Térébenthine

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Térébenthine
Identification
No CAS 8006-64-2
No EINECS 232-350-7
FEMA 3089
Apparence liquide incolore à jaunâtre[1]
Propriétés chimiques
Formule brute C10H16  [Isomères]
Masse molaire[2] 136,234 ± 0,0091 g/mol
C 88,16 %, H 11,84 %,
Propriétés physiques
fusion -55 °C[1]
ébullition 154 à 170 °C[1]
Solubilité 20 mg·l-1 dans l'eau[1]
Paramètre de solubilité δ 16,6 MPa1/2 (25 °C)[3]
Masse volumique 0,86 à 0,87 g·cm-3[1]
d'auto-inflammation 220 °C[1]
Point d’éclair 35 °C[1]
Limites d’explosivité dans l’air inférieure :
0,7 Vol.-%
45 g·m-3
supérieure :
6 Vol.-%[1]
Pression de vapeur saturante 5,35 mbar à 20 °C[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Nocif
Xn
Dangereux pour l’environnement
N



Transport
30
   1299   
[1]
NFPA 704

Symbole NFPA 704

SIMDUT[5]
B2 : Liquide inflammableD1B : Matière toxique ayant des effets immédiats graves
B2, D1B, D2B,
SGH[6]
SGH02 : InflammableSGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H226, H302, H304, H312, H315, H317, H319, H332, H411,
Écotoxicologie
Seuil de l’odorat bas : 100 ppm
haut : 200 ppm[7]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Récolte de la résine de pin par gemmage.

La térébenthine est une oléorésine, de couleur jaune ou brunâtre selon l'origine de l'arbre (le plus souvent une espèce de résineux d'Asie, d'Europe et d'Amérique) dont elle est extraite.

Après purification et distillation, la térébenthine se sépare en deux parties : l'une solide et inodore, c'est la colophane ; l'autre liquide et odorante, c'est l'essence de térébenthine.

La laque est aussi obtenue à partir d'oléorésines d'arbres asiatiques.

Types de térébenthines[modifier | modifier le code]

Carte postale de 1912 montrant la récolte de résine de pin pour l’industrie de la térébenthine

Térébenthine de Chio[modifier | modifier le code]

La térébenthine de Chio, aussi appelée térébenthine de Chypre ou de Hongrie, était à l'origine produite à partir de la sève du pistachier térébinthe, à qui elle doit son nom. Elle pouvait être un des multiples constituants de la thériaque de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [8].

La térébenthine fut ensuite principalement produite à partir de la résine de différentes espèces de résineux, telles que Pin maritime (Pinus pinaster), Pin d'Alep (Pinus halepensis), Pin des marais (Pinus palustris) ou Pin ponderosa (Pinus ponderosa).

Térébenthine de Bordeaux[modifier | modifier le code]

La térébenthine de Bordeaux, encore appelée « poix de Bordeaux », « galipot », « térébenthine officinale » ou « térébenthine du pin », est la résine extraite du Pin maritime (Pinus pinaster), donnant après purification et distillation la très célèbre « essence de térébenthine » ainsi que la colophane (résidu de la distillation).

Voici ce qu'en dit un dictionnaire médical des années 1830 :

« C'est plutôt une résine molle qu'une vraie térébenthine. Elle est blanchâtre et louche ; celle qui reste sur l'arbre et s'y dessèche s'appelle « barras » ; par le repos et l'exposition au soleil, elle se sépare en deux parties ; la « supérieure », plus légère, reste claire, transparente, un peu plus colorée ; elle filtre à travers les vases, la paille, etc., et donne la térébenthine proprement dite ; l'« inférieure » est opaque et plus épaisse, et forme une sorte de brai. Elle contient un cinquième d'huile essentielle. On la tire des Landes de Bordeaux, où on la nomme « galipol » avant la purification, qui a lieu dans des auges mal jointes, au soleil, ce qui la fait appeler « térébenthine du soleil ou fine », pour la distinguer de celle qu'on purifie au feu ; celle qui découle de l'extrémité des branches s'appelle « larmes de sapin[9] ». »

Dans les Vosges[modifier | modifier le code]

De l’Épicéa commun, on récolte dans les Vosges une autre térébenthine, que le même dictionnaire décrit ainsi :

« Ce n'est plus par écoulement ; elle suinte à travers l'écorce que l'on ratisse (ce qui la fait nommer « ratissage ») l'automne et l'hiver, et qu'on enlève par écailles, qui en sont tout imprégnées et enduites. On met ces portions d'écorce fondre dans une chaudière, la résine se liquéfie, et on la coule dans des vases ; elle est demi-dure et d'un jaune blanchâtre, se ramollissant dans les doigts ; elle sert à divers usages économiques, pour les vernis communs, le blanchissage du linge (en en mettant dans les lessives, elle forme une sorte de savon avec l'alcali des cendres) ; on en graisse les roues de voiture. Son prix est très bas. Si on incise cet arbre au lieu de racler, on obtient un suc d'abord clair, qui s'épaissit et se concrète : c'est la « poix naturelle » ou « barras[9] ». »

Térébenthine de Venise[modifier | modifier le code]

La térébenthine de Venise, ou de Briançon, est obtenue par la distillation de la résine d'une espèce de Mélèze, Larix decidua, et parfois aussi de certains pins.

Térébenthine du Canada[modifier | modifier le code]

La térébenthine du Canada ou baume du Canada est une oléorésine provenant d'un arbre canadien, Abies balsamea.

Térébenthine d'Alsace[modifier | modifier le code]

La térébenthine d'Alsace ou des Vosges, extraite du Sapin commun.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La térébenthine contient une essence riche en carbures terpéniques, l'alpha-pinène, le bêta-pinène et des acides résiniques. Elle est utilisée en médecine comme expectorant, balsamique (qui agit comme un baume), antiseptique urinaire et pulmonaire (en association avec l'eucalyptus et le benjoin) et révulsif en usage externe dans la recherche biomédicale.

La térébenthine a aussi été utilisée comme carburant de fusées, notamment pour le premier étage du lanceur Diamant A, vecteur du premier satellite français, Asterix.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Entrée du numéro CAS « 8006-64-2 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 6 décembre 2008 (JavaScript nécessaire)
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) James E. Mark, Physical Properties of Polymer Handbook, Springer,‎ 2007, 2e éd., 1076 p. (ISBN 0387690026, lire en ligne), p. 294
  4. « ESIS » (consulté le 6 décembre 2008)
  5. « Térébenthine » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  6. Numéro index 650-002-00-6 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  7. « Turpentine », sur hazmap.nlm.nih.gov (consulté le 14 novembre 2009)
  8. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  9. a et b François Victor Mérat et Adrien Jacques de Lens, Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique générale, contenant l'indication, la description et l'emploi de tous les médicaments connus dans les diverses parties du globe, vol. 4, Société belge de librairie, 1837. Lire en ligne