Méroé

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Méroé
Vue du site de Méroé en 2001
Vue du site de Méroé en 2001
Localisation
Pays Drapeau du Soudan Soudan
Coordonnées 16° 56′ 15″ N 33° 45′ 05″ E / 16.93752, 33.75135216° 56′ 15″ Nord 33° 45′ 05″ Est / 16.93752, 33.751352  

Géolocalisation sur la carte : Soudan (administrative)

(Voir situation sur carte : Soudan (administrative))
Méroé
Méroé
Les pyramides de Méroé en septembre 2005. À l'avant, de gauche à droite, apparaissent les pyramides N25 (portique seulement), N26 et N27.

Méroé est une cité antique de Nubie, capitale d'un royaume tardif et connue pour ses nécropoles à pyramides à forte pente relativement bien conservées. Le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003[1]. Cette cité a formé la capitale du royaume de Koush pendant plusieurs siècles. Le royaume koush de Méroé, qui a donné son nom à l'île de Méroé, fait aujourd'hui partie du Bhoutan moderne, une région limitée par le Nil (de la rivière Atbara à Khartoum), la rivière Atbara et le Nil Bleu.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Un État, indépendant de sa puissante voisine l'Égypte, s'était développé de -2500 à -1500 dans la zone de l'actuel Soudan, sa capitale était Kerma. Après une phase de conquête, Kerma fut vaincu et la Nubie intégrée pendant cinq siècles au territoire égyptien. Il faut alors attendre le VIIIe av. J.-C. pour voir un nouveau pouvoir royal indépendant émerger en Nubie, autour de la nouvelle capitale Napata. Cette période est notamment restées célèbre en raison d'une courte période de domination de l'Égypte durant la XXVe dynastie. Défaits par les Assyriens, les Nubiens refluèrent ensuite vers le sud, la capitale se déplaçant à Méroé au Ve av. J.-C.

Le site de Méroé[modifier | modifier le code]

Cette cité, située en aval de la sixième cataracte du Nil en Nubie, donne son nom à une brillante civilisation qui se développe depuis la première cataracte jusqu’au confluent des deux Nils et sans doute plus au sud, entre le IVe av. J.-C. et le IVe siècles apr. J.-C. Influencée par ses voisins, surtout l’Égypte lagide des Ptolémées puis romaine, mais aussi le Proche-Orient et la Perse, elle connaît un âge d’or au Ier siècle avant notre ère.

La nécropole royale fut découverte par les explorateurs français Frédéric Cailliaud et Pierre-Constant Letorzec en 1822.

Le site de Méroé est très étendu et les fouilles n’ont qu’à peine effleuré les vestiges. De nombreux sanctuaires ont été dégagés à l'extérieur de la ville et environ deux cents pyramides sont recensées dans les trois nécropoles.

Loin vers l’est, fermant cette immense plaine, les pyramides royales, construites au sommet de deux petites collines, étaient encore quasi intactes avant qu'en 1834, Giuseppe Ferlini, un aventurier italien, médecin militaire au service de l'armée de Méhémet Ali, ne découvre un trésor dans la sépulture de la reine Amanishakhéto en se servant des dessins et plans de Cailliaud. Pour y parvenir, Ferlini ordonna le démantèlement de la pyramide, la transformant en un amas de pierre. Les bijoux de la reine sont actuellement exposés à Munich et à Berlin (Ägyptisches Museum).

Les rois et reines qui se succèdent, ne sont souvent pour nous qu’un nom sur une table d’offrandes funéraires ou le décor d’une pyramide. La connaissance du Méroïtique restant parcellaire.

Plusieurs femmes accèdent au pouvoir sous le titre de candace. En -33, la candace Amanishakhéto refuse de se soumettre aux Romains. Le royaume vit encore deux cents ans, avant de s'éteindre pour des raisons encore mal connues.

Vers 350, Ezana, le roi d’Aksoum, affirme sur deux stèles qu’il a combattu victorieusement les Noba (Nubiens), traversant l’ancien territoire des Kasou (Koushites). On en a conclu qu’à cette époque, le royaume de Méroé avait succombé sous les coups des Éthiopiens.

À 350 kilomètres au nord de Khartoum, la quatrième cataracte est engloutie par la retenue du barrage de Méroé, projet lancé en 2003 pour alimenter en électricité le pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) UNESCO World Heritage Centre, « Gebel Barkal and the Sites of the Napatan Region », UNESCO,‎ 2012 (consulté le 27 juin 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Baud (dir.), Méroé. Un empire sur le Nil, Milano-Parigi, Officina Libraria/Musée du Louvre éditions, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]