Dabo

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Dabo
Le rocher de Dabo, vu depuis Dabo.
Le rocher de Dabo, vu depuis Dabo.
Blason de Dabo
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarrebourg
Canton Phalsbourg
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Phalsbourg
Maire
Mandat
Joseph Weber
2008-2014
Code postal 57850
Code commune 57163
Démographie
Gentilé Daboisiens
Population
municipale
2 644 hab. (2011)
Densité 55 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 15″ N 7° 14′ 16″ E / 48.6542, 7.2378 ()48° 39′ 15″ Nord 7° 14′ 16″ Est / 48.6542, 7.2378 ()  
Altitude Min. 236 m – Max. 945 m
Superficie 48,12 km2
Localisation

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Dabo est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dabo est un village, situé en plein cœur des Vosges mosellanes, entre Sarrebourg, Phalsbourg et Saverne. Le vaste territoire de la commune s’étend sur le versant ouest du massif vosgien, dans sa partie gréseuse. Ce grès du Buntsandstein, âgé d’environ 240 à 250 millions d’années, constitue un élément marquant du milieu : il se décline dans des reliefs ruiniformes, tout à fait classiques du modelé en structure gréseuse en de multiples endroits de la commune, comme au lieu-dit des rochers des Corbeaux. Les espèces végétales sont bien adaptées au substrat gréseux qui confère un haut degré d’acidité aux sols : les épineux ou les fougères couvrent une importante partie du ban communal.

Le rocher de Dabo et sa chapelle Saint-Léon.
Les roches de grès autour de Dabo.

L’emblème de la localité, le rocher de Dabo, culmine à 647 mètres, au droit d’un sommet de grès. Il doit son élévation à un grès davantage induré par la présence d’éléments détritiques du type galets : l’érosion différentielle n’a donc pas réussi à venir aussi facilement à bout de ce grès plus résistant (voir Poudingue). Le relief contraint les vents humides d’ouest à abandonner un surplus de précipitations sur ces contreforts vosgiens par rapport au plateau lorrain : il pleut en moyenne plus de 1 000 millimètres de précipitations à Dabo alors que la lame d’eau précipitée dépasse légèrement 800 millimètres à Sarrebourg et 740 à Metz.

Quartiers[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune résident dans quatre quartiers : Dabo, Schaeferhof (dont Galgenthal), Hellert et La Hoube et dans une dizaine de hameaux: Neustadtmühle, Baerenloch, Kuhberg, Lochmuehl (ou Lochmühle), Ballerstein, Ententhal, Rothenbuhl, Falkenfelsen, Hengst, Hoelsberg, Hohweck/Hohwecktal, Horenzmatt, Hopstein, Jaegerhof (ou Jägerhof), Koeppenhof (ou Köppenhof), Laschbach, Raupengarten, Schlossberg, Schneematt, Spitzberg, Zimmerfeld

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • D'un nom de personne germanique Dago suivi de -burg « lieu fortifié ».
  • Ancien noms[1],[2]: Dasborc/Tasborc (1178), Dasburch (1188), Tagesbuch (1158), Tagesburch (1175), Dasburg (1189), Dasbor (1206), Dagesburg (1227), Tagesburg (1239), Dagespurg (1313), Dachspurg (1576), Dabo (1793).
  • En francique lorrain : Dockschbuerj et Dàgschburri ; en vosgien : Dabo ; en allemand : Dagsburg[3].

Sobriquet[modifier | modifier le code]

  • Die Fuchs (les renards)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le rocher de Dabo gravé par Matthäus Merian dans Topographia Alsatiae

Des vestiges attestent de la présence humaine dès l’âge de pierre, puis des Celtes, des Triboques, des Romains puis des Francs.

Les familles comtales[modifier | modifier le code]

Le comté de Dabo appartint aux Étichonides[5] Hugues Ier, comte du Nordgau (Alsace), au début du Xe siècle, puis à son fils Eberhard IV vers 934. C’est à cette époque que fut construit le château de Dabo (Dachsbourg à l'époque, ou encore Dagsburg en allemand). Les murailles encerclaient tout le pourtour du rocher et comprenaient une tour d’habitation, de petites tours de guet et un bâtiment pour les réserves et les écuries, ainsi qu’un puits pour la réserve d’eau (encore visible aujourd’hui derrière la chapelle). Jouissant de l'immédiateté impériale, le comté de Dabo resta terre d’Empire jusqu’en 1793.

La petite-fille d’Eberhard, Helwige, apporta le comté de Dagsbourg à son époux Hugues VII, comte d'Eguisheim (mort en 1048). Le plus illustre représentant de cette branche d'Eguisheim-Dabo fut leur fils Brunon ou Bruno de Dabo, évêque de Toul puis pape, canonisé en 1087 (saint Léon IX).

Le comté passa en 1234 à la famille de Linange (ou Leiningen en allemand) lorsque l'héritière du comté, Gertrude de Dabo, fille et héritière d'Albert II de Dabo-Moha et de Gertrude de Bade, laissa veuf son troisième époux, Simon de Linange, qui reprit le titre en 1234. Ce sont les Linange-Dabo qui régnèrent sur le comté jusqu'à la Révolution.

Les occupations françaises[modifier | modifier le code]

Le , l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. Les comtes de Linange-Dabo, qui refusèrent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, prirent les armes contre lui en 1672. Mais après un long siège devant le château, qui constituait un obstacle à l’avancée des troupes, celui-ci dut capituler le . Le château de Dabo fut rasé en 1679 sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

Le traité de Ryswick en 1697 rendit pourtant le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique maintenant enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l'Alsace devenue française.

En 1793, les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France ; le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe. Le traité de Lunéville du 9 février 1801, conclu entre Bonaparte et l'Empire germanique, octroya aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière.

Une vocation symbolique[modifier | modifier le code]

Le rocher resta nu pendant un siècle et demi, puis une chapelle consacrée à saint Léon y fut érigée en 1825. Suite aux intempéries, le bâtiment fut démoli en 1889 et reconstruit en style roman avec ajout d’une tour qui servira de belvédère (selon les vœux de Strieve, fondateur du Club vosgien). La nouvelle chapelle fut inaugurée le .

Un sommet informel franco-allemand s’est tenu le à Dabo entre le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 2001 Joseph Husser    
mars 2001 mars 2008 Claude Anstett    
mars 2008 en cours Joseph Weber UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 644 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 200 1 439 1 446 1 831 2 080 2 183 2 258 2 341 2 382
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
2 387 2 516 2 563 2 635 2 757 2 745 2 887 2 812 3 037
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
3 090 3 072 2 953 3 004 2 975 3 021 2 987 2 886 2 993
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
3 008 2 982 2 913 2 789 2 780 2 670 2 663 2 625 2 644
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

La chapelle de Dabo.
Maisons troglodytiques.
  • Le rocher de Dabo, culminant à 650 mètres, surmonté de la chapelle Saint-Léon (664 mètres).
  • Le promontoire-belvédère du Backofenfels, avec son vaste panorama sur le rocher de Dabo et le Plateau Lorrain (740 mètres).
  • Le promontoire d’escalade du Falkenfelsen, entre Hellert et Haselbourg (426 mètres) : superbe vue sur Dabo et sa vallée, maisons troglodytiques au pied de la falaise, voies d’escalade variées, etc.
    • Ces maisons troglodytiques du Falkenfelsen datent de bien avant la construction des premières maisons de Hellert en 1789. Un recensement de 1872 dénombre 38 personnes vivant sous les rochers en marge de la société. En 1894, l’administration allemande fait sauter ces habitations pour obliger les habitants à résider dans les villages (indications figurant sur le panneau à l’entrée du site). Seules subsistent 3 habitations situées sur des domaines privés, soigneusement restaurées et qui peuvent être visitées.
  • Le circuit VTT de l’Eichelkopf (accessible depuis le col forestier de la Schleif, ou aussi, depuis le hameau de La Hoube).
  • Le rocher du Nutzkopf (515 m), avec son beau et confortable sommet (banc de repos et vue).
  • Le monolithe étrange, sauvage et isolé, du Steinerne Maennel (formes humaines pittoresques) : rocher également connu sous l’appellation de « Hommelet de Pierre » .
  • De nombreux circuits pédestres balisés permettent des randonnées sans difficultés et d’admirer la région depuis les nombreux belvédères (Site web des Randonnées pédestres).
Cimetière romain de Beimbach.
Détail d’une ouverture à la base de la pierre tombale.
  • * Site de l'Altdorf: Regroupement de ruines de maisons, longtemps interprété comme un hameau gallo-romain, correspondrait en fait au village disparu d'Oberzorn[8].
  • Au lieu-dit « Les Trois Saints » sur les hauteurs du village de Walscheid est situé un petit cimetière. Ce cimetière est tout ce qui reste d'un village d'époque gallo-romaine.

Les historiens du XIXe siècle pensaient qu'un camp retranché romain existait sur le plateau séparant la vallée de la Briévre et la vallée de la Beimbach. Des recherches plus récentes ont déterminé qu'à la place d'un camp retranché, nous avons affaire à des habitations établies à flanc de coteau près de sources. Ces habitations étaient regroupées en village ou étaient des fermes isolées. Au temps de la Pax Romana, vivait dans les Vosges, une nombreuse population gallo-romaine. L'Empire romain construisait beaucoup et les Vosges fournissaient le bois et les pierres nécessaires. Les familles établies ici exploitaient les carrières et la forêt, tandis que d'autres cultivaient la terre et élevaient des bêtes pour les nourrir.

Le cimetière regroupe dans un enclos trente et une pierres tombales. Le cimetière a été largement pillé par les archéologues du XIXe siècle. En 1862, la Société Impériale des Antiquaires de France fit une razzia sur les plus belles pierres. Celles-ci ont rempli les musées de Saverne, de Colmar, de Strasbourg, de Metz et de Saint-Germain-en-Laye. Les tombes gallo-romaines visibles ici sont constituées d'une dalle rectangulaire posée à plat sur le sol, surmontée d'une pierre taillée en forme de maison. La dalle possède en son centre une cavité destinée à recevoir l'urne funéraire. À l'époque, les corps étaient incinérés. La pierre en forme de maison possède parfois une ouverture communiquant avec la cavité permettant la dépose d'offrandes. La pierre tombale avait la forme d'une maison pour que le mort se sente chez lui durant le grand voyage. Souvent la stèle maison est décorée de symboles tels que des roues solaires. Ces stèles maison sont une production typique de la culture des sommets vosgiens qui s'est développée lors de la conquête romaine dans le Nord des Vosges.

Le nom des Trois Saints serait lié à une légende racontée par les habitants de Walscheid. Ces habitants auraient vu, sur ce sommet, une procession fantomatique de trois hommes portant des bannières. Ceci s'est passé il y a bien longtemps. Texte: Michel L.

  • La cristallerie de Dabo et les tailleurs de cristal montrent tout l’art du travail du verre et de la décoration par taillage (tailleur sur cristal).

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Saint-Léon, construite en 1825, démoli en 1889 et reconstruite en style roman néo-romane sur le rocher de Dabo : armes et statue de saint Léon IX.
  • Église Saint-Blaise XVIIIe siècle, agrandie début XXe siècle : autels XVIIIe siècle, grande toile de l’Assomption XVIIe siècle.
  • Église Saint-Hilaire à (Hellert) XXème siècle
  • Église Saint-Pierre de la Hoube XVIIIème siècle
  • Église Saint-Joseph à (Schaeferhof) XIXème siècle
  • Chapelle Sainte-Odile à (Schaeferhof)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Fêtes et coutumes[modifier | modifier le code]

  • Une ancienne coutume qui remonte au XVIe siècle, suite au repeuplement de la région par des colons venus de France, de Bavière, de Suisse et du Tyrol, les seigneurs leur accordèrent de nombreux droits forestiers, dont le plus ancien date de 1569. Encore de nos jours les descendants de ces colons bénéficient de l’octroi de 8 arbres résineux par an (droit dit du Bois Bourgeois de Dabo). Cette coutume donne lieu à une importante foire annuelle qui se déroule après le 11 novembre.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire géographique de la Meurthe, avec une carte du Département - Henri Lepage (1860)
  2. Toponymie générale de la France: Tome 2 - Ernest Nègre
  3. Cours d'histoire des états Européens (Tome quatrième) - Friedrich Schoell - 1830
  4. paysdephalsbourg.fr - Dabo
  5. Etichon-Adalric d’Alsace, neveu de Sainte Odile, fut duc d’Alsace.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  8. http://www.adlfi.fr/SiteAdfi/document?base=base_notices&id=N2001-LO-0121