuer au progrès de la mobilité par l'innovation ainsi que par la qualité des produits et des services (résistance au roulement et consommation d'essence, durée de freinage etc.), d'où leur slogan "une meilleure façon d'avancer".

Michelin et Clermont-Ferrand[modifier | modifier le code]

Le siège de l'entreprise, à Clermont-Ferrand
Les rampes Michelin

Tout au long de leur histoire, la ville de Clermont-Ferrand et ses environs ont été fortement marqués par les activités industrielles de Michelin. L'entreprise a également été très influente dans l'évolution urbaine et culturelle de la ville. L'entreprise y a employé jusqu'à 30 000 personnes dans les années 1970. En janvier 2011, elle employait 12 000 salariés environ.

Les cités Michelin construites pour héberger les ouvriers ont été restaurées et sont caractéristiques de certains quartiers clermontois. De même, les anciennes rampes d'essai des pneumatiques sont toujours visibles bien qu'elles ne soient plus utilisées.

Les noms de rues et de monuments témoignent également de l'importance de la manufacture : ainsi, le temple du rugby clermontois est le stade Marcel-Michelin. Les automobilistes en provenance de l'est de l'agglomération peuvent se diriger vers le centre-ville via l'avenue Édouard-Michelin. Les funérailles d'Édouard Michelin en 2006 ont rassemblé près de 9 000 personnes autour de la cathédrale[37].

Bien que moins importante aujourd'hui, l'influence de Michelin se fait toujours sentir. Ainsi, Clermont-Ferrand est la première ville à avoir adopté un tramway bidirectionnel sur pneus, et c'est une ancienne coopérative Michelin qui a été réaménagée pour la construction d'une grande salle de musiques actuelles clermontoise, la Coopérative de Mai.

C'est l'une des rares grandes entreprises françaises, avec Lactalis, Auchan, Legrand ou le Groupe Casino, à ne pas avoir son siège social en Île-de-France, et la seule du CAC 40.

Michelin et le sport[modifier | modifier le code]

Pneu de F1

L'entrée de la société dans le monde du sport remonte à 1891 avec la course cycliste Paris-Brest-Paris sur 1 200 km. Charles Terront, qui concourait avec le pneu démontable Michelin, remporta l'épreuve en 71 heures et 18 min de course avec 9 heures d’avance sur le second[38],[39]. Michelin est aussi très liée à l'ASM Clermont Auvergne, club de rugby à XV créé par Marcel Michelin, qui évolue au stade Marcel-Michelin et est sponsorisé par l'entreprise.

Formule 1[modifier | modifier le code]

L'entrée de Michelin en Formule 1 coïncide avec la première participation de Renault au Grand Prix de Grande-Bretagne 1977. Lors de cette première période qui s'achèvera en 1984, le manufacturier va participer à la conquête de deux titres constructeurs (1979, 1984) et quatre titres pilotes (1979, 1980, 1983, 1984).

En 2001, Michelin annonce son retour en F1 qui durera six saisons avec en apogée les deux titres mondiaux conquis avec Renault et Fernando Alonso en 2005 et 2006. Fin 2006, le fabricant français quitte la catégorie, à la suite du vote du choix du manufacturier unique par la FIA.

Au total, Michelin a disputé 215 grands prix, incluant 111 poles positions et 102 victoires.

Il a remporté 5 titres pilotes (1979 avec Jody Scheckter, 1983 avec Nelson Piquet, 1984 avec Niki Lauda, 2005 et 2006 avec Fernando Alonso.

Il a remporté 4 titres constructeurs (1979 avec Ferrari, 1984 avec McLaren, 2005 et 2006 avec Renault[40].

24 Heures du Mans[modifier | modifier le code]

Michelin a gagné 22 victoires dont 16 d'affilée depuis 1998.

Sa première victoire remonte à 1923 avec Chenard et Walcker Sport[41].

Autres compétitions[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne le World Rally Championship (WRC), depuis la création du Championnat du monde des Marques en 1973, Michelin totalise 44 titres mondiaux (21 titres pilotes et 23 titres constructeurs)[42][43].

En ce qui concerne le Rally Dakar, Michelin totalise 16 victoires en auto, 30 victoires en moto et 30 victoires en camion.

En ce qui concerne le MotoGP, Michelin totalise 360 victoires de 1973 à 2008. Le pneumaticien a remporté 26 titres de Champion du Monde [44].

En ce qui concerne le Championnat du Monde d'endurance moto, Michelin a remporté 14 titres de Champion du Monde, 13 victoires au Bol d'Or, 13 victoires au 24 heures Moto et 16 victoires aux 8 heures de Suzuka.

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Compte tenu du statut du groupe en commandite par action, il n'y a pas de PDG mais un ou plusieurs gérants. Le gérant est assisté par un Comité Executif du Groupe:

Gérants[modifier | modifier le code]

Cogérants[modifier | modifier le code]

Conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

  • Michel Rollier
  • Olivier Bazil
  • Pat Cox
  • Barbara Dalibard
  • Jean-Pierre Duprieu
  • Louis Gallois
  • Anne-Sophie de la Bigne
  • Laurence Parisot

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

  • François Corbin, Directeur des Zones Géographiques
  • Eric de Cromières, Directeur de la Performance Commerciale, il supervise les réseaux commerciaux (Euromaster et TCi), Michelin solutions et la Direction de la Performance Supply Chain et Logistique
  • Claire Dorland-Clauzel, Directeur de la Communiquation et des Marques, supervise la direction Groupe des Affaires Publiques, les entités Michelin Travel Partner et Michelin Lifestyle Limited
  • Terry Gettys, Directeur de la Recherche et du Développement
  • Jean-Christophe Guerin, Directeur de la Ligne Produits Matérieux, supervise la Direction Groupe Achats
  • Jean-Michel Guillon, Directeur du Personnel, supervise la Direction Groupe Qualité et la Direction Groupe Sûreté
  • Marc Henry, Directeur Financier
  • Serge Lafon, Directeur de la Ligne Poids Lourds
  • Florent Menegaux, Directeur de la Ligne Produit Tourisme Camionnette, supervise la Compétition et les activités dirigées par Jean-Christophe Guérin
  • Laurent Noual, Directeur du Corporate Development, supervise la Direction Groupe Systèmes d'Information et la Direction Normes et Règlements
  • Bernard Vasdeboncoeur, Directeur des Lignes Produits de Spécialités: Agricole, Deux-Roues, Génie Civil, Avion, supervise la Direction de la Prévention et Performance Industrielle et l'activité dirigée par Serge Lafon[45]

Mode de management de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Le fonctionnement de l'entreprise est marqué par un fort paternalisme économique. Durant de nombreuses années, Michelin a financé directement la construction des logements ou le transport des employés. Aujourd'hui cela est nettement moins le cas.

[réf. nécessaire]

Conditions de travail dans l'entreprise[modifier | modifier le code]

À la production, le travail en horaires décalés est généralisé depuis plusieurs décennies. Depuis le passage aux 35 heures, nombreux sont les employés attelés à la production travaillant en 3x8 - 4 équipes, c'est-à-dire en horaires décalés et les week-ends.

Informations économiques[modifier | modifier le code]

Répartition du capital[46][modifier | modifier le code]

  • Institutionnels non-résidents : 61 %
  • Investisseurs institutionnels français : 26,2 %
  • Actionnaires individuels : 11,2 %
  • Personnel - Plan d'Epargne Groupe : 1,6 %

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières
En millions d'euros 2012 2011 2010 2009 2008


Ventes nettes 21 474 20 719 17 891 14 807 16 408


Résultat opérationnel 2 469 1 945 1 945 450 843


Marge opérationnelle 11,5% 9,4% 9,5% 3% 5,1%


Résultat net 1 571 1 462 1 049 104 357
Capitaux propres 8 501 8 101 8 127 5 495 5 113
Endettement net 1 053 1 814 1 629 2 931 4 273
Cash flow libre 1 075 -19 426 1 507 -359

Données boursières[modifier | modifier le code]

  • Action coté sur NYSE Euronext Paris
  • Compartiment A (CAC 40)
  • Service à règlement différé (SRD)
  • Code Valeur ISIN = FR0000121261-ML
  • Valeur nominale = 2 euros
  • Unité de transaction: 1
  • Capitalisation boursière: 13,069 milliards d'euros (31 décembre 2012)
  • Moyenne des échanges quotidiens: 913 167 actions en 2012
  • Michelin entre dans la compositions de deux grands indices de performance boursière:
    • CAC 40 : 1,87% de l'indice au 31 décembre 2012
    • Euronext 100 : 0,8% de l'indice au 31 décembre 2012
  • Michelin figure aussi dans les principaux indices éthiques:
    • DJSI (Dow Jones Sustainability Index) Stoxx pour l'Europe et DJSI World pour le monde
    • ESI (Ethibel Sustainability Index) pour le monde
    • ASPI Eurozone (Advances Sustainable Performance Index)
  • Place de cotation : NYSE Euronext Paris (France)
  • Eligibilité PEA / SRD : Oui / Non
  • Dernier coupon : 2,10 € (le 18/05/2012)
  • Structure juridique = Société en commandite par actions
  • Actionnaires principaux en 2012 = institutionnels non-résidents et français 85,7 %, personnes physiques 12,7 %, salariés 1,6 %.
Données boursières détaillèes
Années 2009 2010 2011 2012
Nombre moyen de titres composant le capital 146 184 080 153 672 558 178 446 812 181 099 501
Capitalisation boursière en milliards d'euros 7,9 9,48 8,22 13,07
Moyenne des échanges quotidiens sur la péridode 1 138 691 1 116 722 1 246 389 913 167

Controverses[modifier | modifier le code]

Michelin est critiquée au sujet des conditions de travail de ses salariés, ainsi que pour ses pratiques de discrimination syndicale[47],[48],[49]. Dans le même temps, l'entreprise met en place un accompagnement innovant à la suite de la fermeture de son site Kleber de Toul : les ateliers de transition professionnelle : un accompagnement personnalisé pour les salariés leur permettant de tourner la page et retrouver un emploi[50],[51].

Conditions de travail[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, un employé de Michelin Cholet est licencié pour avoir qualifié son entreprise d'« exploiteur » sur un blog. La CGT parle alors d'« atteinte aux libertés d'expression » et porte l'affaire devant le Conseil de Prud'hommes d'Angers. L'entreprise se défend en estimant que les propos de l'employé portent « atteinte à l'image de l'entreprise ». Le Conseil de Prud'homme donnera raison à l'employé quelques mois plus tard[52].

Le 9 janvier 2009, à la suite du rejet de son pourvoi en cassation, le groupe Michelin est condamné à payer « plus de 163 000 euros de dommages et intérêts à la veuve d'une victime de l'amiante »[49].

Le 7 août 2009, les membres de la CGT Michelin de Cholet dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail dans l'entreprise à travers un article publié dans Ouest-France sous le titre : Michelin, ils dénoncent la pression au travail. Cette prise de position du syndicat fait suite à de nombreux incidents ayant eu lieu dans l'entreprise au cours des deux années précédentes (suicide, accidents, amputations, pressions…)[47].
Le bien-être au travail fait l'objet d'une attention particulière de Michelin[53].

Discrimination syndicale[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 2006, la cour d'appel de Rennes condamne le groupe Michelin à payer 185 000 euros de dommages et intérêts à trois anciens délégués CGT de l'usine de Cholet[48]. Le verdict mentionne notamment le cas de Robert Merisier (ajusteur-monteur), à qui on bloqua sa carrière au même indice durant 35 ans : il avait « le plus faible taux de rémunération des salariés ayant une ancienneté comparable » (1 230 euros net en janvier 2006)[48].

Usine en Inde[modifier | modifier le code]

Michelin a commencé à vendre des pneus en Inde en 1999. Se rendant compte du potentiel que représente ce marché, le Groupe décide en 2008 de construire une usine destinée à produire des pneumatiques poids lourds à Kandigai, village du district de Thiruvallur, dans l'État indien du Tamil Nadu[54]. La production de l’usine a débuté en 2013 et est destinée au marché local[55]. Cet investissement de plusieurs centaines de millions d’euros a suscité une controverse portant sur les conséquences sociales et environnementale de la construction de l’usine[56]. Une partie du village local des intouchables, les Dalits, accuse Michelin de destruction de forêts et de pâturages nécessaires à leur survie[57].

En juillet 2012, ces villageois, accompagnés par des organisations humanitaires saisissent le Point de Contact National (PCN) de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) afin de déclencher une enquête visant à analyser le comportement réel du Groupe Michelin[58]. En septembre 2013, les experts du PCN (organisation composée de représentants du gouvernement, des syndicats et des entreprises) concluent que l’implantation du Groupe Michelin en Inde ne viole pas les principes directeurs de l’OCDE. Ils recommandent toutefois à Michelin de renforcer son action d’information et de consultation des populations locales[59].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site michelin.com
  2. a et b Document de référence 2012
  3. Michelin en un coup d'oeil
  4. Michelin dans le monde, sur le site michelin.fr
  5. a et b Tire Business 2012 Global Tire Company Rankings
  6. Michelin : de la balle de caoutchouc au roi du pneumatique Le Figaro, 19 juin 2007
  7. Faits et chiffres Michelin
  8. Bridgestone's Financial Data
  9. Glance at Goodyear
  10. Finance, sur le site michelin.com
  11. Son discret siège financier en Suisse, sur le site journaldunet
  12. Site de la 100e édition
  13. Pneus neufs pour voitures de collection - Michelin-passion.com
  14. Michelin Travel Partner
  15. Histoire des panneaux Michelin sur Panneauxenbeton.fr - Consulté le 11 mai 2010.
  16. François Michelin, dans Et pourquoi pas ?, édité par l'imprimerie Grasset, 1998, (ISBN 2-246-56581-2), p. 40.
  17. photo, sur le site parisenimage.fr
  18. François Michelin, Et pourquoi pas ?, édité par l'imprimerie Grasset, 1998 (ISBN 2-246-56581-2), p. 57
  19. La saga du pneu
  20. a, b, c et d Alain Martinet, dans Michelin Mythe et réalités, édité par Imprimerie Drouin et Clermont Communauté, 2004, ISBN 2-914565-09-7, annexe p. 189.
  21. « On discute beaucoup la question de savoir si l’aéroplane militaire est un simple organe de reconnaissance, ou s’il peut devenir, à brève échéance, un engin de guerre terrible. Peut-il rendre impraticables les ponts, les nœuds de chemin de fer, couper en deux la mobilisation d’une nation, annihiler une forteresse, faire sauter un cuirassé ? [...] Peut-être faire plus encore : détruire les arsenaux, les centres d’approvisionnement, les poudrières de l’ennemi et rendre ainsi inutiles ses canons et ses fusils ? [...] Essayons donc de démontrer par des faits la puissance de l’aéroplane [...]. Nous mettons à votre disposition une somme de cent cinquante mille francs à distribuer en quatre prix dits : Prix de l’aéro-cible Michelin » — Lettre des frères Michelin au Président de l’Aéro-club de France
  22. Éric Panthou, « Une histoire sociale (1925-1940) » in Les Plantations Michelin au Viêt-Nam, éd. La Galipote, 2013, p. 331
  23. Eric Panthou, L'année 1936 dans le Puy-de-Dôme, Paris, éd. Fen-Unsa, 1996, p. 180-185.
  24. Sénard : « Michelin doit accomplir la mutation de son outil industriel », Lefigaro.fr
  25. Michelin veut rentabiliser la productivité de son activité « Poids Lourds »
  26. Bibendum Michelin élue logo du siècle Sur le site live2times
  27. Site de Michelin, rubrique innovation
  28. Site BFM TV
  29. Chaire industrielle avec l'Université Laval, sur le site aufil.ulaval.ca
  30. Chaire industrielle, sur le site de l'ESPCI ParisTech
  31. « Michelin, formateur depuis 1924 », sur Les Échos,‎ 31 janvier 2012
  32. International Transport Forum
  33. Article de l'AVEM du 21/05/2011
  34. Post du Blog d'Elsa Bembaron, du Figaro
  35. Article de La Tribune du 11 novembre 2009
  36. Journalauto.com
  37. Dernier hommage à Edouard Michelin - Le Figaro, 31 mai 2006
  38. rubrique Palmarès, sur le site michelin.com
  39. Site du Petit Braquet au 17/12/2013
  40. Site des statistiques de la Formule 1
  41. Site consacré aux premières épreuves des 24H du Mans
  42. Site du World Rally Championship
  43. Site de statistiques sur les rallyes
  44. Site du Grand Prix de Moto
  45. Comité éxécutif du Groupe
  46. Répartition du capital au 30 août 2012 (source : Boursorama, le 30 août 2012)
  47. a et b Michelin : ils dénoncent la pression au travail - Ouest-France, 7 août 2009
  48. a, b et c « Michelin pêchait aussi le gréviste », Le Plan B no 3 - juillet-septembre 2006, pp. 4-5
  49. a et b « L'information sociale n'a toujours pas accouché », Le Plan B no 17, février 2009, p. 6
  50. Reconversion des 826 salariés de l'usine Kléber à Toul, AFPA Lorraine, 7 septembre 2009.
  51. Michelin revendique 91 % de reconversions réussies sur son ancienne usine de Meurthe-et-Moselle
  52. Cholet : licencié pour avoir critiqué Michelin sur Internet - Ouest-France, 11 décembre 2008
  53. Adresse introuvable le 13 septembre 2012
  54. les echos
  55. les echos
  56. 20 minutes
  57. le parisien
  58. association sherpa
  59. direction générale du trésor

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Tran Tu Binh, « Phu-Riêng : récit d'une révolte » in Les Plantations Michelin au Viêt-Nam, éd. La Galipote, 2013, pp. 15–154
  • Éric Panthou, « Une histoire sociale (1925-1940) » in Les Plantations Michelin au Viêt-Nam, éd. La Galipote, 2013, pp. 155–337

Liens externes[modifier | modifier le code]