Myrrhe

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100 g de résine de myrrhe
L'arbre à myrrhe, Commiphora myrrha

La myrrhe est une gomme-résine aromatique produite par l'Arbre à myrrhe (Commiphora myrrha ou Commiphora molmol), appelé aussi « myrrhe »[1].

Une gomme à peu près similaire, le baume de La Mecque, est produite par Commiphora opobalsamum. Elle pouvait être un des multiples constituants de la thériaque de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [2].

Le mot vient du latin murra ou myrrha, lui-même emprunté au grec, l'étymon est certainement dérivé de la racine sémitique mrr "être amer" (une des composantes de l'odeur de la myrrhe) attesté dans toutes les langues sémitiques anciennes (hébreu: mōr)[réf. nécessaire][3].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la myrrhe est aussi ancienne que celle de l'encens. Les Égyptiens la connaissent depuis quatre millénaires et en faisaient un des composants du kyphi. Elle était également utilisée dans les embaumements.

Pour les hébreux, la myrrhe est l'un des principaux composants d'une huile d'onction sainte[4]. À ce titre, elle fait partie des cadeaux apportés à Jésus par les mages [5]. Ce parfum est parfois associé à l'érotisme : il est mentionné sept fois dans le Cantique des cantiques, par exemple dans le verset 1,13 : « Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe, qui repose entre mes seins ».

Les Grecs l'ont aussi associée à une légende : Myrrha était la fille de Cinyras, roi de Chypre. Des Gorgones la poussèrent à avoir des relations incestueuses avec son père. Après quoi elle fut transformée en arbre à myrrhe, dont l'écorce se fendit pour donner naissance à Adonis. Les Grecs ont fait un grand usage de la myrrhe, allant jusqu'à en parfumer leur vin. Du vin mêlé de myrrhe a été proposé à Jésus (qui l'a refusé) avant sa crucifixion pour atténuer les douleurs immenses de ce supplice[6],[note 1].

Fabrication[modifier | modifier le code]

La gomme résineuse est récoltée sur le tronc de l'arbre d'où elle suinte naturellement. La gomme liquide durcit à l'air pour former des concrétions brun-rouge pouvant parfois atteindre une masse de plus de 200 grammes[7]. Elle est ensuite distillée en une huile essentielle épaisse de couleur orangée. Une couleur foncée ou une trop grande fluidité indique l'altération par un solvant.

La myrrhe était transportée, depuis les lieux de production situés dans l'actuel Yémen, par les caravanes de chameaux des Nabatéens jusqu'à Petra, à partir de laquelle elle était redistribuée dans tout le bassin méditerranéen[8]. Ce commerce déclina avec l'arrivée du christianisme ; en effet, même si « l'utilisation d'encens était acceptée dans l'Église catholique, l'église chrétienne primitive du temps de l'Empire romain avait interdit son usage, ce qui mena à un rapide déclin de son commerce[8] ».

La forte demande, la difficulté d'augmenter la production ainsi que les contraintes liées au transport ont fait de la myrrhe un produit particulièrement coûteux, qui se négociait au même prix, au poids, que l'or.

Utilisation[modifier | modifier le code]

C'est surtout la parfumerie qui continue à en faire la gloire, notamment dans les parfums de type oriental, où elle accroît la sensualité des notes de rose.

Elle entre dans la composition de la Bénédictine.

En aromathérapie, on extrait une huile essentielle de cette gommo-oléorésine.

La myrrhe, astringente, est utilisée dans le traitement des ulcères de la bouche et des gencives[réf. nécessaire].

Citée par Pline l'Ancien, la myrrhe dite troglodytique est un des nombreux constituants de la thériaque selon Maistral, médecin de marine[9].

Principaux composants[modifier | modifier le code]

2-méthyl-5-isopropényl furane, delta élémène, bêta élémène, alpha copaène, curzérène, curzérénone, méthyl-isobutyl cétone, 3-méthyl-1,2-buténal[réf. nécessaire].


Myrrhol, contenant des santalènes, bergamotènes, farnésènes, furanodiènes ; terpènes, triterpènes, sesquiterpènes furanosesquiterpènes, aldéhydes et acides[10].

Propriétés et applications[modifier | modifier le code]

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La myrrhe est utilisée en médecine ayurvédique dans le traitement de l'obésité, de l'arthrite rhumatoïde et des maladies liées à l'accumulation de toxines[réf. nécessaire]. En Afrique, la médecine traditionnelle l'utilisait dans le traitement des parasitoses. En médecine occidentale, on a recours à ses propriétés thérapeutiques dans le traitement des cancers du sein, de la prostate et du système digestif[réf. nécessaire]. Elle est présente dans plusieurs préparations cosmétiques (atténuation des rides et vergetures) et dermatologiques (pour ses propriétés antifongiques[réf. nécessaire]), ainsi que dans le traitement de la sphère ORL[10][réf. à confirmer].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le refus de ce vin s'explique aussi par le Naziréat de Jésus, interrompu au moment de la cène (Luc 22,8).

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Myrrhe » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  3. Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, Le Robert
  4. Exode 30,23
  5. Matthieu 2,11
  6. [Évangile de Marc 15,23]
  7. John Emsley, Guide des produits chimiques à l'usage du particulier, Paris, Odile Jacob,‎ juin 1996, 336 p. (ISBN 2-7381-0384-7), p. 9
  8. a et b (en) Dan Gibson, Qur’anic Geography: A Survey and Evaluation of the Geographical References in the Qur’an with Suggested Solutions for Various Problems and Issues, Canada, Independent Scholars Press,‎ 2011 (ISBN 978-0-9733642-8-6), p. 160
  9. Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  10. a, b, c et d Myrrhe: activité thérapeutique en cancérologie, M. Grandi, M. Vernay, L. Roselli, A. Congiu Castellano, S. Gaudenzi, P. Toro, Phytothérapie, septembre 2004, Volume 2, n° 5, pp 142-147

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dalby, Andrew (2000), Dangerous Tastes: the story of spices, London: British Museum Press, ISBN 0714127205, p. 107-122
  • Dalby, Andrew, "Myrrhe" dans Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, 2e éd. par Tom Jaine (Oxford, 2006, ISBN 0192806815)
  • Thimoléon Jean-Claude (2004) "Aromathérapie et vous ou la santé par les huiles essentielles" Éditions Nihil Obstat