Haoussa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue haoussa. Pour le peuple haoussa, voir Haoussas.
Haoussa
Hausa
Pays Nigeria, Cameroun, Niger, Côte d'Ivoire, Ghana, Soudan, Bénin, Burkina Faso, Togo,Tchad,
Nombre de locuteurs 40 à 50 millions
Typologie SVO, à tons
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau du Nigeria Nigeria
Codes de langue
ISO 639-1 ha
ISO 639-2 hau
ISO 639-3 hau
Type langue vivante
Étendue langue individuelle
IETF ha
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Mataki na farko

Su dai yan-adam, ana haifuwarsu ne duka yantattu, kuma kowannensu na da mutunci da hakkoki daidai da na kowa. Suna da hankali da tunani, saboda haka duk abin da za su aikata wa juna, ya kamata su yi shi a cikin yan-uwanci.
Hausa language niger.png
Afro asiatic peoples nigeria.png

Le haoussa, hausa, ou hawsa (en haoussa : Hausanci), est une langue tchadique parlée en Afrique de l’Ouest, au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Niger, Nigeria, Soudan,Tchad et Togo.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers poèmes composés en haoussa, écrits en alphabet arabe adapté à la notation des langues africaines (ʿajami), datent du début du XIXe siècle. À cette époque également prend naissance une tradition de chroniques versifiées en haoussa, dont la plus connue est la Chronique de Kano (notées également en ʿajami). À cette tradition s’est ajoutée dans les années 1930, à la suite de la colonisation britannique, une production littéraire en alphabet latin dans un sous-ensemble de l’alphabet pan-nigérian (pièces de théâtre, contes, nouvelles, romans, poésie)

Classification[modifier | modifier le code]

Le haoussa fait partie de la famille des langues afro-asiatiques (dite aussi chamito-sémitique) et appartient au groupe des langues tchadiques (sous-groupe des langues tchadiques occidentales). Les langues tchadiques sont divisées en quatre sous-groupes : tchadique occidental, tchadique central, tchadique oriental, masa. Les divisions plus fines ne sont pas toutes reconnues.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Le haoussa est principalement parlé au Nigeria (30 millions de locuteurs), au Niger (9 millions) ainsi qu’au Ghana (2 millions), en Côte d’Ivoire (121 000), au Cameroun (400 000), au Tchad (200 000) et au Soudan (600 000). Il est aussi parlé dans de nombreuses grandes villes commerciales (Dakar, Abidjan, N'Djamena, Lomé, Cotonou, Ouagadougou, Bamako, Conakry, Bangui, etc.). Aujourd’hui, le haoussa est considérée comme une langue véhiculaire (commerciale) d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Aussi, elle est diffusée par les grandes stations radio du monde telles que la Voice of America (VOA), BBC (Grande-Bretagne), CRI (Chine), RFI (France), IRIB (Iran), Deutsche Welle (Allemagne), la Voix de la Russie (Radio Moscou), mais aussi enseignée dans les grandes universités africaines et occidentales (Libye, Niger, Nigeria, Inalco (Paris), Université de Boston, UCLA). L’industrie de la vidéo haoussa est par ailleurs très florissante. Elle produit plus de 1000 films par an.

Statut officiel[modifier | modifier le code]

Le haoussa est une langue officielle au nord Nigeria, une langue nationale au Niger.

Dialectes[modifier | modifier le code]

Le haoussa compte plusieurs dialectes, ceux-ci sont dénommées dawranci, kwannanci, kananci, damagaranci, katagumci, hadejiyanci, sokotanci, gobiranci, adaranci, kabbanci, zamfaranci, katsinanci, aranci, kurfayaci, zazzaganci. Le haoussa présente une faible différenciation dialectale (l’intercompréhension est complète sur l’ensemble de l’aire linguistique).

Écriture[modifier | modifier le code]

La langue écrite est fondée sur le dialecte de Kano. Le Haoussa est écrit depuis plus de 200 ans, tout d’abord dans l’alphabet arabe, puis majoritairement dans l’alphabet latin qui a été introduit au début du XXe siècle, avec 4 consonnes supplémentaires : ɓ, ɗ, ƙ, ƴ (notée aussi ’y), et l’arrêt glottal .

L’écriture en caractères latins utilise également des diacritiques pour indiquer les tons : accents grave (ton bas), aigu (ton haut) et circonflexe (ton descendant), ainsi que le macron pour indiquer les voyelles longues. Si ces diacritiques sont généralement notés dans les dictionnaires, ils ne le sont pas dans les autres textes imprimés : livres et journaux.

Écriture arabe[modifier | modifier le code]

L’ʿajami est le nom donné à l’écriture arabe utilisée pour écrire le haoussa :

ب [b]
ٻ [ɓ]
ث [tʃ]
د [d]
ط [ɗ]
ف [β]
غ [ɡ]
ه [h]
ج [dʒ]
ك [k]
ق [k’]
ل [l]
م [m]
ن [n]
ر [r], [ɾ]
س [s]
ش [ʃ]
ت [t]
ڟ [ts’]
و [w]
ى [j]
ع [ʔ]
ز [z]
 

Écriture latine[modifier | modifier le code]

Le boko est le nom donné à l’écriture latine utilisée pour écrire le haoussa :

A a [a], [æ]
B b [b]
Ɓ ɓ [ɓ]
C c [tʃ]
D d [d]
Ɗ ɗ [ɗ]
F f [β]
G g [ɡ]
H h [h]
I i [i]
J j [dʒ]
K k [k]
Ƙ ƙ [k’]
L l [l]
M m [m]
N n [n]
O o [o]
R r [r], [ɾ]
S s [s]
Sh sh [ʃ]
T t [t]
Ts ts [ts’]
U u [u], [uː]
W w [w]
Y y [j]
Ƴ ƴ [ʔʲ]
Z z [z]
[ʔ]

Au Niger, les digrammes gw kw ƙw ƙy représentent aussi des sons spécifiques et sont considérés comme des lettres à part entière[1].

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
connaissance sani [sanii]
ciel sama [samma]
eau ruwa [roua]
feu wuta [houta]
homme namiji [namidji]
femme mace [matché]
manger ci [tchi]
boire sha [cha]
grand babba
petit karami [karammi]
nuit dare [daré]
jour rana [râna]
dormir kwana [kouana]
bonjour ina kwana
bonsoir ina wuni
il fait jour gari ya waye
faim yunwa
soif Kishirwa
maison guida
l’Est gabas
l’Ouest Yam'ma
le Sud Gusum (Kudu)
le Nord Arewa

Conjugaison et Pronom[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
je/moi ni
tu/toi(masculin) kay
tu/toi (féminin)
il/lui shi
elle ita
nous mu mou
vous ku kou
ils/elles/eux su sou
Conjugaison du verbre manger
Présent
Mot Traduction Prononciation
je mange inaci hinatchi
tu manges kanaci canatchi
il mange chinaci (yanaci) chinatchi (yanatchi)

Références[modifier | modifier le code]

  1. arrêté 212-99 de la République du Niger

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]