Barus

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2° 00′ 00″ N 98° 24′ 00″ E / 2, 98.4 Barus est un kecamatan (district) du kabupaten de Tapanuli central, dans la province indonésienne de Sumatra du Nord.

Géographie[modifier | modifier le code]

Barus se trouve au nord-ouest de la ville de Sibolga, en bord de mer, sur une baie orientée ouest-est, dans laquelle viennent se jeter deux rivières. La région constitue une plaine côtière bordée au nord par des collines et plus loin, la chaîne montagneuse des Bukit Barisan, qui atteint 1 000 mètres en cet endroit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Barus est connu depuis longtemps comme port d'exportation du camphre (dont le nom est une corruption de l'arabe kafur, du malais kapur Barus ou "craie de Barus") et du benjoin (de l'arabe lubān jāwī ou "encens javanais"), attirant des marchands de la Chine au Moyen-Orient. Le géographe grec Ptolémée (90 - 168 après J.-C.) mentionne ainsi le nom de "Barousai".

Aux alentours de 250 après J.-C., des textes chinois parlent de Po-lu, identifié comme étant Barus. La présence d'un évêché chrétien de rite nestorien y est attestée, peut-être dès le VIIe siècle. En tout cas au XIIe siècle l'Arménien Abousahl y mentionne une église nestorienne[1].

Une chronique royale de Sumatra parle de naufragés indiens qui auraient fondé le port de Barus au VIIIe siècle. Non loin de Barus, on a trouvé une inscription en tamoul datée de 1088 attestant la présence d'une ligue de marchands tamouls. Dès fouilles entreprises en 1995 on révélé des sites datant des IXe-XIe siècles et des XIIIe-XIVe siècles.

Barus était également connu sous le nom de Fansur. Dans Le Devisement du monde, Marco Polo écrit : « Il croît dans le royaume de Fansur d’excellent camphre qui se vend au poids de l’or. Les habitants font du pain de riz, car ils n’ont point de blé. Ils font une boisson de la liqueur des arbres, comme nous avons expliqué ci-dessus. Il y a en ce pays-là de certains arbres, dits « mori », qui ont l’écorce fine, et sous laquelle on trouve une espèce de farine excellente, qu’ils apprêtent fort bien. C’est un mets délicat, et dont j’ai quelquefois mangé avec délectation. » (Livre III, chapitre XIX : "Du royaume de Fansur").

Barus est également mentionné dans liste des quelque cent "contrées tributaires" du royaume javanais de Majapahit énumérée dans le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 sous le règne du roi Hayam Wuruk.

La plage de Barus

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Joao Teles e Cunha, "Armenian Merchants in Portuguese Trade Networks in the Western Indian Ocean in the Early Modern Age", dans Les Arméniens dans le commerce asiatique au début de l'ère moderne (Sushil Chaudhury et Gegham Gewonean éds.), 2007, Editions de la Maison des sciences de l'homme, pp. 197-253

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