Barrage de Marib

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Barrage de Marib (1986)
Barrage de Marib
Géographie
Pays Drapeau du Yémen Yémen
Subdivision Gouvernorat de Ma'rib
Coordonnées 15° 24′ 00″ N 45° 16′ 02″ E / 15.4000658, 45.267276815° 24′ 00″ Nord 45° 16′ 02″ Est / 15.4000658, 45.2672768  
Cours d'eau Wadi Adhanah
Objectifs et impacts
Nom (en langue locale) سد مأرب
Vocation Irrigation
Propriétaire Royaume de Saba
Date du début des travaux 750 à 700 av. J.-C.
Date de mise en service 750 à 700 av. J.-C.
Barrage
Type Barrage en remblai
Hauteur du barrage (lit de rivière) 14 m
Longueur du barrage 580 m
Réservoir
Irrigation
Surface irriguée 10 000 ha

Géolocalisation sur la carte : Yémen (relief)

(Voir situation sur carte : Yémen (relief))
Barrage de Marib

Le barrage de Marib était un barrage construit vers 750 à 700 av. J.-C. en travers du Wadi Adhanah afin de permettre l'irrigation de terres agricoles autour de Marib, une ville de l'actuel Yémen. Il est considéré comme étant le plus ancien barrage hydraulique du monde et consistait en une digue de terre du même type que les barrages en remblai. Sa rupture brutale vers 570 ou 575 entraîne la destruction des systèmes d'irrigation et l'exode de 50 000 personnes, marquant la fin du royaume d'Himyar.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Vue des ruines de l'antique Marib, ancienne capitale des royaumes de Saba et d'Himyar dont la prospérité est lié à l'irrigation permise par le barrage.

Le barrage était placé en travers du Wadi Adhanah, un oued descendant des montagnes de l'actuel Yémen et se dirigeant vers l'erg Sabatain, une portion du Rub al-Khali[1]. Il était situé au débouché des montagnes et s'appuyait sur les deux côtés de la vallée en amont de la ville de Marib, ancienne capitale du royaume de Saba.

Il consistait en un ouvrage de terre de 580 mètres de longueur pour quatre mètres de hauteur au moment de sa construction vers 750 à 700 av. J.-C.. Vers 500 av. J.-C., le barrage est rehaussé de sept mètres, un parement en pierre est mis en place coté retenue et les surfaces irriguées sont étendues au nord et au sud du lac. Une nouvelle reconstruction est entreprise par les Himyarites, les habitants d'un nouveau royaume remplaçant celui de Saba dans la région vers 115 av. J.-C. Ces derniers rehaussent une nouvelle fois le barrage qui atteint quatorze mètres de hauteur et ils développent les infrastructures d'irrigation.

Malgré les travaux de renforcement et d'agrandissement, le barrage se rompt à plusieurs reprises comme en 449, 450, 542 et 548, augmentant par la même occasion le coût d'entretien et de réparation. Sa dernière rupture se produit vers 570 ou 575. Le lac se vide entièrement, les systèmes d'irrigation ne sont plus alimentés et la population quitte la région, provoquant la chute du royaume d'Himyar. La destruction de ce barrage est relatée dans le Coran :

« Il y avait assurément, pour la tribu de Saba un Signe dans leurs habitats ; deux jardins, l'un à droite et l'autre à gauche. « Mangez de ce que votre Seigneur vous a attribué, et soyez-Lui reconnaissants : une bonne contrée et un Seigneur Pardonneur. »

Mais ils se détournèrent. Nous déchaînâmes contre eux l'inondation du Barrage et leur changeâmes leurs deux jardins en deux jardins aux fruits amers, tamaris et quelques jujubiers. »

— Coran, op. cit. Sourate 34, versets 15/16.

Les ruines du barrage sont toujours visibles non loin de celles de l'antique Marib.

En 1986, un nouveau barrage est construit trois kilomètres en amont de l'ancien barrage afin de permettre l'irrigation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Sélection du Reader's Digest, Atlas, cartes, photos satellite du monde, Gütersloh, Munich, Wissen Media Verlag,‎ septembre 2007, 485 p. (ISBN 978-2-7098-1890-2), p. 286-287

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Gouron (photographe), Hélène Vésian (auteur), Serre-Ponçon : voyage photographique au confluent de l’Ubaye et de la Durance, Le Pontet, Éditions Barthélemy et Hangar,‎ 2004 (ISBN 2-87923-165-5), p. 63
  • Tabari (trad. Herman Zotenberg), La chronique, Histoire des prophètes et des rois, vol. I, Actes-Sud/Sindbad, coll. « Thésaurus »,‎ 2001 (ISBN 978-2742-733170), « De Salomon à la chute des Sassanides », p. 270-281
  • Mahmoud Hussein (Gaghar Elnadi et Adel Rifaat), Al-sîra, Le prophète de l'islam raconté par ses compagnons, vol. I, Hachette littérature, coll. « Pluriel »,‎ 2006, 550 p. (ISBN 978-2-01-279291-3), « Abraha (V) et L'année de l'éléphant (VI) », p. 185-198
  • Andrey Korotayev. Ancient Yemen. Oxford: Oxford University Press, 1995. (ISBN 0-19-922237-1).