Riesling (cépage)

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Riesling B
Riesling (cépage)
Grappe de riesling
Caractéristiques phénologiques
Débourrement 5 jours après le chasselas
Floraison À compléter
Véraison À compléter
Maturité 2e époque, 3 semaines après le chasselas
Caractéristiques culturales
Port À compléter
Vigueur À compléter
Fertilité À compléter
Taille et mode
de conduite
long et palissé
Productivité À compléter
Exigences culturales
Climatique À compléter
Pédologique À compléter
Potentiel œnologique
Alcoolique À compléter
Aromatique très aromatique, vif et élégant. Avec le temps, il offre des arômes de "pétrole"

Le riesling est un cépage blanc, originaire de la vallée du Rhin et de la Moselle. C'est un cépage en expansion qui doit sa faveur auprès du public à un éventail de vins large et de qualité. Du vin fruité consommable en toute occasion au vin de garde qui peut durer plus de dix ans, il peut aussi servir à élaborer des vins sucrés (vendanges tardives, vin de glace).

Origine[modifier | modifier le code]

Ce cépage vient de l'Alsace, région située dans l'Est de la France, à la frontière allemande.

Historique[modifier | modifier le code]

Les plus audacieux des historiens de ce cépage le font remonter à l'argitis minor, cépage décrit par les Romains et sa culture remonterait à cette époque[1]. Il est aussi évoqué sa résistance au gel, sa croissance, la taille de ses grains ou son cycle végétatif long, pour lui trouver une parenté possible avec une vigne sauvage[2].

Toutes ces théories ont fini par se rejoindre lorsqu'un test ADN a révélé que le riesling est issu d'un métissage entre le gouais B et un autre métis issu du traminer B et d'une vigne sauvage (lambrusque). Sachant que le gouais B fut ramené de Croatie par les Romains, on retrouve génétiquement trace de tous les protagonistes évoqués par l'histoire, même si on ignore à quel endroit de ce cheminement le métissage s'est produit.

En 1435 le mot Rieslingen est mentionné pour la première fois dans une facture du comte Jean IV de Katzenelnbogen, qui a construit son dernier château à Rüsselsheim, près de Francfort-sur-le-Main et agrandi le vignoble existant. L'administrateur Klaus Kleinfisch a noté avoir acheté des vignes à planter de rieslingen pour vingt-deux schillings. Le vendeur est inconnu[3].

Son extension dans la Hesse rhénane et dans le Palatinat rhénan date de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle et dès les XVIIe et XVIIIe siècles, il est recommandé dans tous les États allemands viticoles[2]. Les Alsaciens font remonter la culture du riesling en Alsace à la fin du XVe siècle, mais il ne doit la reconnaissance de ses qualités qu'au XIXe siècle ; ce n'est finalement que dans les années 1960 qu'il devient le premier cépage alsacien en surface[1].

Il n'existe pas à l'heure actuelle en français d'ouvrages d'ampélographie, de viticulture et d'œnologie de haut niveau, faisant un bilan des recherches internationales sur ce cépage, pourtant de plus en plus prisé des consommateurs du monde entier, notamment aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en France. Il existe d'abondants travaux en langue allemande (Allemagne, Autriche et Suisse). Le riesling progresse en surface et sa culture touche de plus en plus de pays. Il est en passe de connaître le même essor mondial que le chardonnay B dans les années 1990 et 2000.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Encépagement du riesling dans le monde
Pays Superficie
(hectares)
Allemagne 22 000
France 3 423
Australie 3 700
Afrique du Sud 3 500
États-Unis 3 000
Roumanie 3 000
Slovaquie 1 500
Bulgarie 1 500
Autriche 1 200
Nouvelle-Zélande 400

Ce cépage est planté principalement en Allemagne (22 000 hectares), mais se rencontre également en France (surtout dans le vignoble d'Alsace avec 3 423 ha en 2006), en Australie (3 700 ha), en Afrique du Sud (3 500 ha), aux États-Unis (3 000 ha en Californie et dans l'État de New York), en Roumanie (3 000 ha), en Slovaquie (1 500 ha), en Bulgarie (1 500 ha), en Autriche (1 200 ha) et en Nouvelle-Zélande (400 ha).

Allemagne[modifier | modifier le code]

Vignes de Riesling à Dirmstein dans le land de Rhénanie-Palatinat.

Originaire d'Allemagne[4], le riesling tient la première place des cépages cultivés dans ce pays avec 20 794 hectares, soit 20,4 % de la superficie viticole allemande en 2005. Le cépage se caractérise par son côté à la fois minéral, mais aussi fruité. En Allemagne, la maturation du riesling apparaît entre fin septembre et fin novembre; les vendanges tardives peuvent se prolonger jusqu'en janvier.

Le riesling allemand se caractérise par le fait qu'il est rarement assemblé avec d'autres cépages, rarement exposés aux levures commerciales[5] et généralement peu exposés à l'arôme du chêne. Cependant, dans les régions de Rhénanie-Palatinat et du Pays de Bade les viticulteurs expérimentent de nouvelle techniques de vieillissement en fût de chêne. Le climat plus chaud de ces régions donne des vins contenant un plus fort degré alcoolique qui résistent au chêne[6].

Le taux de sucre lors des vendanges est l'un des facteurs primordiaux dans la production de « Vin de qualité spéciale » (Prädikatswein), selon les critères des appellations allemandes (en). Le bon équilibre entre l'acide malique et l'acide tartrique est aussi un critère important[6].

France[modifier | modifier le code]

Jusqu'à août 2008, la culture du riesling n'était autorisée que dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin[7].

Depuis la nouvelle Organisation commune du marché vitivinicole de 2008, toutes les variétés de raisins de cuve sont autorisées sur l'ensemble du territoire français[8]. Cela signifie que du riesling peut être planté dans d'autres régions viticoles, sans toutefois pouvoir entrer dans les vins d'AOC.

Cependant, les surfaces plantées en riesling, hors Alsace et Moselle, restent faibles. En 2010, seuls 65 ares avaient été plantés en Languedoc, région viticole la plus demandeuse de cépages d'autres régions[9].

Vignes de riesling B sur les versants escarpés de la Moselle

Australie et Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Autriche[modifier | modifier le code]

Étymologie et synonymie[modifier | modifier le code]

L'origine de son nom est obscure et de langue allemande. Elle pourrait provenir de Varrieseln qui signifie « coulures », de reißende Säure (« acidité mordante »), edles Reis (« riz noble ») ou Rusling (« bois sombre »)[2].

  • Le welschriesling B est un cépage autrichien différent.
  • Le riesling noir (Schwarzriesling) est un synonyme du pinot meunier N.
  • Le riesling du Cap est le crouchen B, un cépage pyrénéen.
  • Le riesling gris est le trousseau gris, variante d'un cépage jurassien.
  • Le riesling blanc (weißer Riesling), qui est quant à lui est le « vrai » riesling.

Le riesling est également connu sous les noms de gentile aromatique petracine (département Moselle), la " perle d'Alsace" en Alsace, Gewürtztraube, Grasdchevina (en Croatie), Gräfenberger, Hochheimer, Johannisberger, Karbacher Riesling, Kastellberger, Kleinriesler, Kleinriesling, Klingenberger, Metternich, Moselriesling, Niederländer, petit rhin (en Suisse), petit riesling, Pfefferl, raisin du Rhin, Reno, Reynai, Rheingauer, Rheinriesling, Riesler, Riesling blanc, Riesling renano, Riesling renano bianco, Rieslinger, Risling rejnski, Rizling, rohac, Rössling, Rösslinger, Weißer Riesling (nom correct), White Riesling.

Variabilité génétique[modifier | modifier le code]

Clones[modifier | modifier le code]

En France, de 1971 à 2006, le seul clone homologué était le numéro 49. Il présente une bonne typicité et un haut niveau qualitatif si le rendement est maîtrisé. En 1997, près de 190 clones ont été installés dans un conservatoire en Alsace, et les clones 1089, 1090, 1091, 1092, 1094, 1096 et 1097 ont maintenant été homologués. Ils fournissent les rendements inférieurs de vins supérieurs, le 1089 en particulier.

Hybrides[modifier | modifier le code]

Riesling en Alsace.

Le riesling a été utilisé en Allemagne dans de nombreux croisements. Avec le sylvaner B, il a donné entre autres le rieslaner, le multaner, le scheurebe, le bacchus… Avec le muller-thurgau B il a donné le thurling B ; avec le traminer Rs, il a donné le zähringer, le kerner

En Suisse, il a été croisé avec la madeleine angevine pour donner le muller-thurgau B.

Mutations[modifier | modifier le code]

En Allemagne, il existe un roter riesling (considéré rosé par les chercheurs français) et un blauer Riesling (noir). Ce sont des mutations apparues spontanément dans des parcelles. La variante rose existait couramment autrefois en mélange avec le blanc. La sélection massale puis clonale l'a éliminée. Le riesling bleu n'a jamais été cultivé. Ces deux curiosités sont conservées en collection[10].

Caractères ampélographiques[modifier | modifier le code]

  • Bourgeonnement vert-jaune cotonneux.
  • Jeunes feuilles jaunes à plages légèrement bronzées.
  • Rameau avec entre-nœuds rouges ou striés de rouge.
  • Feuilles adultes orbiculaires à 5 ou 7 lobes avec sinus pétiolaire à lobes chevauchants, des sinus latéraux profonds à fond en U, des dents moyennes convexes ou rectilignes, un limbe légèrement gaufré.
  • Grappes de petite taille. Baies petites et légèrement aplaties, vert-jaune à dorées piquetées de petits points noirs.

Aptitudes[modifier | modifier le code]

Culturales[modifier | modifier le code]

Grappe de riesling atteinte de pourriture noble. Les grains touchés sont plus sombres.

Sa conduite exige une taille longue (fertilité moyenne) et un palissage (port semi-érigé). Il peut être planté sur presque tous les terroirs mais il donne le meilleur de lui-même particulièrement sur des schistes et des granites. On l'appelle éponge à terroirs pour signifier qu'il les révèle bien.

Sensibilité climatique[modifier | modifier le code]

Le riesling est un cépage résistant aux hivers rigoureux du climat semi-continental de l'Europe centrale. Sa mise à fruit secondaire est bonne après un épisode de gel tardif, assurant tout de même une bonne récolte.

En revanche, il n'apprécie pas les climats trop chauds. Il n'a jamais donné en climat méditerranéen que des vins plats sans grande saveur, trop alcooleux.

Sensibilité aux maladies[modifier | modifier le code]

Il est sensible à la pourriture grise, à l'anthracnose et aux vers de la grappe. Certaines années, la pourriture attaque les pédoncules des baies faisant chuter les baies.

Aptitudes œnologiques[modifier | modifier le code]

Il donne des vins secs très aromatiques, vifs et fins. L'équilibre acide-alcool est vif. Leur consommation peut se faire rapidement dans l'année de production ou après quelques années de vieillissement. Leur bouquet évolue alors vers des arômes typiques d'hydrocarbures.

En surmaturité, la sensibilité du riesling à la pourriture grise peut être mise à profit pour récolter des grains atteints de pourriture noble. Il permet alors de produire de grands vins liquoreux. En Allemagne, il sert aussi à l'élaboration du vin de glace.

À table[modifier | modifier le code]

Riesling allemand de 1975 ouvert en 2007 après 25 ans de garde. Sa robe or-ambrée est typique. Son acidité importante a soutenu le vin dont les qualités organoleptiques ne se sont pas altérées.

Le riesling s'accorde parfaitement avec les poissons grillés ou cuisinés au beurre, les volailles en sauce, par exemple la poularde au riesling, et les fromages tels que le chèvre frais.

En version liquoreuse, il est parfait sur du foie gras poêlé sur des toasts de pain d'épice grillé. À essayer aussi sur un munster affiné ou du roquefort.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.vinsalsace.com/les-vins-d-alsace/cepages/riesling/le-riesling-art28.html
  2. a, b et c http://www.vinallemand.be/Tout-savoir-sur-le-vin-allemand/C-pages/C-pages-blancs/Riesling/
  3. http://www.graf-von-katzenelnbogen.de/ L´histoire de Katzenelnbogen et le Premier Riesling du Monde
  4. (en) Stuart Walton, Understanding, Choosing and Enjoying Wine, Hermes House, 2006, pg. 71 (ISBN 1-84081-177-3)
  5. (en) Karen MacNeil, The Wine Bible, Publishing Workman 2001, (ISBN 1-56305-434-5 516[à vérifier : isbn invalide])
  6. a et b (en) Oz Clarke, The Encyclopedia of Grapes, Websters International Publishers 2001, (ISBN 0-15-100714-4)
  7. Voir le tableau des variétés de raisins de cuve, annexe de l'arrêté du 12 juin 2006.
  8. Voir [1]
  9. Voir [2]
  10. (fr) Ambrosi, Dettweiler-Münch, Rühl, Schmid et Schuman, Guide des cépages, 300 cépages et leurs vins, éditions ULMER, 1997, (ISBN 2-84138-059-9).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ambrosi, Dettweiler-Münch, Rühl, Schmid et Schuman, Guide des cépages : 300 cépages et leurs vins, éditions ULMER,‎ 1997 (ISBN 2-84138-059-9)
  • (de) Christina Fischer, Ingo Swoboda, Riesling: die ganze Vielfalt der edelsten Rebe der Welt, Hallwag,‎ 2005, 189 p. (ISBN 9783774269941)
  • Pierre Galet, Dictionnaire encyclopédique des cépages, Hachette Livre,‎ 1re édition 2000 (ISBN 2-01-236331-8)
  • (fr) « Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France », édition du Ministère de l'Agriculture et de la pêche, 1994.