Carmin

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Échantillon de pigment carmin

Le Carmin est un pigment rouge foncé et vif. Le terme carmin désigne, par métonymie, une couleur d'un rouge profond.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Carmin provient du vieil espagnol cremesin qui signifiait « relatif au kermès », adapté lui-même du latin médiéval cremesinus pour kermesinus ou carmesinus (et sa forme contractée carminus), c’est-à-dire le pigment de la cochenille Dactylopius coccus, qirmiz en arabe (et en persan), dérivant lui-même du sanskrit krmi-ja (de krmih « ver » et ja « produit ») signifiant « pigment rouge produit par un ver ».

Les mots carmin et cramoisi ont la même origine étymologique.

Pigments[modifier | modifier le code]

Carmin véritable[modifier | modifier le code]

Le carmin véritable est un pigment-laque organique naturel (NR4) produit à partir des femelles de cochenilles kermès (Kermes vermilio).

La puce cochenille, minuscule insecte du Mexique produisait cette couleur transparente mais très fugitive, très respectée des Aztèques. Cet insecte parasite les cactus du genre Opuntia, et il produit de l'acide carminique pour se défendre. La nation aztèque Mixteco Zapotèque cultivait déjà des opuntias pour la cochenille avant l'arrivée des Espagnols. Elle fut amenée en Europe au XVIe siècle après la découverte de l'Amérique du Sud.

Une autre espèce de cochenille était auparavant connue en Égypte ancienne, puis en Europe : Kermes vermilio, parasite du chêne kermès. La laque fabriquée à partir de la secrétion de cet insecte était connue sous le nom de laque cramoisie[1]. Courante dans la région de Montpellier, elle a permis à la ville de développer une spécialité de la teinture de tissus écarlates. Cet insecte servait aussi à colorer les manuscrits. Le pigment obtenu à partir de cette espèce méditerranéenne est différent de celui que l'on connaît aujourd'hui, mais l'insecte originel ayant quasiment disparu, il est difficile de connaître la couleur qu'il permet d'obtenir.

Ses nuances varient de l'écarlate au rouge carminé plus ou moins pourpré. En 1860, Chevreul évalue les couleurs vendues sous le nom de carmin, à son époque, et en classe en de 4 violet à 2 rouge (tendant vers le rouge-orangé), soit au total sur onze secteurs (55° d'angle) de son cercle chromatique, sans compter deux carmins jaunes[2].

Le composé chimique responsable de la couleur est l'acide carminique.

Pigments de substitution[modifier | modifier le code]

En 1847, le peintre Dyckmans avait entrepris des essais de vieillissements sur les couleurs pour artistes peintres les plus répandues à son époque. Il disposait du « carmin de cochenille » et du « carmin fixe de garance ». Examinant les résultats en 1880, Blocks conclut que le carmin de cochenille et certaines laques de garance calcinées sont impropres à la peinture artistique. Certains carmins de garance peuvent s'employer[3].

Le carmin moderne, permanent, est fabriqué à partir de pigments de synthèse (rouges anthraquinoniques PR83 ou PR177, rouge de pérylène PR179), plus permanents.

Autres noms : rouge kermès, laque carminée, carmin d'alizarine (PR83)[4].

Théorie de la couleur[modifier | modifier le code]

Dans certains systèmes, cette couleur est considérée comme couleur tertiaire, comme mélange d'une couleur primaire, le magenta, et d'une couleur secondaire, le rouge orangé (magenta + jaune)[réf. souhaitée].

Imprimerie[modifier | modifier le code]

Le carmin RVB (ou RGB en anglais) est un rouge vif[réf. souhaitée].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 26

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, p. 101-102.
  2. De la loi du contraste simultané des couleurs et de l'assortiment des objets colorés considérés d'après cette loi dans ses rapports avec la peinture, les tapisseries..., Paris, Pitois-Levrault,‎ 1839 (lire en ligne)
  3. Jacques Blockx, Compendium à l'usage des artistes peintres : Peinture à l'huile -- Matériaux -- Définition des couleurs fixes et conseils pratiques suivis d'une notice sur l'ambre dissous, Gand, L'auteur,‎ 1881 (lire en ligne), p. 37, 63, 66.
  4. Par exemple, Laque d'alizarine rouge (PR 83) « donne un ton carmin », Nuancier pigments Sennelier. L'alizarine est la teinture de garance synthétique.