Bambou

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Bambuseae

Description de cette image, également commentée ci-après

Phyllostachys viridiglaucescens

Classification selon Tropicos
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae
Super-ordre Lilianae
Ordre Poales
Famille Poaceae

Tribu

Bambuseae
Kunth ex Dumort., 1829

Les bambous ou Bambuseae forment une tribu appartenant à la famille des Poaceae (Graminées). Ils sont caractérisés par des tiges formées d'un chaume creux lignifié à la croissance très rapide. Les bambous se sont adaptés à de nombreux climats (tropicaux, sub-tropicaux, et tempérés). ils sont donc présents naturellement sur tous les continents à l'exception de l'Europe et de l'Antarctique.

Le bambou fut très largement utilisé au cours de l'histoire : en tant que plante ornementale, d'aliment et de matériaux.

Description[modifier | modifier le code]

Rhizome[modifier | modifier le code]

Rhizome pachymorphe de bambou
Rhizome leptomorphe de bambou

Tous les bambous ont des tiges souterraines, appelées rhizomes. Ils permettent à la plante de croître en formant des touffes plus ou moins serrées. C'est aussi un organe de réserve. Les racines sont adventives et se développent autour des nœuds du rhizome.

On peut distinguer généralement deux grands types de système de rhizome.

Les rhizomes pachymorphes[modifier | modifier le code]

Ils sont courts et épais et se rencontrent chez les bambous cespiteux (Bambusa glaucescens, Bambusa vulgaris, Fargesia murielæ, Fargesia nitida'

Les rhizomes leptomorphes[modifier | modifier le code]

Ils sont longs et minces et se rencontrent chez les bambous traçants (Semiarundaria, Sasa, Pleioblastus).

Feuille de Phyllostachys nigra

Feuille[modifier | modifier le code]

Comme pour toute graminée, les feuilles comprennent une gaine ou fourreau, enveloppe du chaume, qui présente à son sommet une ligule et des oreillettes plus ou moins développées. Le pétiole est assez court et le limbe très allongé, à nervures parallèles, constitue la partie la plus apparente de la feuille.

La feuille du bambou est donc clairement découpée, fait assez unique chez les monocotylédones, chez les Poacées. Les bambous n'étant pas des arbres, ils n'ont pas de branches et il ne faut pas parler, à tort, de « branche » de bambou, pour nommer en réalité la feuille du bambou.

Chaume[modifier | modifier le code]

Bien que le bambou ne soit pas un arbre du point vue botanique, on parle de forêt de bambou (Arashiyama, Kyoto, Japon)
Jeune pousse de bambou géant

La tige principale est un chaume, ou canne, lignifié, fistuleux (c'est-à-dire en tube) cloisonné aux nœuds. La cicatrice visible aux nœuds est la trace de la gaine des feuilles tombées. Le chaume peut se diviser en rameaux feuillés, eux-mêmes divisés en ramuscules.

Le bois des chaumes, riche en silice, est très dur et très résistant. La taille des tiges varie selon les espèces de moins d'un mètre à près de 10 m. La vitesse de croissance peut chez certaines espèces être spectaculaire, jusqu'à un mètre par jour (vigueur que les Chinois auraient utilisée pour en faire un supplice).

Les chaumes se balancent au vents forts et se plient sous le poids de la neige mais ils se cassent rarement. Cette flexibilité est due aux entrenœuds creux de chacun des chaumes.

Floraison[modifier | modifier le code]

Inflorescence d'un bambou américain

La floraison des bambous présente des caractéristiques particulières, qui ne sont cependant pas toujours vérifiées :

  • la floraison n'est pas régulière et souvent espacée de plusieurs dizaines d'années. Le record est détenu par le bambou à chaumes noirs, dont la dernière floraison remonte à 1932.
  • pour une espèce donnée, elle se produit simultanément dans toute une région, voire dans le monde entier, quel que soit l'âge de la plante ;
  • les chaumes se dessèchent et meurent après avoir fleuri.

Constatée maintes fois[réf. souhaitée], la simultanéité de la floraison n'a pas encore été scientifiquement expliquée. Une des hypothèses serait une mémoire génétique, une information contenue dans l'ADN du bambou et différente selon chaque espèce.

Les fleurs, plutôt rares, apparaissent à l'aisselle des feuilles, aussi bien sur des tiges jeunes que sur des tiges âgées. Elles sont groupées en épillets.

Fruit[modifier | modifier le code]

Le fruit est avec la fleur la structure la moins connue des bambous. Des caryopses peuvent être trouvés chez certaines espèces d'Arundinariinae.

Principaux genres[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Liste des espèces de bambous par pays

La majeure partie des espèces de bambous sont principalement originaires d'Asie et d'Amérique où on les trouve à des altitudes variables, jusqu'à 3 000 m dans l'Himalaya. Quelques rares espèces sont spontanées en Afrique continentale et en Océanie. Aucune n'est spontanée en Europe. Leur aire de répartition a connu une forte progression par la culture.

Calumets (Nastus borbonicus), bambou endémiques de l'île de la Réunion (France)
Distribution mondiale
Localisation Sous-tribus Genres Espèces Distribution mondiale des Bambous
Asie 6 44 environ 600
Amériques 4 21 environ 400
Madagascar 2 6 20
Afrique 2 3 5
Pacifique 2 2 4
Australie 2 2 3
total 18 78 plus de 1000

Plante aux particularités uniques dans le monde végétal, le bambou ne présente pas pour autant un aspect uniforme. Il en existe plus d'un millier d'espèces aux caractéristiques propres. Suivant l'endroit où il pousse, la nature du terrain, le climat, l'altitude, il peut être très différent de taille, de forme, voire de couleur.

Classification des Bambusoideae[modifier | modifier le code]

Article détaillé sur la classification des bambousoidées.

Culture[modifier | modifier le code]

Forêt de bambou à Taïwan.

Compte tenu de la floraison aléatoire du bambou, la culture moderne se fait par bouturage d'un morceau de rhizome conservé avec ses racines. Le bambou doit avoir environ quatre ans pour pouvoir être bouturé efficacement. On détache un morceau de trois chaumes consécutifs pour en faire une bouture. Les jeunes plants demandent de l'ombre afin de rafraîchir les racines superficielles et les pousses tendres. Après quelques années le feuillage suffit à apporter l'ombre nécessaire. On plante la motte de rhizomes dans une terre fraîche et humide, bien drainée en hiver. La plantation se fait entre mars et avril après les dernières gelées ou entre août et septembre. La motte est préalablement trempée en faisant attention qu'elle ne se casse pas puis placée dans un sol travaillé mélangé à du terreau. On recouvre enfin de trois bonnes couches de tourbe. Un tuteur peut être utile. Arroser une fois par semaine pendant l'été. Attention, les racines et rhizomes sont envahissants et gênent le reste de la végétation. En début de printemps, il faut couper les tiges inutiles au ras et amender le sol si celui-ci est pauvre.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Échafaudages[modifier | modifier le code]

Échafaudages de bambous à Shanghai

La chaume du bambou est utilisée pour sa résistance et sa légèreté pour les échafaudages des gratte-ciel. Parmi les dix plus hauts du monde, ceux du Two International Finance Center (416 m) et Central Plaza (374 m) de Hong Kong, la Jin Mao Tower (421 m) de Shanghai, le Shun Hing Square (384 m) Shenzhen ou le Citic Plaza (391 m) de Guangzhou (Canton), en Chine, ont notamment utilisé ce matériau.

Écriture et dessin[modifier | modifier le code]

Le bambou est également utilisé en dessin et en peinture, comme outil pour dessiner à l'encre de Chine.

Bambou et environnement[modifier | modifier le code]

C'est une graminée ligneuse. Il peut fixer 30 % de plus de CO2 que les arbres feuillus, jusqu'à 12 tonnes de CO2/ha/an (3 tonnes pour une forêt de feuillus). Il libère donc 30 % d'oxygène de plus que des arbres. L'étroitesse de ses feuilles améliore l'infiltration de l'eau dans le sol (deux fois plus qu'une forêt de feuillus). Il limite l'érosion des sols (grâce à son réseau racinaire très dense sur 60 centimètres de profondeur) et restaure des sols appauvris. On l'utilise pour l’élimination de certaines toxines du sol (phyto-remédiation), et sa culture ne nécessite peu ou pas d'engrais, ni de produits phytosanitaires.
Dans le cadre d'une utilisation du bambou dans la construction comme matériel écologiquement performant, une équipe hollandaise a comparé l'empreinte écologique de l'acier, du béton, du bois local et exotique, et du bambou -importé du Costa Rica- pour des constructions aux Pays-Bas. C'est celle du bambou qui est la moins importante[1]. Mais il faut souligner également que les bambous sont répertoriés parmi les espèces invasives. Certaines espèces, par leurs aptitudes à s'étendre via leurs rhizomes, peuvent porter un réel préjudice à la biodiversité des écosystèmes, uniquement à l'échelle locale.

Plante alimentaire[modifier | modifier le code]

Turions de bambou (takenoko) tels qu'ils sont vendus au Japon
Les pandas géants se nourrissent exclusivement de bambous.

Les turions de toutes les espèces sont comestibles, bien que certains puissent être assez amers. Phyllostachys edulis fait l'objet de cultures industrielles dans ce but. Les jeunes pousses sont cueillies, un peu comme des asperges, dès qu'elles commencent à sortir de terre. La plupart des espèces ne se mangent pas crues à cause de leur amertume. On les fait bouillir ou griller dans leur enveloppe, que l'on enlève ensuite, avant d'émincer le cœur des pousses pour les préparer en salade, en friture ou en sauce. Les pousses de certaines espèces (Sasa) peuvent être grillées au four et dégustées directement.

  • Certains bambous sont utilisés en phytothérapie.
  • Les graines peuvent être moulues et donnent une farine nutritive.
  • Certaines espèces peuvent être cultivées sous forme de pâturages pour le bétail.
  • Les pandas géants se nourrissent exclusivement de bambous.

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

Les bambous sont recherchés comme plantes décoratives pour leur feuillage, qui peut être vert ou panaché de blanc ou de jaune, pour leurs tiges, les chaumes, particulièrement ceux des Phyllostachys, dont les couleurs sont variées : vert, noir, jaune, tacheté, rayé, etc., et pour leur port, de la plante tapissante au bambou de grande taille. Ils sont souvent utilisés en touffes au bord des pièces d'eau ou en haies (Phyllostachys nigra henonis ou Phylostachys nigra boryana). On peut en faire des bonsaïs, notamment Phyllostachys humilis.

Pâte à papier[modifier | modifier le code]

Les bambous peuvent être utilisés pour produire de la pâte à papier. Cet usage est très ancien en Chine.

Textile[modifier | modifier le code]

Avec plus d'un millier d'espèces connues et d'innombrables applications, le bambou conquiert aujourd'hui le marché du textile à grand renfort de publicité. Un processus similaire à la transformation de la pâte à papier en rayonne permet de changer la cellulose du bambou en viscose. En 2004, la Chine - premier producteur mondial de bambous - a exporté pour l'équivalent d'un million de dollars de bambous destinés au secteur du textile.

Objets divers[modifier | modifier le code]

Petite fontaine en bambou.

Fabrication de meubles, parquet, des tuteurs, cannes à pêche, arcs, d'instruments de musique à vent ou à percussion, d'ustensiles divers (éventails, ombrelles, pots à tabac, étuis, paniers…).

Fabrication de tissu molleton, éponge, velours utilisés pour la fabrication de couches-lavables (car très absorbant) et autres.

Après avoir essayé des centaines de substances, Thomas Edison imagina, en 1880, d'équiper ses ampoules de filaments de bambou carbonisés. Et l'expérience réussit. La lampe électrique devint une réalité. Elle put être produite en série et commercialisée. Après plus d'un siècle, quelques-unes de ces pièces de musée survivent et s'allument encore grâce aux fils de bambou incandescents.[réf. nécessaire]

Construction[modifier | modifier le code]

Construction en une semaine d'une maison 100 % bamboun certifiée parasismique et paracyclonique
Maison en bambou

Constructions légères (cases, pilotis, cloisons, « ponts de singes »…). Simón Vélez est un des architectes leader dans la conception de structure en bambou. Une entreprise française propose des bungalows et des maisons avec un système d'assemblage de panneaux en bambou homologuées aux normes internationales de construction. Soutenue par Oséo (ex Anvar), elle est en train d'homologuer ce système aux eurocodes. Des entreprises et des organismes[2] travaillent sur le développement de structures lamellé-collé en bambou, plus performantes que celles en bois à diamètres égaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Van den Dobbelsteen et al., 2006] (en) Pablo Van der Lugt, Andy A.J.F. Van den Dobbelsteen et Jules J.A. Janssen, « An environmental, economic and practical assessment of bamboo as a building material for supporting structures », Construction and Building Materials, Amsterdam, [[Elsevier Science|Elsevier]], vol. 20, no 9,‎ novembre 2006, p. 648–656 (DOI 10.1016/j.conbuildmat.2005.02.023, lire en ligne)
  2. http://www.brusselsgreentech.be/fr/news_details.php?news_ID=66

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]