Catherinettes

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Deux catherinettes, coiffées de chapeaux extravagants, à Paris en 1909
Groupe de catherinettes à Paris, rue de la Paix, en 1932

On appelait autrefois catherinettes les jeunes femmes de vingt-cinq ans encore célibataires.

Fête de sainte Catherine[modifier | modifier le code]

Les catherinettes étaient fêtées le 25 novembre, jour de la fête de sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre, patronne des jeunes filles.

La coutume[modifier | modifier le code]

Deux Catherinettes, Isaac Israëls, vers 1905

Cette coutume, à travers laquelle les jeunes filles faisaient des vœux pour un prompt mariage, ne s'est conservée, sous une forme altérée, que dans le milieu des couturières et de la mode où on apporte traditionnellement un soin particulier à la confection du chapeau (« de la coiffe[1] »). Les couleurs traditionnelles du chapeau sont jaune et vert, deux couleurs ne s'accordant pas.

La tradition a beaucoup décliné, mais existe encore dans certains milieux professionnels, parfois vécue sur un ton ironique.

Autrefois, sainte Catherine et saint Nicolas protégeaient chacun les célibataires de leur sexe respectif afin de prévenir tout attouchement personnel. Des confréries de jeunes filles vénéraient la sainte et avaient le privilège de s'occuper de sa statue, qu'elles coiffaient lors d'une cérémonie chaque 25 novembre. Celles qui se mariaient devaient quitter la confrérie et laisser aux autres le soin de « coiffer sainte Catherine », expression signifiant pour une femme : « être encore célibataire à vingt-cinq ans (passés) ». Du fait des transformations sociales du statut de la femme et du mariage, cette coutume s'est progressivement perdue.

Le jour de la Sainte Catherine, à Paris, les Catherine et Nicolas employés des maisons de couture sont généralement reçus à la mairie et se voient souvent offrir des cadeaux par leur employeur, en plus du chapeau préparé par leurs collègues.

Chaque 25 novembre se tient la foire de la sainte Catherine à Vesoul en Haute-Saône avec des expositions agricoles, marché traditionnel et concours de catherinettes. C'est une foire traditionnelle et emblématique de la région[2].

Annexe : La Sainte-Catherine à Paris en 1928[modifier | modifier le code]

Le 23 novembre 1928, La Semaine à Paris annonce la fête et décrit son déroulement[1] :

«  La Sainte-Catherine. — On a une crainte pour cette Sainte-Catherine de 1928 : elle tombe un dimanche, et comment donc pourra-t-on faire pour la célébrer entre camarades d'ateliers ? On se rattrapera en pratiquant le vieil usage qu'il n'y a point de fêtes sans vigiles ni sans lendemain.

Déjà la Mi-Carême, que ne fêtaient guère jadis que les blanchisseuses, est devenue liesse générale ; une ville comme Paris dont la grâce est faite de tant de couturières et de modistes, et ajoutons-y les dactylographes sous préjudice de bien d'autres professions, devait tout spontanément s'unir toute entière à la célébration de la Sainte-Catherine. On la fête gentiment en famille ; et avec non moins de gaîté franche dans les écoles et des pensions ; on la célèbre dans les ateliers; on en est venu jusque dans la rue, et non pas, hélas ! sans excès.
A l'atelier, parfois la fête est officielle ; j'entends qu'elle est organisée par la maison, qui fournit gâteaux, liqueurs et fleurs. Ce n'est point sans charmes. D'autres maisons plus sévères se contentent de donner congé à quatre heures, ou même l'ignorent tout à fait.
C'est pourquoi dans quelque petite salle de café des boulevards ou des environs verrez-vous parfois quelques jeunes filles attablées ensemble, vers midi ; elles se sont passé de déjeuner ; un verre de vin et. quelques gâteaux en tiendront lieu ; mais les chansons seront en abondance et il y aura pour la Catherinette le bonnet et les fleurs. Chacune poussera sa romance et la sentimentale aura son succès comme la comique, « la belle fille » de l'atelier, au répertoire inépuisable, qui en chante autant pour sa part que toutes les autres réunies.
La promenade en bande sur le boulevard, tout l'atelier se tenant de bras en bras jusqu'à la Catherinette, fait évidemment partie de la fête. Il faut extérioriser la joie ; il faut y associer la foule ; il faut que ce jour-là on sente que l'on sait que vous êtes jolie. C'est fort bien tant que les voyous et les goujats ne s'en mêlent. N'exigeons pas une sévérité excessive ; tout de même, il survient trop souvent ce jour-là sur les boulevards cette lie qu'on retrouve partout où il y a quelque chose à démolir et à salir. On a trop la sensation que des bottes d'égoutier se précipitent sur les massifs de fleurs. Un peu plus d'élégance et de distinction dans la réjouissance ne serait pas inutile.  »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Monjaret, « La fête de la Sainte Catherine à Paris dans les années folles vue à travers la presse », Ethnologia Europeana, vol. 25, no 1,‎ 1996, p. 141-155 (lire en ligne)
  • Anne Monjaret, La Sainte Catherine. Culture festive dans l'entreprise, CTHS, Paris, 1997
  • Anne Monjaret, Les Catherinettes en fête, Éditions Archives & Culture, Paris, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Semaine à Paris, semaine du 23 au 30 novembre 1928, page 10.
  2. Foire de la sainte Catherine à Vesoul

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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