Francis Drake

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Sir Francis Drake
Portrait par Marcus Gheeraerts le Jeune (vers 1590)
Portrait par Marcus Gheeraerts le Jeune (vers 1590)

Surnom El Dragón ; El Draque
Naissance c. 1540
Tavistock
Décès 27 janvier 1596
Portobelo
Origine Anglais
Allégeance Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Arme Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Corsaire
Grade Vice-Admiral
Années de service 15541595
Conflits Guerre anglo-espagnole (1585-1604)
Commandement Golden Hind
Faits d'armes Bataille de Gravelines
Signature
Francis Drake Signature.svg

Emblème

Sir Francis Drake, né vers 1540 à Tavistock (Devon) et mort le 27 janvier 1596, est un corsaire, explorateur, esclavagiste et homme politique anglais du XVIe siècle. Drake effectue la deuxième circumnavigation de la Terre, entre 1577 et 1580.

La reine Élisabeth Ire d'Angleterre le fait chevalier en 1581. Il est commandant en second de la flotte anglaise qui affronte l'Invincible Armada espagnole en 1588. Il meurt de la dysenterie en janvier 1596[1] après l'attaque avortée de San Juan à Puerto Rico.

Francis Drake épouse Mary Newman en 1569. Celle-ci décède 12 ans plus tard, en 1581. En 1585, Drake épouse en secondes noces Elizabeth Sydenham, née en 1562, seule héritière de Sir George Sydenham, de Combe Sydenham[2], qui était alors High Sheriff du Somerset (en)[3]. À la mort de Drake, sa veuve Elizabeth se remariera avec Sir William Courtenay (en) de Powderham[4]. Sir Francis Drake étant mort sans enfant, ses propriétés et titres passèrent directement à son neveu (également prénommé Francis).

De son vivant, ses exploits sont légendaires, faisant de lui un héros aux yeux des Anglais alors qu'il n'était considéré que comme un pirate par les Espagnols, qui l'avaient surnommé « El Draque » ou « El Dragón »[5]. Le roi d'Espagne Philippe II aurait même offert une récompense de 20 000 ducats[6] soit environ 4 millions de £ pour sa capture mort ou vif.

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Portrait miniature par Nicholas Hilliard, 1581, au revers du « Drake Jewel », portant l'inscription latine Aetatis suae 42, An(n)o D(omi)ni 1581 (« Dans la 42e année de son âge, 1581 après Jésus-Christ »).

Francis Drake naît à Tavistock (Devon). Bien que sa naissance n'ait pas été formellement enregistrée, il est tenu pour acquis que sa naissance date de la période où les Six articles étaient en vigueur. « Drake était âgé de vingt et deux années lorsqu'il obtint le commandement de la Judith »[7],[8] (1566). Ce qui daterait sa naissance à 1544. La date de c. 1540 est suggérée par deux portraits : une miniature peinte par Nicholas Hilliard en 1581 alors qu'il aurait eu 42 ans, et une autre peinte en 1594 alors qu'il aurait eu 53 ans[9].

Il est l'aîné des douze enfants[10] d'Edmund Drake (1518–1585), un fermier protestant et de sa femme Mary Mylwaye. Le premier fils de la famille reçoit, selon la tradition, le nom de son parrain Francis Russell, 2e comte de Bedford[11],[12]

Les persécutions religieuses qui ont lieu pendant la Révolte du livre de la prière commune, en 1549, obligent la famille Drake à fuir le Devonshire pour le Kent. Sur place, son père obtient un poste de minister (ministre du culte) auprès des membres de la Marine du Roi. Il est ordonné diacre et nommé vicaire de l'église d'Upnor dans la Medway[13]. Le père de Drake place son fils Francis — alors âgé de douze ou treize ans — comme apprenti auprès de son voisin, le maître d'une barque utilisée pour le cabotage et le commerce à destination de la France[13]. Le capitaine du navire était si satisfait de Drake que, étant lui-même célibataire et sans enfant, il décide de lui léguer à sa mort. C'est ainsi que Drake devient le propriétaire de la barque à seulement vingt ans[13].

Ses débuts de corsaire[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est âgé de 23 ans, Drake effectue son premier voyage aux Amériques, naviguant en compagnie de son cousin issu de germain, Sir John Hawkins, sur l'un des bâtiments de la flotte possédée par la famille de ce dernier, les Hawkins établis à Plymouth. Cette flotte se rend d'Angleterre en Afrique pour y acheter des esclaves et les revendre dans les colonies du Nouveau Monde. En 1568, Drake navigue à nouveau en compagnie de la flotte des Hawkins lorsque cette dernière est enfermée par les Espagnols dans le port de San Juan de Ulúa. Drake et Hawkins parviennent à s'échapper de justesse.

À la suite de cette défaite, Drake jure de prendre sa revanche. Il effectue deux autres voyages dans les Antilles, en 1570 et 1571, dont on sait peu de choses.

En 1572, il embarque pour sa première entreprise indépendante. Il envisage une attaque sur l'isthme de Panama, connu chez les Espagnols sous le nom de Tierra Firme et par les Anglais sous celui de Spanish Main (en). C'est à cet endroit que l'or et l'argent pillés au Pérou étaient acheminés pour y être envoyés en métropole à bord de galions composant la flotte des Indes. Drake quitte Plymouth le 24 mai 1572, avec un équipage de 73 hommes répartis sur deux petits bâtiments, le Pascha (de 70 tonneaux) et le Swan (de 25 tonneaux), pour capturer la ville de Nombre de Dios et de Venta-de-Cruz situées sur la côte orientale de l'isthme de Panama..

Il lance un premier raid à la fin du mois de juillet 1572. Drake capture la ville et ses trésors. Lorsque ses hommes aperçoivent que Drake saignait abondamment d'une blessure qu'il avait reçue, ces derniers préfèrent battre en retraite et abandonner leur trésor pour sauver la vie de leur capitaine. Drake se rétablit et reste pendant près d'un an dans la région, attaquant plusieurs bâtiments espagnols et cherchant à prendre un galion.

En 1573, il se joint à Guillaume Le Testu, un explorateur et cartographe français, pour attaquer un convoi de mules richement chargé. Drake et son allié réalisent, une fois le convoi pris, que celui-ci contient 20 tonnes d'argent et d'or. Ils en enterrent une partie, ce poids de métal étant trop important pour qu'ils puissent tout rapporter jusqu'à leurs bâtiments. (Un récit de cet événement pourrait avoir donné naissance à des récits de pirates et de trésors enfouis)[réf. nécessaire]. Blessé, Le Testu est capturé par les Espagnols et par la suite décapité. Le petit groupe d'aventuriers rapporte autant d'or et d'argent que possible à travers les 30 kilomètres de jungle montagneuse qui les séparait de la mer. Lorsqu'ils atteignent la côte, ils n'aperçoivent plus leurs bateaux. Drake et ses hommes, abattus, fatigués et affamés, n'avaient nulle part où aller et se savaient recherchés par les Espagnols.

Drake rassemble ses hommes, leur ordonne d'enterrer le trésor à proximité de la plage et de construire un radeau afin qu'il puisse parcourir, en compagnie de deux volontaires, les quinze kilomètres de côtes balayées par les vagues et rallier l'endroit où il avait laissé son vaisseau amiral. Lorsque Drake finit par atteindre ce dernier et qu'il monte sur le pont, les hommes qui étaient restés à bord sont frappés par sa mine défaite. Ne voyant pas le reste des hommes restés sur la plage et craignant le pire, ils lui demandent comment s'était déroulé le raid. Drake, ne pouvant résister à la tentation de leur faire peur, feint dans un premier temps l'abattement, avant de se mettre à rire et de sortir de sous son habit un collier en or espagnol et de s'exclamer « Notre voyage est réussi, les gars !»[14]. Le 9 août 1573, ils atteignaient à nouveau Plymouth.

La circumnavigation (1577-1580)[modifier | modifier le code]

Une carte du trajet suivi lors de l'expédition de Drake autour du monde.

À la suite du succès rencontré dans son raid contre les possessions espagnoles dans l'isthme de Panama, la reine Élisabeth Ire fournit à Drake des lettres de marque et lui demande de monter une expédition contre les établissements espagnols situés sur la côte Pacifique de l'Amérique du Sud.

Drake commence sa circumnavigation en longeant les côtes européennes puis la côte occidentale de l'Afrique. La flotte traverse ensuite l'océan Atlantique pour atteindre la partie australe de l'Argentine et remonte les côtes américaines jusqu'à San-Francisco pour ensuite traverser le Pacifique jusqu'en Indonésie. Il termine son tour du monde en passant sous l'Afrique pour remonter jusqu'en Europe[15]. Il s'agit de la deuxième circumnavigation de l'histoire après la flotte de Magellan, Drake étant le premier capitaine à terminer le tour du monde[16].

Traversée de l'Atlantique[modifier | modifier le code]

Une réplique du Golden Hind

L'expédition est composée de cinq navires — le Pelican, l'Elizabeth, le Christopher, le Swan et le Benedict — emportant 164 hommes. Francis Drake embarque, lui, à bord du Pelican. La flotte embarque de Plymouth le 15 novembre 1577 mais est prise dans une tempête. Celle-ci est contrainte de trouver refuge à Falmouth, avant de rentrer à Plymouth pour réparer.

À peine partis, ils arraisonnent un navire espagnol. Le 30 janvier 1578, au large des îles Cap-Vert, les Anglais capturent deux navires portugais dont le plus gros, le Santa Maria, est rebaptisé par Drake le Mary et est ajouté à l'expédition, ainsi que le pilote de ce navire Nuno da Silva, un homme possédant une grande expérience des eaux sud-américaines.

Lors de la traversée de l'Atlantique, la flotte est prise dans une violente tempête. Le Christopher et le Swan sont sabordés ; les deux navires n'ayant plus assez d'hommes pour les manœuvrer. Le 18 juin 1578, la flotte arrive dans la morne baie de San Julián, en Patagonie. Ferdinand Magellan y ayant fait exécuter des mutins, plus d'un demi-siècle auparavant, Drake et ses hommes aperçoivent les sinistres gibets espagnols d'où pendaient encore des squelettes blanchis par les éléments. Suivant l'exemple de Magellan, Drake fait juger Thomas Doughty et le condamne à mort pour mutinerie. Le Mary, jugé en trop mauvais état, est brûlé. Pendant cette escale, le Pelican est rebaptisé Golden Hind. Drake prend la décision de passer l'hiver (mai-août 1578) dans la baie de San Julián avant de tenter le passage du détroit de Magellan. Le 20 août 1578, les trois navires rescapés, abordent le détroit de Magellan, dont la traversée durera 16 jours. Au sud de la Terre de Feu, le passage de Drake, ouvert en 1616, lui rend hommage.

Le Pacifique et le retour[modifier | modifier le code]

À la sortie du détroit, les navires sont pris dans une nouvelle tempête dans l'océan Pacifique. Le Benedict est perdu et le Golden Hind (navire commandé par Drake) est séparé de l’Elizabeth, poussé par un vent violent, et est déporté en direction du Sud, ce qui lui permet d'infirmer la présence d'un continent austral à ces latitudes. Il fait la découverte d'îles que Drake baptise île Elizabeth (en), en hommage à sa souveraine. Drake, comme d'autres navigateurs avant lui, atteint probablement 55° de latitude sud (d'après les données astronomiques citées par Richard Hakluyt dans sa The Principall Navigations, Voiages and Discoveries of the English Nation de 1589) le long des côtes chiliennes[17]

Contrairement aux légendes populaires, il est improbable que Drake ait atteint le cap Horn ou le passage qui porte son nom[17], les descriptions des environs qu'il rapportera à son retour en Angleterre ne correspondant pas à ces lieux et ses hommes affirmant ne pas avoir vu de mer ouverte dans ces parages. Le premier rapport mentionnant sa découverte d'un bras de mer situé au sud de la Terre de Feu n'apparaît qu'après la publication en 1618 du récit du voyage de Willem Schouten et de Jacob Le Maire autour du cap Horn en 1616[18]

À la recherche de l’Elizabeth, le Pelican, désormais renommé Golden Hind en hommage à Sir Christopher Hatton (et d'après son blasonnement), remonte la côte ouest de l'Amérique du Sud (l’Elizabeth est en fait retourné en Angleterre repassant par le détroit de Magellan). Plusieurs navires espagnols sont capturés et Drake utilise les cartes qu'il trouve à bord, bien plus précises que celles dont il disposait. Le 25 novembre 1578, Drake fait escale à l'île Mocha, où l'équipage peut réparer les dégâts. Lors de l'exploration de l'île, les marins sont attaqués par des indiens Mapuches et Drake est blessé au visage. Drake capture ensuite un navire rempli de vin chilien[19].

Capture des trésors espagnols[modifier | modifier le code]

Le 25 décembre, le navire arrive à Valparaíso, où ils trouvent amarré le navire espagnol, le Grand Captain. Le butin avoisinera les 25 000 pesos d'or péruviens représentant 37 000 ducats (soit l'équivalent de 7 millions de £). Arrivé à Callao le 13 février 1579, Drake met le port à sac, emportant 4 000 ducats d'or, avant d'apprendre la présence du Nuestra Señora de la Concepción que Drake surnomme le « Cagafuego » (littéralement « tire-merde ») et de se lancer à la poursuite; il le rattrape dans la nuit de 1er mars et le prend. À bord, ses hommes trouvent 36 kg d'or pur, un crucifix en or, des bijoux, 13 coffres remplis de réaux d'argent et 26 tonnes d'argent. Le contenu du navire espagnol était estimé à 400 000 pesos. Drake est si content de sa bonne fortune qu'il décide de dîner avec l'équipage du galion capturé. Les prisonniers espagnols sont débarqués peu de temps après. Drake fait remettre, à chacun d'entre eux, un cadeau proportionnel à son rang, ainsi qu'une lettre de sauf-conduit.

Les côtes de la Californie : la Nouvelle-Albion (1579)[modifier | modifier le code]

Article principal : Nouvelle-Albion.
Le voyage de Francis Drake le long de la côte pacifique en 1579.

Avec toutes ces richesses à son bord, Drake décide de rentrer en Angleterre. Il prend la décision de passer par l'hypothétique passage du Nord-Ouest, contrairement à l'avis de da Silva préconisant de traverser le Pacifique. Le navire serait monté jusqu'au site actuel de l'île de Vancouver ou peut-être même en Alaska[20]. Finalement, le 26 mai, devant le mauvais temps, il fait demi-tour.

Drake débarquant en Californie, gravure publiée en 1590 par Théodore de Bry.

Le 17 juin 1579, Drake accoste quelque part au nord de la possession espagnole la plus septentrionale d'Amérique du Nord, Point Loma, en Alta California. Il trouve un bon port, débarque, répare et réapprovisionne ses navires, il peut rester sur place assez longtemps grâce à ses relations amicales avec les Amérindiens vivant aux alentours. Drake prend possession de cette terre, au nom de la Sainte Trinité et pour le compte de la couronne d'Angleterre, à laquelle il donne le nom latin de Nouvelle-Albion, Albion étant l'ancien nom donné à la Grande-Bretagne à partir du VIIIe siècle. Certains historiens ont affirmé que Drake avait laissé une partie de ses hommes sur place, afin de former l'embryon d'une « colonie », mais ces hypothèses ont depuis été abandonnées[21].

Le lieu précis du havre où Drake et ses hommes avaient débarqué est gardé secret afin d'éviter que les Espagnols n'essaient de s'y établir et plusieurs des cartes établies par Drake ont ainsi été volontairement faussées. Tous les témoignages directs de ce voyage, y compris les journaux de bord, peintures et cartes, seront perdus dans l'incendie du palais de Whitehall en 1698. Une plaque de bronze inscrite d'un texte proclamant la prise de possession par Drake de ces nouvelles terres – Drake's Plate of Brass – conformément au récit connu, est découverte dans le comté de Marin, en Californie avant d'être reconnu comme un faux. Aujourd'hui, Drakes Bay, en Californie, est le lieu officiellement reconnu comme étant le lieu de débarquement de Drake où a été établie la Nouvelle-Albion[22], elle est classée National Historic Landmark.

Traversée du Pacifique et contournement de l'Afrique[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet, le navire quitte la colonie et traverse l'océan Pacifique. Le 30 septembre, ils arrivent aux îles des Voleurs, le 3 novembre aux Moluques — un groupe d'îles situées au sud-ouest du Pacifique en actuelle Indonésie — où ils peuvent acheter des épices. Le 18 janvier 1580, le Golden Hind heurte un récif au large des Célèbes. L'équipage attend pendant trois jours une marée favorable et est contraint d'alléger le navire en jetant à la mer des marchandises. Se liant d'amitié avec un sultan local, Drake et ses hommes participent sur place à des intrigues avec les Portugais présents sur place. Le navire peut finalement repartir et il atteint Java le 12 mars. Le 15 juin, il passe le cap de Bonne-Espérance, le 22 juillet il atteint la Sierra Leone.

Retour à Plymouth (1580)[modifier | modifier le code]

Le 22 août, le Golden Hind parvient aux îles Canaries, et le 26 septembre 1580, il atteint Plymouth en Angleterre, avec 59 survivants à bord. Le navire est rempli d'épices et des trésors espagnols capturés en Amérique du Sud. La part revenant à la reine, soit la moitié de la valeur de la cargaison du navire, surpasse alors le reste des revenus de la couronne pour l'année 1580. Drake est célébré comme étant le premier Anglais à effectuer une circumnavigation autour du monde (et le deuxième à effectuer un tel voyage et à revenir avec au moins un navire intact, après Juan Sebastián Elcano en 1520, survivant de l'expédition de Magellan)[23].

La reine Élisabeth Ire d'Angleterre ordonne que tous les récits écrits du voyage de Drake lui soient remis et qu'ils deviennent des « secrets du Royaume ». Drake et l'ensemble des participants au voyage doivent jurer de garder le secret sur ce qu'ils ont vu, sous peine de mort. La reine tente ainsi de cacher les exploits de Drake aux yeux de l'Espagne. Drake se présente devant la reine avec des bijoux commémorant sa circumnavigation : de l'or émaillé, pris au large des côtes du Mexique, un diamant africain et un bateau miniature avec une coque en bois d'ébène[23].

En retour, la reine offre à Drake un bijou représentant son portrait, un présent extraordinaire pour un roturier. Drake l'arborera fièrement sur le portrait qu'il commande en 1591 à Marcus Gheeraerts actuellement exposé au National Maritime Museum de Greenwich. Ce bijou comporte sur l'une des faces un portrait de la reine Elizabeth réalisé par le miniaturiste Nicholas Hilliard, et sur l'autre un camée en sardonyx représentant un double portrait, représentant une reine et un homme africain. Le « Drake Jewel », nom sous lequel le bijou est aujourd'hui connu, est l'un des rares bijoux subsistants du XVIe siècle ; il est conservé au Victoria and Albert Museum, à Londres[23].

Drake, fait chevalier, reçoit un blason[modifier | modifier le code]

Drake est adoubé chevalier par la reine Elizabeth. Plaque de bronze par Joseph Boehm, 1883, sur la base de la statue de Drake, Tavistock.

Le 4 avril 1581, Élisabeth Ire d'Angleterre monte à bord du navire du Golden Hind, alors à quai à Deptford, et demande au diplomate français, Monsieur de Marchaumont, de l'adouber ; ce dernier se trouvant sur place pour négocier le mariage entre Elizabeth et le frère du roi de France, le duc d'Anjou[24],[25]. En impliquant un diplomate français dans l'adoubement de Drake, Elizabeth obtient le soutien implicite de la France concernant les agissements de Drake[26],[27]. Les historiens de l'ère victorienne, par souci nationaliste, attribuent à Elizabeth Ire l'adoubement[25],[28].

Sir Francis Drake représenté avec son nouveau blasonnement héraldique, avec la devise : Sic Parvis Magna, que l'on peut traduire littéralement par : « La grandeur vient des débuts modestes ». La main qui descend des nuages porte la mention Auxilio Divino, ou « Avec l'aide de Dieu »[29].

Après avoir été reçu chevalier, Drake adopte unilatéralement les armoiries d'une ancienne famille originaire du Devon, les Drake of Ash, près de Musbury, avec qui il affirmait posséder un lien de parenté. Le blason de cette famille était : D'argent au vouivre de gueule, et le cimier : un bras dextre tenant une hache de sable, au tranchant d'argent. Le chef de la famille Drake, Sir Bernard Drake (mort en 1586), lui aussi éminent navigateur, s'opposa violemment à ce que Sir Francis Drake se prétende de sa famille et s'approprie ses armoiries. Au cours de la dispute qui s'ensuit, Bernard Drake soufflette Francis Drake devant la Cour, cet évènement est relaté par John Prince (en) dans son Worthies of Devon (1697). La reine Elizabeth, soucieuse d'apaiser le différend, attribue à Sir Francis Drake ses propres armoiries, blasonnées comme suit :

« Sable a fess wavy between two pole-stars [Arctic and Antarctic] argent ; and for his crest, a ship on a globe under ruff, held by a cable with a hand out of the clouds ; over it this motto, Auxilio Divino ; underneath, Sic Parvis Magna ; in the rigging whereof is hung up by the heels a wivern, gules, which was the arms of Sir Bernard Drake. »

— Prince, Worthies of Devon (1697)[30]

Néanmoins, Drake continua à composer ses nouvelles armoiries avec la vouivre de gueule[31].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En septembre 1581, Drake devient maire de Plymouth[10] et est élu Member of Parliament la même année, pour représenter une circonscription inconnue (peut-être Camelford), puis à nouveau en 1584 pour représenter Bossiney[10] et enfin pour Plymouth en 1593[32].

Acquisition de Buckland Abbey[modifier | modifier le code]

En 1580, Drake fait l'acquisition de Buckland Abbey (en), un vaste manoir situé à proximité de Yelverton dans le Devon. Il vivra sur place pendant quinze ans, jusqu'à son dernier voyage et le manoir restera dans sa famille pendant plusieurs générations après sa mort. La conservation de Buckland Abbey est aujourd'hui confiée au National Trust et de nombreux aspects de la vie de Drake sont exposés à l'attention des visiteurs.

La guerre anglo-espagnole de 1585 à 1604[modifier | modifier le code]

En 1585, la guerre éclate entre l'Espagne et l'Angleterre. Drake met les voiles en direction du Nouveau monde et met à sac le port (en) de Saint-Domingue et capture la ville (en) de Carthagène des Indes (en actuelle Colombie). Le 6 juin 1586, alors qu'il était sur le retour vers l'Angleterre, il lance un raid sur le fort espagnol de San Augustín (en) en Floride espagnole. Ces attaques encouragent le roi Philippe II d'Espagne à ordonner la planification d'une invasion de l'Angleterre.

Le raid de Cadix[modifier | modifier le code]

Article principal : Première expédition de Drake.

Dans une attaque préventive, Drake « fait roussir les poils de barbe du Roi d'Espagne »[33] en conduisant une flotte jusque dans le port de Cadix et de La Corogne, deux des principaux ports du royaumes, et en les occupant quelques mois. À Cadix, il détruit 37 navires marchands. L'attaque retardera la tentative d'invasion espagnole d'un an[34]. Un mois plus tard, Drake patrouille le long des côtes ibériques entre Lisbonne et le cap Saint-Vincent, interceptant et détruisant des navires de ravitaillement espagnols. Drake estime, dans ses rapports, qu'il a capturé environ 1 600 à 1 700 tonnes de douelles de tonneaux, assez pour bâtir 25 000 à 30 000 barils (4 800 m3) de provisions[35].

La défaite de l'Invincible Armada[modifier | modifier le code]

Sir Francis Drake jouant aux boules sur le Plymouth Hoe (en) est informé de l'approche de l'Armada espagnole. Plaque de bronze de Joseph Boehm, 1883, à la base de la statue de Drake située à Tavistock.

Drake est vice admiral, aux commandes de la flotte anglaise, sous les ordres de Lord Howard of Effingham, lorsque celle-ci repousse l'Armada espagnole dans sa tentative d'invasion de l'Angleterre en 1588. Alors que la flotte anglaise poursuivait l'Armada dans la Manche à la tombée du jour, Drake sort de la ligne et capture le galion espagnol Rosario, avec à son bord l'amiral Pedro de Valdés et tout l'équipage. Le galion espagnol transportait des fonds importants pour financer les armées espagnoles combattant aux Pays-Bas espagnols. Drake, dont le vaisseau montrait le chemin au reste de la flotte anglaise au moyen d'une lanterne, disperse involontairement sa propre flotte durant la nuit en éteignant la lanterne au moment de donner l'assaut au galion.

Dans la nuit du 29 juillet, après concertation avec Howard, Drake lance un brûlot en direction de la flotte espagnole alors stationnée à Calais, obligeant la plupart des capitaines espagnols à briser leur formation et à sortir du port pour regagner la pleine mer. Le lendemain, Drake est présent à la bataille de Gravelines. Il écrit les mots suivants à l'amiral Henry Seymour en arrivant à hauteur de l'Armada espagnole, alors qu'il se trouvait à bord du Revenge le 31 juillet 1588 (21 juillet 1588 O.S.)[36] :

« Coming up to them, there has passed some common shot between some of our fleet and some of them ; and as far as we perceive, they are determined to sell their lives with blows. »

Il est alors accompagné d'autres marins célèbres de son temps : John Hawkins, Martin Frobisher, et Walter Raleigh.

La plus célèbre anecdote à propos de Drake (bien que celle-ci soit probablement apocryphe) veut qu'il ait été en train de jouer aux boules sur le Plymouth Hoe lorsque l'on vint lui annoncer l'approche des Espagnols et que, apprenant la nouvelle, Drake dit qu'il avait tout le temps de finir son jeu avant d'aller battre les Espagnols. Il n'existe pas de témoin direct ayant relaté ces propos et ils apparaissent pour la première fois dans un récit imprimé 37 ans après les faits[18]. Le délai que la flotte anglaise mit à prendre la mer s'explique avant tout par des vents et des courants contraires[18], alors que les Espagnols continuaient à s'approcher, il est possible que les récits populaires aient préférer interpréter cela comme une marque de flegme de la part de Drake.

L'expédition Drake-Norreys[modifier | modifier le code]

Article principal : Expédition Drake-Norreys.

En 1589, un an après la défaite de l'Invincible Armada, Drake et Sir John Norreys se voient confier trois tâches. Premièrement, ils reçoivent l'ordre de se mettre à la recherche et de détruire les vaisseaux espagnols qui avaient réussi à s'échapper ; deuxièmement, ils devaient soutenir les rebelles à Lisbonne, qui s'opposaient au roi Philippe II (alors roi d'Espagne et de Portugal) ; et, troisièmement, ils devaient capturer les Açores si possible. Drake and Norreys détruisent quelques bâtiments dans le port de La Corogne au nord-ouest de l'Espagne mais perdent au cours de l'expédition plus de 12 000 hommes et 20 navires[réf. nécessaire]. Ces pertes retardent Drake et le contraignent à abandonner la chasse aux navire espagnols et à se diriger directement vers Lisbonne[35].

L'année suivante, il tenta, mais sans succès, de reconquérir le Portugal pour Antonio de Crado. En 1595, il enleva aux Espagnols en Amérique, Santa Marta et Rio-de-la Hacha; mais il échoua dans l'attaque de Panama.

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Dernières années[modifier | modifier le code]

L'immersion du corps de Drake au large de Portobelo. Plaque de bronze de Joseph Boehm, 1883, à la base de la statue de Drake de Tavistock.

Drake poursuit sa carrière navale la cinquantaine passée. En 1595, il échoue à capturer le port de Las Palmas et, après une campagne désastreuse menée contre les possessions espagnoles en Amérique du Sud, au cours de laquelle il essuie plusieurs revers, il attaque sans succès San Juan de Puerto Rico, et est à nouveau battu.

Les artilleurs espagnols du fort San Felipe del Morro tirent un boulet à travers la cabine du vaisseau amiral de Francis Drake, mais celui-ci est épargné ; cependant, quelques semaines plus tard, en janvier 1596, il meurt de dysenterie à l'âge de 55 ans environ, alors que ses vaisseaux étaient à l'ancre au large de Portobelo, Panama, où des galions espagnols remplis de trésor avaient trouvé refuge. À la suite de sa mort, la flotte anglaise se retire.

Avant de mourir, il demande à être paré de son armure au complet. Son corps est immergé dans un cercueil de plomb, à proximité de Portobelo. Des plongeurs continuent, aujourd'hui encore, à chercher son cercueil[réf. nécessaire].

Postérité[modifier | modifier le code]

Toponymes et monuments[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni plusieurs lieux ont été nommés d'après Sir Francis Drake, en particulier à Plymouth dans le Devon, où l'on trouve la base navale HMS Drake, l'île de Drake (en) et un carrefour giratoire nommé Drake Circus (en), ainsi qu'un centre commercial nommé d'après le carrefour giratoire. Le Plymouth Hoe (en) abrite également une statue de Drake. Une reproduction du navire de Francis Drake, le Golden Hind est hébergée le long de la rive sud de la Tamise à Londres ainsi qu'au port de Brixham.

Aux États-Unis, la Drakes Bay (en) et le Sir Francis Drake Boulevard (en) dans le comté de Marin en Californie sont tous deux nommés d'après lui, ainsi que le lycée de San Anselmo. Le boulevard relie Drakes Bay (Point Reyes) à Point San Quentin sur la baie de San Francisco. Un important complexe hôtelier situé à Union Square (San Francisco) porte également son nom. Enfin, il existe un Canal Sir Francis Drake (en) dans les îles Vierges britanniques.

L'escroquerie d'Oscar Hartzell[modifier | modifier le code]

Le testament de Francis Drake est l'objet d'une vaste escroquerie perpétrée par Oscar Hartzell dans les années 1920 et 1930. Ce dernier convainc des milliers de personnes, principalement dans le Mid-Ouest américain, que la fortune amassée par Drake était toujours détenue par le gouvernement du Royaume-Uni, et que les intérêts de cette somme accumulés sur quatre siècles représentaient une somme colossale. Hartzell réussit à convaincre ces personnes que si leur nom de famille était Drake et qu'ils le désignaient comme étant leur mandataire, ils pourraient récupérer une fraction de cette somme. L'escroquerie se poursuivit jusqu'à ce qu'il soit jugé pour fraude et qu'une copie du testament de Drake soit produite à l'audience[38].

Télévision[modifier | modifier le code]

La vie de Francis Drake a également fait l'objet d'une série télévisée britannique Sir Francis Drake, le corsaire de la reine (1961-1962)[39], et d'un téléfilm américain The Immortal Voyage of Captain Drake (2009)[40].

En 2003, son nom est donné à une des tribus du jeu télévisé Survivor: Pearl Islands.

Littérature et mangas[modifier | modifier le code]

L'exécution de Thomas Doughty par Francis Drake est le sujet du poème du personnage de Robert E. Howard, Solomon Kane, intitulé « The One Black Stain ».

Dans le manga One Piece, son nom est donné à un pirate, X. Drake

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Nathan Drake, un descendant fictionnel de Sir Francis Drake, part à la découvert de trésors perdus amassés par son aïeul lors de sa circumnavigation dans le jeu vidéo développé sur PlayStation 3 par Naughty Dog : Uncharted. Il apparaît dans Uncharted: Drake's Fortune[41], et à nouveau dans Uncharted 3: Drake's Deception.

Un jeu vidéo développé sur PlayStation Portable : Fate/Extra par Image Epoch reprenant l'univers de Fate/stay night Fait de Francis Drake un servant de la classe Rider.

Il est également l'explorateur de la civilisation anglaise sur Age of Empires III sur PC

Controverses[modifier | modifier le code]

Implication dans la traite négrière[modifier | modifier le code]

Jeune, Drake accompagne son cousin germain Sir John Hawkins dans la troisième expédition trans-atlantique de traite négrière, amassant des sommes importantes en achetant et en transportant des Africains de l'Ouest avant de les revendre contre des biens de valeur[42]. Le premier Anglais à avoir embarqué des esclaves d'Afrique était John Lok, un marchand londonien qui, en 1555, ramène en Angleterre cinq esclaves originaires de Guinée[43].

Un deuxième marchand londonien, William Towerson, fera l'acquisition d'esclaves peu de temps après. Sa flotte rentre à Plymouth à la suite de son voyage en Afrique en 1556 et repart de Plymouth l'année suivante. Avec Lok et Towerson, John Hawkins est connu comme étant l'un des pionniers de la traite négrière en Angleterre. Alors qu'Hawkins ne fit que trois voyages en direction de l'Afrique, les Anglais allaient peu à peu s'imposer au centre de ce commerce d'être humains[44]

Vers 1563, Drake met les voiles pour la première fois vers l'est en direction de la terre ferme espagnole en Amérique, à bord d'un navire appartenant à John Hawkins et commandé par ce dernier, avec à son bord des esclaves enlevés par la force des côtes d'Afrique de l'Ouest. À l'issue de ce voyage, les Anglais revendent les esclaves afin qu'ils soient employés dans les plantations espagnoles. L'enlèvement et le transport sous la contrainte d'êtres humains étaient considérés comme un crime d'après la législation alors en vigueur en Angleterre ; cependant, celle-ci ne s'appliquait pas aux esclaves, aux non-protestants et aux criminels. Dans les récits de ces actions (auxquelles Drake prit part), Hawkins cite deux sources expliquant la provenance de leurs victimes. La première était l'attaque de villes et villages africains (avec le soutien de chefs de guerre africains rivaux) ; la seconde était l'attaque et la capture de navires négriers portugais[45].

Conflit dans les Caraïbes[modifier | modifier le code]

Pendant les premières années de sa carrière de négrier, Drake développe une haine tenace envers les Espagnols, et ce en raison de leur catholicisme et de leur méfiance systématique envers les non-Espagnols. Son hostilité est grandement renforcé par la défaite de San Juan de Ulúa en 1568, lorsque la flotte de Drake et de son cousin germain John Hawkins mouillent à proximité du port. Alors qu'ils négociaient le droit de se réapprovisionner et de réparer dans le port espagnol, la flotte anglaise est attaquée par des navires de guerre espagnols, seuls deux navires anglais parviennent à s'échapper. Drake survit à cette attaque en s'échappant à la nage[réf. nécessaire].

L'épisode le plus célèbre de la carrière de Francis Drake sur la terre ferme espagnole en Amérique est la capture du convoi espagnol à Nombre de Dios en mars 1573. Accompagné de nombreux boucaniers français et d'esclaves marrons, Drake écume les eaux autour de Darien (aujourd'hui au Panama) et capture le convoi dans le port de Nombre de Dios, situé à proximité. Il emporte une grande quantité d'or mais doit laisser derrière lui une quantité plus importante encore d'argent, ses navires n'étant pas assez solides pour la transporter en Angleterre.

Pendant cette expédition, il grimpe au sommet d'un arbre dans les montagnes centrales de l'isthme de Panama et est ainsi le premier Anglais à apercevoir l'océan Pacifique. En le voyant, il formule le vœu de pouvoir y naviguer un jour, ce qu'il fera des années plus tard lors de sa circumnavigation autour du monde.

Lorsque Drake rentre à Plymouth après ces raids dans les Caraïbes, le gouvernement anglais avait signé une trêve temporaire avec la roi d'Espagne Philippe II et ne pouvait donc pas reconnaître officiellement ces attaques. Drake est alors considéré comme un héros en Angleterre et comme un pirate en Espagne[46].

Irlande[modifier | modifier le code]

En 1575, Drake est présent lors du massacre de l'île de Rathlin (en), qui était alors au centre de la colonisation anglaise en Ulster, au cours duquel 600 hommes, femmes et enfants sont massacrés après s'être rendus[47].

Francis Drake est alors aux commandes d'un navire transportant des troupes placées sous les ordres John Norreys sur l'île de Rathlin, il commande une petite frégate, le Falcon, avec un équipage de 25 hommes. Au moment du massacre, il est chargé d'empêcher les navires écossais d'apporter des renforts sur l'île de Rathlin. Les personnes qui sont massacrées sont, en réalité, les familles des partisans de Sorley Boy MacDonnell[48].

L'exécution de Thomas Doughty[modifier | modifier le code]

Article principal : Thomas Doughty (explorateur).

Lors de son expédition contre la flotte des Indes espagnoles, Drake est confronté à plusieurs reprises à son commandant en second Thomas Doughty et, le 3 juin 1578, il accuse ce dernier de sorcellerie, de mutinerie et de trahison au cours d'un procès qui a lieu en mer[28]. Drake affirme être en possession d'une commission (qu'il ne produira jamais) de la Reine pour mener à bien un tel procès et dénie à Doughty le droit d'être jugé en Angleterre. Les principales pièces à conviction apportées contre Doughty sont, premièrement, un témoignage du charpentier du navire, Edward Bright qui, après le jugement est promu « inexplicablement » au rang de maître du navire Marigold ; et, deuxièmement, l'aveu de Doughty d'avoir informé l'opposant Lord William Burghley de l'objectif de l'expédition, ce dernier en ayant fait part à son tour aux Espagnols. Doughty est condamné à mort à l'issue du procès. Drake consent à sa demande de communion et dîne en sa compagnie. Le chapelain du navire Francis Fletcher livre un étrange récit de ce dernier repas :

« Et, après ce repas béni, ils dînèrent ensemble à la même table, plus joyeusement et sobrement, qu'ils ne l'avaient jamais fait jusque-là, chacun félicitant l'autre, et en buvant à la santé de l'autre en se tenant par la manche, comme si de rien n'était[49]. »

Drake ordonne que Thomas Doughty soit décapité le 2 juillet 1578. Lorsque, au cours d'une sermon, le chapelain Francis Fletcher suggère par la suite que les affres du voyage rencontrés en janvier 1580 étaient liés à l'exécution injuste de Doughty, Drake fait enchaîner l'homme d'Église à un panneau d'écoutille et l'excommunie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le calendrier alors en vigueur en Angleterre, la date du décès de Drake est le 27 janvier 1595, la nouvelle année ne commençant que le 25 mars.
  2. (en) Warren Derrick, Curious Somerset, Stroud, Sutton Publishing,‎ 2005 (ISBN 978-0-7509-4057-3), p. 90–91
  3. « The Occupants of the ancient office of High Sheriff of Somerset », Tudor Court
  4. « Captain Sir Francis DRAKE », sur tudorplace.com.ar
  5. Son surnom espagnol vient de son nom latin Franciscus Draco (qui signifie littéralement « François le Dragon »). Voir Théodore de Bry.
  6. (en) John Cummins, Francis Drake : The Lives of a Hero, 1996, Palgrave Macmillan, (ISBN 0-312-16365-7)
  7. « Drake was two and twenty when he obtained the command of the Judith. This carries back his birth to 1544, at which time the six articles were in force, and Francis Russell was seventeen years of age. »
  8. (en) John Campbell, Lives of the British Admirals and Naval History of Great Britain from the Time of Caesar to the Chinese War of 1841 Chiefly Abridged from the work of Dr. John Campbell, Glasgow, Richard Griffin & Co,‎ 1841 (ISBN 9780665347566, OCLC 12129656, lire en ligne), p. 104
  9. Édition 1921/1922 du Dictionary of National Biography, qui cite Barrow Life of Drake (1843) p. 5.
  10. a, b et c George Malcolm Thomson, Sir Francis Drake, William Morrow & Company Inc, 1972, (ISBN 978-0-436-52049-5)
  11. « Francis Drake bio », Tudor Place
  12. (en) James Anthony Froude, English Seamen in the Sixteenth Century, Londres, 1896. « He told Camden that he was of mean extraction. He meant merely that he was proud of his parents and made no idle pretensions to noble birth. His father was a tenant of the Earl of Bedford, and must have stood well with him, for Francis Russell, the heir of the earldom, was the boy's godfather. »
  13. a, b et c (en) Robert Southey, English Seamen — Howard Clifford Hawkins Drake Cavendish, Methuen and Co., 1897, 36 Essex Street WC London
  14. En anglais : « Our voyage is made, lads! »
  15. Hans P. Kraus, Sir Francis Drake: A Pictorial Biography' 1970'
  16. Alasdair MacLeod, Explorateurs, De l'antiquité à nos jours, 2012, Arthaud, (ISBN 978-2-08-125439-8)
  17. a et b (en) Henry R. Wagner, Sir Francis Drake's Voyage Around the World: Its Aims and Achievements, Kessinger Publishing, LLC, 2006, (ISBN 1-4286-2255-1)
  18. a, b et c (en) Harry Kelsey, Sir Francis Drake ; The Queen's Pirate, Yale University Press, New Haven, 1998, (ISBN 0-300-07182-5)
  19. (es) « El origen, producción y comercio del pisco chileno, 1546-1931 », Scielo.cl (DOI 10.4067/S0718-23762005000200005)
  20. Samuel Bawlf, The Secret Voyage of Sir Francis Drake' Douglas & McIntyre, 2003'
  21. (en) John Cummins, Francis Drake : The Lives of a Hero, 1997, p. 118 : « In view of the prominence given in different versions to the crowning of Drake it would be odd if the establishment of a colony had gone unrecorded. »
  22. « Drake Navigator's Guild », Drakenavigatorsguild.org,‎ 17 octobre 2012
  23. a, b et c « The Drake Jewel », Oieahc.wm.edu
  24. (en) John Cummins, Francis Drake : Lives of a Hero, Palgrave Macmillan,‎ 23 mars 1997 (ISBN 978-0-312-16365-5, lire en ligne), p. 127
  25. a et b « The Encyclopaedia of Plymouth History : Sir Francis Drake », Plymouthdata.info,‎ 11 mars 2004
  26. (en) Mary E. Hazard, Elizabethan silent language, University of Nebraska Press,‎ août 2000 (ISBN 0-8032-2397-8, lire en ligne), p. 251
  27. (en) Maria Perry, The Word of a Prince : A Life of Elizabeth I from Contemporary Documents, Boydell Press,‎ 1996 (lire en ligne)
  28. a et b (en) Stephen Coote, Drake : The Life and Legend of an Elizabethan Hero, Saint Martin's Press, New York, 2003, (ISBN 0-312-34165-2)
  29. « Image details », National Trust Images
  30. (en) John Campbell, The life of the celebrated Sir Francis Drake, the first english Circumnavigator : reprinted from The Biographia Britannica, Londres, Longman, Rees, Orme, Brown and Green,‎ 1828 [détail de l’édition] (lire en ligne), p. 50–52
  31. (en) Charles E.F. Drake, The Arms of Sir Francis Drake, Québec, 2008, Article by str8thinker, The Avalon Project Forum, décembre 2010, basé sur l'article de Charles Drake (2008).
  32. (en) « History of Parliament »
  33. En anglais : « singed the beard of the King of Spain »
  34. (en) E. Thompson, E. A. Freeman, History of England, p. 188.
  35. a et b Hans Kraus, « Sir Francis Drake : A Pictorial Biography », Loc.gov,‎ 1970 (lire en ligne)
  36. (en) Letter to Admiral Henry Seymour written aboard Revenge on 31 July 1588 (21 July 1588 O.S.) citée par Sharon Turner, The History of England from the Earliest Period to the Death of Elizabeth, 1835.
  37. Prince's Worthies, op.cit.
  38. (en) Richard Rayner, « The Admiral and the Con Man », The New Yorker, 22 avril 2002, p. 150
  39. Modèle:IMDb title
  40. Modèle:IMDb title
  41. « Uncharted The Game », Us.playstation.com (consulté le 25 février 2010)
  42. (en) Some historical account of Guinea : With an inquiry into the rise and progress of the slave trade, [lire en ligne]
  43. (en) A general history and collection of voyages and travels, arranged in systematic order: forming a complete history of the origin and progress of navigation, discovery, and commerce, by sea and land, from the earliest ages to the present time, vol. 7, [lire en ligne]
  44. « History of English Slave Trade », ehr.oxfordjournals.org (DOI 10.1093/ehr/cej026, consulté le 25 février 2010)
  45. (en) Nick Hazlewood, The Queen's Slave Trader : John Hawkyns, Elizabeth I, and the Trafficking in Human Souls, HarperCollins Books, New York, 2004, (ISBN 0-06-621089-5).
  46. (en) John Cummins, Francis Drake : The Lives of a Hero, p. 273, (ISBN 0-312-16365-7)
  47. « Brief mention of the massacre », standingstones.com,‎ 10 juillet 1997
  48. (en) John Sugden, Sir Francis Drake, Simon Schuster New York, (ISBN 0-671-75863-2)
  49. En anglais : And after this holy repast, they dined also at the same table together, as cheerfully, in sobriety, as ever in their lives they had done aforetime, each cheering up the other, and taking their leave, by drinking each to other, as if some journey only had been in hand.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]