Ill (France)

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47° 27′ 41″ N 7° 15′ 59″ E / 47.461388, 7.2662658

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Ill
L'Ill et le quartier de la Petite France à Strasbourg.
L'Ill et le quartier de la Petite France à Strasbourg.
Localisation de l'Ill à gauche du Rhin en Alsace
Localisation de l'Ill à gauche du Rhin en Alsace
Caractéristiques
Longueur 216,7 km [1]
Bassin 4 760 km2 [1]
Bassin collecteur Rhin
Débit moyen 59,6 m3/s (Strasbourg) [2]
Régime pluvial
Cours
Source sur le Glaserberg - Illentsprung
· Localisation Winkel
· Altitude 630 m
· Coordonnées 47° 27′ 34″ N 7° 16′ 04″ E / 47.4594, 7.2678 (Source - Ill)  
Confluence Rhin
· Localisation Offendorf
· Altitude 127 m
· Coordonnées 48° 42′ 06″ N 7° 56′ 07″ E / 48.7016, 7.9354 (Confluence - Ill)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Bas-Rhin, Haut-Rhin
Régions traversées Alsace

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L’Ill[note 1] est une rivière française qui baigne la plaine d'Alsace. Important affluent du Rhin, elle coule dans les départements du Haut-Rhin (68) et du Bas-Rhin (67).

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de l’Ill à Strasbourg.
Vue de l’Ill à Strasbourg.
La source de l’Ill, à Winkel (Haut-Rhin)
La source de l’Ill, à Winkel (Haut-Rhin)

La longueur de son cours d'eau est de 216,7 km[1],[3]. L’Ill prend sa source sur le Glaserberg dans le Jura alsacien à Winkel avec une résurgence à Ligsdorf. A Winkel elle prend sa source à l'Est du village, en un endroit désigné, en 1591, sous le nom de Illentsprung c'est-à-dire origine de l'Ill, dans un verger sur les pentes du Glaserberg. Son courant permettait de faire tourner les roues à aubes des scieries et des moulins.
Elle contourne alors Ferrette par l’est. La Largue (autre rivière sundgauvienne) se jette dans l’Ill à Illfurth. L’Ill bifurque vers le nord et se jette dans le Rhin à Offendorf, en aval de Strasbourg, après le barrage hydro-électrique de Gambsheim. Avant les travaux de rectification du Rhin, l'Ill se jetait dans le Rhin à la hauteur de la Wantzenau.

Elle arrose successivement Altkirch, Mulhouse, Colmar, Sélestat et Strasbourg.

À Mulhouse, l’Ill se divisait originellement en deux bras pour former une petite île sur laquelle, selon la légende, se serait implanté un moulin à eau autour duquel se serait bâtie la ville de Mulhouse. Ces bras ont ensuite, au cours du Moyen Âge, été aménagés et divisés pour servir de douves aux remparts de la ville. De nos jours, la plupart des douves ont été comblées. Seuls deux bras subsistent, tous deux recouverts :

  • l’un, au nord, passe sous l’avenue du Président Kennedy, longtemps appelée Quai du Fossé à cause de la douve ;
  • l’autre, au sud, passe sous la rue de la Sinne. Cette rue tire son nom du mot alsacien Sinne (jauge) car une échelle graduée, installée derrière l’hôtel de ville, permettait de surveiller le niveau de la rivière.

À son entrée dans Mulhouse, l’Ill se déverse en grande partie dans le canal de décharge qui dévie le débit de l’Ill dans la Doller et protège le centre historique de Mulhouse des inondations.

Au niveau d’Erstein, l’Ill est reliée à un canal de décharge et un canal d’alimentation qui permettent d’en contrôler le débit à l’entrée de Strasbourg. Dans la traversée de Strasbourg, elle se divise en plusieurs bras et concourt à la renommée touristique du quartier de la Petite France. Dans les péniches, on trouve bistrots, restaurants et discothèques.

Quatre communes alsaciennes tirent leur nom de cette rivière : Illkirch dans le Bas-Rhin et Illfurth, Illhaeusern et Illzach dans le Haut-Rhin. D'autres toponymes ont la même racine : l'Illwald (la forêt de l'Ill, proche de Sélestat) en est un exemple.

Affluents[modifier | modifier le code]

Ses principaux affluents, hormis la Largue, issue comme l'Ill du Jura sundgauvien, lui parviennent par sa rive gauche, issus du massif vosgien : la Doller, la Thur, la Lauch, la Fecht, le Giessen (et son affluent la Liepvrette), l’Andlau, l'Ehn, la Bruche et la Souffel. Elle est aussi alimentée du côté droit par la nappe phréatique rhénane qui lui apporte de petits affluents dont la Blind à Ehnwihr, entre les confluents de la Fecht et du Giessen.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le régime de l’Ill est pluvio-océanique, caractérisé par des hautes eaux en hiver et au début du printemps, avec des basses eaux en été ainsi qu'au début de l’automne.

L'Ill à Strasbourg[modifier | modifier le code]

Le débit de l'Ill a été observé pendant une période de 41 ans (1974-2014), à la station hydrométrique de Chasseur-Froid, La Robertsau, commune de Strasbourg (chef-lieu du département du Bas-Rhin), située peu avant la confluence de l'Ill avec le Rhin, à 131 m d'altitude[2]. La surface étudiée à cet endroit est de 4 600 km2 soit près de 97 % de la totalité du bassin versant de la rivière qui est de 4 760 km2[1].

Le module de la rivière à Strasbourg est de 59,60 mètres cubes par seconde[2].

L'Ill présente des fluctuations saisonnières de débit fort peu importantes. Les hautes eaux se déroulent en hiver et sont caractérisées par des débits mensuels moyens allant de 59,6 à 70,2 m3/s, de décembre à mars inclus (avec un très léger maximum en février). Dès le mois d'avril, le débit baisse très doucement jusqu'aux basses eaux qui ont lieu en été de juillet à octobre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 49,10 m3/s aux mois d'août et de septembre, ce qui reste très abondant. Mais les variations de débit peuvent être plus importantes selon les années.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : A2280350 - L'Ill à Strasbourg (Chasseur-Froid, La Robertsau), à 131 m d'altitude[2]
(08/07/2014 - données calculées sur 41 ans de 1974 à 2014)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Étiage[modifier | modifier le code]

Ainsi le VCN3 ou débit d'étiage peut chuter jusqu'à 33 m3/s en cas de période quinquennale sèche, soit 33 000 litres par seconde, ce qui doit être considéré comme restant plus que confortable : environ 50 % du débit nominal.

Crues[modifier | modifier le code]

Toutefois les crues peuvent être assez importantes, sans être vraiment dévastatrices, d'autant plus que des canaux de décharge existent (avant Strasbourg notamment). Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 140 et 170 m3/s. Le QIX 10 vaut 190 m3/s tandis que le QIX 20 se monte à 220 m3/s et le QIX 50 à 240 m3/s.

Le débit instantané maximal enregistré à Strasbourg, depuis 1974, a été de 280 m3/s le 17 février 1990, tandis que la valeur journalière maximale avait été de 236 m3/s la veille. En comparant la première de ces valeurs aux différents QIX de la rivière, il apparaît que cette crue de février 1990 était supérieure à celle prévue par le QIX 50 et était donc tout à fait exceptionnelle.

Lame d'eau et débit spécifique[modifier | modifier le code]

Au total, l'Ill est une rivière abondante, puissamment alimentée par les fortes précipitations vosgiennes, partiellement compensées cependant par la faiblesse des précipitations sur la plaine d'Alsace. La lame d'eau écoulée dans le bassin versant de l'Ill est de 409 millimètres annuellement, ce qui est assez élevé, nettement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France (plus ou moins 320 millimètres) et même supérieur à la totalité du bassin du Rhin (375 millimètres environ) bénéficiant pourtant des très importantes précipitations alpines. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 13 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En capitales, afin d'éviter toute ambiguïté : ILL

Références[modifier | modifier le code]