Badiane chinoise
La badiane chinoise ou anis étoilé est le fruit du badianier de Chine (Illicium verum). Il se compose d'un polyfollicule ligneux à huit carpelles contenant chacun une graine brillante. Il forme ainsi une étoile à huit branches très caractéristique, d'où le nom vernaculaire d'anis étoilé. Les fruits sont cueillis verts avant d'être séchés au soleil, où ils prennent une couleur marron rouge.
Les Chinois la connaissent sous différents noms. Le plus courant, lié à ses huit lobes donnèrent le nom chinois qui peut être traduit littéralement par « huit cornes » (chinois : 八角 ; pinyin : ; cantonais Jyutping : baat gok ; 八 « huit », 角 « cornes »). Ce terme prononcé en mandarin « badjiao » est probablement à l'origine du nom français de badiane.
Il existe ensuite d'autres appellations courante telle que chinois : 大料 ; pinyin : ; littéralement : « gros fourrage », chinois : 大茴香 ; pinyin : ; littéralement : « grand fenouil » ou encore chinois : 八角茴香 ; pinyin : ; littéralement : « fenouil à huit cornes ».
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Dénominations[modifier]
L’anis étoilé est aussi nommé anis de Sibérie, fenouil de Chine, Illicium anisatum, Illicium religiosum, ou, au Japon (la badiane japonaise, toxique, est interdite en France), Shikimi, Shikimi no ki, Hana Shik mi éventuellement écrit Sikimi, Skimi, vocables qui pourraient provenir du mot Ashikimi (fruit du diable).
- Au Japon, on l’aurait aussi appelé Hana no ki dans la province de Harima et Koshiba dans la province d’Enshu-Totomi.
- Il est utilisé en médecine traditionnelle (eupeptique, carminatif, diurétique, tonicardiaque…). Il produit une huile essentielle riche en anéthol, estragol, linalol, terpinéol, polysaccharides lipides - flavonoïdes.
- On le trouve dans les tisanes et la composition d’épices, dont le fameux mélange « 5 épices », des currys, etc.
- Dans les apéritifs anisés industriels, il a peu à peu remplacé l’anis vert d’antan.
- En Chine, on l’appellerait aussi Mang-tsao.
Production[modifier]
En 2007, la production mondiale de badiane a été de 40 000 tonnes.
90 % de la production mondiale de badiane provient de la province du Jiangxi en Chine, où elle fait vivre 10 millions de personnes[1],[2]. Le reste est produit au Viêt Nam, au Cambodge, au Laos, au Japon et aux Philippines.
Les récoltes de badiane ont lieu deux fois par an, en avril et octobre.
Utilisation alimentaire[modifier]
L'anis étoilé est une épice à l'arôme plus puissant que l'anis vert qui entre dans la composition du mélange de la poudre aux cinq épices (五香粉, wǔxiǎngfěn) : badiane, poivre du Sichuan, cannelle, clou de girofle, graines de fenouil.
Dans la cuisine de la province de Hubei, en Chine, elle est souvent utilisée avec le poivre du sichuan et des piments de Cayenne pour préparer les légumes sautés.
L'arôme de la badiane est principalement dû à l'anéthol.
Son huile se distingue essentiellement de l'huile d'anis vert par sa teneur en fenchone et son absence d'isomère de type pseudo-isogeugenol.
Il est utilisé en Europe, notamment dans la fabrication du pastis, de l'ouzo ou de la sambuca.
En pâtisserie, il aromatise gâteaux et galettes traditionnelles de l'ouest de la France (infusé dans du lait). En Allemagne, il est utilisé dans la fabrication des marmelades. Il facilite les digestions difficiles, d'où son succès en apéritif, en digestif ou en dessert.
Propriétés médicinales[modifier]
L'anis étoilé a des propriétés stomachiques et carminatives. Utilisé en infusion, il supprime les ballonnements et diminue les gaz[3].
La badiane chinoise est aussi utilisée dans la fabrication de l'acide shikimique. Cet acide qui ne présente aucune activité antivirale sera transformé plusieurs fois avant de devenir le phosphate d'oseltamivir[4], molécule active du Tamiflu, médicament antigrippal des laboratoires Roche, utilisé contre la grippe humaine et, à défaut d'autre médicament, contre les grippes aviaire et porcine. Le procédé de fabrication ne consiste nullement en une distillation comme pour obtenir de l'huile essentielle. Cette utilisation pharmaceutique de la badiane chinoise est à l'origine de la flambée de son prix. Cependant, l'oséltamivir pouvant être maintenant obtenu à partir de différents procédés (bio-fermentation[5], synthèse chimique[6] , autres plantes), les prix pourraient être amenés à baisser.
Attention de ne pas confondre, en particulier lorsqu'elle est en poudre, la badiane chinoise et la badiane japonaise, qui est toxique et dont l'utilisation n'est pas autorisée en France[7].
Bibliographie[modifier]
- Herbes et épices, Clotilde Boisvert et Annie Hubert, Albin Michel, (ISBN 2-226-00430-0)
Notes et références[modifier]
- site de plantes pourtisane
- site de vente depuis la chine
- Vulgaris-Médical - Anis vert
- OMS - Grippe aviaire
- Cyril Hofstein, « Itineraire d'un remède à usage planétaire », Le Figaro Magazine, 15 octobre 2007 [texte intégral]
- Matthieu Rosenberg, « La molécule du Tamiflu plus facile à produire », Bulletins Electroniques, Ambassade de France au Japon / ADIT, vol. Japon, no 396/BIO/2234, 8 mars 2006 [texte intégral]
- Ministère de la Santé - Badiane
Voir aussi[modifier]
Article connexe[modifier]
Liens externes[modifier]
- Référence Flora of China : Illicium verum (en)
- Référence Catalogue of Life : Illicium verum Hook. f. (en)
- Référence Tela Botanica (Antilles) : Illicium verum Hook. f. (fr)
- Référence ITIS : Illicium verum Hook. f. (fr) ( (en))
- Référence NCBI : Illicium verum (en)
- Référence GRIN : espèce Illicium verum Hook. f. (en)